Parce que la vie mérite d'être vécue et aimée. Parce que sourire est la première ouverture. Et, que la communication, importante, vient ensuite. Et, que le blog me permet de partager avec vous mes coups de coeur, réflexions et avis.
 
Samedi 10 mai 2008

         Tout le monde se construit des stéréotypes. De manière plus ou moins irrationnelle, on va honnir plus particulièrement les représentants d'un certains corps de métier. Pour certains, ce sont les professeurs. Pour d'autres, ce sont les policiers. Pour certains, ce sont les chauffeurs de taxi, pour d'autres ce sont les agents des cabinets d'audit...
       Moi, c'est avec les avocats que j'ai certains à priori négatifs.

      J'ai l'impression qu'ils ont un rapport à la vérité tout particulier. En effet, leur mission est de défendre de la manière la plus efficace possible leur client. Et, l'efficacité n'a-t-elle pas tendance à primer sur la vérité dans leurs objectifs ? Le conseil de base est souvent de plaider non coupable (ou "responsable mais pas coupable") Les plaidoiries se doivent d'être éloquentes, en revanche, l'objectivité n'y est pas nécessaire.
       Bien sûr, le principe d'un procès fait que ce n'est pas dans le discours de l'avocat que doivent se développer ensemble les arguments en faveur et en défaveur de l'accusé, mais ceux-ci doivent plutôt ressortir de l'affrontement par la parole entre les différents interlocuteurs (avocats, procureurs,...). La plaidoirie de l'avocat dépend avant tout des exigences de son client.
        Il n'en reste pas moins que les talents de bonimenteur paraissent un plus indéniable dans ce métier. La forme prime sur le fond. Les avocats sont sans nul doute des gens cultivés qui savent parler avec correction et style, mais  ces qualités sont gâchées par leur cynisme. Cynisme assez caractéristique de notre monde moderne, où on nous pousse à courir après l'argent, la vitesse et les apparences.
        Je sais qu'à la base, les avocats ont une vraie utilité sociale. Et, encore maintenant, cette fonction est nécessaire au bon fonctionnement de la société. En effet, il s'agit d'offrir de l'aide à chaque citoyen, qui - même si nul n'est censé ignorer la loi - n'est pas forcément au courant de toutes les subtilités du droit, et ainsi lui permettre de se défendre contre les plaintes de tiers, et les accusations de la justice. Juge est un métier, peut-être encore plus essentiel, mais il est vrai qu'un pays qui ne donnerait pas à ses prévenus de droit à un avocat , ouvrirait la porte aux décisions les plus arbitraires à l'encontre de certains citoyens. D'ailleurs, je pense que s'il existe des états où "le droit à un avocat" n'existe pas, ils ne se trouvent pas parmi les démocraties. Je suis toutefois sûr que certaines dictatures peuvent autoriser les avocats, sans que cela ne les empêche de se livrer à des mascarades de procès (du genre celui des infirmières bulgares en Lybie)
     Si leur rôle de conseil juridictionnel est éminemment social, les avocats ne se limitent pas à cette mission. Avocat est une profession libérale, en général. Il existe bien sûr quelques commis d'office, dont le salaire est pris en charge par l'état, mais ils ne représentent pas la majorité des avocats, et surtout il ne s'agit que d'une étape de carrière pour ceux qui aspirent à la réussite, qui s'incarne à travers la participation à un cabinet florissant. A propos des commis d'office, notons que dans le tour de vis ("rationnalisation financière") donné actuellement au Ministère de la Justice sous l'égide de la Garde des Sceaux, Rachida Dati, outre la fermeture de tribunaux locaux qui soulève un mécontentement compréhensible, il est aussi prévu une baisse de l'aide juridictionnelle, ce dont on parle moins. Je pense que c'est une mauvaise décision politique, qui risque d'accroître les injustices. Vous connaissez le refrain : "selon que vous serez puissant ou misérable"
     Ce ne sont pas les avocats qui vont empêcher la dérive vers une justice à deux vitesses, bien au contraire. Cela les arrange plutôt d'avoir des clients riches, et de pouvoir les convaincre que c'est leur éloquence, leur valeur (qui comme toute marchandise, est censée être indiquée par leur prix) qui vont faire la différence dans un procès.

 

Jacques Vergès, une star du barreau,
à qui il est souvent arrivé de plaider pour les clients les moins recommandables
Magnolia Pictures


      En outre, la judiciarisation de la société leur ouvre de nouvelles perspectives. La justice va devoir de plus en plus se substituer à l'Etat régalien pour arbitrer certaines décisions. Quand on décide de créer des droits opposables : au logement, à la garde d'enfants, j'ai l'impression que ça signifie en partie qu'on se défausse des ses missions de service public, laissant les gens porter plainte, se lancer dans des procédures chronophages et parfois coûteuses (par exemple en frais d'avocats), avant d'espérer voir leurs droits reconnus. Ensuite, effectivement, si l'Etat ou la collectivité locale s'est révélée indigne de sa mission, ils seront condamnés, et les citoyens lésès seront dédommagés. Mais, le bilan ne sera pas forcément négatif pour l'Etat, qui pourra éventuellement compter sur le découragement de certains devant la machine de la justice. Les défenseurs du droit opposable argueront - et auront raison - que cela permet aux pouvoirs publics de mieux s'adapter aux vrais besoins de la population, au lieu de définir à l'avance un plan de construction de crèches ou de logements, en en proposant plus qu'il n'en faut dans certains endroits, et surtout en en proposant moins qu'il n'en faut dans d'autres zones, et ensuite de s'en laver les mains. Certes !

         De même, on dira que les class action à la française vont permettre aux consommateurs de mieux se défendre contre les abus des grandes entreprises commerciales. Néanmoins, c'est quand même malheureux d'en arriver à devoir régler tous les problèmes de la société par des procès. Cette évolution, que je qualifie de dérive, est sans doute encore plus avancée aux Etats-Unis, un pays où j'ai l'impression que les avocats sont rois. On en arrive à des situations un peu ridicules : avec l'exemple des procès intentés par des personnes obèse à l'encontre de Mac Donald's. Il est bon de rappeler que chacun est responsable de ce qu'il mange, et personne n'est obligé de se gaver de Big Mac pendant des années. Je n'ai aucune sympathie pour les marchands de fast-food, mais je trouverais plus sain qu'on légifère en amont, en luttant contre le marketing agressif de ces compagnies, et contre leur obsession de minimiser leurs coûts et maximiser leurs profits au mépris de la qualité élémentaire de leurs produits. Qu'on puisse intenter des procès pour publicité mensongère, pour fausse information sur la composition d'un produit, pour atteinte à la santé publique, qu'il s'agisse d'agro-alimentaire, de biens cosmétiques ou de tabac (exemple du film "Révélations" de Michael Mann, où le héros est un avocat, joué par Al Pacino, qui parvient à faire condamner une firme de cigarettes), c'est salutaire. Mais, alors que nos sociétés deviennent de plus en plus procédurières, ce ne sont pas forcément les world company, qui peuvent se réfugier derrière une armée d'avocats, qui en pâtiront le plus. On se retrouve avec des professeurs, qui n'osent plus organiser de sortie avec leurs élèves, de peur d'être condamnés comme de vulgaires criminels, quand arrivent des catastrophes. Oui, quand des gens meurent, il y a souvent des responsabilités qu'il est bon de démêler, mais chercher à tout prix un coupable à qui faire payer le préjudice subi, c'est oublier que les coups durs feront toujours partie de la vie, qui est éminemment injuste. Les discours actuels qui veulent tout rapporter à la souffrance de la victime pour juger, sont une vision biaisée de la justice, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire. 

       Ce que permet parfois d'obtenir une armée d'avocats grassement payés, donc accessibles seulement aux plus puissants, donc, ce sont les annulations de procès pour vice de procédure. Dommage parfois que dans ce cas, le fond de puisse être jugé. Mais, nous sommes un pays de droit.

      Dans notre société, les inégalités de départ ne se marquent pas seulement par un écart d'argent disponible à la base, mais par un écart fondamental d'accès à l'information, et comme tout s'achète... Un bon avocat, qui connaît toutes les subtilités de la loi, voire plus, coûtera plus cher, mais pourra sauver la mise de quelques gros bonnets. Quand Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, et maire de Meaux, se fait avocat d'affaires, ne peut-t-il y avoir conflit d'intérêts parfois.

       J'ai l'impression qu'on voit de plus en plus d'hommes politiques dont le second métier est avocat. A commencer bien sûr par Nicolas Sarkozy, le roi de la rhétorique. Mais, il y en a de nombreux autres, dont je vais citer quelques exemples. A droite, on a Patrick Devedjian, qui, derrière son ton doucereux, n'hésite pas à défendre des lois dures, injustes, ou inefficaces, en les faisant passer pour des actes courageux. A gauche, on a par exemple, Arnaud Montebourg, avec sa tendance à l'emphase éxagérée. Mais, n'est pas Robert Badinter qui veut. Je n'aime guère ni Noël Mamère, ni les avocats. Ca tombe bien : le maire de Bégles s'apprête à devenir avocat. Bon, cessons d'être mauvaise langue. Après tout, j'aime bien Corinne Lepage, qui, elle aussi, est avocate. Disons en toute subjectivité que, d'une manière générale, je serais tenté de penser qu'un homme politique professeur sera plus pédagogue et moins manipulateur qu'un homme politique avocat.

       Ce texte est volontairement un peu orienté, mais il s'agissait de livrer des impressions subjectives, sans avoir peur d'émettre des à-prioris. Le débat est bien ouvert: si vous avez des avis positifs, négatifs sur les avocats, des mauvaises, des bonnes expériences avec eux, si vous êtes avocat vous-même, n'hésitez pas à laisser des commentaires.

          Et, puis, pour finir en disant autre chose : j'aime bien les avocats surtout en guacamole.


 


Jeudi 8 mai 2008
        Ce que j'aime dans le foot, c'est qu'il nous raconte des histoires. Tous les matchs ne sont pas passionnants, loin de là. L'enjeu prend parfois le pas sur le jeu. Mais, c'est justement la superposition des enjeux qui donne toute la dramaturgie à une rencontre de football. Et, alors qu'arrive la fin de la saison des clubs (avant le moins de juin consacré à l'Euro pour les équipes nationales), il faut bien dire qu'on est gâté côté accumulation de suspense. Je vais vous en donner un petit aperçu, que j'espère tout aussi satisfaisant pour les passionnés, qu'accessible pour les Béotiens.

      Je n'ai pas vu les matchs de la semaine écoulée, mais j'ai eu accès à quelques compte-rendus.  

       Hier, mercredi, c'est l'Olympique Lyonnais, leader du championnat de france de Ligue 1 (et sextuple champion) qui a battu Sedan 1-0 (coup-franc de Juninho) en demi-finale de la Coupe de France. Pour la finale au stade de France, Lyon affrontera le Paris-Saint-Germain, qui s'est défait d'Amiens sur un exploit personnel du jeune Boli). PSG-OL, Paris-Lyon, une belle affiche sur le papier pour la finale de Coupe de France, et le baissé de rideau sur cette saison 2007-2008 pour les clubs français.


Le trophée de la Coupe de France


      Mais, avant, ce sont des matchs de championnat qui vont être à l'ordre du jour. Ce qui est étonnant, c'est que pour les deux clubs, du résultat à l'issue de ces rencontres de championnant, va dépendre l'état d'esprit dans lequel ils vont aborder la finale de la Coupe de France. Soit, comme un magnifique bonus, soit comme une consolante. En effet, malgré des objectifs différents en championnat, les deux clubs abordent cette dernière ligne droite avec une pression maximale.
    Le PSG est 18éme du championnat, soit premier relégable. Mais, il n'est devancé qu'à la différence de buts par deux clubs, Toulouse et Lens. Autant dire que tout reste possible, et qu'une grosse bataille pour échapper à la ligue 2 attend le club de la capitale. Malgré ses grosses difficultés tout le long de la saison de championnat, le PSG est le seul club français à avoir déjà gagné un titre cette saison, puisqu'il a battu Lens en finale de la Coupe de la Ligue (le soir de la fameuse banderole de supporters parisiens insultant les Chtis qui avait fait scandale au stade de France). Et, c'est là tout le paradoxe du Paris Saint Germain. Dans une saison noire, il réussit à se retrouver en finale des deux coupes nationales, et à être en position de réussir un doublé très rare. Il me semble même que seul lui-même l'a déjà fait auparavant, au coeur des années 90, à l'époque où l'équipe avait un niveau bien supérieur. D'une certaine manière, si tout s'enchaîne bien pour les joueurs parisiens dans leurs trois derniers matchs de la saison, psychologiquement, ce sera presque comme avoir réalisé un triplé : les deux coupes, plus le maintien. Si, en revanche, le PSG ne parvient pas à se sortir de la zone rouge en championnat et est relégué, la possibilité de gagner les deux coupes ne sera qu'une consolation - d'une certaine manière un peu ironique - pour tous ceux qui travaillent ou gravitent autour du club de la capitale.
    Lyon, lui, ne se préoccupe plus depuis longtemps de maintien. En effet, avec 73 points, il est très loin de la zone rouge, et surtout, il est en tête du championnat. La situation de l'OL est envieuse, et le club semble en passe de gagner son septième titre d'affillée. Cependant, rien n'est vraiment acquis. En effet, Bordeaux, le dauphin de Lyon, est à deux points derrière, et, comme six points peuvent être acquis dans les deux dernières journées, il va falloir se battre. Si jamais Lyon, qui est le favori logique du championnat depuis le début, qui est en tête de celui-ci depuis plus de vingt journées, qui comptait neuf points d'avance sur Bordeaux il y a cinq journées, venait à être dépassé sur le fil, ce serait assurément un sacré coup de tonnerre. Et, gagner la Coupe de France serait en quelque sorte une affaire d'honneur, pour que le puissant club de France ne fasse pas chou blanc. En revanche, si la Coupe vient s'ajouter au gain du championnat, c'est à coup sûr une très belle cerise sur le gâteau, un doublé que l'Olympique Lyonnais n'a encore jamais réalisé depuis le début de son règne.



    Si on s'intéresse d'un peu plus près à ce championnat 2007-2008, on se rend compte que ce ne sont pas seulement Lyon et Paris qui font face à  une importante pression du résultat. Le classement des vingt équipes de Ligue 1 a mis du temps à se décanter. Aux deux tiers du championnat, hors Lyon qui caracolait en tête, et Metz, qui faisait de même mais pour le championnat à l'envers (voir l'excellent site : les cahiers du football ), l'écart entre les équipes était très resserré. Ce qu'on appelle le ventre mou, et qui regroupait une douzaine d'équipes, n'était pas du tout éloigné de la zone rouge de relégation. Entre le cinquième du championnat, et le dix-huitième premier relégable, il y avait moins de dix points. Les choses ont un peu évolué ensuite, les équipes se regroupant en petits paquets :
        -Lyon en tête, et Bordeaux en dauphin, qui a parfois un peu perdu le contact (neuf points de retard), mais est parvenu à recoller : ces deux équipes vont se battre pour le gain du championnat. Lyon a laissé pas mal de points en route dans les dernières journées, avec pas mal de matches nuls, tandis que Bordeaux arrachait in extremis quelques précieuses victoires. Les Girondins ont eux aussi gâché quelques occasions de revenir à la hauteur de l'OL. Outre leurs deux défaites dans les face-à-face direct : chez eux au stade Chaban-Delmas, ou à Lyon au stade de Gerland, qui ont donné un différentiel de six points au sextuple champion de France, on peut parler de la 35éme journée (celle qui s'est déroulé il y a deux semaines). Lyon rencontrait à domicile la relativement modeste équipe de Caen, et pourtant était loin de dominer le match. Les Caennais égalisaient puis prenaient l'avantage. A la mi-temps, l'affaire n'était pas très bien engagée pour l'OL, d'autant que le latéral italien Fabio Grosso était exclu pour avoir donné une claque à un Caennais (Yohan Gouffran, le jeune joueur qui était sur le point de signer au PSG au mercato d'hiver, avant de se rétracter et de rester avec son équipe normande, où l'ambiance semblait meilleure que dans le club de la capitale) dans les couloirs du vestiaire. Si Lyon allait jouer la deuxième mi-temps à 10 contre 11, dans le même temps, à Chaban-Delmas, Bordeaux jouait à 11 contre 10, depuis l'exclusion d'un de leurs adversaires niçois. Cela semblait tout à fait plausible que Bordeaux gagne et que Lyon perde, ce qui rapprocherait les Bordelais à 1 point des Lyonnais. Mais, finalement, Lyon réussit quand même à égaliser par l'inévitable Karim Benzema, qui marquait là son dix-neuvième but de la saison en championnat, ce qui en faisait le leader des buteurs. L'OL avait sauvé un point dans un match qui aurait pu basculer d'un côté comme de l'autre, tandis que Bordeaux faisait lui aussi un match nul, ne parvenant pas à percer le verrou niçois. Nice était décidément une équipe difficile à jouer, puisque la journée suivante (la 36éme journée, celle du week-end dernier), elle contraint Lyon aussi au 0-0. Les Lyonnais, sans imagination, jouant à l'extérieur dans des conditions chaudes, devaient se contenter de ce point, en espérant que Bordeaux ne l'emporte pas à Marseille. Ce scénario était plutôt crédible, l'Olympique de Marseille, qui est une autre très grosse écurie, avec des objectifs importants (j'en parlerais plus loin) avait très envie de l'emporter devant ses supporters du stade Vélodrome dans ce grand match, qui se jouait le dimanche soir. Le public local fut rapidement satisfait, avec l'ouverture du score de l'inévitable Mamadou Niang, deuxième au classement des buteurs du championnat, en fin de première mi-temps. Mais, les Bordelais n'abdiquèrent pas, malgré les blessures en cours de match de deux de leurs titulaires importants, le milieu Johan Micoud et le gardien Ulrich Ramé. Et, à force de pousser, ils marquèrent un but sur un coup franc du doué Brésilien Geraldo Wendel. Puis, dans les ultimes minutes du match, un deuxième par le milieu Pierre Ducasse. C'était la joie pour les Girondins. Ils revenaient à deux points de Lyon. Le septuple champion de France est toujours maître de son destin. S'il gagne les deux derniers matchs, ou même s'il fait une victoire et un match nul, compte-tenu des différences de but, ils seront sacrés champions. Si Lyon fait des contre-performances, rien ne dit pour autant que Bordeaux sera champion. Car, on l'a vu, les Girondins n'ont pas réussi à saisir toutes les occasions de la saison. Il va leur falloir aussi gagner leurs derniers matchs. Et, cela commence par Sochaux à battre à Chaban-Delmas. Lyon, qui joue à domicile aussi, a à priori une tâche un peu plus difficile, puisqu'il s'agit de battre Nancy.
      -En effet, Nancy est troisième du championnat et meilleure défense. L'équipe a longtemps été dans les deux premières places, avant d'être doublé par Bordeaux au cours de l'hiver. L'Association sportive Nancy-Lorraine (ASNL) s'est un peu rapproché des Girondins au printemps, mais leurs espoirs de reprendre la deuxième place ont été douchés par une défaite à Chaban-Delmas. Ce Bordeaux-Nancy décisif avait vu les Lorrains ouvrir la marque, mais ensuite subir des exclusions de joueur, sévères, mais justifiables, et surtout un penalty à la fin du match sur une simulation habile de Johan Micoud. Bordeaux avait repris trois points de plus d'écart. Et, l'objectif de Nancy était désormais de conserver cette troisième place, synonyme de qualification pour le Tour Préliminaire de la Ligue des Champions (la plus prestigieuse des Coupes Européennes). Seulement, ce ne serait pas chose facile, car derrière, après un début de saison catastrophique, l'Olympique de Marseille était bien revenu. Et, durant ce dernier mois, les deux équipes se livraient un haletant chassé-croisé entre la troisième et la quatrième place, qui elle est qualificative pour l'UEFA (la deuxième coupe d'Europe). A l'issue de la 35éme journée, tandis que Nancy obtenait un match nul à Valenciennes, Marseille avait réussi à aller battre Monaco sur le Rocher. L'OM était passé devant l'ASNL au classement. Mais, la 36éme journée, avec la victoire de Nancy face à Strasbourg et donc la défaite de Marseille face à Bordeaux, a permis aux Nancéens de reprendre la troisième place avec deux points d'avance. Les valeureux Lorrains vont se battre jusqu'au bout, même si ils ont beaucoup de blessés en ce moment, et que leur prochain match les voit  se déplacer à Gerland face à l'ogre lyonnais, comme on l'a dit.
      -Si on ne sait pas l'ordre entre les deux, à priori, les troisième et quatrième place ne devraient pas échapper à Nancy et Marseille. Juste derrière eux, tout reste encore possible pour Saint-Etienne, mais ça semble difficile. Les Stéphanois, cinquième actuellement, vont se battre  avec Lille, un point derrière, et Rennes et le Mans, deux points derrière pour cette place. En effet, comme Paris et Lyon qui s'affrontent en finale de la Coupe de France, sont déjà assurés de figurer en coupe européenne (Lyon en Ligue des Champions grâce à se présence dans le duo de tête du Championnat, Paris en Coupe UEFA grâce à la victoire en coupe de la Ligue), une place en coupe de l'UEFA se libère, et ira au cinquième du championnat. Le sixième du championnat se verra, lui, proposer une place en coupe Intertoto, en quelque sorte le tour préliminaire de la coupe UEFA. Lors de la 36éme journée, lors de ce qu'on a coutume d'appeler un match à trois points, Saint-Etienne et Lille n'ont pu se départager, et sont restés sur un 0-0 à Geoffroy-Guichard, le stade des Verts.
       -Derrière, à la 9éme, 10éme, 11éme place, on retrouve Nice, Lorient et Caen, des équipes, qui font partie des rares à ne plus avoir vraiment d'enjeu en cette fin de saison. Bien sûr, selon leur classement, elles pourront gagner un peu plus et un peu moins d'argent, mais cela représente une peccadille par rapport à la manne des droits télés. Ces équipes, sans pression, joueront toutefois le jeu, et elles ne se laisseront pas battre comme ça.
       -Ensuite, vient un autre groupe avec Valenciennes, Sochaux, Monaco, Auxerre. Même si le maintien n'est pas mathématiquement assuré, il faudrait vraiment un tremblement de terre, pour qu'elles soient rejointes par les équipes qui jouent la relégation
        -Ces équipes qui jouent la relégation sont donc Toulouse, Lens et Paris Saint-Germain, toutes à 39 points, mais dans cet ordre, compte-tenu de la différence de but. Cela veut dire que le Paris Saint-Germain est dix-huitième, donc relégable. Puisque les trois dernières équipes du classement du championnant descendent en Ligue 2. Vingtième, Metz est depuis longtemps assuré de quitter la Ligue 1. Pour Strasbourg, dix-neuvième, à quatre points de Toulouse, Lens et Paris, le sauvetage est encore possible. Mais, cela va être dur. La dynamique des Alsaciens est très mauvaise, avec un triste record de neuf défaites consécutives. Lors de la 36éme journée, il faut noter qu'il y avait un match à trois points, Toulouse-PSG, qui sentait le soufre. Les Toulousains ont égalisé in extremis 1-1, évitant ainsi de laisser trois points d'avance au PSG.

Carte des villes du championnat de France 2007-2008 (source Wikipédia)
L'Est était bien représenté, mais le sera sans doute moins la saison prochaine
Le Nord-Pas de Calais a pour l'instant trois représentants
L'Ouest est bien représenté : et avec la remontée de Nantes et de Le Havre, il le sera encore plus
En revanche, la grande zone Centre-Sud-Ouest est très peu représentée
A part Bordeaux et Toulouse (menacé de relégation), les villes de club de rugby ne sont pas des villes de club de football, Paris étant un cas à part forcément



             Comme vous le voyez, il y a des enjeux à tous les étages de ce championnat, même s'ils sont différents. Douze équipes vont vraiment devoir jouer ce final du championnat à fond. Ceci va donner deux journées, où les matchs vont se jouer simultanément avec beaucoup de tension. Dans la prochaine journée de ce week-end, on peut noter ainsi :
             -Lyon-Nancy, dont on a déjà parlé : ces deux équipes qui se sont battues pour être champion d'automne (il s'agit simplement d'un titre honorifique pour le leader du championnat à mi-course), avec notamment un match à Marcel Picot, où Nancy avait dominé, Lyon avait marqué par le tchéque Milan Baros (parti depuis sous d'autres cieux), et Nancy avait finalement égalisé sur coup de pied arrêté. 1-1. Si ce match retour se termine sur ce même score, cela n'arrangera vraiment aucune équipe. Nancy, avec un point de plus, donnera l'occasion à Marseille, en déplacement au Mans, qui de son côté joue toujours pour atteindre la cinquième place, d'espérer revenir à égalité. Lyon, avec 1 point, se verra de même menacé d'être rejoint par Bordeaux, qui affronte Sochaux. Si le match Lyon-Nancy se termine par une victoire, malheur au vaincu, et joie au vainqueur, qui aura fait un grand pas je crois, vers son objectif (1ére ou 3éme place)
              -Lille-Lens, le derby du nord, sera aussi terrible, puisque Lille essaie de revenir sur la cinquième place de Saint-Etienne, tandis que Lens est au bord de la relégation, et a un besoin urgent de point. Lens est dix-septième, donc pas encore relégable, mais cela se joue à la différence de but, et son programme est très difficile, puisqu'il affronte deux équipes fortes et motivées par leurs objectifs, Lille puis Bordeaux, lors de la dernière journée.
           -Dans le même ordre d'idées, d'affrontement entre une équipe qui lutte pour la cinquième place et une équipe pour se sauver de la relégation, on aussi en même-temps Rennes-Toulouse et PSG-Saint-Etienne

             Bref, cela en fait des matches où on peut dire : malheur au vaincu, bonne opération pour le vainqueur, et le match nul n'arrange pas grand monde. Pour le 38éme journée, même si les enjeux peuvent évoluer entre temps (par exemple si Lyon est sacré champion à l'issue de la 37éme journée, Bordeaux n'aura plus qu'à jouer en roue libre), on aura aussi notamment les matchs suivants : Lens-Bordeaux, Nancy-Rennes. Le PSG de son côté devra aller cherche à Sochaux les points qui pourront le sauver, et Lyon devra aller à Auxerre.

          Et, je vous le rappelle, ces deux équipes devront aller ensuite au Stade de France, pour s'affronter pour la Coupe de France.

          Ensuite, tous les internationaux pourront être libérés pour éventuellement participer à l'Euro, superbe compétition entre équipes nationales.

                   Pour les internationaux qui jouent dans des clubs étrangers, certains championnats n'ont pas encore livré leur verdict. Si en Espagne, ce sera le Real Madrid le champion, et en Allemagne, le Bayern de Munich, en Italie, l'Inter de Milan a encore un petit effort à faire pour atteindre le scudetto. Et, en Angleterre, Manchester United et Chelsea sont à égalité de points en tête du championnat, avant la dernière journée, seulement départagés par la différence de buts. Comme, outre Manche, il est très rare que les grosses équipes ne gagnent pas contre les petites équipes, Manchester United est sans doute en position de force pour remporter le titre. Mais, tout est possible. Et, surtout, l'affrontement ne s'arrête pas au championnat. Puisque, la plus prestigieuse des Coupes d'Europe, la ligue des Champions offre une finale 100% anglaise, avec Chelsea et Manchester United, qui partiront à Moscou au coup d'envoi sur un vrai pied d'égalité, cette fois-ci.

             Ah ! Ceux et celles qui n'aiment pas le foot peuvent penser qu'il s'agit d'un certes de tombeau des Danaïdes, où on n'en a jamais fini avec les matches, et chaque saison ça recommence ! Alors que les enjeux sont si dérisoires. Mais, disons-le quand même : que de suspense !


Dimanche 27 avril 2008

            En cette fin du mois d’avril, un petit billet politique, pour faire le bilan de ce que sont devenus les candidats à l’élection présidentielle depuis un an. Un an déjà de politique depuis des billets comme par exemple celui-ci parlant du premier tour des présidentielles (où on se rend compte que l'ouverture à la Sarkozy a bien changé le rôle de certains acteurs)

 

Gérard Schivardi a semble-t-il été réélu Maire de Maillhac dans l’Aude. Aura-t-il à nouveau l’occasion de se lancer nationalement en pourfendant entre autres le mini-traité avec le Parti des Travailleurs, comme le candidat de maires ?


      Frédéric Nihous avait déjà assuré le relais de Jean de Saint Josse pour la candidature à la présidentielle de Chasse Pêche Nature et Traditions. Il lui a maintenant succédé à la tête du parti chantre d’une certaine ruralité.


            José Bové n’a pas convaincu en candidat à la présidentielle, mais le militant altermondialiste sait toujours faire de l’agitation médiatique. Ainsi, par un début de grève de la faim, il s’est immiscé dans le débat sur l’interdiction de la culture en plein champ maïs transgénique de MONSANTO. Aucun OGM, jusqu’à nouvel ordre, ne sera donc expérimenté hors laboratoire en France. Il est évident que José Bové n’a eu qu’un rôle minime dans l’arbitrage final du gouvernement et du parlement, pour lequel les rapports d’expertise ont été les bases principales, mais les médias en ont parlé. Je ne sais pas si c’est à cette occasion que José Bové a serré la main de la Secrétaire d’Etat à l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, mais en tout cas, cette image est venue s’ajouter aux griefs des députés à l’encontre de la jeune ministre : polémique qui a éclaté dans le récent débat sur les OGM. Pour en revenir à José Bové, je me demande s’il a finalement purgé la peine de prison qui planait au-dessus de sa moustache.


          Arlette Laguiller a fait sa dernière campagne présidentielle pour Lutte Ouvrière, et elle va peu à peu céder la main à une autre représentante plus jeune de ce mouvement trostskyste semi-secret. Ce fut quand même Arlette Laguiller qui les médias interrogèrent sur la stratégie de Lutte Ouvrière pour les municipales, où parfois des alliances avec le parti Communiste voire le Parti Socialiste était tissées. Lutte Ouvrière n’a pas l’intention d’aider à l’émergence d’une grande force d’extrême-gauche autour de la Ligue Communiste Révolutionnaire, le parti trotskyste rival.


            Dominique Voynet a été élue maire de Montreuil dans une élection serrée, où elle était opposée au maire sortant Brard, apparenté communiste, et à plusieurs listes de droite. Au second tour, les deux listes de gauche se retrouvaient seules face à face. Brard était en tête au premier tour, mais Dominique Voynet réussit à obtenir un meilleur report de voix, ce qui a fait dire au sortant battu, un peu aigri, qu’elle avait été élue avec les voix de droite. En tout cas, l’ancienne anesthésiste, sera le seul maire Vert d’une grande ville de plus de 100000 habitants. Elle est aussi sénatrice de Seine-Saint-Denis, ce qui pose un vrai problème de cumul de mandats. Pas vis-à-vis de la loi, qui est assez permissive, mais vis-à-vis des statuts du parti écologiste. Dominique Voynet ne devrait pas normalement cumuler les deux postes. Mais, si elle renonce à son siège au Sénat, elle laisse sa place à un suppléant non Vert, et elle pense que cela affaiblirait son parti, qui souffre d’une faible représentation. Moi qui ne suis pas en faveur du cumul des mandats , je comprends ces arguments, mais, malgré toute ma sympathie pour Dominique Voynet, ça ne peut totalement me convaincre. On touche à nouveau à la question : « est-ce que ce sont les électeurs qui demandent des têtes d’affiche ou est-ce que ce sont les têtes d’affiches qui s’imposent aux électeurs ? »


            Marie-Georges Buffet, elle, est toujours secrétaire du Parti Communiste, qui sans plonger comme il l’a fait nationalement, continue à s’éroder localement. Entre les réformateurs et les gardiens du temple, rien ne garantit que Marie-Georges Buffet conserve sa place encore des années.


            Philippe de Villiers est retourné à sa Vendée, à ses alliances locales avec l’UMP, et à sa domination du département avec le MPF. Je crois qu’on a même entendu son nom parmi les nombreuses rumeurs d’entrée au gouvernement.


            Olivier Besancenot, suite à son bon score aux présidentielles, avec sa présence sur le front social lors des grèves, son projet de construire au-delà de la LCR une grande force de gauche, le relatif bon score de ses listes aux municipales (10% en certains endroits, mais aucune volonté de participer réellement aux alliances municipales), reste la figure médiatique de proue de l’extrême-gauche.


      Jean-Marie Le Pen, lui, voudrait bien rester la figure de proue de l’extrême-droite, malgré la perte de son Paquebot, le QG de Saint-Cloud qu’il a été obligé de vendre pour éponger les dettes de campagne du parti. Ces difficultés financières ont aussi conduit le Front National, à faire une « campagne de pauvre », aux dires du vieux leader. Les voix reprises par la droite traditionnelle suite aux effets de manche de Nicolas Sarkozy et ses amis, ne semblent pas revenir au FN, même si Jean-Marie le Pen dénonce le « prestidigitateur » Nicolas Sarkozy. Quant à sa dernière saillie dans la presse (hebdomadaire Bretons), elles ramènent au côté le plus sombre du personnage : retour du négationnisme autour des « chambres à gaz détail de l’histoire ». Visiblement bientôt frappé par la limite d’âge, ce ne serait pas surprenant que Le Pen cède de plus en plus les rênes de son parti, en particulier à sa fille, Marine.


            François Bayrou, le troisième homme de la présidentielle, n’arrive pas à traduire la dynamique orange d’il y a un an en un mouvement à la fois cohérent et fort. Les élections législatives, puis les élections municipales, ont été autant de test de la viabilité de la stratégie d’autonomie. Un a un, les bédouins qui l’accompagnaient, filent vers des alliances ou des votes plus productifs. Si derrière les déclarations où ceux qui le quittent disent vouloir prendre leur part dans l’action au service du pays, ou estiment qu’il faut faire des choix plus clairs, il y a un peu d’opportunisme, ce ne sont pas non plus forcément les meilleurs qui restent au côté de François Bayrou. N’ayant pas réussi son pari aux municipales de Pau, le Béarnais doit relever le défi délicat et majeur de construire une identité cohérente à son parti du Centre. La question du projet devrait être à l’agenda des débats à venir au MODEM. Bon courage !

 

            Du point de vue de la vision pour la France, Ségolène Royal n’est pas forcément incompatible avec François Bayrou. Mais, c’est assez improbable que ces deux-là s’allient, compte-tenu de leurs egos personnels, éléments incontournables dans notre système d’élections présidentielle. Ségolène Royal, elle, s’est lancée dans la conquête du Parti Socialiste. Son engagement dans la bataille du futur congrès a souvent du être différé. Mais, il faut dire que, si elle est auréolée de son image de candidate (avec notamment son discours au balcon, à la fois positif et paradoxal : « vers d’autres victoires ») chez les sympathisants socialistes, elle partage les militants et doit faire face à une certaine méfiance des instances de son parti. Ces dernières contrôlent le choix de calendrier de la rénovation du Parti Socialiste, devant associer nouvelle direction, nouveau projet, et nouvelle ambition. Toute la question est de savoir si le futur Premier Secrétaire du Parti Socialiste doit être un grand leader (auquel cas, Ségolène Royal, mais aussi d’autres concurrents, notamment Bertrand Delanoë, se doivent de postuler) candidat à la présidentielle en puissance, faisant émerger le projet du parti en symbiose avec son programme présidentiel, ou un animateur de travail collectif pour construire un projet à la fois solide et consensuel, avant de désigner le candidat à la présidentielle pour le porter plus tard. Ségolène Royal est assez ouverte sur la question des alliances : du centre à l’extrême-gauche, comme sur les questions d’idées, pour lesquelles elle a l’intention d’utiliser entre autres la méthode participative. Si ses critiques de la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement actuel ne sont pas les moins pertinentes, et si elle continue à agiter certaines idées intéressantes, il manque à mon avis chez elle une certaine netteté de la direction politique qu’elle propose, une cohérence de système idéologique qu’elle devrait transmettre par l’écrit. Malheureusement, si elle a publié un livre dans cette dernière année Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, ce n’est pas un essai programmatique, mais plutôt un livre de ressenti sur sa campagne présidentielle. Qui intégrait sans doute entre autres sa perception de sa rupture à la fois maritale et politique avec François Hollande.

 

            Lui aussi a connu la rupture, suite au divorce d’avec Cécilia : Nicolas Sarkozy est donc le président de la République depuis un an. Je terminerai mon tour d’horizon de « que sont-t-ils devenus ? » par lui, en essayant d’être assez bref. Forcément il y a beaucoup à dire sur lui, puisqu’il a exercé le pouvoir dans cette dernière année, mais j’en ai déjà beaucoup parlé dans les billets précédents et j’en parlerais encore. En tout cas, pour clore la parenthèse d’ordre « vie privée », si on m’avait dit il y a un an qu’il serait actuellement marié avec Carla Bruni, je ne m’y serais pas attendu. Politiquement, en revanche,  de sa manière d’exercer ses précédentes fonctions gouvernementales, en particulier au Ministère de l’Intérieur, et de mener la campagne en s’appuyant sur une communication de l’action, on pouvait pressentir certaines choses, comme son omniprésence médiatique sur tous les fronts. De l’hyperprésident des six premiers mois, qui faisait l’actualité quotidienne ou au moins y réagissait, martelant le mot « réformes », et fascinant les médias et ses supporters, au capitaine qui perd le cap, avec une multiplication des couacs, une montée de critiques et un ralentissement des réformes face à l’échéance des municipales pour sa majorité des six mois suivants, Nicolas Sarkozy ne m’a pas vraiment convaincu qu’il était l’homme de la situation. Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans la politique de son gouvernement, et de son agitation et des multiples mini-lois qui en ont découlé, une vraie dynamique peut émerger, avec encore quatre ans pour donner une vision d’avenir à une France morose. Mais, il faudra faire les bons choix, et éviter de diviser les réformes en multiples lois particulières et les Français en multiples clans.

J’ai vu l’intervention présidentielle (une interview d’une heure et demie) de jeudi soir. Si parfois il nous servait une fois de plus sa rhétorique blanc-noir : « vous ne voudriez pas que je laisse cette situation persister et s’aggraver, alors c’est pour ça que je fais cette loi, cessez de me critiquer » , qui me déplaît, il a su faire preuve d’une plus grande modestie, allant avec le nécessaire sens des responsabilités, sur certaines sujets. Le « avec moi, tout devient possible » laisse un peu place à plus de pédagogie et d’équilibre dans les propos. Par exemple, il a su mettre en perspective sa politique d’immigration, en rappelant que cette question avait trop souvent été prise en otage par les fantasmes de « l’immigration zéro » à l’extrême droite et de « maîtrise=racisme » à l’extrême gauche. A la fois habilement et honnêtement, il a éclairé ce qui se passe actuellement avec les demandes de régularisations de sans-papiers soutenues par leurs patrons, en rappelant qu’il peut parfois y avoir une certaine hypocrisie chez ceux qui embauchent - soi disant sans le savoir - des sans-papiers, ce qui est une justification entre autres du maintien de sa politique du cas par cas. J’aimerais cependant dire que compte tenu de la variété des cas rencontrés par les préfectures, il subsiste une place à l’interprétation des lois d’immigration, ces lois dont Nicolas Sarkozy a martelé qu’elles étaient là. Et, forcément, quand on ne sait pas clairement comment traiter les cas délicats, le fait d’imposer un nombre, lui bien clair, de reconduite à la frontière peut avoir tendance à peser de tout son poids sur les décisions. J’ai trouvé appréciable le moment où Nicolas Sarkozy a dit qu’il était à titre personnel favorable à ce que les étrangers installés depuis 10 ans dans une commune vote aux élections locales, mais que cette loi n’était pas sa priorité, et qu’il n’avait pas l’intention de la faire pour le moment, puisqu’il n’avait pas une majorité pour cela. Concernant la politique économique, même si il se défend becs et ongles sur ce point, je ne pense pas que le choc fiscal voulu par Nicolas Sarkozy ait été au rendez-vous suite au paquet fiscal. Et, il est sans doute dommage qu’une partie de l’argent consacré à cela de toute urgence en début de la législature manque par exemple pour la politique de l’emploi et de la lutte contre le chômage : cela dit, même s’il n’est peut-être pas doté totalement comme il aurait fallu, il est bien que le Revenu de Solidarité Active (RSA) se fasse. Avec Nicolas Sarkozy et son équipe, je crois que les choses ont bougé et bougeront sur le front de la flexsécurité. Sur l’éducation, par contre, là, ce sont les économies et non pas l’ambition qui sont au rendez-vous. Nicolas Sarkozy veut privilégier la qualité à la quantité. Sans doute qu’avec ce qu’il propose avec Xavier Darcos, le rapport qualité/quantité peut augmenter mais la qualité globale, elle, diminuera de toute évidence. Pas facile de concilier contraintes budgétaires, réformes nécessaires (car en pratique notre école ne va pas aussi bien qu’elle le devrait), et maintien de l’ambition éducative comme l’un des piliers de notre République.

Je noterais pour finir sa phrase : « On ne voudrait pas que je fasse une loi à chaque fois qu’il y a un sujet d’agitation médiatique » … s’il pouvait évoluer sur cela, ce serait effectivement un bon point. Bref, Nicolas Sarkozy est un Président qui ne me plaira jamais complètement, mais on ne peut nier certains de ces apports. Et, il est probable que, contrairement à la plupart des gens précédemment cité, il continue pendant plusieurs années à être incontournable dans la politique de notre République.

Jeudi 24 avril 2008

            Cette année, j’ai découvert l’émission de M6 « Pékin Express », sous-titrée « la Route des Incas », puisque le parcours des candidats les faisait traverser l’Amérique Latine.

            Le principe de ce jeu de télé-réalité, c’est d’opposer des binômes de candidats d’origines diverses, qui doivent parcourir le plus vite possible la distance entre deux villes-étapes dans un pays étranger, en se débrouillant avec un euro par jour.

            En pratique, cette condition d’ « un euro par jour » est plus symbolique que fondamentale, puisque le jeu est très codifié, et les candidats ne peuvent ni payer leurs déplacements, ni acheter à manger hors certaines fenêtres de la journée. La base du jeu, c’est surtout la chasse à l’auto-stop, hors quelques passages où la course redevient pédestre.

            En effet, les candidats doivent faire appel à la générosité des locaux pour leurs déplacements et aussi leurs hébergements. En général, ils finissent toujours par rencontrer des gens serviables, ce qui donne lieu à une litanie d’interviews des candidats louant la générosité de ces Brésiliens, Boliviens, Péruviens malgré leur niveau de vie en général moins élevés qu’eux, Européens. Cela dit, l’esprit de compétition, qui exige de trouver le plus vite possible un véhicule le plus rapide possible, sur la plus grande distance possible, tend parfois l’ambiance, avec des candidats auto-stoppeurs qui peuvent flirter avec la magouille ou les limite de l’agressivité. Parfois, ils utilisent comme argument « e per la telha francesa » Et effectivement, les automobilistes qu’ils accostent ne peuvent ignorer que cela se passe dans le cadre d’une émission de télévision. Puisque, bien qu’on ne les voit pas – et pour cause - , un cameraman suit chaque binôme. Ceci doit d’ailleurs compliquer la quête de véhicule, puisque ce ne sont pas deux places qu’il faut, mais trois places.

            Rien que sur ce détail, on voit toutes les limites de la réalité de l’histoire qu’on nous montre. Les candidats, inévitablement, vivent et voyagent avec l’équipe de tournage. Des liens peuvent se créer, et d’une manière générale, observation comme souvent signifie perturbation.

            Une polémique a éclaté suite aux révélations d’un cameraman Philippe Bartherotte, comme quoi il avait à la demande des patrons de la production, payé des véhicules pour des candidats. La production avait contre-attaqué, en démentant ses propos, et en les mettant sur le compte de son aigreur. Vivant une idylle avec une interprète locale, il n’aurait pas apprécié qu’on se passe des services de celle-ci, aurait quitté l’équipe de tournage pour rester avec elle, et aimerait maintenant être payé à la hauteur de ce qui était prévu dans son contrat. Cette version de la production contient sans doute du vrai, et prouve que les histoires d’amour, les tensions et les alliances ne sont pas seulement exacerbées chez les candidats, mais dans l’ensemble du milieu assez clos que représente la caravane de l’équipe de production. Cela dit, il n y a pas que de la mauvaise foi, mais aussi de la vérité dans les propos de Bartherotte :  la manière dont les candidats obtiennent des véhicules sont souvent obscures. Il est probable que parfois, des locaux se voient proposer une petite somme par la production pour compenser le dérangement causé par la conduite de candidats un peu plus loin que prévu. Peut-être que l’irruption de ces 4X4 sur les routes désertes de l’Altiplano Bolivien ne doivent rien au hasard. Pour défendre son impartialité, la production avait fait appel à Pauline et Aurélie, les jumelles lilloises, finalistes de l’émission. Les candidates juraient ne jamais avoir remarqué un quelconque coup de pouce de la production lors de leur dur périple. Elles peuvent très bien dire vrai, mais ce n’est pas parce qu’elles n’ont rien remarqué de tangible, qu’il ne s’est pas passé des choses en coulisses. J’ai lu quelque part qu’on aurait payé par exemple un véhicule pour Morta et Loulou, le gendre et son beau-père retraité de la gendarmerie, à la sortie du Pantanal (zone marécageuse à l’ouest du Brésil). Or, sur cette étape, cela n’a pas vraiment eu d’incidence sur le résultat, puisque arrivé dernier, le binôme fut éliminé. Les deux hommes avaient souvent de la peine à faire de l’auto-stop par rapport aux autres candidats, et ils furent justement de loin les derniers à trouver une voiture lors de cette étape, donc si aide de la production il y a eu, celle-ci n’a servi qu’à éviter de les faire sécher (ou mouiller car il pleuvait) sur le bord de la route jusqu’à la fin de l’étape.

            De toute façon, l’émission, c’est avant tout du montage, en particulier pour les arrivées, où on nous montre une alternance de séquence d’arrivée des différents binômes, sans que cela révèle vraiment leur ordre d’arrivée, dont la primeur est laissée à la séquence finale de l’épisode, où l’animateur Stéphane Rothenberg annonce le classement de l’étape. Or si les arrivées sont aussi serrées que la voix off le dise, ce serait étonnant que certains candidats ne se voient pas lors du finish jusqu’au drapeau marquant le terme de l’étape. Selon moi, il n’est pas impossible que ce qu’on voit des arrivées, ce soit des séquences retournées pour le besoin du montage, dans le cas où il serait impossible de cadrer sur un binôme sans voir celui qui les talonne.

            La rédactrice en chef, Cendrine Gentil, si elle a nié les allégations de l’ancien cameraman, n’en a pas moins reconnu que l’émission obéissait à un storyboard, ce qui imposait de monter certaines séquences pour que l’histoire racontée corresponde à la cohérence attendue, avec le rythme de rebondissemens désiré. Pour leur montage, pas forcément chronologique, d’une étape de trois jours en deux heures, M6 dispose des séquences filmés par le cameraman attribué à chaque binôme lors de la course ou de la recherche de logement, de quelques reportages et interventions de Stéphane Rothenberg pour découvrir les localités traversées, des images des épreuves d’immunité et du classement final, et des interviews des candidats, qui peuvent tout aussi bien être filmées en cours d’étape, qu’après.

            Oui, l’histoire des candidats est forcément romancée. Ceci ne veut pas forcément dire que le jeu soit totalement faussé vis-à-vis de ses règles : porte-à-porte pour le logement chez l’habitant les soirs, auto-stop sans proposer d’argent, et achat de nourriture seulement autorisés pendant la journée, avant que ne retentisse la balise (en général vers 17h00), qualification en cours d’étape pour les deux ou trois premiers binômes à une épreuve d’immunité, gain d’un dossard rouge à l’issue de ce petit concours (dont le thème est lié à l’endroit où il se déroule, que cela soit le centre des transports urbains de Brasilia ou les mines de la Bolivie croyante) symbolisant la protection de l’élimination quel que soit le classement à l’issue de l’étape. Souvent, aussi, divers objets (photos avec un lasso, diamants, offrandes à la sorcière,…) doivent être amenés pour valider l’arrivée au drapeau. Notons aussi des épisodes spéciaux, où des candidats, en arrivant en tête à un point intermédiaire, obtiennent pour les deux journées suivantes un drapeau rouge. Celui-ci, agité au passage des concurrents, permet d’arrêter leur progression pendant une demi-heure, les « geler » selon le jargon « Pekin Express ». C’est un bon artifice pour générer des tensions entre les candidats. Dans le même but, et qui m’emballe encore moins, la production propose lors d’une étape de mélanger les binômes : le « pousseur », représenté l’équipe, et essaie de rallier l’arrivée au plus vite, mais il est accompagne d’un « ralentisseur » qui doit s’arranger pour gagner du temps, et éviter que le « pousseur » qu’il accompagne n’arrive avant le « pousseur » qui représente son vrai binôme. Cela donne lieu à des scènes un peu ridicules où les ralentisseurs font des caprices, pour manger, refaire les bagages, aller aux toilettes, plutôt que monter dans une voiture, des moments de tension où le « pousseur » et le « ralentisseur » s’engueulent, pleurent, comme Pauline qui craque parce que sa sœur Aurélie n’avance pas à cause d’Harold le médecin belge, chargé de la ralentir, et mécontent d’avoir été abusé quelques instants auparavant par les filles…Bref, une épreuve nerveuse pour alimenter la soif de conflits que les producteurs croient voir chez les téléspectateurs. Au final, l’incidence sur le jeu fut limitée, puisque Yasmine la Belge arrivée dernière, le binôme qu’elle formait avec Harold a du donner sa balise à Stéphane Rothenberg à la fin de l’étape, mais celui-ci leur a rendu. Ils n’étaient donc pas éliminés, mais auraient un gage pour la prochaine étape : une poule et des œufs à transporter pendant trois jours et à ramener à Coruna au-delà du Pantanal. En effet, la production décide assez arbitrairement (même si ça semble être généralement une fois sur deux) que certaines épreuves sont éliminatoires, et d’autres non. « Mais les candidats ne le savent jamais », comme ils disent. Bref, ce jeu télévisé dépend quand même beaucoup du cadre fixé et adapté par les organisateurs, sans doute plus que des candidats.

 





            Pour finir sur les principes du jeu (que vous connaissez déjà ou pouvez retrouver sur le net, c’est sûr), les binômes arrivés en tête à l’issue d’une étape gagnent une amulette, à laquelle correspond une somme d’argent. Le capital accumulé au cours de toute la course ne sera acquis qu’en cas de victoire finale. Lorsqu’un binôme possédant une ou plusieurs amulettes est éliminé, il doit choisir de la donner à un binôme restant en course. C’est ainsi que Gérard et Cédric, le père et le fils niçois et supporters de l’OGC Nice, sont restés au contact de Jean-Pierre et Joël, le binôme qui a remporté le plus d’étapes. A côté des binômes : couple à la ville (Yasmine et Harold, Terence et Olivia), frères-sœurs (Pauline et Aurélie, Guillaume et Carine), père-fils (Gérard et Cédric), belle-mère et belle-fille ou beau-père et gendre (Cynthia et Maïté, Morta et Loulou), amis et collègues (Eric et Pierre, Christila et Delphine), le binôme Jean-Pierre et Joël avaient la particularité de ne pas se connaître avant l’aventure. En soi, ce n’était pas un handicap selon moi, puisque tout dépend du caractère de chacun qu’on se connaisse ou pas. Ils ont frisé l’élimination lors d’une des premières étapes au Brésil (Diamantina et sa jolie place, si je m’en rappelle bien), en terminant dernier, et en se voyant sanctionner pour avoir essayé de payer un chauffeur : résultat : deux fois plus d’handicaps, sous forme de quatre grosses valises en bois à porter pour l’étape suivante. Bien sûr, dans les deux kilomètres de courses à pied par laquelle débutait celle-ci, ils n’ont pu rivaliser et se sont traînés : ils n’ont donc pas eu le droit à la ballade en avion et à la visite de Brasilia, qu’ont obtenus les copains rugbymen Eric et Pierre en arrivant les premiers à l’aéroport (avant d’offrir à Cynthia et Maïté, originaires aussi du Sud Ouest de les accompagner). Jean-Pierre et Joël n’ont pas pu non plus se qualifier pour l’épreuve d’immunité, où Terence et Olivia battaient d’un cheveu Eric et Pierre pour reconstituer un P E (comme Pékin Express) en faisant manœuvrer des bus de la ville. Jean-Pierre et Joël n’ont pas non plus pu atteindre en premier le monument où se trouvait le drapeau rouge, où Yasmine et Harold ont précédé in extremis Pauline et Aurélie. Mais, pour la suite de leur étape, le binôme associant Joël le trentenaire et Jean-Pierre qui frisait lui la soixantaine, ont réussi à dépasser leur handicap, en trouvant les bons automobilistes pour les charger ainsi que leurs valises (et leur cameraman) et en évitant aussi les arrêts par drapeau rouge agité suite à un pacte de non agression avec Yasmine et Harold. Ce n’étaient donc pas Jean-Pierre et Joël qui étaient éliminés à l’issue de cette étape (qui emmenait les concurrents à Rio Verde, je crois), mais les sympathiques Eric et Pierre, qui avaient vu leur réussite jusqu’à mi-étape faire place à de la poisse lors de la fin de course.

            Et, c’est par la suite que Jean-Pierre et Joël allaient gagner plusieurs étapes, à commencer par l’étape suivante, en bénéficiant à fond du gain de l’épreuve d’immunité chez les cow-boys de l’Ouest Brésilien (capture de veau et tir à la carabine sur des boîtes de métal), quand par la suite toutes les équipes sauf eux étaient mélangées. Tout cela les amena en Bolivie puis au Pérou, où ils énervèrent Gérard et Cédric par leur volonté de gagner à tout prix (je n’ai pas vu l’épisode autour de Machu Pichu où le conflit a éclaté) Je pense que si les avis étaient forcément partagés sur Jean-Pierre et Joël : certains suiveurs de l’émission les trouvant cool et compétiteurs, d’autres moquant ce vieux beau et ce coiffeur manièré, ce binôme pouvait servir de méchants pour certains résumés, ce qui est le bain d’une production de télé-réalité, où on veut que les avis se polarisent autour de candidats apprécies et d’autres détestés.

            L’aventure de Jean-Pierre et Joël s’arrêta finalement aux portes de la finale à Lima, sur l’Océan Pacifique (donc la traversée du continent d’un Océan à l’autre était bien réalisée) après une traversée des dunes du désert côtier avec des buggys à carburant limité, puis à pied. Les finalistes furent Gérard et Cédric et Pauline et Aurélie, qui en récupérant les amulettes de Jean-Pierre et Joël, se retrouvèrent à égalité de gain potentiel avec leurs adversaires. Je crois que ce sont finalement le père et le fils niçois qui ont gagné « Pékin Express : la Route des Incas »

 

            Je n’ai pas vu cette ultime étape, mais ce qui est sûr, c’est que l’émission savait ménager le suspense, et donnait envie à la fin de chaque épisode de voir le suivant dont un résumé alléchant était proposé. Le tout couplé avec de belles images et une musique entraînante, c’est bien calibré, c’est sûr.

            Après, je crois qu’il faut savoir garder ses distances avec les enjeux sursurlignés par la voix off comme je l’ai montré, mais ne pas pour autant bouder son plaisir. En plus, on a le droit à de belles images et des petites informations (même si ce n’est pas France 5) sur les régions traversées, ce qui est agréable et peut être même positif pour la culture de certains. De Rio de Janeiro à Lima. Oui, j’ai aimé voir le sourire des Brésiliens, les églises pastels du Brésil, l’architecture de Brasilia, les marais du Pantanal, les magnifiques paysages montagneux de Bolivie, hauts sommets et canyons plus ou moins à sec, Uyuni la désertique, sa gare fantôme, ses collines pelées avec cactus et ses herbes sèches, et surtout la vaste étendue des salars, les couleurs du lac Titicaca, les lignes de Nazca, le contact entre les sables du désert et la bleu de l’océan Pacifique.


 


            Je crois que depuis que je suis jeune, l’Amérique du Sud est une des régions du globe qui me fascine le plus. Bizarrement plus que l’Asie par exemple.

            Asie, où se déroulaient les premières éditions du jeu de M6, que je n’ai pas vues. Ce qui explique le nom de « Pékin Express » que la chaîne n’a pas changé. Pour des raisons de publicité, j’imagine que c’était plus aisé, même si ça peut entraîner des confusions géographiques chez les plus ignares. La communication est d’ailleurs la même sur d’autres jeux de téléréalité, comme Koh Lanta , dont le nom venait du premier archipel (en Asie du Sud-Est) où l’émission a été tourné. Depuis, la localisation bouge d’une année à l’autre. Autre exemple, cette fois-ci hors télé-réalité, mais avec toujours un rôle essentiel des médias dans la tenue de l’épreuve: on sait que le Dakar, anciennement Paris-Dakar, a renoncé à faire courir ses motos, voitures et camions en Afrique à cause des menaces des groupes terroristes islamistes. En 2009, la course reprendra, mais se déroulera au Chili et en Argentine : bien que la capitale du Sénégal ne soit plus ralliée, il n y aura pas de changement de nom, je crois.

            Ainsi, donc, de Lima, les candidats de Pékin Express n’ont pas rallié la capitale chinoise, et je ne vous ai pas parlé du périple, difficile aussi, d’une flamme jusqu’aux Jeux Olympiques.

Lundi 7 avril 2008
Le salaire dépend moins du travail que de la valeur marchande

    Effectivement, si le proverbe dit que tout travail mérite salaire, on se rend vite compte que ce qu'on gagne n'est pas forcément proportionnel à notre peine et aux heures passées dessus. Rien de choquant en cela, il est normal que le salaire dépende d'une combinaison de paramètres : le temps de travail, son intensité, son importance, les études qu'il a fallu faire et les qualifications qu'il a fallu acquérir pour bien remplir ce métier, la performance accomplie et donc le montant auquel va être vendu la prestation et ce qui en découle. Dans nos sociétés de consommation, où les citoyens sont devenus des clients, le curseur s'est un peu trop déplacé dans cette direction.
     Pourquoi un footballeur gagne plus qu'un judoka ?
     Pourquoi un chanteur de rap gagne plus qu'un acrobate de cirque ?
     Pourquoi un ingénieur dans l'agroalimentaire gagne plus qu'un chercheur en histoire médiévale ?
     Pourquoi un publicitaire gagne plus qu'un contrôleur des impôts ?
     Pourquoi le patron d'EADS gagne plus que le président de la République ?
   
     Parce qu'ils rapportent plus d'argent par leur activité à ceux qui décident de leur salaire. C'est la rareté de l'offre par rapport à la quantité de la demande qui fait monter le prix des hommes. On n'est pas loin de la marchandisation humaine.
     Est-ce que c'est la porte ouverte à toutes les dérives ?
     Peut-être ! En tout cas n'oublions jamais qu'il y a autre chose que le profit à court terme !
 

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