Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 00:01

Allez ! Puisqu'il n y a pas que la politique dans la vie, parlons un peu d'autre chose. Abordons un thème qui m'est cher comme il est d'ailleurs cher au nouveau président, François Hollande, me suis-je laissé dire.

Je ne parlerais pas ici de la ligue 1, qui est haletante en ce moment (à l'image de cette avant-dernière journée), mais de la liste potentielle pour l'Euro, de Laurent Blanc. La question qui revient tous les 2 ans : qui seront les 23 ?

 Après le match amical probant contre l'Allemagne cet hiver, j'avais déjà élaboré des pré-listes dans ma tête. Compte-tenu de l'abondance de bons milieux offensifs dans le vivier national, sans qu'aucun n'ait vraiment convaincu qu'on pouvait lui laisser les clés de l'animation offensive des Bleus, il me semblait possible que Laurent Blanc ne prenne que sept défenseurs, pour prendre davantage de milieux. Il avait en plus la chance d'avoir des joueurs polyvalents, notamment Eric Abidal, qui pouvait tenir lieu à la fois d'arrière latéral gauche titulaire, et de recours en défense centrale, en cas d'accumulation de blessures. Je me rappelle avoir essayé de créer des listes à partir de ce constat. Une des listes logiques (vis-à-vis des choix du sélectionneur tout au long de son mandat) à laquelle j'arrivais consistait à prendre simplement la liste pour le match amical, et de faire de la place pour les deux qui me paraissaient incontournables, mais n'étaient pas là à ce moment-là : Loïc Rémy et Karim Benzema. Je retirais donc de la dernière liste les noms d'Amilfatano, le nouveau appelé avant tout pour découvrir et être découvert, et Louis Saha, l'ancien, appelé pour son bon état d'esprit et son expérience. J'avais donc par exemple la liste suivante :

  GARDIENS : LLoris, Mandanda, Carrasso ; DEFENSEURS : Debuchy, Rami, Mexés, Abidal, Réveillère, Sakho, Evra MILIEUX : M'Vila, Cabaye, Nasri, Diarra, Malouda, Martin ; ATTAQUANTS ET AILIERS DE SOUTIEN : Rémy, Benzéma, Ribéry, Gameiro, Giroud, Ménez, Valbuena

Las, cette liste n'est déjà plus d'actualité : Abidal se remet seulement d'une opération au foie, et ne sera pas appelé. Donc, il semble probable que Blanc prenne huit défenseurs : quatre titulaires, et quatre remplaçants poste pour poste. Loïc Rémy, suite à sa blessure lors du match de ce soir, pourrait bien lui aussi être forfait - dommage pour lui. Notons aussi que le défenseur latéral droit potentiel, Bakary Sagna, a été également victime de la fin de saison, avec une sale fracture du péroné.

 Blanc a décidé d'annoncer sa liste des 23 en trois temps.

 Jeudi dernier, il a donné une liste de douze joueurs présélectionnés parmi les joueurs français jouant dans les championnats étrangers. Il s'agit des quatre défenseurs centraux, Philippe Mexés, Adil Rami, Younés Kaboul, Laurent Koscielny, des deux défenseurs latéraux gauches, Patrice Evra, Gaël Clichy, des milieux relayeurs ou offensifs, Yohan Cabaye, Samir Nasri, Florent Malouda, Franck Ribéry et Hatem Ben Arfa, et de l'attaquant, Karim Benzema.

 Jeudi qui vient, il donnera une liste d'une petite quinzaine de joueurs présélectionnés parmi les joueurs français jouant dans le championnant de ligue 1 (donc pas disponible avant dix jours)

 Un peu plus tard, après les premiers entraînements et peut-être le premier match amical de préparation, Laurent Blanc désignera les 23 joueurs, et les remplaçants qui doivent rester sur le qui-vive en cas de grosses blessures parmi les sélectionnés.

Si on fait un peu d'extrapolation, la place dans les 23 semble chaude pour les deux défenseurs centraux titulaires, Rami et Méxés, et les arrières latéraux, Réveillère, Debuchy, Evra et Clichy. Pour les deux probables places de défenseurs centraux remplaçants, il y a une bagarre à trois entre Kaboul, Koscielny et Sakho. Sur le plan de ce qu'ils ont montré en bleu ces deux dernières années, je prendrais à coup sûr Younés Kaboul, qui a bien tenu son rang dans deux ou trois matchs éliminatoires. Mais, Laurent Blanc jugera également sur la forme du moment et pourrait être enclins à choisir les deux jeunes. Sakho est celui reconnu comme à plus fort potentiel, mais sur la forme du moment, il a une période difficile, et semble derrière Koscielny, que je n'ai pas vraiment vu jouer, et donc pas vu bien jouer non plus.

En milieu, il semble probable que Laurent Blanc renouvelle sa confiance à M'Vila, Diarra, Cabaye, Nasri. Les places de Malouda et Martin sont peut-être plus discutables, et seront sans doute plus discutées, car la forme du moment n'est pas vraiment pour eux. La saison de Malouda a été médiocre à Chelsea, et celle de Martin à Sochaux a été pour le moins irrégulière. Mais, Laurent Blanc pourrait vouloir garder l'expérience de Malouda et la vision de jeu déjà vue chez Martin. Sinon, dans cette zone centrale du terrain, Matuidi peut être une option. Et, il y a le mystère Gourcuff. Par contre, les deux anciens compères de la doublette du milieu de Raymond Domenech, Jérémy Toulalan, et Lassana Diarra, ne reviendrons plus n'ayant pas été préselectionnés dans la liste des joueurs à l'étranger.

Pour les ailiers et attaquants de soutiers, Ribéry n'a pas fait de flammes avec les Bleus, mais je ne pense pas que Laurent Blanc va sortir des 23 ce joueur, peut-être le plus connu médiatiquement (en positif et en négatif). Valbuena, Ménez, Ben Arfa ont chacun leurs caractéristiques.

En avant-centre, Benzema est incontournable, et Giroud a vraisemblablment gagné sa place dans cette dernière année.

En club, comme chez les Bleus, Gameiro n'a pas eu une année à la hauteur de ses attentes. Mais, il peut se retrouver dans la liste, d'autant plus si se confirme le forfait de Rémy, qui avait le profil idoine avec sa polyvalence ailier droit/attaquant de pointe, et ses bonnes performances en équipe de France.

Gomis et Hoareau semblent un peu plus loin de la liste des 23. Quant à Saha et Cissé, n'étant pas dans liste des joueurs à l'étranger présélectionnés, ils ne seront pas à l'Euro.

 

Pour résumer, en partant sur un 4-3-3, avec un seul attaquant de pointe, qui semble être le système proposé par Blanc, les sélectionnés pourraient être parmi les suivants :

 GARDIENS (sans suspense) :

 Ultra-probables : Hugo Lloris, Steeve Mandanda, Cédric Carrasso

 Avec une très faible probabilité : Ruffier, Douchez, Costil

 

DEFENSEURS :

Très probables : Adil Rami, Philippe Mexés, Anthony Réveillère, Matthieu Debuchy, Patrice Evra, Gaël Clichy

Probables : Mamadou Sakho, Younés Kaboul, Laurent Koscielny

Possibles : Christophe Jallet, Rod Fanni

 

MILIEUX :

Très probables : Yann M'Vila, Alou Diarra, Samir Nasri, Yohann Cabaye

Très possibles : Florent Malouda, Marvin Martin, Yohann Gourcuff, Blaise Matuidi

Possible : Maxime Gonalons

Avec une très faible probabilité : Matthieu Bodmer, Benoît Cheyrou, Rio Mavuba

 

ATTAQUANTS ET AILIERS DE SOUTIEN :

Très probables : Karim Benzema, Franck Ribéry, Olivier Giroud

Probables : Loïc Rémy, Kevin Gameiro, Hatem Ben Arfa, Mathieu Valbuena

Possibles : Dimitri Payet, Guillaume Hoareau, Batéfimbi Gomis.

 

Si je devais me lancer, je dirais donc la liste suivante :

 

                          LLoris

   Debuchy    Rami     Mexés    Evra

                       M'Vila

             Nasri              Cabaye

 Ménez                                 Ribéry

                    Benzema

 

 

                       Mandanda

   Réveillère    Kaboul     Sakho    Clichy

                       Diarra

             Martin              Malouda

 Rémy (ou, s'il est blessé, Gameiro)                  Ben Arfa

                      Giroud

 

+ Carrasso

 

Avec comme remplaçants mobilisables : Matuidi,  Valbuena, Koscielny, Gourcuff et Gameiro (s'il nest pas déjà dans les 23).

 

 

 

 

Par Loïc - Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 00:03

 

 

Le premier tour a livré son verdict, avec quelques enseignements :

 -la participation fut plutôt élevée (de l'ordre de 80 %, c'est pas mal, surtout si on compare à des pays comme les Etats-Unis), plus élevée que prévue par les observateurs. Les médias auraient sans doute voulu une campagne plus rythmée, avec des annonces se succédent les unes aux autres, pour faire des gros titres de dépêches, mais, au final, les Français se sont déplacés vers les urnes, non pas par enthousiasme, mais par conscience de la gravité de la situation, et envie d'utiliser la petite part de souveraineté qui leur est accordée.

 -François Hollande s'est placé devant Nicolas Sarkozy, du point de vue des résultats du premiers tour (28,5% contre 27% environ), et des intentions de vote et de report de voix pour le second tour.

 -Néanmoins, le mouvement de droitisation des esprits en France n'est pas arrêté. Et, j'aurais même tendance à dire qu'il se poursuit, ce qui doit bien faire plaisir à Patrick Buisson, le chantre de la droite maurassienne. Avec les 18% de Marine le Pen, mais aussi les 27% de Nicolas Sarkozy (vu sa campagne), la droite dure, agressive vis-à-vis de ses boucs-émissaires (immigrés, assistés, et bien sûr la gauche) représente 45 %

 -Par rapport à l'élection de 2007, c'est le centre qui a régressé, ou qui a été en partie absorbé par François Hollande. François Bayrou a fait finalement 9% : je suis heureux d'avoir contribué à limiter les dégats d'une voie quand même.

 

Pourquoi François Hollande ?

Maintenant, il est temps pour le second tour pour moi de choisir entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.  Je choisis François Hollande, pour de nombreuses raisons.

*Lorsqu'il a commencé son chemin vers la présidentielle au début de l'année 2011, j'ai apprécié son ton. Il a choisi deux grands thèmes : la jeunesse et la fiscalité, qui me semblaient effectivement deux thèmes cruciaux, sur lesquels on peut faire le constat que la situation actuelle est mauvaise et injuste, et sur lesquels les hommes politiques ont à mon sens de vrais leviers pour agir. Nous n'en étions encore qu'au stade du thème, mais ça me semblait en tout cas bien plus intéressant que les trois lettres, que les médias avaient essentiellement à la bouche à ce moment-là : DSK. On touche là aux limites de notre système médiatique du buzz : on prefèrait à cette époque consacrer des articles, tournant en rond, sur ce que Dominique Strauss-Kahn laissait entendre de son futur départ au FMI pour la candidature à la présidentielle  plutôt que creuser un débat sur des thèmes très intéressants...

*Ensuite, une fois François Hollande désigné par les primaires comme candidat socialiste, il a commencé à préciser ses idées : si, côté jeunesse, le projet manque peut-être de souffle, côté fiscalité, j'ai jugé les propositions intéressantes, et rentrant plutôt bien dans le cadre de l'objectif d'avoir un système fiscal plus juste. Néanmoins, j'attends vraiment qu'on ne s'arrête pas au milieu du gué de la réforme fiscal, mais qu'en cinq ans, on aboutisse vraiment à un système fiscal refondu : moins conservateur du point de vue de l'équilibre entre fiscalité sur le patrimoine et fiscalité sur les revenus, avec des niches fiscales fortement réduites, et surtout avec l'objectif de faire passer l'essentiel si ce n'est tout de la fiscalité du revenu sur une base progressive et à la source, atteint. Nous verrons bien.

 *D'une manière générale, j'apprécie le projet présenté fin janvier pour sa cohérence, en opposition très nette avec la politique (bilan et projet) de coups de Nicolas Sarkozy.

 *Et puis, au-delà même des candidats, il me semble utile de ne pas brader les services publics sur l'autel du libéralisme, dont on a pu voir les dégâts que causait sa rapacité. Il s'agit bien sûr de refondre et d'enrayer la spirale de déliquescence des services publics identifiés comme les plus cruciaux : santé, justice, police, et bien sûr, l'éducation, pour construire l'avenir. Tout cela doit être fait en prenant en compte la problémétique de la dette qui est terrible.

 

      L'ambiance des jours ayant suivi le premier tour.

 

   Et, les développements des derniers jours de campagne me renforcent dans mon choix. Il est impossible d'oublier tout ce que je peux détester chez Nicolas Sarkozy, car ça me revient en pleine face en ce moment. La fameuse intox agressive. Ses supporters et lui s'en donnent à coeur joie. Les contre-vérités sont martelées avec véhémence : les idées s'imposent donc par la force, plutôt que la réflexion. Il est d'ailleurs ironique que le slogan d'un des clips de campagne de Sarkozy, soit "Réfléchis, votes Sarkozy"...Je voudrais que la campagne soit plus élevée, que "il y a trop d'immigrés", "avec le vote des étrangers, la république sera prise en otage par les communautarismes", "Si Hollande passe, on sera directement dans la situation de la Grèce et de l'Espagne"...

 

 Entendons-nous bien : je ne dis pas qu'il ne faille pas essayer de convaincre les dégoûtés de la politique ou les électeurs de Marine le Pen, qui sont d'ailleurs tous différents les uns des autres. Mais, on peut utiliser des arguments un peu plus poussés, pour essayer de rapprocher ces gens de l'idéal "Liberté, Egalité, Fraternité", tout en entendant leurs plaintes. La peur de la mondialisation est légitime : avec le volet de la résistance à l'ultralibéralisme, mais aussi avec la question identitaire. Tout le monde doit se sentir respecté, avant de favoriser le rapprochement entre tous les Français diffrents.

 

      Bref, la montée des populismes et son corollaire, la crise de la démocratie représentative, sont pour moi de vrais sujets. Nous aurons l'occasion d'en reparler, car ces questions ne sont pas derrière nous.

 

 Le débat

 

 Donc, mercredi soir était le soir du traditionnel débat de l'entre deux-tours. Unique (personnellement, cela ne m'aurait pas dérangé qu'il y en ait plusieurs, mais il aurait fallu un consensus entre les candidats, et ne pas faire du sujet du nombre de débats, un sujet d'affrontement dès le soir du premier tour), il a duré près de trois heures. Je rejoins les observateurs, pour dire que ce débat a été bon. Il a été meilleur que celui de 2007, avec des candidats qui maîtrisaient leurs sujets, et qui ne pouvaient pas se laisser aller dans une surenchères de propositions un peu farfelues, vu la lourdeur du contexte.

 Sur les questions économiques et sociales, qui a constitué une bonne moitié du débat, il y a eu des affrontements de chiffres, et l'exposition de choix politiques parfois opposés. Ce qui était sans doute le moins probant, c'est les comparaisons avec les autres pays (Grèce, Espagne, Allemagne,...), balancées par Nicolas Sarkozy, mais aussi parfois par François Hollande, comme des arguments d'autorité, plutôt que approfondis. Selon moi, il y a beaucoup de leçons à retirer de l'évolution socio-économique des différents pays qui nous entourent, à condition de mener une étude complète de ce qui les rassemble et les sépare de l'histoire de la France. Parmi les piques, impliquant les pays voisins, j'ai quand même apprécié que François Hollande jette un Berlusconi à la tête de Nicolas Sarkozy, tant ce que je perçois (avec forcément moins d'acuité que les Italiens) de Berlusconi (qui n'est enfin plus au pouvoir), est un peu de l'ordre de ce que je ressens à propos de Nicolas Sarkozy en peut-être plus négatif. Berlusconi, c'est un peu le mélange des défauts de Sarkozy, Tapie et DSK. Bon, au-delà de cette futilité, les programmes socio-économiques de Nicolas Sarkozy, comme de François Hollande, m'ont semblé bien défendus, et en tout cas défendables. Soit dit en passant, je suis beaucoup plus critique des choix économiques de Nicolas Sarkozy en début de mandat, que de ses choix, en fin de mandat, où il a été contraint par le contexte de revenir sur un certain nombre de ces cadeaux fiscaux aux riches, improductifs à mon sens, et même nuisibles pour l'équilibre du pays. Bon, maintenant, nous sommes dans l'austérité. Et, effectivement, il ne faut pas faire que ça. Il faut trouver quelques mesures pour inciter la croissance et l'investissement pour le futur. Mais, des mesures bien ciblés, représentant un coût beaucoup moins élevé que les mesures d'économie sur les dépenses ou les recettes, nécessaires à réduire la dette. La récupération de certaines recettes, par la limitation des niches fiscales, me semble incontournable. Néanmoins, je ne dirais pas, comme François Hollande, "de l'augmentation de TVA, jamais !". Peut-être qu'il faut jouer un peu sur les deux sources : CSG (qui a l'avantage d'être progressive) et TVA (qui a l'avantage d'affecter autant les produits locaux que les produits d'importation), pour récupérer des recettes, un peu comme dans le programme de François Bayrou, plus équilibré que les programmes de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Nous verrons les choix qui seront faits. Je n'approfondirais pas plus le débat socio-économique. Je noterais juste que je trouve intéressant l'idée de François Hollande, telle qu'il l'a expliqué, de faire un tarif progressif de l'énergie selon sa consommation individuelle (et non pas par foyer), même si on opposera aux arguments de papiers la réalité sur le terrain de l'injustice liée aux maisons mal isolées.

 Sur le sujet de l'immigration, la question de société préférée des journalistes, j'ai trouvé que François Hollande a su bien répondre, et bien titiller Nicolas Sarkozy sur le fait qu'annoncer des chiffres, ca fait "homme fort", mais que, sans annoncer les moyens, ce n'est pas réaliste, car l'immigration légale a un niveau d'étiage sans doute bien supérieure à la moitié du niveau actuel (90 000 par rapport à 180 000 par an, si j'ai bien suivi les chiffres), sauf à remettre en cause les textes internationaux et les attitudes (vis à vis des couples, des étudiants) les élémentaires. Nicolas Sarkozy a réussi à s'esquiver. D'une manière générale, sur ces thèmes chers à l'extrême-droite, que sont la sécurité, la lutte contre les fraudes et l'immigration, je trouve que la gauche a tout intérêt à faire preuve de pédagogie et à affirmer sa fermeté sur le respect de la loi existante, plutôt que de pousser des cries d'orfraie à chaque position musclée (mais souvent un peu irréaliste) de la droite ou de l'extrême-droite. Le contrôle de l'immigration, et la lutte contre les fraudes est une question de justice avant tout, plutôt que de chiffres faramineux, comme ceux que le Front National annonce pour la réduction du nombre d'immigrants, ou la somme que peut faire économiser aux comptes sociaux de l'état une lutte plus efficace contre la fraude. Sinon, l'idée d'une validation par une majorité qualifiée des 3/5ème du parlement, ou par une majorité des Français consultés par référendum, de la réforme de la constitution, permettant le droit de vote des étrangers aux municipales, me semble vraiment un bon point de François Hollande pour ce débat.

 

 Le sujet du nucléaire a aussi été l'occasion d'une vive opposition entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. La vision des choix énergétiques du candidat socialiste me semble plus équilibrée. Mais, la peur du nucléaire ne me hante pas au point que les choix de Nicolas Sarkozy me choquent : ils sont défendables. La chose la plus importante, c'est que l'autorité de sûreté nucléaire soit indépendante et ait des moyens. 

 

 Sur le sujet des institutions et de la conception de la présidence de la République, il y eut le grand moment de François Hollande : son énumération, avec "moi, président de la république" de tout ce qu'il entreprendra pour moraliser la fonction présidentielle. La forme n'était pas totalement naturelle, mais le fond était vraiment convaincant. Et, en creux, on retrouvait beaucoup de problèmes de la présidence de Nicolas Sarkozy, qui n'a eu comme recours que de faire appel aux turpitudes de François Mitterrand pour atténuer la charge de François Hollande. Pour ma part, la cause est entendue : François Mitterrand fut loin d'être un président irréprochable du point de vue de la morale publique, et l'ensemble des prédécesseurs de Nicolas Sarkozy n'étaient guère mieux que lui, du point de vue de la volonté de contrôler tout. Mais, si on regarde vers l'avant, il faut effectivement réformer le statut pénal du chef de l'état, qui le place trop au-dessus des lois, et tout ce qui va vers une limitation des pouvoirs de nomination des autorités censées être indépendants par le président va dans le bon sens. Concernant l'ouverture, si, sous sa présidence, elle a effectivement surtout consisté en des débauchages, Nicolas Sarkozy a sans doute raison de dire que si le PS est majoritaire, moins de gens de droite seront appelés à des postes intéressants qu'il y eut de gens de gauche dans les ciinq dernières années. Reste que, d'une manière générale, sur les institutions, j'ai une plus grande confiance en François Hollande.

 

 Pour les deux questions internationales, que David Pujadas et Laurence Ferrari avaient réservé aux candidats, il n y eut pas de clivages majeurs. Même la différence d'un an de date de retrait des troupes en Afghanistane me semble finalement assez mineure. Si on choisit fin 2013, comme Nicolas Sarkozy, on respectera mieux nos engagements, et on comptabilisera, à en juger par le rythme actuel, sans doute quelques soldats français morts en armes de plus. Même si ça n'a jamais été exprimé, je me demande si Hollande ne voit pas dans le retrait des troupes fin 2012 l'occasion de faire une petite économie de plus en début de mandat.

Le thème majeur qui n'a pas été abordé selon moi dans ce débat (choix des journalistes et des candidats) est celui des services publics. C'est pour moi un thème crucial, car c'est un sujet qui fait lien entre tous les français.  C'est également un thème délicat, car les promesses sont comptées en temps de crise. Un sujet ultra-important, comme l'éducation, n'a été abordé que par le prisme du contrôle des dépenses, et du pouvoir d'achat. Alors, qu'il aurait voulu approfondir : quel taux d'encadrement, et quelle nature d'encadrement, permet d'améliorer la qualité de notre éducation ? Comment rétablir l'égalité des chances et l'ascenseur social ? La question de la santé (et des services publics liés) a également été absent des radars. Et, je viens d'y penser : le thème du logement n'était pas non plus au menu du débat. On en avait toutefois parlé à l'émission "Des Paroles et des Actes" précédente.


Bref, si Hollande est élu, on aura un autre style que Nicolas Sarkozy : un style sans doute plus calme (et moins favorable à la caricature et au buzz). Reste maintenant à voter dimanche, et attendre les résultats à 20h, avant de se remobiliser pour les législatives.



Par Loïc - Publié dans : Politique et société
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 23:51

 Il est de bon ton de critiquer la campagne officielle et son égalité de temps parole pendant deux semaines à la télévision et à la radio. Pourtant, je trouve cela intéressant. Et, surtout, ça me paraît normal qu'il y ait une égalité au départ entre tous les candidats, et ça m'attriste que cela fasse fuire les télés.

 France 2, après avoir consacré de grosses émissions aux "principaux candidats" avant le début de la campagne officielle, a tourné deux émissions politiques : "Des Paroles et des Actes" et "Mots croisés" aux dix candidats de la campagne officielle. J'ai apprécié que ces deux émissions se complétent plutôt bien.

 

 "Des Paroles et des Actes" avait le format d'une succession en deux jours de grands oraux pour chacun des candidats. Cela permettait avant tout aux journalistes (David Pujadas et ses trois acolytes, dont le journaliste économique aux graphiques, Langlet) de poser des questions plus personnalisées à chacun des candidats.

 "Mots Croisés" mettait cette fois-ci aux prises les dix candidats (ou leurs représentants) en même temps, que quatre sujets choisis. Cela permettait mieux de comparer les solutions et les visions des candidats sur des sujets similaires.

 

 Les critiques qu'on peut formuler sur l'émission d'Yves Calvi sont triples, mais doivent être minimisées :

    -Tous les candidats n'étaient pas là. Les cinq candidats les mieux placés dans les sondages (au-dessus de la barre des 5% qui permet d'assurer le remboursement d'une grosse campagne) s'étaient fait représenter. Bien sûr, on peut rejoindre Nicolas Dupont-Aignan, qui lui, était bien présent, sur le qualificatif de "pleutres" pour les "gros" candidats qui n'avaient pas participé au débat. A chacun de voir si c'est un critère presque pas ou seulement légérement important pour juger les candidats. En tout cas, les représentants des grands candidats ont à mon sens bien joué leur rôle : représenter. Nathalie Kosciusko-Morizet est la porte-parole unique de Nicolas Sarkozy. Jean-Marc Ayraut est en quelque sorte un "ersatz" de François Hollande : même sensibilité socio-démocrate, même consensualité, même cumul de fonctions dans le parti ((ex_)secrétaire du PS pendant 10 ans pour Hollande, président du groupe PS de l'Assemblée Nationale pendant aussi quasiment 10 ans pour Ayraut), de poste de député, et de poste d'élu local (président du conseil général de la Corréze pour Hollande, maire de Nantes pour Ayraut). François Delapierre était un parfait inconnu pour moi, mais, en tant que codirecteur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, je pense qu'il le représentait donc bien. Marielle de Sarnez est vraiment la femme de confiance de François Bayrou dans son parcours de centriste indépendant. Florian Philippot ne représente peut-être qu'une facette du FN, mais c'était intéressant de voir le fameux énarque de la bande à Marine le Pen. En plus du discours classique de diabolisation de l'immigration et de l'Europe du FN, il nous a sorti un bel exemple de protectionnisme tout droit sorti du Brésil. Bref, c'était comme si nous avions les dix candidats devant nous lors de ce "Mots Croisés"

   -Avec les temps de paroles corsetés et la multiplicité des personnes qui se tenaient côte à côte, le débat ne favorisait pas les affrontements entre candidats. Finalement, j'ai trouvé que ce système avait autant d'avantages que d'inconvénients. Ca évitait aussi qu'on ait le droit à une foire d'empoigne. Et, il y eut quelques petits affrontements personnalisés de ci de là : une petite empoignade verbale entre Florian Philippot et François Delapierre, reprenant le combat entre Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon, la pugnacité d'Eva Joly par rapport à Nicolas Sarkozy et Marine le Pen (donc représentés par Kosciusko-Morizet et Philippot), Kosciusko-Morizet citant d'abord positivement Eva Joly, puis lui répondant, et n'hésitant pas à tacle quand cela était possible Ayraut, Poutou, affirmant son désaccord profond avec Phlippot, son envie de dégager Sarkozy, et de mettre la pression sur Hollande...

  -Le choix des thèmes : si les thèmes économiques choisis : dette et emploi, semblent vraiment cruciaux, les thèmes sociétaux et environnementaux choisis, semblaient un peu restrictifs : immigration et nucléaire....A mon sens, par exemple, le thème "éducation" était plus intéressant que le thème "immigration" (qui a tendance à être un thème que (et qui) fait monter surtout la droite de l'échiquier politique, et sur lequel les candidats les plus au centre ont peu à dire, à part le "cas par cas", qui semble la méthode pour traiter l'immigration la plus logique. On aurait pu au moins afficher le titre du thème sous l'angle de la problématique "immigration - intégration", qui pouvait permettre par exemple d'enchaîner sur la question de l'école pour les candidats qui le voulaient. Mais, globalement, je trouve que cela s'est bien passé : les dix intervenants (connaissant probablement les thèmes à l'avance) ont pu dérouler le discours qui leur convenait, tout en donnant des éléments de réponse aux questions plus précises de Yves Calvi. Concernant justement l'intervieweur, j'ai un avis mitigé : le débat a été bien tenu et intéressant, donc c'est qu'il a bien contrôlé son émission, sans doute que son choix de poser des questions d'approfondissement ou non à certains candidats sur certains thèmes était subjectif, mais ça ne m'a pas gêné tant que ça (et vous ?). Le flop, ça a vraiment été la dernière question (plutôt type "Des Paroles et des Actes") à Marielle de Sarnez : elle se doutait de quelle question cela serait, et elle savait qu'elle n'y répondrait pas, mais Yves Calvi le savait très bien, et les téléspectateurs aussi....Bref, l'obsession de la petite phrase... 

 

 Au final, on commence à bien connaître nos dix candidats, avec ces deux émissions (et toutes celles qui les ont précédé), et il n y a plus beaucoup de surprises, ce qui n'est pas forcément un mal. A mon sens, un candidat doit approfondir son projet, pas le changer tout le temps. A noter que le format "Mots Croisés" a été plus favorable à Jacques Cheminade que le format "des Paroles et des Actes", où le candidat s'est laissé enfermer dans les questions des journalistes, traitant essentiellement des aspects les plus dérangeants de son parcours et de ses amis, et des aspects les plus originaux (voire farfelus) de son programme. Sur "Mots Croisés", on a pu mieux voir qu'il avait des idées sur tous les thèmes, et identifier son positionnement général, peut-être original et un peu irréaliste, mais pas ridicule : une forte confiance investie dans le progrés conjoint humain-technologie.

 

 Bref, on peut dire du bien et du mal de chacun des candidats. Pour donner un peu mon avis, je vais vous donner quelques points de vue sur chacun des candidats :

 

 EVA JOLY

 

 Points intéressants : c'est quelqu'un d'honnête et intégre, et son combat pour la justice et la moralisation de la vie publique mérite notre adhésion.

  Les réflexions sur la réorientatation des choix socio-économiques vers le développement durable me semblent essentiels.

 

 Points dérangeants : certaines propositions me semblent un peu précipitées  (sortie du nucléaire immédiate, mais aussi précipiation vers le "tout est permis" en matière sociétale) , et auront besoin de davantage d'explications pour atteindre le consensus permettant de les faire accepter peu ou prou...

 

NICOLAS SARKOZY

 

 Points intéressants : dans le tas de ses nombreuses propositions ou annonces, y en a quand même pas mal (au moins 50 %) qui sont intéressantes

 

 Points dérangeants : certaines de ses propositions, reflétant une vision "idéologique" de la société, qui ne me convient pas ou le poids de lobbyes dérangeants, me semblent négatives pour la société française.  Il n'appliquera pas toutes ses propositions, car toutes ne sont pas cohérentes entre elles, et, si on fait le bilan de ce qu'il a fait en 5 ans, pas sûr que cela soit les meilleurs propositions qu'il garde. Et, je n'aime pas sa façon de mentir : ne jamais reconnaître qu'on a tort, et au contraire être agressif et de mauvaise foi quand on est mis face à une critique dérangeante.

 

 

JEAN-LUC MELENCHON

 

 Points intéressants : le diagnostic des dysfonctionnements du capitalisme mondialisé est plutôt bon, et l'appel au peuple me semble adéquat, dans le sens ou effectivement, il faut renverser le déséquilibre qui s'est crée entre les critères économiques et les critères humains dans les choix du monde. Et, j'aime bien l'idée d'une Constituante.

 

 Points dérangeants : la prudence vis-à-vis des solutions étatiques, qui ont déjà été vaincues par le capitalisme mondialisé, avant que celui-ci échoue à son tour. Bref, le grand soir doit être plutôt mondial que seulement français.

 

MARINE LE PEN

 

 Points intéressants : les arguments populistes partent toujours d'un constat, qui n'est pas tout à fait erroné

 

 Points dérangeants : les solutions proposées sont plutôt simplistes, c'est plus facile de critiquer que d'exercer le pouvoir.

 

PHILIPPE POUTOU

 

 Points intéressants : il a de l'humour, et il ne faut pas oublier que la vie est une plaisanterie sérieuse, certains licenciements sont effectivement scandaleux

 

 Points dérangeants : peut-être ai-je peur du grand soir. De plus, l'éducation me semble essentiel dans tout projet de transformation radical de la société, et le style un peu foutraque de Philippe Poutou n'indique pas un corpus d'idées très solide

 

NATHALIE ARTHAUD

 

 Points intéressants : c'est une battante, et je ne dis pas "non, jamais" au communisme

 

 Points dérangeants : peut-être ai-je peur du grand soir, et je suis plutôt du côté de la recherche du consensus, donc finalement du réformisme pour l'instant

 

FRANCOIS BAYROU

 

 Points intéressants : il pourrait bouleverser le jeu de la cinquième république, qui ronronne, depuis que l'UMP et le PS sont hégémoniques... Ses discours correspondent dans les grandes lignes à l'idée que je me fais de la république...Oui à la moralisation de la vie publique...Son programme économique me semble sérieux...

 

 Points dérangeants : il n y a pas beaucoup de nouvelles idées depuis 2007, si ce n'est des slogans, comme le "Produire en France", et un programme économique, qui, certes, est assez équilibré, mais ne remet peut-être pas assez en cause la doxa du libéralisme mondialisé...

 

JACQUES CHEMINADE

 

 Points intéressants : une partie de son diagnostic sur les problèmes de la financiarisation de l'économie est bonne...Investir dans la recherche et l'innovation, pour le futur, me semble être un bon projet pour la société (sans doute) et pour léconomie(peut-être)

 

 Points dérangeants : le financement de son ambition technologique n'est pas encore très éclairci...Le mélange d'éléments d'un passé plus ou moins lointain (notamment années 30) et de la situation actuelle, et surtout de critiques particulières (Etats-Unis, reine d'Angleterre), avec sa critique du système mondialisé trouble un peu son discours à mon sens...

 

NICOLAS DUPONT-AIGNAN

 

 Points intéressants : j'aime sa posture gaulliste, son envie de réarmer l'Etat et la République Française

 

 Points dérangeants : sa posture gaulliste tient plus de positions sur lesquelles il campe (notamment sortie de l'Euro) que d'un grand programme cohérent...en tout cas, c'est l'impression qu'il donne...

 

FRANCOIS HOLLANDE

 

 Points intéressants : il me semble avoir les qualités pour être un président rassembleur...au moment de sa pré-candidature il y a un an, les deux thèmes qu'il avait identifié comme essentiels : fiscalité et jeunesse, me semblaient également vraiment cruciaux...Le programme me semble assez cohérent et plutôt équilibré...

 

 Points dérangeants : il y a toujours un doute sur son courage lorsqu'il s'agira de rendre des arbitrages (qui seront forcément douloureux pour une partie des Français, et critiqués par une partie de sa majorité)...Certains points de son programme méritent de plus grosses ambitions, d'autres un peu plus de modération...

 

 

 Ceci n'est qu'un petit aperçu peu développé de ce que je pense. En particulier, j'aurais pu approfondir ce que je pense du (Nouveau) Front National, et surtout du quinquennat Sarkozy (même si je l'ai déjà beaucoup fait dans mes vieux billets).

 Je dois avouer que je suis intéressé, mais moins passionné par ces élections de 2012, par rapport à 2007. En tout cas, je suis bien moins enthousiasmé par un candidat. Et, si je peux continuer à affirmer qu'il aurait fallu élire Bayrou en 2007, j'ai eu du mal à me faire ma décision pour cette élection. Dans ces dernières semaines, j'hésitais pour le 22 avril entre les deux François, et les développements des derniers jours me font pencher pour glisser le même bulletin dans l'urne que le 22 avril 2007...

 

 L'important pour moi, je crois, c'est aussi de redire que toute la politique ne devrait pas tourner seulement autour de l'élection d'un président. La crise de notre démocratie représentative devrait vraiment nous faire réagir, nous tous citoyens. 

 

 

 

 

 

Par Loïc - Publié dans : Politique et société
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 23:09

 Après plus qu'une année blanche, voilà un petit retour de mon blog. Je vais commencer par parler de la Nuit Blanche.

 

 La Nuit Blanche, en France, et à fortiori en Ile-de-France, la plupart des gens en a entendu parler : on sait que c'est une nouvelle opération, que certaines qualifieront de bobo, de la Ville de Paris (née de l'imagination de l'équipe municipale de Bertrand Delanoë) comme Paris-Plages, une manifestation festive comme la Fête de la Musique, une ouverture exceptionnelle de lieux spécifiques comme les Journées du Patrimoine, ou une grande soirée culturelle, comme la Nuit des Musées. Mais, contrairement aux événements précédemment cités, il est difficile de résumer par quelques grandes idées thématiques et explicatives la Nuit Blanche. Et, après l'avoir fait (pour la deuxième fois) en cette année 2010, je serais bien incapable d'éclairer votre lanterne.

 

 

IMG_4647-Aimer-les-differences-a-la-Mairie-de-Paris.JPG

 

  Coeur de la Nuit Blanche : Façade de la Mairie de Paris : Aimons nos différences (et écrivons-le de manière lumineuse en plusieurs langues)

 

En parlant d' "éclairer", on peut souligner le rôle fondamental de la lumière dans la Nuit Blanche : inévitablement, la Nuit est propice à la révélation lumineuse. Mais, ce n'est pas non plus la Fête des Lumières lyonnaise (qu'il faudra que je fasse un jour), célébration de la déesse Lumière.

 

IMG_4643-Boule-a-la-Madeleine.JPG

 Ceci n'est pas la lune, mais une boule lumineuse derrière l'église de la Madeleine.

 

 

La Nuit Blanche propose aussi des expériences sonores, même si la musique est plutôt conceptuelle et parcimonieuse, bien loin des successions d'airs de rock, rap, reggae, musique baroque à tous les coins de rue de la Fête de la Musique.

 L'événement n'est pas au coin de la rue, mais dans des lieux soigneusement choisis. Pourtant, on ne trouve pas la concentration de trésors artistiques que peuvent proposer la Nuit des Musées ou les Journées du Patrimoine - et heureusement que les files sont un peu moins longues pour la Nuit Blanche que pour les événements nommés ci-dessus, car cela pourrait être très frustrant d'attendre une heure pour voir des écuelles, sur lesquels ont été écrites des concepts, sur une table.

 Ce qu'on voit est donc essentiellement constitué de création d'art contemporain : un artiste traduit une idée sous forme d'un événement qu'un beau bâtiment de Paris accueille : exemples ci-dessous :

 

 IMG_4640-Apolitico.JPGIMG_4646-Autour-d-01h58.JPG

 

       Apolitico, Trocadéro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                  01h58 (à peu près)

 

 

 

Pour finir, au-delà d'un contenu qui peut laisser perplexe, ce qui fait la force de la Nuit Blanche, c'est son ambiance. Les différentes manifestations sont à peu près concentrées dans trois grandes zones : Ouest autour de Trocadéro-Iéna-Alma, Centre autour de Châtelet-Cité-Le Marais, Est autour de Belleville, ce qui permet de se déplacer à pied de l'une à l'autre. On retrouve cette ambiance de foule, caractéristique des Journées et Fêtes qui rythment la vie culturelle du peuple français. Dans ces masses joyeuses et dynamiques, on retrouve aussi bien  des jolies filles et beaux messieurs du samedi soir que des personnes âgées, en passant par des familles (au moins pendant la première partie de la nuit). Bref, c'est une occasion sympathique de sortir : Paris ne manque pas de vie les samedis soir de toute façon, mais ces lieux spécialement ouverts pour la Nuit Blanche apportent une touche moins mercantile au parcours nocturne que les classiques bars et boîtes. Cela dit, compte-tenu de la douceur de la nuit de ce week-end du 2-3 octobre 2010, nous appréciâmes de nous désaltérer dans un petit troquet. Peu après, le métro (lui aussi adapté à la manifestation blanche) nous ramena vers la deuxième partie de la nuit, plus noire et plus reposante.

 

 

Par Loïc - Publié dans : Carnet de route
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 18:07
     Bonjour à tous,

   Cela faisait longtemps que je n'avais plus écrit, mais comme j'aime bien faire un suivi de certains sujets évoqués précédemment : en l'occurrence les éliminatoires de la coupe du monde de football de 2010, et que j'avais envie de donner mon avis que une affaire qui a défrayé la chronique.
       Défraiement de la chronique tout à fait disproportionné d'ailleurs. Après tout, ce n'est que du football, et ce n'est guère raisonnable que les journalistes et les politiques (jusqu'aux plus hautes instances de l'état en Irlande et en France) noircissent des pages, s'indignent, et se croient obligés d'affirmer leur avis, alors qu'il y a de nombreux sujets plus importants. D'autant plus que cela ramène les avis non éclairés de toute une foule qui ne s'intéresse pas au football en temps normal. Ainsi va le monde médiatique : on ne fait plus que commenter des commentaires. Puis, une affaire chasse l'autre. La main de Thierry Henri sera vite oubliée.
Sauf par les vrais amateurs de football, qui lui feront une place dans le panthéon Historique du ballon rond aux côtés de "la main de Dieu de Maradona", de "la sortie violente de Schumacher sur Battiston", du "coup de boule de Zidane sur Materrazzi",.... selon leurs sensibilités personnelles. Sensibilités personnelles, qui sont pour le coup bien conditionné par les points de vue nationaux.
Concernant la morale de l'histoire, je renvoie dos à dos ceux qui se contentent des discours simplistes : soit "ce qu'a fait Thierry Henri est une honte, il mérite d'être puni sévèrement, la place de la France à la Coupe du Monde doit être remise en cause", soit "les mains, et les fautes, y en a plein dans les matches de football, ça fait partie du football, alors la seule chose qui compte, c'est qu'on soit qualifiés". Je pense qu'il faut avoir un discours mesuré. Primo, il est vrai qu'il y a de nombreuses fautes durant un match de foot : alors, à priori, du point de vue de l'acte même, les petites semelles de Diarra sur ses adversaires, les contrôles du bras de Robbie Keane, les bousculades dans la surface entre Sébastien Squillaci, et l'Irlandais roux dont le nom m'a échappé, sont tout autant de mauvais actes et des triches que la main - qu'on considérera comme un réflexe, certes pas prémédité, mais volontaire - de Thierry Henry. Il faut savoir séparer l'acte de sa conséquence pour juger. La main de Thierry Henry n'est pas plus grave qu'une faute de main en début d'un match de championnat, parce qu'elle qualifie la France et élimine l'Irlande de la Coupe du Monde (qualification qui sans ce réflexe de la main, se serait de toute façon peut être joué au tirs aux buts). Après, il ne faut pas dire pour autant que tous les moyens sont bons.
 Et, si on se place du point de vue des sentiments, qui traitent donc à la fois les conséquences et la manière, là, il faut bien re connaître que moi, comme beaucoup d'autres, n'avions pas le coeur d'imiter les manifestations festives des Algériens, eux aussi qualifiés pour la Coupe du Monde quelques heures plus tôt. La qualification par la petite porte avait un goût amer. Dans ce cas, o préfère rentrer, et faire profil bas. La joie, ça sera dans sept mois, quand de l'eau aura coulé sous les bons, de nombreux matchs auront été joués, et qu'on abordera la Coupe du Monde avec les Bleus.
  Avant le double contrôle de la main de Thierry Henry et sa passe du pied pour la tête égalisatrice et qualificatrice de William Gallas, il faut bien reconnaître que le match a été crispant, avec des Français très tendus, et des Irlandais superbement dominateurs au moins en première mi-temps (leur domination fut récompensée par un beau but, mais ils gâchèrent aussi beaucoup d'occasions). A la mi-temps, j'espérais un réveil des Français, qui ne pouvaient pas faire une aussi abominable mi-temps, mais le scénario d'une non-participation de la France à la Coupe du Monde (après une campagne d'éliminatoires difficile, mais pas si catastrophique que ça) était de plus en plus crédible. Pendant le tunnel de pub, le bar passait une anthologie de Serge Gainsbourg. Et, je me disais : "même si on est privé de Coupe de Monde, on ne nous enlèvera pas ça : Serge Gainsbourg et autres héraults de la chanson française" (on se rassure comme on peut). 
  Et, justement, en parlant de culture française, je suis étonné, qu'au milieu des multiples jeux de mots et avis moralistes qu'ont occasionné "la main de Thierry Henry" , on n'ait pas convoqué - à ma connaissance - "Les Mains Sales" de Jean-Paul Sartre. Si , autant que je m'en souvienne, cette pièce de théâtre traite de thèmes autrement plus grave que le football : le meurtre, la politique, la guerre, l'un des thèmes centraux c'est la notion de responsabilité. Qui est le plus coupable : celui qui fait le geste ou celui qui en profite lâchement ? Dans le cas de ce match de France-Irlande, on jette la pierre à Thierry Henry : c'est certes le responsable numéro un de la main et surtout de la non-dénonciation de celle-ci. Mais, celle-ci a profité à toute l'équipe, personne ne l'a dénoncé : et chaque membre de l'équipe doit vivre avec cette part de responsabilité (ou au moins d'interrogation sur les conditions de cette qualification) au fond de lui. Bien sûr, l'Histoire (du foot) retiendra avant tout le nom de Thierry Henry. Peut-être fallait-t-il mieux que cela soit le capitaine (triple et probablement quadruple participant à la Coupe du Monde) qui fasse cette main. Ca rajoute une ligne à une biographie déjà bien remplie. Biographie remplie d'exploits et donc de gestes moins beaux, comme celui-là. De toute façon, ce serait ridicule de considérer un footballeur comme un héros, donc il n y a aucun problème à retenir Thierry Henry comme un personnage ambigu.
  Je me disais justement avant ce match que quand on fera le bilan à la fin de sa carrière, Thierry Henry restera quand même comme un grand joueur de l'Histoire du football : peut être pas l'égal d'un Pelé, d'un Beckenbauer, d'un Cruyff, d'un Maradona ou d'un Ronaldo, mais il y a quand même beaucoup à dire. Le palmarès est éloquent : Coupe du Monde, Euro, Ligue des Champions avec le Barça. Joueur clé d'Arsenal, et par l joueur majeur du championnat d'Angleterre durant cette décennie. Un joueur - certes pas le plus important, mais une pièce non négligeable - d'une des équipes les plus impressionnantes de la décennie, le Bayern de Munich. L'un des meilleurs buteurs de l'histoire de la Ligue des Champions (tout du moins dans son format actuel). Presque recordman des sélections avec les Bleus, et surtout meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France. A ce titre, même si il est loin de Ronaldo, Gerd Müller, Just Fontaine, et même Miroslav Klose, je crois que Thoerry Henry fait partie du top 10 des buteurs en coupe du Monde : deux longs parcours en Coupe du Monde lui ont permis d'inscrire deux fois tris buts, et de se placer derrière plusieurs joueurs du Brésil et de l'Allemagne (les deux plus grands pays de foot, si on en croit l'histoire de la Coupe du Monde) et Just Fontaine. Thierry Henry est d'ailleurs, je crois, un grand passionné de son sport et de son histoire. Je pense que même si visiblement il a eu un peu de mal à prendre du recul, il saura accepter la place que pourra avoir cette main décisive dans son histoire personnelle et dans l'histoire des Bleus : un mauvais geste qui entre dans la légende, pas forcément morale, mais légendaire certainement, du foot.
  N'oublions jamais que ce n'est que du foot, quelque chose qui a été inventé pour le loisir des joueurs (en amateur) et des spectateurs (en professionnel), et qui n'a pas essence à être sérieux et grave. Après, comme dans tout jeu, il y a une règle : et le fait est que Thierry Henry a triché. Mais, le but est valide, au sens où il a été accordé par l'arbitre, qu'on aurait tort d'accabler. Il me semble que la règle au foot dit que "seul peut être sanctionné ce qui a été vu ou entendu par les arbitres". La question des sanctions à posteriori à partir des images que voient tout le monde est une autre question.
  Bref, le foot c'est avant tout de l'émotion, c'est subjectif. 
Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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