Concours

Jeudi 3 juillet 2008

          Quel événement ! Quelle bonne surprise ! Cela m’amène à bouleverser le programme de mon blog !

 

            Il faut l’avouer : je me suis toujours demandé pourquoi on parlait autant de la captivité d’Ingrid Betancourt, alors qu’il y avait des milliers d’autres drames de part le monde. Ce n’était pas forcément une figure très connue avant son enlèvement : créditée seulement de 0.5% dans les sondages à l’élection présidentielle colombienne, à laquelle on s’intéresse assez peu en France en général. Bon, elle avait la particularité d’avoir la double nationalité : franco-colombienne. Mais, d’autres ressortissants français, notamment des journalistes, ont disparu depuis quelques années à l’étranger et on en parle moins. Ingrid Betancourt bénéficie aussi des amitiés de sa famille dans des hauts cercles en France, mais probablement aussi en Colombie. L’appui de ces milieux autorisés, et l’opiniâtreté de sa famille ont permis de maintenir en alerte les médias, les autorités politique et la population. Les portraits géants d’Ingrid Bettancourt aident à ne pas oublier. En outre, et c’est un argument essentiel, les médias ont besoin de raconter des histoires (storytelling) pour intéresser les gens. Et, là, avec la captivité d’Ingrid Betancourt et l’espoir de la libérer, on avait un sujet sur lequel on pouvait développer les tenants et les aboutissants au gré des rebondissements. Et, on pouvait faire de cette personne en chair et en os un symbole du sort général des gens pris en otages aux quatre coins du monde, et des dysfonctionnements de notre planète.

 

            Bien sûr, il est de nombreux sujets plus essentiels que la libération d’Ingrid Betancourt pour la marche du monde et de l’Humanité. Par exemple, les négociations en cours à l’OMC, à propos de la régulation ou libéralisation du marché agro-alimentaire. Chacun campe sur ses petits plus, mais qui entraînent des inégalités et des déséquilibres mondiaux : les subventions agricoles en Europe, les quotas aux Etats-Unis, et l’absence ou la faiblesse de normes sociales en général dans les pays en développement. Des accords trouvés, comme d’un battement d’aile de papillon dépendront à terme des éléments aussi divers du chaos mondial que la puissance économique du Brésil, l’abandon ou non de son exploitation par un agriculteur des Deux-Sèvres, les profits de l’actionnaire de Nestlé, les conditions de vie de ce campagnard chinois qui a l’intention de migrer vers la ville pour trouver du travail, l’équilibre politique de la Côte d’Ivoire, la mort de faim ou non de cet enfant éthiopien. Mais, ces discussions de l’OMC sont arides. Et, il est plus facile de raconter et comprendre ce qui arrive à Ingrid Bettancourt. Sa libération, en compagnie de 14 autres otages, a d’ailleurs des répercussions non seulement dans les vies de ceux-ci, mais aussi sur la politique colombienne : c’est une nouvelle victoire de l’armée d’Uribe sur la milice rebelle des FARC.

 

            Et, il y a cette émotion qui parcourt la planète. J’ai l’impression qu’il n y avait pas eu un flash spécial aussi largement diffusé dans le monde depuis le 11 septembre 2001. En Colombie, au Venezuela et en France, c’est sûr, il y eut interruption des programmes sur certaines chaînes (I-téle, BFM, France 2, quelques images à France 3, pas vu sur TF1 par contre). Mais, je pense que dans d’autres pays d’Amérique Latine, d’Europe et aux Etats-Unis (trois des otages libérés sont des conseillers militaires américains, auxquels John Mac Cain, par hasard en visite en Colombie, va probablement pouvoir serrer la pince), il y eut aussi des flashs spéciaux.

 

            En tout cas, niveau story telling, on a vraiment un dénouement d’une telle beauté, qu’on le croirait scénarisé par Hollywood : une opération d’infiltration des FARC par l’armée colombienne réussie, des otages, qui espéraient toujours, mais totalement surpris et très très ravis de comprendre qu’ils venaient d’être libérés dans cette hélicoptère, et des discours superbes, notamment celui de l’héroïne à la fin, Ingrid Betancourt. Des images magnifiques avec le soleil, les sourires et les amitiés sur le tarmac de l’aéroport.

 

            Je suis tombé sur le flash spécial vers 10 heures du soir. J’ai assez vite compris ce dont il s’agissait. Ce qui était aussi fort, c’est que cela arrivait comme une surprise, puisqu’on ne parlait pas dans les jours précédents de négociations en cours, comme pour la libération de Clara Rojas six mois plus tôt. J’étais curieux de comprendre comment l’opération avait été menée : visiblement, une infiltration menée depuis un an de l’armée colombienne jusque dans le premier cercle des FARC. En profitant aussi d’une certaine désorganisation des guérilleros, après la mort coup sur coup du n°2 (Hugo Reyes, tué par l’armée colombienne) et du n°1 (Marulanda, décès naturellement sur son lit), les membres des services spéciaux colombiens ont réussi à faire croire au groupe de FARC détenant Ingrid Betancourt et ses compagnons d’infortune que le nouveau numéro 1 voulait déplacer et regrouper les otages en hélicoptère. Mais, l’appareil qui s’est posé dans le campement FARC était en fait contrôlé par ces agents infiltrés. Avec ce succès, Alvaro Uribe, le président colombien, a considérablement redoré son blason, et on se rend compte que du point de vue du nombre de leurs membres, du nombre d’enlèvements par an, les FARC sont en perte de vitesse grâce à sa politique ferme. Dans cette soirée, on eut aussi inévitablement les réactions convenues des responsables politiques et figures médiatiques du monde entier. Je n’ai vu qu’une partie du discours de Nicolas Sarkozy, mais il fut visiblement assez sobre, et bien sûr souriant, avant d’être suivi par les interventions de la fille du fils et des autres membres de la famille française d’Ingrid Bettancourt. Bref, des réactions sans surprises, mais plus justes qu’excessives.

 

 

            Le vrai moment fort de la soirée, à partir duquel je suis resté scotché comme je peux l'être devant le football , Lost ou Next ,…, c’est le direct sur l’aéroport de Bogota.

            La porte de l’avion qui s’ouvre, et une dame avec un chapeau militaire qui sort : Ingrid Betancourt. Elle étreint sa mère, son mari colombien, et divers officiels. Au début, je me demandais si en restant comme cela au pied de l’escalier de l’avion, Ingrid Betancourt ne bloquait pas la sortie des autres otages libérés. Mais, en fait, ceux-ci sortirent par une autre porte un peu plus tard. Tout était visiblement savamment orchestré. Les premières interventions devant micro furent déjà pour les otages moins connus, des militaires et policiers colombiens de faire part de leur joie et leur fierté dans l’armée de leur pays. Raimondo, un petit moustachu resté dix ans dans les mains des FARC, fut le premier à parler. Puis ses compagnons lui succèdèrent.

 

Cet otage libéré, dont le nom ressemblait a Mandaluda, arbore la photo de sa femme et son fils


 


Ingrid Betancourt remercie les militaires colombiens

            Ingrid Betancourt était visiblement entrée en communication par téléphone avec la France, et sa famille. David Pujadas fut surpris de constater que la journaliste hispanophone qui l’accompagnait en plateau, parvenait bien à lire sur les lèvres de l’ex-otage franco-colombienne : « je t’embrasse très fort », « oui ». Puis, Ingrid Bettancourt fut la dernière à prendre la parole. Il est évident qu’elle avait été briéfé avant, mais vu l’heure durant laquelle elle parla, il est impossible qu’elle ne fasse que répéter des phrases appris en trois heures. Elle était non seulement en forme, mais aussi très éloquente. Elle commença bien sûr par remercier Dieu et l’armée. Certains seront peut-être un peu gênés par le retour de l’alliance du sabre et du goupillon (avec même ensuite un passage de prière à genoux et de bénédiction par un prêtre), mais cela reste des propos sincères, qui viennent du fond du cœur. Ingrid Bettancourt adressa toute une autre série de remerciements, entrecoupant son discours de phrase en français : les efforts de Nicolas Sarkozy furent rappelés, mais elle n’oublia pas non plus de mentionner Jacques Chirac, et l’ami de la famille, Dominique de Villepin. Puis, elle commença à raconter sa journée : comment elle espérait tout le temps un peu chaque matin, et comment ses compagnons et elle furent libérés : leurs interrogations devant cet hélicoptère qui atterrit avec à son bord des humanitaires portant des plastrons avec un portrait du Che Guevara, le décollage de l’hélicoptère, le moment ou elle s’est rendu compte que le plus cruel de ses geôliers était bâillonné (et la pitié qu’elle a ressenti à son endroit malgré tout), l’annonce « nous sommes l’armée colombienne, vous êtes libres », les sauts de joie qui firent tanguer l’hélicoptère. Le chef d’état-major ou le ministre colombien dira ensuite qu’il n y eut qu’un blessé dans cette opération, dont seule l'armée israëlienne était capable avant ce jour,  et s’adressa aux FARC en disant qu’il fallait continuer à libérer les otages (ces prisonniers restants n’étant jamais oubliés dans les différents discours)

Le soleil se couche déjà à Bogota et l'interview va bientôt finir


            Ingrid Betancourt répondit ensuite à une véritable interview, avec une dizaine de questions pertinentes, certaines même un peu délicates pour elle : qu’alliez vous faire à San Vincente ? Pensez-vous toujours qu’il faut une zone démilitarisée pour les FARC ? Elle a dit qu’ele s’était souvent posé cette question en captivité, et compte-tenu des attentes de la population de San Vincente (là où elle fut capturée par les FARC), elle le ferait à nouveau. A la question sur ses intentions de se présenter un jour à nouveau aux présidentielles, elle botta en touche fort sagement, mais déclara qu’Alvaro Uribe avait fait du bon travail, et sa réélection avait empêché un flottement qui aurait permis aux FARC de reconstituer leurs forces. Elle adressa aussi un vibrant hommage à la France, terre ouverte à ses frères colombiens. Ingrid Betancourt ne sait sans doute pas la polémique actuelle entre l’Amérique Latine et l’Europe sur la directive retour pour lutter contre l’immigration clandestine en Europe.

            Il y eut aussi quelques beaux moments d’émotion durant cette interview : quand elle rencontra et étreignit le directeur de la radio colombienne, Caracol, dont l’écoute tous les matins permettait aux otages de ne pas lâcher prise mentalement et garder l’espoir. La mère d’Ingrid Betancourt lui faisait ainsi passer des messages de réconfort, et c’est ainsi aussi que l’otage savait les efforts de communication (dernièrement, afficher son portrait sur le Mont Blanc) déployés en France pour ne pas l’oublier. Grosse accolade complice aussi avec son camarade otage, infirmier militaire, qui l’avait aidé à se soigner quand elle était très malade, et avait été un appui moral indéniable. Et, puis, il y eut aussi les retrouvailles avec Clara Rojas. Et les messages de paix.

 

            Bref, comme je vous l’ai dit, c’était beau ! Et de telles images font oublier à la puissance mille les déclarations désagréables pour les autorités françaises des jours précédents du genre de celle du président polonais Kascinski quant à l’abandon du traité de Lisbonne. Vu comme elle est en forme, et douée en communication, je ne serais pas surpris qu’Ingrid Bettancourt soit présente au défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées. En pleine lumière, elle repoussera vraiment dans l’ombre la présence d’autres invités, comme Bashir el Hassad.

 

            Voilà pour ce bel épisode.

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Mercredi 2 juillet 2008

         Hors palais de Hofburg au centre-ville de Vienne ( voir article précédent ) , l’autre majestueuse résidence des Habsbourg : Marie-Thérèse, Sissi et les autres impératrices et empereurs, est le palais de Schönbrunn. Probablement situé dans un petit coin de campagne à la grande époque de l’empire austro-hongrois, le château a maintenant été absorbé par l’agglomération viennoise. On y accède par métro.

Station de métro de SchönBrunn

La grande avenue de ShlossStrasse amène au portail du château, entouré de deux colonnes surmontées d’aigle. Belle façade ocre et toits bruns pour le château qui ceint une belle court pavée avec lampadaires.

 


Mais, le plus intéressant est derrière : un immense jardin, avec des allées obéissant à un intelligent plan, des fleurs colorées, des arbres taillés avec une précision d’orfèvre, et d’innombrables statues antiques. Derrière la magnifique fontaine de Neptune, commence une pente, qui amène à ce qu’on appelle un Belvédère. Le jardin est donc surplombé d’un joli édifice blanc, appelé Gloriette.

Vue depuis le Belvédère du Parc, du château de Schönnbrunn et de Vienne


La Gloriette au sommet du Belvédère


En se balladant dans les ailes du parc, on observe d’autres curiosités. La petite Gloriette est un petit bâtiment ocre aux volets verts foncé au milieu de la forêt. Notons aussi une piscine et un zoo dans le parc. Dans le style romantique, on a le droit dans la partie basse et plane du parc à une reconstitution de ruines antiques, une obélisque, et un pigeonnier, avec toujours cette couleur ocre et vert foncé.


Ruines antiques dans le parc de Schönbrunn

Obélisque dans le parc de Schönbrunn

Un coin retiré du parc, le soleil se couche et des statues se touchent

 Cela fait plaisir de se promener dans ce parc de la belle époque, très fréquenté par les joggers d’aujourd’hui.

 

            Pour finir, on notera dans les dépendances du château de Shönbrunn la présence d’une Orangerie où on peut écouter des concerts le soir, et une salle des Glaces, qui n’est pas sans rappeler la Galerie des Glaces de Versailles.

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Mardi 1 juillet 2008

 

            Pour cette finale au Ernst-Happel Stadion de Vienne (non loin de PraterStern, pour ceux qui ont lu mon billet précédent ), l’Espagne et l’Allemagne jouaient dans les configuration 4-5-1 que j'avais pressenti . Une rude bataille au milieu s’annonçait, et l’Allemagne rentra bien dans son match, à l’image de Ballack ou de Klose. La Mannschaft était haute sur le terrain, mais au quart d’heure de jeu, l’Espagne fit ses premières incursions dangereuses dans la surface allemande, notamment par une jolie passe en profondeur de Xavi pour Iniesta, qui ne continua pas dans la foulée de sa pénétration dans la surface, mais stoppa la course du ballon, pour se recentrer et se mettre sur son bon pied (on vit plusieurs fois dans cette partie Iniesta accomplir ce genre de mouvement). Lehman eut une première frayeur lorsqu’une tête de son défenseur Mertesacker faillit lui finir au fond des filets. Encore plus chaude fut l’alerte, lorsque, sur un centre bien dosé de Sergio Ramos, Fernando Torres prit le meilleur sur Mertesacker, et frappa une tête piquée qui heurta la base du poteau. On était passé très près de l’ouverture du score. Et ce n’était que partie remise pour Fernando Torres. Sur une balle en profondeur, à la lutte avec Lahm, le petit attaquant espagnol réussit à passer devant, alors que le petit défenseur allemand croyait l’avoir contenu et protéger tranquillement son gardien. Lehmann et Lahm furent donc pris en vitesse et en puissance par Torres in extremis, qui piqua sa belle dans les buts. 1-0 pour l’Espagne. Il y eut bien deux tentatives allemandes avec Miroslav Klose s’emparant du ballon dans une zone dangereuse, et Hitzelberger reprenant une passe en retrait de Podolski, je crois, mais globalement la Mannschaft avait du mal. Et, ce n’est pas en se faisant raccommoder l’arcade sourcilière, suite à un choc avec Senna, et surtout en multipliant les coups sur ses adversaires que Ballack allait relancer son équipe. Metzelder, le grand défenseur barbu, croyait sonner la révolte en montant, mais alors que son appel sur l’aile et la passe de son coéquipier étaient belles, son renvoi de la balle par le talon était beaucoup moins technique et donna un beau ballon de contre aux Espagnols, qui méritaient assurément leur avantage à la pause

 

            1-0 donc à la mi-temps. Au retour des vestiaires, Lahm était remplacé par Jansen, certains y virent une sanction de sa première mi-temps difficile, il semble qu’il s’agisse plutôt d’une blessure. Comme le dirent les commentateurs, Jansen était peut-être le plus véloce de la lourde ligne de défense allemande, et il parvint effectivement à ne pas se laisser déborder par un attaquant allemand, contrairement à Mertesacker un peu pus tard, passé sans coup férir par un grand pont de Fernando Torres, que Lehman fort heureusement pour les Allemands parvint à aller chercher avant l’attaquant espagnol. Jansen fit quand même lui aussi sa boulette, sur un coup franc de Xavi, en errant dans la surface et couvrant deux espagnols qui s’échappaient du paquet dont Sergio Ramos, qui piqua sa tête, arrêtée par Lehman dans un beau réflexe. Une des plus grosses occasions de faire le break pour les Espagnols. Les Allemands n’y arrivaient vraiment pas au milieu, donc Joachim Löw fit entrer un attaquant Kevin Kuranyi à la place du milieu Hitzelberger pour mettre plus de présence en attaque. En réponse, Luis Aragones fit entrer à la place du milieu créateur Cesc Fabregas le milieu plus défensif Xabi Alonso. Fernando Torres, sortit lui aussi, remplacé poste pour poste par Guiza. Côté attaque allemande, ce fut le changement de Miroslav Klose qui s’était bien dépensé par Mario Gomez. Lorsque l’Allemagne balança quelques ballons de loin, avec la présence des grands Gomez, Ballack et Kuranyi, l’Allemagne pesa un peu plus sur la défense. Ballack frappa dans le petit filet sur une passe en retrait de Podolski ou Schweinsteiger. Puyol, et Sergio Ramos paniquèrent une ou deux fois sur le côté, mais globalement la défense espagnole tint bien, d’autant plus que Schweinsteiger n’était pas trop précis sur ses coups de pied arrêtés. Et ce furent même les Espagnols qui gardèrent le mieux le ballon, ou se créèrent les meilleures occasions en contre. La défense allemande laissait beaucoup d’espaces. Ainsi les Espagnols se retrouvèrent à 3 contre 3 dans la surface. Xabi Alonso, plutôt que de contrôler la balle qui lui arrivait sur le pied en extension, la passa en première intention, mais son coéquipier (Guiza ?) fut trop court. Une frappe d’Iniesta fut captée par Lehmann. Et, Guiza smasha une tête, peut-être destinée au but, mais pas cadrée mais que faillit reprendre Senna, juste un peu trop court, et qui finit sa glissade le long du poteau. L’Allemagne ne trouva jamais la solution, et dans les trois minutes de temps additionnel, l’Espagne garda suffisamment longtemps la balle dans le camp adverse.

Coup de sifflet final : sur la grande pelouse du Hernst-Happel Stadion,
les Espagnols vainqueurs courent pour exprimer leur joie.
Je vous ai laissé les encarts du bas de cette capture de télé pour rappeler que pendant le foot,
la terre tourne et Mugabe reste en place


            Coup de sifflet final, et explosion de joie chez les supporters espagnols, que cela soit à Vienne, à Madrid ou Ailleurs. Campeones ! Campeones ! Viva Espana. Les drapeaux rouge et jaune avec ou sans Toro Nero, étaient de sortie. Les joueurs, qui en avaient passé certains à la taille, se congratulaient, allaient remercier leur public, et jetaient en l’air leur sélectionneur Louis Aragones, un vieux sage à la tête d’une équipe jeune et talentueuse. Sergio Ramos exhibait sur son tee-shirt, un portrait de Puerta, ce footballeur international espagnol de Séville, mort d’une attaque cardiaque au début de la saison. Les Allemands, eux, regardaient dans le vide. Après deux Ligues des Champions (avec le Bayer Leverkusen, et tout récemment, avec Chelsea), et une Coupe du Monde (2002), Ballack venait de perdre à nouveau une finale. Michel Platini eut un petit mot pour le capitaine allemand lorsqu’il lui remit sa médaille d’argent. L’ambiance semblait d’ailleurs sympathique dans la tribune officielle, avec donc Michel Platini, président de l’UEFA, Sepp Blatter, président de la FIFA, le roi Juan-Carlos d’Espagne, le premier ministre espagnol, José-Luis Zapatero, la chancelière allemande, Angela Merkel,…Puis après leur haie d’honneur, ce fut au tour des Espagnols de monter sur la tribune, de recevoir les félicitations des officiels, les médailles et les petits mots de Platini, puis de suivre ce dernier jusqu’à l’estrade, pour recevoir la Coupe.


La Place Colon est au coeur de Madrid. Marée rouge et jaune des supporters

 

 


          L’Espagne est championne d’Europe, 44 ans après son premier et seul titre international, même si chez les Espoirs, elle rafle beaucoup de trophées, ce qui explique peut-être d’ailleurs son succès d’aujourd’hui. Maintenant, objectif Coupe du Monde, que l’Espagne n’a jamais remporté pour cette génération ! Côté Euro, avec deux titres, elle revient à la deuxième place européenne, à égalité avec la France, voire devant, puisqu’elle a en plus une finale perdue, justement contre la France. En 1984, Platini avait ouvert le score sur un coup franc qui était passé en dessous du corps du gardien espagnol, Arconada, pourtant réputé bon. Aujourd’hui, l’ancien gardien était invité dans la tribune officielle par le président de l’UEFA, et le troisième gardien espagnol portait un de ses maillots historiques.

            En nombre de titres européens, l’Allemagne reste en tête avec 3 titres, et donc maintenant autant de finales perdues.

 

            En tout cas, l’Espagne a mérité sa victoire non seulement sur la finale, mais aussi sur l’ensemble du tournoi, où elle n’a pas perdu un seul match, où elle termine avec la meilleure attaque, la meilleure défense à la Croatie près, et avec le meilleur buteur, David Villa, blessé pour la finale.

            Le maître à jouer de la Roja, Xavi Hernandez, a été lui désigné comme meilleur joueur de la compétition.

 

            Puisque c’est la mode de décerner de tels oscars, moi je le donnerais peut-être à Senna, avec l’équipe-type suivante :

 

                                   Casillas

         Sergio Ramos-Simunic-Marchena-Zhirkov

                                   Senna

                          Sneijder     Modric

                  Shweinsteiger         Podolski

                                  David Villa

 

Remplaçants : Van der Sar, Buffon, Lahm, Pepe, Puyol, Prajnic, Semak, Altintop, Xavi, Arshavin, Nihat, Torres

Mais, c’est vrai  que j’ai un peu hésité aussi pour Ballack, Deco, Anyukov, Silva, Kuyt et Srna.

 

Petites questions, pour voir si vous avez bien suivis :

-Quel est le seul joueur de Ligue 1 (championnat français) à avoir marqué durant cet Euro ?

-Quel est le joueur de Ligue 1, qui est allé le plus loin dans la compétition ?

 

 

            Assez parlé de Ligue 1 pour le moment, et disons encore que cet Euro 2008 fut une des plus jolies compétitions internationales que j’ai vues, avec des matches splendides : qui peut dire qu’il s’est ennuyé devant Allemagne-Pologne, Italie-Pays-Bas, Espagne-Russie (deux fois), République Tchéque-Portugal, Allemagne-Croatie, France-Pays-Bas, Turquie-République Tchéque, Russie-Suède, Portugal-Allemagne, Turquie-Croatie (au moins les prolongations), Russie-Pays-Bas, Allemagne-Turquie, et Allemagne-Espagne ? Je pourrais même rajouter les prestations des deux pays organisateurs, Suisse et Autriche, qui se sont bien battus, se sont créés beaucoup d’occasions quand même, et ont du faire au moins un peu plaisir à leur public même si elles ne sont pas sorties des poules.

 

            Pour conclure, l’Espagne est un beau vainqueur d’un beau tournoi.

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Dimanche 29 juin 2008

           Pour changer un peu, voici un article qui ne parle pas de football. Quoique, de Vienne à l’Euro, il n y a qu’un pas qu’on pourrait franchir allégrement.

            D’ailleurs, quand je suis passé dans la capitale viennoise au printemps dernier, il me serait difficile de ne pas avouer être tombé nez à nez avec de grands panneaux publicitaires et des albums Panini de l’Euro.

            Pour marquer le coup, les Autrichiens avaient même mis des chaussures de football à quelques statues de grands hommes devant Künstler Haus.

 

           

 

            Mais parlons de la ville traditionnelle.

 

            Vienne s’étend sur le bord du Danube, ce grand fleuve européen. Au Nord-Est de la ville, on peut le traverser, divisé en deux branches parallèles par une grande île allongée . Le fleuve a plusieurs dérivations, que cela soit le vieux Danube près du Parc du Danube au milieu duquel se trouve la tour du Danube, et une petite église pour trancher avec les immeubles, buildings et centre de congrès proche. L’autre importante dérivation est plus artificielle et plus proche du centre-ville : c’est le Donau-Kanal, au bord duquel se tient Schweden Platz, point de départ du quartier des bars branchés.

            Le centre-ville se trouve donc au Sud-Ouest du Danube. Près de la Dr Karl Lueger Platz, on peut voir un plan des murailles de la ville médiévale alors centrée sur StefansPlatz et la cathédrale : toits très abrupts, avec des tuiles colorées pour former des dessins, géométriques ou d’aigles couronnés, clocher élancé à côté d’une tour ressemblant à une vigie.

 

Cathédrale de StefansPlatz

 

Plus tard, le cœur de la ville fut sans doute le château Hofburg, près de l’HeidenPlatz. Divers bâtiments religieux et officiels de l’empire des Habsbourg sont à visiter dans ce pâté de maison. Musée de la Cavalerie Espagnole, ou Musée de l’Argenterie des Empereurs. Dans ce dernier, on peut imaginer le faste des réceptions des Habsbourg, apprendre aussi que certaines pièces d’argenterie ont dû être fondues quand les temps de guerre nécessitait des boulets de canon. En temps de paix, par contre, la monarchie française et l’empire Habsbourg se faisaient volontiers cadeau de services en porcelaines et autres couverts recouverts d’or. On peut ensuite enchaîner sur le musée Sissi. On nous dit en préambule que Sissi n’intéressait pas tant que ça ses contemporains, que sa renommée tient beaucoup à sa mort tragique (assassinée à Genève pas un anarchiste italien en quête d’un gros coup) et ensuite aux films avec Romy Schneider dans le rôle-titre, et que ce qu’on sait de son histoire est parfois romancée. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Le musée Sissi exploite à fond son icône : on visite tour à tour le wagon personnel de voyage, la chambre à coucher, les toilettes et la salle de bain de Sissi. Elle était une des premières au monde à avoir une belle baignoire, et avait fait aménager sa chambre à coucher d’instruments de gymnastique (on peut notamment voir des anneaux) Elle était connue pour sa taille de guêpe, et elle surveillait son poids plume à l’aide d’une balance. Elle fut aussi championne d’équitation. Mariée à son cousin, l’empereur François-Joseph d’abord promis à sa grande sœur, elle n’eut pas beaucoup l’occasion de voir ses deux premiers enfants, élevés auprès de la mère de l’empereur. Elle eut plus de lien avec son troisième enfant, une fille. En y repensant, après le suicide de Rudolf, l’héritier mâle du trône de l’Autriche-Hongrie devint le neveu, François-Ferdinand. Mais, finalement, François-Joseph vécut bien plus longtemps que Sissi, mais aussi un peu plus longtemps que son successeur, François-Ferdinand, qui fut victime du fameux assassinat de Sarajavo, qui mit le feu aux poudres du Balkan et entraîna par effet domino la Première Guerre Mondiale. Pour revenir  à François Joseph, à peine deux ans après son mariage, il faisait chambre à part avec Sissi, ce lève-tôt occupant une grande pièce où son lit côtoyait son bureau. Dans les appartements, la visite se finit par les chambres d’amis, ces amis étant en l’occurrence des rois ou des tsars, et la salle à manger. Où on apprend qu’en général, le repas durait trois quarts d’heure durant lequel on expédiait 7 plats. Il faut dire aussi que dès que l’empereur en avait terminé et posait sa fourchette, tout était débarrassé. Les autres convives avaient donc intérêt à le faire parler, sachant que la prise de parole autour de cette table précisément organisée était elle aussi codifiée. Notons que c’est dans cette enfilade de pièces que s’est joué le fameux congrès de Vienne où tout ce que l’Europe comptait de têtes couronnées s’était réuni pour reprendre la main sur le Continent, et mettre fin à l’agitation qui avait essaimée suite à la Révolution Française.

L'ombre de l'impératrice Sissi plane sur le château du Hofburg

 

            En dehors du palais de Hofburg, l’autre lieu mythique de résidence de Sissi et des autres impératrices, est le palais de Schönbrunn, dont je vous mettrais les photos de la cour, du jardin et du Belvédére, tous magnifiques dans un prochain billet pour ne pas surcharger celui-là.

 

Dans Vienne, il y a un autre configuration en Belvédère dans le quartier des ambassades, du Palais Shwarzenberg et de l’Ecole de Musique : une grille, une cour, un beau premier château, puis un grand jardin à la française, tout en longueur, et en pente pour accéder au deuxième château. Dans ce même quartier, non loin de la très classieuse ambassade de France, on a le monument aux morts. Ce qui est marquant, c’est de voir que les inscriptions sont en alphabet cyrilliques. Honneur aux soldats de l’Armée Rouge, qui ont probablement été les libérateurs de la ville à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Si l’Autriche a fait ensuite partie du bloc de l’Ouest, il n’en reste pas moins que Vienne est située en plein cœur de l’Europe Centrale.

Shwarzen Strasse, en direction du monument en l'honneur de l'armée rouge (au fond)

Statue de Karl Zu Shwartzenberg à cheval, et tramway viennois


 

 

Si on revient vers le Centre on passe près d’une grande avenue avec la statue d’un cavalier austro-hongrois issu d’une grande famille Karl von Schwartzenberg, puis KarlsPlatz : jolie station de métro et remarquable KarlsKirche, avec sa façade et ses colonnes blanches et sa coupole vert de gris. Des musées, des pavillons de musique, l’Opéra de Vienne, pour rappeler qu’avec le passage de Mozart et surtout de Strauss (dont on peut voir une statue dorée dans StadtsPark), la capitale autrichienne est un lieu de grande musique.

Karlskirche se mire dans son bassin


En se rapprochant du Hofburg, on arrive dans le Museums Quartier. Au milieu de la Marie-Therese Platz, une statue en l’honneur la grande impératrice, à partir de laquelle on peut atteindre HeidenPlatz et Hofburg. Puis, à l’Ouest du Centre-Ville, les bâtiments sont toujours aussi impressionnants que les palais impériaux, mais ils abritent cette fois-ci les lieux de pouvoir actuel de la République Autrichienne : Palais de Justice, Parlement, Rathaus (hôtel de Ville), Théâtre de la Ville, Université et Bourse.


Parlement Autrichien

 


Rathaus, avec ses fléches

 

Cour intérieure de l'Université Vienne : sous les colonnades, des statues de grands hommes

Schrödinger a notamment enseigné ici


La ville de Vienne est vraiment très belle : certains trouveront les façades un peu trop compactes, mais j’apprécie les couleurs, la régularité des formes, et les détails intéressants, avec même parfois des balcons. Notons au niveau des sons caractéristiques, le bruit sur les pavés de la ville des sabots de chevaux des attelages qui baladent les touristes.

 

            A noter à l’Est et au Nord du centre-ville les Kunst Haus maisons d’architectes, qui marient les couleurs, les matériaux et formes : HundertWasse avec des arbres qui dépassent de sa façade et son musée qui acceuillait des œuvres de Guy Bourdin. Et aussi, le parc du Praterstern, juste à côté de la gare du Nord : grande promenade bordée de marronniers, et surtout fête foraine en continu, avec un très Ancien Toboggan et la grande roue installée depuis le plus longtemps et encore en marche en Europe. Et, puis bien sûr toutes sortes de châteaux hantés (Geister Schloss), de montagnes russes, et de balanciers infernaux modernes.

HundertWasse

 

            Pour conclure, je dirais que Vienne est une ville très intéressante, plutôt étendue et aérée.

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Samedi 28 juin 2008

 

            Avec les matchs à élimination directe de cet Euro, nous avons encore été plus gâtés qu’avec les matches de poule, déjà très agréables. Plus de suspense, et tout autant de buts !

 

            Et, donc des surprises : des équipes sorties de leurs groupes premières et parfois invaincues ont été battues par d’autres qui avaient dû plus batailler pour s'extirper de leur poule.



                Quarts de finale

 

            Ce fut le cas du Portugal, qui tombait contre l’Allemagne en quart de finale. La Mannschaft montra un visage nettement plus séduisant qu’à la fin des poules. Schweinsteiger était de retour titulaire. Et c’est lui qui conclut une belle action où Podolski sur son aile gauche sollicita deux 1-2 avec ses milieux de terrains Hitzelberger, puis Ballack, avant de centrer juste devant le but. Bastien Schweinsteiger devançait le défenseur latéral Paulo Ferreira et le gardien portugais Ricardo pour couper la trajectoire et mettre le ballon au fond des filets. Juste après que Moutinho rate une occasion puis doive quitter ses partenaires, blessé, Shweinsteiger était à nouveau décisif en bottant un bon coup franc sur la tête de Miroslav Klose qui plongeait vers le but. Le break était fait. Mais, dans le dernier quart d’heure de la première mi-temps, les Portugais concrétisèrent leur domination et limitèrent les dégâts, via Nuno Gomes.  En seconde mi-temps, les Portugais étaient tout prêts d’égaliser sur une tête à bout portant mal ajustée par Pepe, mais juste après, une faute donnait à nouveau un coup franc à Bastien Schweinsteiger sur l’aile gauche. Et, à nouveau le ballon plongeait précisément dans l’espace entre le gardien et départ de la défense. Ballack aidé par sa taille et une petite poussette sur Paulo Ferreira, s’imposait et marquait. 3-1 pour l’Allemagne. Cela semblait cuit pour les Portugais, d’autant plus qu’ils avaient de moins en moins d’imagination. Belle inspiration en revanche du côté de Podolski, qui décochait, de 40 m, une superbe frappe, qui frôlait le poteau de Ricardo. Après avoir enchaîné depuis son entrée frappes impossibles et dribbles vains, Nani adressait un centre que reprenait de la tête Helder Postiga, qui venait lui aussi de rentrer, entre les deux grands défenseurs allemands. Le score resta néanmoins à 3-2. Le Portugal n’irait pas plus loin, battu par le physique et le réalisme allemand. Si Ballack et Deco étaient tous les deux les maîtres à jouer de leurs équipes, la différence s’est faite sur la forme des joueurs qui les entouraient : les Portugais étaient plus émoussés, n’ont pas bien défendu sur les coups francs et n’ont pas fait les bons gestes aux abords de la surface allemande. Leurs deux buts sont  néanmoins venus de deux avants centres, une fois n’est pas coutume.

 

            Il est possible que Turquie-Croatie n’ait pas été le match plus intense du tournoi, avec une légère domination croate durant le temps réglementaire, puis turque dans les prolongations. 0-0, la tête à Toto à deux minutes de la fin et de la séance de tirs aux buts. Mais ces deux minutes furent, elles, extrêmement intenses. Sur une incursion croate dans la surface, Rustu, le gardien turc, qui était titulaire suite à la suspension de Volkan, tentait d’aller récupérer le ballon. Mais Modric le précédait. Le long la ligne de touche à la limite de la surface, il remettait le ballon en cloche vers les buts. Lobé, Rustu courait vers ses cages, mais la passe du petit meneur croate avait trouvé Klasnic qui mettait le ballon au fond des filets. Grosse joie croate : les joueurs s’empilaient, leur entraîneur, Slaven Bilic courait comme un dératé. On imaginait déjà cette belle histoire avec le but victorieux marqué in extremis par un miraculé opéré du rein et écarté des terrains pendant un an. Mais, les Turcs voulaient écrire une autre histoire, où Rustu, un des héros de la médaille de bronze de la Coupe du Monde 2002, aurait un meilleur rôle. Après avoir marqué dans les arrêts de jeu contre les Suisses qui menaient pourtant 1-0 à la mi-temps, après être passé en dix minutes d’une défaite 2-0 à une victoire 3-2 contre la République Tchéque, ils marquaient dans le laps de temps réduit de une minute qui leur restait. La réalisation de Senturk en pleine lucarne est peut-être le but le plus tardif d’une compétition internationale. Les Croates n’en croyaient pas leurs yeux et craquaient durant la séance de penaltys, avec notamment deux tirs aux but à côté de Modric et Rakitic, et une séance achevée sur l’arrêt de Rustu sur le tir d’Olic. Une soirée à émotions. Les pleurs des croates en particulier Srna. Et, la joie des Turcs, spécialistes des retournements de situation dignes du cinéma. Et, le respect entre les deux entraîneurs.

Rakitic, face à Rustu,, va tirer son penalty à côté

            Après les Turcs arrêtant la marche croate, c’est au tour d’autres outsiders de faire tomber une équipe qui faisait un sans faute jusqu’alors. La Russie dérégla la belle mécanique orange des Pays-Bas. Petites passes courtes au sol, montée des latéraux Zhirkov et Anyukov, solutions pour le porteur du ballon, permutations et bonne occupation du terrain du milieu, Arshavin et Palyuchenko dangereux dans la surface, grosses frappes de Kolodine, les Pays-Bas étaient sous pression. Et, ils finirent par craquer en deuxième mi-temps avec un but de Palyuchenko sur passe de Semak. Mais, les Pays-Bas restèrent à flots, grâce à quelques maladresses russes, à plusieurs superbes arrêts de Van der Sar, et à un certain nombre de coups de pieds arrêtés en leur faveur. Sur l’un d’eux, coup franc tiré par Sneijder, Van Nistelrooy marqua. A 1-1, on eut le droit aux prolongations, où les Russes reprirent leur leçon de football total. Et sur un débordement d’Arshavin et un centre en cloche, Torbinski mit la balle dans les filets du revers. Les Pays-Bas ne reviendraient pas, et allaient même encaisser naïvement un but supplémentaire en laissant filer Arshavin au but sur une touche. Le petit génie russe battit Van der Sar, pour avoir le droit à une célébration de but à sa manière, c’est à dire, le pouce sur la bouche. Les Pays-Bas, qui avaient corrigé tour à tour France, Italie et Roumanie, quittaient ainsi la compétition, battus par une séduisante équipe russe, entraînée par le sorcier, lui aussi néerlandais, Guus Hiddink.

 

            Toutes les équipes premières de leur groupe étaient passées à la trappe, mais comme il fallait bien une exception à cette règle, l’Espagne parvint à se dépatouiller de l’Italie. Et, pourtant, cela avait tout du match piège : une équipe en difficultés en poules, mais habituée des grandes compétitions, l’Italie face à une Espagne flamboyante en poules, mais très souvent éliminée en huitième ou quarts de finale des grandes compétitions. Le match fut fermé. L’Espagne se retrouvait souvent à faire tourner le ballon devant une défense italienne regroupée, sans parvenir à trouver la faille. Devant, Luca Toni de la Squadra Azzura essayait de se battre sur les ballons qui lui étaient balancés en l’absence de Pirlo. Bref, à l’issue des 120 minutes du match avec prolongations, le 0-0 était fort logique, vu le peu de risque offensif pris ! On pouvait dire que l’Espagne avait légèrement dominé. On comptera ainsi comme la plus grosse occasion cette belle frappe de Senna pas captée parfaitement Buffon, qui vit avec soulagement la balle heurter son poteau. Certes, si Luca Toni avait laissé passer à Grosso un centre lors des prolongations, le latéral de Lyon aurait pu faire trembler les filets. Mais, l’Espagne s’est globalement préservé des mauvaises surprises en prenant des risques calculés sans s’impatienter de sa domination stérile. Bien en a pris aux hommes de Louis Aragones, puisqu’ils sortirent vainqueur de la séance de tirs aux buts. Iker Casillas en arrêta un de plus que Gianluigi Buffon, notamment celui de Di Natale, sifflé à cause d’une laide simulation un quart d’heure plus tôt. Après que Cesc Fabregas eut marqué son tir au but, les Espagnols pouvaient exulter : ils avaient battu l’Italie et la malédiction des quarts.

           

                  

                      Demi-finales

 

            Allemagne-Turquie. L’Allemagne se présente en force face à une équipe turque diminuée par les suspendus et les blessés (notamment le capitaine Nihat en tirant un coup franc à la fin du match précédent contre la Croatie). Et, bien que Fatih Terim ait du composer son équipe avec un choix limité à 15 joueurs, celle-ci prit le match à son compte. Pour la première fois de la compétition, les Turcs ouvraient le score. Est-ce qu’avec ce scénario qui commençait bien, ils allaient rester les spécialistes des victoires in extremis ?

            Des retournements de situation, il y en eut dans ce match à buts.

            L’aile gauche allemande : Podolski devant Lahm et l’aile droite turque : Kazim-Kazim devant Sabri, composées donc d’un arrière latéral au tempérament offensif et d’un attaquant reconverti sur l’aile, ont été impliquées dans tous les buts, montrant à la fois leurs qualités offensives et leurs limites défensives.

            Sur le premier but turc, Lahm et Podolski se font ballader sur une touche et remise entre Sabri et un de ses comparses. Le centre trouve Kazim-Kazim, et la balle est expédiée sur la barre sous le regard de Lehman, qui voit ensuite Ugur Boral devancer Arne Friedrich et reprendre la balle. Celle-ci passe entre les jambes du gardien allemand, qui la ralentit un peu mais ne l’empêche pas de franchir la ligne.

            Sur l’égalisation allemande, cinq minutes plus tard, c’est Podolski sur son aile gauche, qui, face à Sabri, qui, pas couvert, ne peut se livrer, se décale pour adresser un centre devant le but, que reprend Bastien Schweinsteiger, cette fois-ci de l’extérieur. Beau but !

            En seconde mi-temps, le deuxième but allemand marqué par Klose vient d’un centre de Lahm.

            Peu après, le petit défenseur allemand, bloque mal Sabri contre la ligne de touche, qui, par un grand pont, s’en débarrasse, avant de rentrer dans la surface et d’adresser un ballon à Semih Senturk, qui devance un défenseur central et glisse la ballon entre Lehman et son poteau qu’il ne couvrait pas. 2-2

            Lahm se rachète en passant Kazim-Kazim s’écroule sous les crampes, sollicitant un 1-2 et pénétrant dans la surface, profitant d’un trou entre Sabri et son défenseur central. Se présentant face à Rustu, Lahm trompe le gardien et qualifie l’Allemagne 3-2. (3-2 comme au tour précédent contre le Portugal, on voit des buts avec les matchs de l’Allemagne)

 

            Pour Espagne-Russie, il n y eut pas photo. Les Ibères se rendirent maître du ballon, et les Russes ne parvinrent jamais à tisser leur toile, en voyant leurs lignes écartelées entre une défense sous pression, aidée par des milieux qui ne brillent pas par la précision de leurs tacles, et un Palyuchenko assez volontaire, se signalant par deux frappes, mais plutôt sevré de ballon, et peu aidé par un Arshavin fantomatique. Côté espagnol, les attaquants Torres et Villa se créent quelques situations chaudes, mais sur un coup franc, Villa, le meilleur buteur de l’Euro, se blesse et doit céder sa place à Cesc Fabregas, qui vient apporter son intelligence de jeu au milieu. A la mi-temps, c’est 0-0. Mais, en seconde mi-temps, les Espagnols concrétisent assez vite leur domination. Xavi, monté dans la surface, reprend un centre (ou un tir raté) de Iniesta. Mais, les Russes n’arrivent pas à réagir. Et, les Espagnols enfoncent le clou, bénéficiant des remplacements de Xavi par Xabi Alonso, et de Torres par Guiza, qui marque le deuxième but lancé à la limite du hors-jeu par une magnifique passe en cloche sans bouger de Cesc Fabregas. Le milieu d’Arsenal sera encore passeur sur le troisième but marqué par Silva. Les Russes savent qu’ils ont perdu. Les Espagnols gardent le ballon sans vouloir trop les humilier. Et, une belle tête de Sytchev donne l’occasion à Iker Casillas de montrer qu’il est un sacré gardien. 3-0 pour l’Espagne.

 

            Les voilà, toujours invaincus, en finale de l’Euro, eux qui courent après leur palmarès depuis si longtemps. Ils affronteront l’équipe qui a le plus beau palmarès européen, l’Allemagne.


                 Finale Espagne-Allemagne


            Une finale intéressante entre deux équipes qui marquent beaucoup de but, mais ont un style très différent. Je ne me hasarderais pas à faire un pronostic. Mais, je vous propose une petite prospective des oppositions joueur par joueur.

 

 

            Si l’Allemagne ne change pas le dispositif qu’elle utilise depuis les quarts de finale, et la sortie de Mario Gomez de l’équipe-type, compte-tenu de la blessure de Villa, côté espagnol, les deux équipes pourraient jouer avec un même dispositif : 4-5-1 (qu’on peut décomposer en 4-2-3-1.

 

                                     Casillas

 

                               Puyol    Marquena

                    Ramos                             Capdevilla

                                    Senna

        Xavi

                         Silva  Fabregas   Iniesta

                                     Torres

 

 

                                     Klose

                     Podolski   Ballack    Schweinsteiger

                                 Hitzelberger

                                          Frings

                   Lahm                                    Friedrich

                              Mertesacker  Metzelder

 

                                       Lehman

 

 

            Côté attaquant de pointe, disons qu’on est à égalité ou léger avantage pour l’Allemagne : certes, Fernando Torres enchante toute la saison le club mythique d’Anfield Road, Liverpool, et Miroslav Klose ne fait pas partie des grands joueurs selon Pierre Ménes. Mais, en équipes nationales, Klose a de bien meilleures statistiques (il pourrait en 2010 s’attaquer au record de buts en Coupe du Monde que le Brésilien Ronaldo a tout juste repris à un autre Allemand, Gerd Müller) que Fernando Torres. Mais, El Nino est technique et motivé, donc il pourrait sortir un grand match lors de cette finale.

            L’aile gauche n’est pas le poste de départ ni de Podolski, ni d’Iniesta. Le joueur allemand, est plutôt attaquant à l’origine, tandis que l’Espagnol est plutôt milieu relayeur. Les deux ont été joliment décisifs dans cette compétition : avec deux passes décisives pour Iniesta, et trois buts et deux passes décisives pour Podolski. Avantage donc à l’Allemand, plus explosif et dangereux, mais peut-être moins capable de conserver la balle et de défendre.

            Sur l’aile droite, je dirais : encore avantage à l’Allemagne : Schweinsteiger, remplaçant au début des poules, est vraiment entré à fond dans son Euro lors de la phase éliminatoire, avec ses deux buts et ses deux passes décisives sur coupe franc. Mais, David Silva n’a pas non plus démérité, et a souvent été un des meilleurs espagnols sur la pelouse.

            Le milieu central aura sans doute un rôle essentiel dans cette finale : l’occasion pour Ballack et Cesc Fabregas de montrer que ce sont de très grands joueurs. Le capitaine allemand a alterné le bon et le moins bon. L’Espagnol a lui souvent été remplaçant, mais est toujours rentré en cours du jeu, se rendant bien utile à l’équipe : marquant le dernier tir au but contre l’Italie, et faisant en toute décontraction deux superbes passes décisives contre la Russie. Avec la blessure de David Villa, il a sa chance comme titulaire.

            Le milieu reculé un peu plus constructeur est Xavi pour les Espagnols, et Hitzelberger pour les Allemands. Du point de vue de la classe technique, avantage évident à l’Espagnol. Du point de vue physique, l’impact est peut-être plus fort pour Hitzelberger, mais encore faut-il qu’il ne soit pas dépassé par la vivacité du milieu de terrain espagnol.

            Pour le milieu reculé plus défensif, je dirais léger avantage à l’Espagne, avec Senna, quoique Frings, de retour après blessure pour l’Allemagne, est lui aussi bon.

            Pour l’arrière latéral gauche, CapdeVilla pour l’Espagne a fait une compétition sérieuse, sans pour autant montrer le génie dont il est capable. Lahm a fait des coups de génie, surtout offensivement, tout en faisant quelques conneries défensives. Nous observerons avec intérêt son duel avec Sergio Ramos, à moins qu’il ne joue latéral droit, auquel cas ce serait Jansen le latéral gauche.

            En effet, côté arrière latéral droit, Friedrich est un des points faibles allemands : apportant peu offensivement, on l’a vu souvent débordé défensivement. Sergio Ramos, lui, a fait une compétition inégale, souffrant face à Grosso, mais prenant le meilleur sur Zhirkov et apportant beaucoup lors de la demi-finale contre la Russie.

            En défense centrale, la doublette espagnole Puyol-Marquena a été moins prise à défaut que le duo de géants allemands Mertesacker-Metzelder.

            Côté gardien, avantage Espagne : Iker Casillas est très très bon, tandis que Lehman a connu des jours meilleurs.

 

            Il est évident que ce sera avant tout la performance collective qui fera la différence dans cette finale, et ses deux équipes ne sont pas un agrégat de stars, mais des collectifs qu’on a vu bien rodés lors de cette compétition.

 

            Espérons une belle finale.

- Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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