Concours

Jeudi 19 juin 2008

    L'Euro entre dans sa phase à élimination directe avec les quarts de finale :


    -Portugal-Allemagne

    -Croatie-Turquie

   -Pays-Bas-Russie

   -Espagne-Italie


    Toutes ces équipes peuvent gagner l'Euro, c'est donc toujours assez illusoire de parler de favoris. Cela dit, je vous livre ce que je pense de ces équipes.



Les favoris

 

Portugal, le favori logique ?

 

            A l’Euro 1996, ils étaient en quarts de finale. En 2000, en demi-finale. En 2004, en finale. Est-ce que le moment est venu pour les Portugais de gagner leur premier titre majeur (hors compétitions espoirs)

            En tout cas, ils ont bien pris la mesure de la compétition lors de ce premier tour. Qualifiés tranquillement en dominant et marquant deux buts de plus que leurs deux premiers adversaires, ils ont certes perdu leur dernier match, mais ils alignaient une équipe remplaçante, qui a touché le poteau une fois lors de la premier mi-temps et a subi le baroud d’honneur de la Suisse, qui, déjà éliminée, obtient devant son public sa première victoire en compétition européenne.

            Le Portugal, mené par Luiz Felipe Scolari, bon entraîneur, colérique, mais dont le discours semble bien passer chez les joueurs, est visiblement une équipe arrivée à maturité, qui regorge de talents.

 

            Les plus :

            -Un milieu de terrain joueur et efficace, avec notamment Deco, le maître à jouer, qui semble monter en puissance, Moutinho, qui révèle sa classe aux yeux du monde lors de cet Euro, Petit pour assurer la récupération, Cristiano Ronaldo, Simao, Quaresma et Nani pour mettre le feu dans les défenses adverses en s’appuyant sur le pivot qu’est Nuno Gomes

            -Dans un rôle de piston latéral droit, prêtant main forte en défense et en attaque, Bosingwa (qui peut être remplacé par Miguel, dont je me rappelle qu’il n’est pas non plus mauvais) est précieux

            -La défense centrale : Pepe et Ricardo Carvalho sont dans la force de l’âge et rompus aux grands matches.

 

            Les faiblesses :

            -Pas de bon spécialiste au poste de défenseur latéral gauche : c’est Paulo ferreira, latéral droit de métier qui s’y colle

            -Des avants-centres qui marquent pas ou peu : le capitaine Nuno Gomes (dont j’ai déjà évoqué les autres utilités), Helder Postiga et Hugo Almeida ne sont pas des cadors.

            -Les deux stars de l’équipe, Cristiano Ronaldo et Deco, ne sont peut-être pas au top de leur forme : Cristiano Ronaldo fatigué par une saison de tous les records en club, Deco qui lui en revanche, sort d’une mauvaise saison avec le Barça. Ca a suffit face à la Turquie et la République Tchèque, mais il faut voir pour la suite.

            -Le gardien n’est pas le meilleur du monde, et on n’a pas l’impression que la défense portugaise a toute la sérénité nécessaire sur les coups de pieds arrêtés

 

            Les interrogations : faut-il faire jouer Cristiano Ronaldo en pointe ? Il a marqué beaucoup plus de buts que tous les avant-centres de son équipe réunis cette saison. Mais, son efficacité dans le jeu, mais aussi comme buteur, s’exprime surtout quand il peut partir de loin dans des dribbles pour déborder la défense. Et, il n’est pas sûr qu’il soit fait pour attendre le ballon dans la surface. Cela dit, étant donné qu’il est fatigué en cette fin de saison, il n’a plus la même capacité d’accélération, et si on le met en pointe et si on le remplace au milieu par un des nombreux ailiers talentueux qui piaillent d’impatience sur le banc : Quaresma, Nani, ça peut être une idée.

 

            Le Portugal affronte l’Allemagne en quarts

 

 

Allemagne, le géant en questions

 

            Après un match superbe face à la Pologne, conclu par un 2-0, l’Allemagne a été très décevante par la suite des matchs de poule : battue par l’habile Croatie, et gagnant grâce à un but marqué sur coup franc par Ballack face à l’Autriche, qui, malgré sa belle envies, n’a pas caché ses lacunes techniques. Bref, on a vraiment du mal à savoir où en est l’Allemagne. Pour le quart contre le Portugal, elle pourrait être privée de Podolski, son meilleur buteur, et de Torsten Frings, son milieu récupérateur

 

 

            Les forces :

            -une capacité à jouer vite dans les espaces, avec les appels des joueurs latéraux : Podolski, Schweinsteiger, Fritz, Lahm, Jansen,…

            -Des frappeurs puissants, capables de surprendre de près ou de loin un gardien : Ballack, Frings, Podolski, Lahm, Klose, Schweinsteiger, on les as tous déjà vus marqué de superbes buts

 

            Les faiblesses :

            -Le milieu de terrain, qui a toutefois été très fort contre la Pologne, peut se faire priver de ballon et contourner par une équipe qui quadrille bien le terrain, ce qui annihile le jeu allemand. Frings et Ballack n’ont pas maîtrisé les débats en milieu de terrain lors des derniers matchs

            -La défense : elle semble toujours être le point faible des Allemands, avec ses deux grands : Mertesacker et Metzelder (ce dernier, le brun barbu, étant peut-être plus dans le coup que son partenaire), à la vivacité limitée. De plus, le gardien Jens Lehman a pris deux ans de plus.

            -La méforme de Mario Gomez, pourtant si bon en Bundesliga : quand un attaquant qui dispute sa première compétition internationale, accumule les erreurs et perd la confiance, c’est parfois dur de remonter la pente.

 

 

 

 

            Les interrogations : les attaquants de pointe vont-t-ils être à la hauteur. Ceci inclut Gomez, les remplaçants moins bons Neuville et Kuranyi, mais aussi Miroslav Klose, qui cumule une dizaine de buts en Coupe du Monde, mais pour l’instant n’est pas décisif. Podolski est lui aussi attaquant, il marque (trois buts pour l’instant), mais Joachim Löw le fait jouer milieu offensif.

 

 

Croatie, révélation, outsider ou tout simplement favori ?

 

            Un certain nombre d’observateurs à la recherche d’une surprise du genre Grèce 2004, avait mis une petite pièce sur la Croatie. D’autres les découvrent maintenant, après leur victoire sur l’Allemagne et leur plein de points dans ce Groupe B, parlant de révélation. En tout cas, après avoir éliminé l’Angleterre en phase d’éliminatoires, après avoir géré de main de maître la phase de poules : déjà qualifiés après le deuxième match, gagnant le dernier match avec leurs remplaçants, alors que la Turquie se présente à eux, je crois qu’il faut mettre la Croatie au rang des favoris de cet Euro. Notons toutefois qu’avec la faiblesse réputée de l’Autriche, et le délitement de l’équipe de Pologne, comme souvent en phase finale, il y a quelques difficultés à juger la Croatie, comme l’Allemagne, à l’aune de ce qui s’est passé dans ce groupe B

 

            Les forces :

            -une belle homogénéité de l’équipe : de la défense à l’attaque, ça quadrille bien le terrain latéralement et longitudinalement. On se rend compte en plus que les remplaçants sont à la hauteur

            -sur les ailes, on a de bons centreurs : Srna, Prajnic, Krankcjar et autres

            -l’ensemble de l’équipe est technique, à l’image de Modric, le jeune meneur de jeu talentueux

            -l’esprit d’équipe a l’air d’être au rendez-vous, autour de l’entraîneur Slaven Bilic, grand ancien de l’épopée de 1998.

 

            Les faiblesses (assez difficiles à dire)

            -en cas de défaillance individuelle (par exemple en attaque), c’est toute l’équipe qui peut être affectée

            -si le collectif se délite ou sombre physiquement, il n y a pas de grand joueur pour inverser le destin

 

            Les interrogations : est-ce que la Croatie peut tenir le coup physiquement ? Cela avait été une surprise de voir plonger complètement les Croates lors de la deuxième mi-temps de leur match contre la modeste Autriche, ce qui au passage avait renforcé la surprise dans l’autre sens, quand ils avaient donné la leçon aux Allemands. Est-ce que les problèmes physiques du début de compétition sont derrière eux, liés à une préparation Duverne-like en vue d’une montée en puissance, ou est-ce qu’on les verra réapparaître dans les matchs à élimination directe, avec leurs éventuelles prolongations ?

 

 

Pays-Bas, la plus forte impression

 

            Comme la Croatie, ils sont sortis avec neuf points de leur groupe, mais leur démonstration fut encore plus éclatante, avec des buts tous plus magnifiques les uns que les autres, marqués à des adversaires de renom : Roumanie, et surtout France et Italie. 9 buts marqué, un seul encaissé, c’est festival. La génération encore un peu tendre au point d’en être rugueuse à la Coupe du Monde 2006, regorge de talents offensifs, dont les contre-attaques sont précises.

 

Les forces :

            -des milieux relayeurs offensifs, qui savent tout faire dans la lignée du football total : défendre, faire des passes longues, marquer dans la surface, balancer des mines en lucarne depuis hors de la surface : Van Der Vaart, Sneijder

            -des ailiers de feu : Robben, ou Kuyt, et Van Persie, les deux derniers étant plus avant-centre de nature, mais quand on est doué et motivé, on peut jouer n’importe où

            -un attaquant axial expérimenté, intelligent et doué : Ruud Van Nistelrooy, avec sur le banc d’autres attaquants plus jeunes, mais tout aussi dangereux, comme Huntelaar

 

Les faiblesses :

            -la défense a été à la hauteur de ce premier tour, mais elle a concédé quand même de nombreuses occasions à l’Italie et la France. Les défenseurs centraux sont peut-être un peu lourds. Pour l’instant, ils s’en sortent, et ils peuvent s’appuyer sur un grand Van der Sar. Mais jusqu’à quand ?

 

Les interrogations :

Et, si les Pays-Bas étaient menés, que la réussite les fuyait, aurait-t-il les ressources morales pour assiéger la défense adverse et revenir au score ?

 

 

Italie, le champion du monde revenant

 

            Pendant une minute, après l’ouverture du score de Mutu sur une erreur de Zambrotta, l’Italie était éliminée de l’Euro au deuxième match. Mais, ils sont revenus au score. Puis, à nouveau au bord du gouffre avec le penalty roumain, Gianluigi Buffon sort un arrêt de grande classe. Pour le troisième match, les Italiens ne sont pas maîtres de leur destin, puisqu’il suffit à la Roumanie de gagner contre les Pays-Bas pour qu’ils soient éliminés. Comme ils affrontent une équipe qui leur a toujours posé des problèmes durant ces dernières années, la France, en Italie, on doit retenir son souffle.

             Mais, après un match (contre les Pays-Bas) et une mi-temps (contre la Roumanie) où ils étaient poursuivis par la malchance, la chance va revenir. La poisse est du côté français avec la blessure de Ribéry, la mauvaise défense d’Abidal sur Luca Toni, qui amène à son exclusion, et un penalty transformé par Pirlo. Les Italiens ont ensuite poussé pour marquer un second but, mais Luca Toni ne trouve pas le cadre sur une jolie retournée et Fabio Grosso voit son superbe coup franc arrêté par Grégory Coupet. Au final, l’Italie n’aura eu qu’un quart d’heure de franche domination, avant et après le but sur penalty. En deuxième mi-temps, à 11 contre 10, elle ne surclasse pas la France, mais rajoute un autre but sur un coup franc de De Rossi détourné par Thierry Henry. Alors que les Pays-Bas ont battu la Roumanie 2-0 aussi, l’Italie avec 4 points accède aux quarts de finale, qu’elle devra jouer face à l’Espagne sans ni Pirlo ni Gattuso qui ont reçu un carton jaune durant le match contre la France

 

 

Les forces :

-Leur qualification in extremis, et leur statut de champion du monde, leur donne un mental supérieur

-Leur jeu offensif est de bonne facture, avec des centres, des passes longues de Fabio Grosso, Andrea Pirlo, De Rossi et autres et une tour de contrôle comme Toni, plus des joueurs un peu plus provocateurs, comme Antonio Cassanno. Toute l’équipe, qui a été beaucoup remaniée d’un match à l’autre, est bien dans l’Euro.

-Gianluigi Buffon est l’un des tout meilleurs gardiens au monde

 

Les faiblesses :

-Même si les lourds Barzagli et Materazzi ont été sortis des titulaires, la défense italienne n’est pas une assurance tout risques

-Attention à la tentation de jouer petitement. Contre la France réduite à 10, les Italiens n’ont pas trop emballé la deuxième mi-temps, et laissé par exemple des boulevards a François Clerc sur l’aile droite, assez mal utilisés par les Français.

 

Les interrogations : Luca Toni finira-t-il par marquer un but (validé) ? Le grand attaquant du Bayern Munich a été dangereux en prenant des ballons de la tête ou du bout du pied dans la surface, mais ce fut toujours à côté.

 

 

 

Espagne, pour mater le destin

 

            L’Espagne, comme les Pays-Bas, a fait forte impression lors de ce premier tour : une victoire 4-1 contre la Russie, suivie d’une victoire 2-1 arrachée in extremis contre la Suède, et la qualification était dans la poche. Les remplaçants, aligné pour le dernier match, ont encaissé le premier but de la Grèce (Charisteas, comme pour redonner aux Hellènes la nostalgie de leur titre de 2004, qu’ils ne regagneront pas), mais ont ensuite réagi, avec deux buts : De la Red, sur une remise de la tête de Guiza, l’attaquant mallorquin, qui a ensuite conclu le score.

            Voilà l’Espagne en quarts, stade qu’elle n’a plus dépassé dans une grande compétition depuis bien longtemps. Et, pourtant, les Espagnols ont souvent flambé en phase de poule, avant de tomber contre des équipes plus réalistes, plus rompues au match à élimination directe : l’Italie qu’elle doit affronter, est typiquement ce genre d’équipes.

 

            Les forces :

            -Un jeu technique qui leur permet de faire de belles choses avec le ballon : au milieu, Xavi, protégé par Senna, pour orienter le jeu, Iniesta et Silva pour apporter de la percussion et de belles passes, de belles montées de Sergio Ramos et Capdevilla, et un duo d’attaquants jeunes et doués : Villa et Torres

            -Ces attaquants sont jeunes sans être nés de la dernière pluie : Torres enchante pendant la saison le mythique club de Liverpool, et Villa marque buts sur buts avec l’Espagne

            -Casillas est un des meilleurs gardiens du monde

 

            Les faiblesses :

            -Pas assez de densité physique en phase défensive : Senna ne pourra pas tout récupérer, et privée de ballon, l’Espagne a plus de mal, même si elle sait jouer le contre comme elle l’a montré contre la Russie

            -La défense n’est pas une assurance tous risques

 

            Les interrogations : est-ce qu’ils vont passer le cap des quarts ?          

 

 

 

 

 

Les outsiders

 

La Turquie, un mental à toute épreuve

 

            Battus en ouverture par les Portugais, les Turcs se sont vite retrouvés dos au mur. Menés par la Suisse en première mi-temps du deuxième match, ils ont dû se faire remonter les bretelles par Fetih Terim à la mi-temps. Et, alors que le terrain était moins détrempé, les Turcs ont égalisé, puis marqué dans les arrêts de jeu le but de la victoire par leurs remplaçant : Senturk et Turan. Pour le dernier match, un vrai huitième de final contre la République Tchéque, rebelote : première mi-temps ratée, où les Tchéques les ont largement dominés, avec Jan Kohler en tour de contrôle qui distribuait facilement le jeu, et qui finit par conclure. L’équipe turque rentre avec de meilleures intentions en deuxième mi-temps, mais elle se fait contrer. Les premiers avertissements sont sans frais. Mais, Plasil, pour la République tchéque, finit par marquer. Le troisième but n’est pas loin, avec un tir sur le poteau de Polak. Ce milieu de deuxième mi-temps, avec les beaux ballons de contre-attaques et les centres précis tchèques prend fin, quand les Turcs remettent les Tchéques sur le reculoir. Cela combine bien aux alentours de la surface. Et, une frappe de Tuncay (à moins que ça soit Turan) va se loger dans les filets de Cech trop court. Le gardien tchéque, considéré comme l’un des meilleurs du monde, va alors craquer. Il rate sa sortie sur un centre et Nihat n’a plus qu’à pousser le ballon. Mené à la 75éme minute 2-0, la Turquie vient d’égaliser, et peut-être d’arracher une séance de tir aux buts inédite. Mais, ils ne s’arrêtent pas là, et Nihat se présente seul devant Cech. Il enroule merveilleusement bien sa frappe et offre un troisième but à la Turquie. Dans une dernière péripétie de ce match fou, le gardien turc, Volkan a un geste d’humeur à l’encontre de Koller, et est exclu. Plus de changements possibles pour Fatih Terim. C’est Tuncay qui se dévoue pour prendre les gants. Autant dire que si dans les deux minutes restantes, la République Tchéque égalise, elle aura un avantage aux tirs aux buts. Car, aussi peu en confiance soit-t-il, Cech reste un gardien spécialiste, contrairement à Tuncay. Mais les Turcs finissent par confirmer qu’ils viennent d’arracher leur qualification. Jusqu’où iront-t-ils ?

 

 
 Les forces :

            -Une équipe, menée par un homme de poigne, Fatih Terim, qui a de la ressource, capable de renverser le score, notamment grâce à ses changements

            -Un milieu à la fois technique et physique pour être présent sur les seconds ballons

 
 Les faiblesses :

            -Une défense un peu lourde, qui est débordable

            -Dans les mauvais moments, des maladresses techniques

 
Les interrogations :       peut-être vaut-t-il mieux marquer un but aux Turcs en deuxième mi-temps, pour éviter leur réaction ? C’est bizarre comme els mi-temps ont métamorphosé cette équipe plusieurs fois. Dans ce groupe A, les Turcs ont fait deux mi-temps extraordinaires, deux mi-temps mauvaises, et deux mi-temps moyennes.

 

 

 

 

 

La Russie, en pleine expansion

 

            Si on exclut la période soviétique (durant laquelle l’URSS de l’araignée Lev Yachine avait gagné un EURO), l’équipe russe n’avait jamais jusqu’alors passé la phase de poules d’une grande compétition internationale. Mais, la Russie est de retour comme une grande nation sur la scène internationale, et le football n’échappe pas à la règle. Les pétrodollars affluent aussi dans les caisses des clubs russes. Ces derniers ont ainsi les moyens de retenir les meilleurs joueurs nationaux. Le Zénit Saint Petersburg a gagné la coupe de l’UEFA, deux ans après le Spartak de Moscou. L’équipe nationale russe est donc essentiellement composée de footballeurs jouant au pays, avec ce rythme imposé par l’hiver, qui fait que la saison n’a commencé que depuis quatre mois pour ceux-ci, tandis qu’en Europe occidentale, les joueurs sortent d’une saison éreintante. Ainsi, Zlatan Ibrahimovic, l’attaquant suédois de l’Inter Milan, était visiblement en bout de course. Et, s’il a pu marquer deux buts dans les deux premiers matches de la Suède, limité par ses problèmes au genou, il ne put rien faire contre la Russie. Et, c’est ainsi que les Russes, qui avaient débuté par une sévère défaite contre l’Espagne au premier match, s’est finalement emparé de la deuxième place qualificative aux dépens des Suédois, vainqueurs en ouverture de la Grèce, en les battant 2 à 0. Sur le match d’hier soir, il n y eut pas photo : le jeu collectif vif des Russes amena plusieurs fois le danger dans la surface suédoise, et avec un peu plus de réalisme, le score aurait pu être plus lourd.

 
Les forces :

 

            -Un entraîneur redoutable Guus Hiddink, qui a outre les Pays-Bas, a entraîné des sélections de seconde zone, Australie  et Corée du Sud qu’il a porté à leurs meilleurs résultats…

            -Un jeu collectif rapide et technique, avec aucune hésitation à se projeter vers l’avant

            -Des joueurs doués, comme notamment Arshavin. Je trouvais un peu exagéré l’insistance des commentateurs sur son absence dans les premiers matchs, et sur l’attente de son grand retour, car un joueur ne fait pas une équipe. Cela dit, force est de constater qu’Arshavin, le joueur de Saint-Petersbourg est un vrai plus dans la circulation de balle et les actions décisives.

 
 Les faiblesses :

 

            -Une défense pas super solide : même si les joueurs ont changé par rapport au match contre l’Espagne, on sent une certaine lourdeur et un manque de sérénité dans cette défense

            -On observe parfois un manque de réalisme au moment de conclure leurs belles actions, Palyunichenko a marqué deux buts, mais en a raté aussi beaucoup.

 

Les interrogations : combien de primes vont offrir les milliardaires Russes si la Russie gagne en finale ?

 

            En tout cas, on a eu une belle phase de poules, avec de superbes matchs. Seul le France-Roumanie était vraiment ennuyeux. Mais la moitié des matches étaient de superbes spectacles. Il y eut beaucoup de buts.

            Cela ne présage en rien du spectacle lors de la phase éliminatoire. Au contraire, rien ne dit que les belles équipes ne vont pas fermer le jeu. Mais en tout cas il y aura du suspense.

- Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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Samedi 14 juin 2008

       Une fois n'est pas coutume, je vais faire un article assez rapidement après l'actualité, alors que le souvenir de cette soirée de vendredi 13 est encore frais dans ma tête.


       Italie-Roumanie


      Pour suivre l'ordre chronologique, je vais commencer par parler du match de 18 heures de ce groupe C. L'Italie affrontait la Roumanie. Cette dernière se montra beaucoup plus dangereuse que contre la France, avec plusieurs superbes frappes, que le gardien italien Gianluigi Buffon détourna de justesse, ou que le poteau renvoya. Les Italiens, qui montèrent en puissance au cours de la mi-temps, pour, à la fin, camper chez les Roumains, ne furent pas en reste côté occassions, avec des bons centre bien exploités dans la surface, notamment par des têtes du grand attaquant Luca Toni. Lobont, le gardien roumain, multiplia les arrêts sur sa ligne. Seule une tête juste avant la mi-temps de Toni alla se ficher dans les filets, mais le but fut refusé pour un hors-jeu mal jugé. Lors de la seconde mi-temps, une erreur de Zambrotta, une passe trop molle de la tête à son gardien Buffon, alors que l'attaquant roumain Mutu arrivait à toutes enjambées, permit à ce dernier d'ouvrir le score. 1-0. L'Italie, avec 0 points tandis que la Roumanie en avait 4, était éliminée de l'Euro à ce moment là. Mais, une minute plus tard, la Squadra Azzura s'arracha sur corner : tête de Chiellini puis Panucci, l'autre défenseur central, qui pousse dans le but ce ballon qui traîne. 1-1. Les Italiens, qui avaient fait rentrer des attaquants, Quaglierella et surtout un Cassanno très actif, continuèrent à se créer des situations chaudes : mais à nouveau le gardien roumain, Lobont, faisait des arrêts reflexes sur des tirs à bout portant. Son homologue adverse, Gianluigi Buffon, eut le droit aussi à son grand moment de gloire, quand il repoussa grâce à la main et au pied un penalty de Mutu, obtenu pour un ceinturage dans la surface de l'attaquant roumain Niculae par Panucci. Malgré les tentatives italiennes d'obtenir un penaty de compensation, le match s'acheva donc sur 1-1. L'Italie était encore en vie. Adrian Mutu était très triste de ne pas avoir marqué son penalty, qui aurait permis à son équipe de faire un grand pas pour la qualification.



       Je trouve en tout cas que ce fut un match intéressant, avec une vraie dramatique. On pourra dire que les Italiens ne sont pas tout à fait vernis : après le premier but encaissé contre les Pays-Bas de Van Nistelrooy, dans une position discutable, on leur refusa l'ouverture du score contre les Roumains. Concernant le penalty, oui, il est évident que dans tous les matchs, des ceinturages, des tirages de maillot, ont lieu par dizaine, et on ne siffle pas penalty. Mais, il n'en reste pas moins que cela est répréhensible selon les lois du jeu, que cela nuit aussi bien souvent au rendement des attaques, et que si on veut lutter contre ce fléau, il faut bien commencer par siffler quelques penaltys. Soit dit en passant, le jour d'avant, il y avait eu un penalty similaire sur un tirage de maillot polonais sur un autrichien, à un moment encore plus crucial, puisque c'était dans les dernières secondes. Vastic, lui, avait marqué le penalty contre le gardien polonais Boruc, devenant du même coup à 39 ans le plus vieux buteur de l'histoire de l'Euro. Panucci, 35 ans, en marquant contre la Roumanie, n'entrera donc pas dans les tablettes.
      En tout cas, ce dernier, défenseur polyvalent de la Roma, qui n'avait jamais été appellé par  Lippi dans l'équipe  future championne du monde, bénéficie de la confiance de  Donadoni. Pannucci et Chiellini se sont sans doute montré moins lourds que Materazzi et Barzagli, que Donadoni avait décidé de remplacer suite à leur mauvais match contre les Pays-Bas. Le sélectionneur italien avait aussi tranché dans le vif, en confiant le poste d'arrière latéral gauche à Fabio Grosso, qui a montré comme on pouvait s'y attendre son tempérament offensif et sa qualité de centre, en remplaçant les deux milanais Ambrosini (qui est rentré plus tard dans le match) et Gattuso par les romains De Rossi et Perrotta pour accompagner le métronome Andrea Pirlo en milieu de terrain, et en remplaçant Di Natale par le vieux Del Piero, capitaine. Celui-ci ne fut pas vraiment à son aise, peut-être moins que lors de son entrée contre les Pays-Bas, et son remplacement par Cassanno en cours de deuxième mi-temps fut une bonne idée. Les deux autres joueurs offensifs, étaient Camoranesi, relativement discret, et Luca Toni, en manque de réussite pour l'instant. Bref, l'équipe d'Italie fait parfois plaisir à voir, mais a de vrais faiblesses, peut-être liées à l'âge de ses titulaires, qui rendent son arrière-garde transperçable.
          La qualification ou non des champions du monde allait dépendre en partie des vices-champions du monde, la France.

            Le match France-Pays-Bas

           Face aux Pays-Bas, qui venaient de mettre 3-0 contre l'Italie, Raymond Domenech avait aligné une équipe, qu'il espérait plus fluide dans l'animation offensive que contre les Roumains. Pour apporter plus de montées et de débordements, Patrice Evra remplaçant Eric Abidal en défenseur latéral gauche. Pour le reste des joueurs offensifs, Raymond Domenech avait renouvellé sa confiance à Willy Sagnol, Lilian Thuram, (capitaine en l'absence de Patrick Vieira, toujours pas remis), William Gallas, Claude Makelele et Jeremy Toulalan.  Du côté offensif, Raymond Domenech était passé d'un dispositif à deux milieux excentrés et deux attaquants, qui avait manqué de liant contre la Roumanie, à un dispositif à une ligne de trois milieux offensifs, l'un à droite, Sidney Govou, l'un au centre, Franck Ribéry, l'autre à gauche, Florent Malouda, et d'un seul attaquant de pointe, Thierry Henry, de retour.
          Les Pays-bas, qui avaient la même équipe que contre l'Italie, commencèrent bien le match. Un but sur corner de Kuyt, et une pression continue de vingt minutes, mit la France au supplice. Les Bleus finirent quand même par ressortir, se créant divers occassions, notamment par Govou et Henry. La deuxième mi-temps fut du même tonneau, mais les Pays-Bas veillaient : quand la lourdeur de la défense centrale était dépassée par les Français, c'était l'intelligence du latéral Von Bronckhorst qui compensait. Thierry Henry, sur une passe retournée de Malouda, se retrouva quand même une fois seul devant le goal, Edwin van Der Sar, mais son lob fut mal ajusté. Une autre frappe de Thierry Henry fut cette fois-ci bien cadrée, mais en tombant, un défenseur batave la détourna de la main, ce que ne vit pas l'arbitre au grand dam des Français. En tout cas, il fallait y croire : avec ce que nous montrait les Bleus, il y avait moyen de revenir. Raymond Domenech se prépara à faire rentrer un attaquant supplémentaire Batefimbi Gomis, tandis que les Néerlandais, eux, ne faisaient pas rentrer des défenseurs, mais des attaquants, Robben et Van Persie à la place de Engelaar et Kuyt. Tactique payante, puisque sur un contre allant à cent à l'heure, Robben ou Sneijder, parti sur la ligne gauche adressa un centre que Van Persie arrivant dans le dos de Jérémy Toulalan, reprit. La frappe était cadrée au centre, mais vive et Grégory Coupet ne put que la toucher. Avant que le gardien français ne se retourne et la capte, la balle était rentrée dans les buts. 2-0. On commençait à penser à la correction subie précédemment par les Italiens, au point d'en être réduit à souhaiter de ne pas subir une défaite aussi lourde. Pourtant, il restait du temps, plus de vingt minutes pour marquer un but. Gomis était entré à la place de Malouda, mais cela ne marchait pas encore, jusqu'à ce que Sagnol adresse enfin un centre dangereux juste devant le gardien avec la trajectoire légérement courbée qui revenait vers l'attaquant qui se précipitait, en l'occurence Thierry Henry, qui précédait le défenseur et déviait la balle dans le petit filet. 2-1. Willy Sagnol et Thierry Henry ramenaient leurs troupes et le ballon dans le camp. Il fallit encore au moins marquer un but. Mais l'espoir ne dura vraiment pas longtemps. Arjen Robben sur l'aile entra dans la surface, donna un petit coup de rein pour passer devant Sagnol, et tirer dans un angle impossible. Pourtant le ballon rentra dans les cages de Grégory Coupet. 3-1. Aïe ! Aïe ! William Gallas et tout le camp français n'en croyaient pas leurs yeux. Le remplacement de Sidney Govou par Nicolas Anelka ne changea rien. Et, à la 90éme minute, ce furent même les Hollandais qui aggravèrent le score par une magnifique frappe en pivot de Sneijder.

            4-1. Depuis que je suis la France, matchs amicaux compris, je ne me souviens pas d'un score aussi lourd contre la France (pour la France, dans les dix dernières années, il est déjà arrivé plusieurs victoires par au moins trois buts d'écart), si ce n'est le match de la Coupe du Monde 2002 contre le Danemark, où la France, dos au mur, avait perdu contre le Danemark. Quant à encaisser 4 buts, pour les Bleus, je crois qu'il faut revenir très loin en arrière. Comme dit, Raymond Domenech, ce qu'on retiendra à terme, ce ne sera que le score, pas toutes les occassions que se sont créées les Français, peut-être plus nombreuses que les Néerlandais. La France n'a pas su gérer ou a manqué de réussite lors des tournants du match . Pris à la gorge dès le début de la mi-temps, après avoir encaissé un but, elle était obligé de courir derrière le score. Ensuite dans les temps forts français autour de la mi-temps, ce n'est pas tout de se créer des occassions, il faut les mettre au fond. Malheureusement, l'arbitre n'a pas vu la main du défenseur néerlandais, alors que le pénalty aurait éventuellement pu permettre de revenir à 1-1. Le contre qui amène les Neerlandais à 2-0, ensuite, est assassin : l'attaque néerlandaise est très adroite sur ce coup, tandis que la défense et le gardien français sont un peu patauds. A 2-1, les Français n'ont même pas le temps de faire douter leurs adversaires, Robben marquant sur une frappe dans un angle réduit, en se surprenant lui-même. A 3-1, la messe était dite, sur le résultat du match, et le quatrième but des néerlandais prouve si besoin est qu'ils ont un mental, une adresse et une réussite extraordinaires. Quoi qu'il en soit, avec des "si", on mettrait Paris en bouteille, et si on peut réecrire les matches Italie-Pays-Bas et France-Pays-Bas, et trouver que les scores sont lourds par rapport aux physionomies des matches, je pense que les Pays-Bas méritent leurs victoires, leurs six points et leur qualification pour le tour suivant.

 

                Les Pays-Bas, arrivés à maturité, favoris de l'Euro ?


          Sneijder et Van der Vaart, sont assez exceptionnels, car ils sont complets dans leur qualité : frappe sèche, transversales précises, passes courtes, adresse devant le but. Sneijder, auteur de deux buts depuis le début de la compétition, est aussi dangereux sur coup franc, et il peut aussi bien jouer en ailier, que reculer en milieu relayeur, comme quand Robben est entré. De toute façon, le jeu néerlandais est basé sur la capacité des joueurs à dépasser leur poste, et à prendre l'espace sur les côtés, pour lancer la contre-attaque, déborder et centrer, ou au centre pour se rendre disponible à la réception. Un exemple de joueur, dont on a vraiment l'impression qu'il se transcende, c'est Dirk Kuyt. Cet ancien avant-centre se dépense sans compter sur l'aile, et quand il a l'occassion d'être dans la surface, sait être décisif. Van Nistelrooy n'a pas marqué, mais a énormément pesé sur la défense française dans un rôle de pivot, perdant très peu de ballon, et jouant juste vers l'avant ou vers l'arrière selon la situation. Arjen Robben et Robin Van Persie sont des remplaçants de luxe. En milieux un peu plus reculés, les méconnus De Jongh et Engelaar font visiblement du bon travail. Si, à gauche de la défense, Van Bronckhorst, malgré son âge, est très bon, à droite Bouhlarouz, malgré sa réputation de boucher, semble pour l'instant tout à fait à la hauteur. Ooijer et Mathijsen composent la charnière centrale, qui s'en est bien sortie jusque là. Il ne faut toutefois pas idéaliser la défense néerlandaise. Si les Français et les Italiens se sont crées des occassions contre eux, c'est bien qu'il y a certaines faiblesses, et certaines lourdeurs. Alors, certes, les Pays-Bas, après leurs victoires éclatantes contre les deux finalistes de la Coupe du Monde 2006, sont l'équipe la plus impressionnante de l'Euro depuis le début. Mais, je serais curieux de les voir menés. La question qui se pose, c'est qui peut battre les Pays-Bas lors des matches à élimination directe ? Ceux qui me lisent peuvent laisser leur avis sur l'équipe qui a selon eux les qualités pour dérégler la machine orange...


       Les Bleus : forces et faiblesses


       La machine bleue, elle, est sortie de route. Quand on y pense, on connaissait déjà peu ou prou ses défauts, qui ont tous éclatés au grand jour lors de ce match :

      -Une certaine vulnérabilité sur les corners : ce n'est pas la première fois que la France se prend un but sur corner. Et, là, ce but de Kuyt, dépssant Malouda de la tête, est décisif
      -En revanche, les corners et coups francs français sont quasiment inoffensifs. On l'a encore vu
      -Dans le jeu, les centres sont eux aussi, très peu dangereux, soit parce qu'ils sont mal réalisés, soit parce que la France n'a pas vraiment de grand joueur de surface : entre autres, Henry n'est pas très bon de la tête
     -Pas de grands joueurs de surface, mais aussi pas de grands joueurs hors de surface, puisque les Français marquent très peu de buts sur des frappes lointaines,soit parce qu'ils n'en osent pas assez, soit parce qu'ils ne les cadrent pas. Je me souviens encore hier, de Willy Sagnol qui nous fait râler en ne tentant pas la frappe alors que la balle lui arrive bien, mais préférant faire un petit crochet
       -On pourrait dire qu'on avait pas vu arriver les trouages en défense et les faiblesses de gardien. Pourtant, bien qu'elle n'encaisse peu de buts, ce n'est pas la première fois qu'on voit un manque de sérénité dans la défense française. Et, côté gardien, même si on cède souvent à l'autosatisfaction sur nos superbes gardiens de Ligue 1, depuis l'interim de Grégory Coupet à la place de Fabien Barthez en 2005-2006, je ne me souviens pas de matchs des Bleus, où notre gardien semblait marcher sur l'eau. Il y eut même quelques boulettes (notamment Landreau et Frey, qui firent jaser)

       Toutes ces remarques n'empêchent pas que les Bleus n'ont pas totalement perdu leurs qualités propres : une grosse présence dans les duels défensifs, une vivacité dans les contre-attaques, et une qualité de dribble dans les petits périmètres pour quelques-uns des joueurs offensifs. Mais, celles-ci n'ont pas pu bien s'exprimer dans le match, tandis que les défauts, eux, sont ressortis plus que d'habitude.

        Petit bilan joueur par joueur :

       Coupet a fait quelques arrêts et interventions sur des ballons chauds des hollandais, mais il a été pataud, avec un manque de réflexe explosif sur le deuxième but néerlandais, et il se fait transpercer par la frappe incroyable de Robben. Donc, pas un très bon match pour lui.
       Lilian Thuram n'a pas cette fois-ci réussi à colmater les brèches, les Neerlandais étant peut-être trop rapides pour lui.
       Je ferais le même genre de remarque sur William Gallas, même si on l'a vu plus incisif peut-être, et vivant à fond la déception sur les buts encaissés par les Français.
       Willy Sagnol a du être présent à la fois offensivement et défensivement sur son aile, et à la longue, c'était dur pour ses jambes fatiguées. Les débordements sur les deuxième et troisième buts néerlandais sont venus de son côté, où il a été dépassé. Et, offensivement, ses centres furent peu dangereux, voire ratés. A l'exception toutefois de celui du seul but français, où il délivra une passe décisive à Thierry Henry.
      Je n'ai pas trouvé Patrice Evra mauvais : il a fait des montées intéressantes, quelques bons centres, mais il n'a pas été décisif.
       Claude Makelele a fait à nouveau un beau travail à la récupération, et a plusieurs fois essayé d'apporter le surnombre en attaque sans toutefois être servi par ses partenaires, ou faire une bonne frappe. Il n'est pas passé loin du carton rouge.
       Jérémy Toulalan n'a pas renaclé à la tâche. Il s'est multiplié sur le terrain. Néanmoins, son abattage ne fut finalement pas suffisant. Toujours pas décisif offensivement, il ne peut intervenir sur Van Persie qui arrive dans son dos sur le deuxième but néerlandais.
      Florent Malouda, battu par Kuyt sur le corner, a remonté quelques ballons de belle manière, mais il lui manque vraiment quelque chose pour être décisif et utile à l'équipe offensivement. Notons quand même que si Henry marque sur sa belle passe en retourné acrobatique, cette action fait le tour des gazettes.
       Franck Ribéry fait toujours de beaux dribbles, il a du un peu inquiéter l'arrière garde néerlandaise, mais, comparé à un Zidane beaucoup plus lent pourtant, il n'est pas décisif et n'arrive pas à mieux faire jouer ses partenaires.
       Dans le temps fort de la première mi-temps pour les Français, Sidney Govou était de tous les bons coups. Il s'est un peu plus éteint au fil du match.
      Thierry Henry, dans ses oeuvres : il a mis encore plus de temps que l'équipe de France pour entrer vraiment dans son match. Les premiers vrais ballons qu'il a négocié, arrivant seulement à la demi-heure de jeu. Notons une belle frappe en pivot notamment. Pour le reste, il alterne entre le meilleur et le pire : ratant l'occassion du match sur la passe de Malouda, manquant de réussite sur la frappe contrée par le bras du défenseur, et marquant finalement le seul but français du match. A nouveau, il devrait être le meilleur buteur des Bleus pour une phase finale. Mais ce n'est pas suffisant pour gagner.
      Batefimbi Gomis a visiblement dépensé tout son modjo en équipe de France lors de son premier match sous le maillot bleu avec son doublé contre l'Equateur. Malgré une belle envie, les mauvais contrôles ont été rhédibitoires à ce niveau de la compétition. On sent qu'avec un peu moins de maladresse technique, il pourrait être utile dans son registre de pivot, mais quand on le compare à un Van Nistelrooy, on est vraiment loin du top niveau.
     Nicolas Anelka, dans les vingt minutes qu'il a joué, a été assez innofensif. Ce 9 et demi n'est ni décisif en 10, ni en 9.
   

    A suivre


   La France n'est pas encore éliminée de l'Euro, mais ce sera dur. Derrière les Pays-Bas, assurés de la première place, la Roumanie a deux points et la France et l'Italie ont 1 point chacune, et sont parfaitement à égalité du point du vue de la différence de buts et du nombre de buts marqués. Je crois toutefois que si l'Italie et la France venaient à faire match nul, la France serait considérée comme derrière les champions du monde, à cause de la moyenne de points prises lors des dernières séries d'éliminatoires. En outre, France et Italie ne sont pas maîtres de leur destin : si la Roumanie gagne contre les Pays-Bas, elle se qualifiera en compagnie de ceux-ci. Or, la Roumanie jouera vraisemblablement contre une équipe Orange remplaçante. Les Neerlandais ne regretteraient pas de perdre, d'autant plus que cela les débarasserait de la France et l'Italie, qu'ils éviteraient ainsi de rencontrer lors d'une éventuelle demi-finale. Je ne dis pas que les Pays-Bas vont faire exprès de perdre. Les remplaçants, comme les attaquants Klaas-Jan Huntelaar, seront sans doute motivés pour montrer de belles choses. Mais, pour s'arracher sur un corner pour un but, il y aura sans doute un supplément de motivation pour les Roumains, qui, en outre, ne sont pas une mauvaise équipe. Ils ont notamment battus déjà les Neerlandais en éliminatoires.
    Si la Roumanie venait à perdre ou à faire match nul contre les Pays-Bas, il faudrait pour la France gagner son dernier match (les deux rencontres se passant de toute façon dans le même temps), et pour l'Italie de même. En cas de défaite de la Roumanie, et de match nul entre la France et l'Italie, les trois équipes devraient se départager au nombre de buts marqués dans les rencontres directes.
       Quoi qu'il en soit, ne serait-ce que pour l'honneur, le match de mardi entre le champion du monde et le vice-champion du monde devrait être accroché, même si contrairement  à un match précédent, ce n'est pas une Coupe du Monde qui est en jeu mais une troisième place de groupe.

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Vendredi 13 juin 2008

      Comme d'habitude, mon précédent article est un gros pavé. Je ne sais pas si je tiendrais ce rythme au cours de l'euro.

     Je vais rajouter quelques ingrédients plus légers à ces impressions sur la première semaine de l'Euro.

 

            Les images marquantes :


        -Les larmes de l'attaquant suisse Frei, qui suite  un coup sur son genou, doit quitter ses partenaires à la mi-temps du match d'ouverture, laisser le brassard de capitaine, et réalisera que cet Euro à domicile est fini pour lui. Il va assister à la défaite puis à l'élimination de son équipe

       -La beauté des contres amenant les deux derniers buts des Pays-Bas contre l'Italie : longue transversale du pied gauche, passe de la tête, reprise acrobatique du pied droit, courses du défenseur latéral (Giovanni Von Bronckhorst) au centre, centre au cordeau, tête imparable. De belles actions dans un match de belle facture offensive des deux côtés

         -Les prises d'espace des joueurs allemands, quel que soit leur poste de base, la distribution du jeu simple mais belle, du centre à l'aile, puis la bataille avec les Polonais dans la surface, où personne n'hésite à tenter la passe ou la reprise en première intention : si l'intervention de Miroslav Klose ne fait qu'envoyer le ballon en cloche, celui-ci échoit à Podolski qui catapulte le ballon dans les filets polonais.

         -La réussite de l'Espagnol David Villa avec ses trois buts contre la Russie, et la belle complicité affichée avec son équipe, qu'elle soit amicale avec son compère Fernando Torres ou technique avec Iniesta, pour la passe dans le timing parfait de celui-ci et le deuxième but espagnol

 

           Les analogies à faire ou à ne pas faire

 

          *Analogie entre le groupe D de cet Euro et le groupe A de l'Euro 2004

             Rappel : 

12 juin Portugal Portugal 1 2 Grèce Grèce
12 juin Espagne Espagne 1 0 Russie Russie
16 juin Grèce Grèce 1 1 Espagne Espagne
16 juin Russie Russie 0 2 Portugal Portugal
20 juin Espagne Espagne 0 1 Portugal Portugal
20 juin Russie Russie 2 1 Grèce Grèce

1 Portugal Portugal 6 3 2 0 1 4 2 +2
2 Grèce Grèce 4 3 1 1 1 4 4 0
3 Espagne Espagne 4 3 1 1 1 2 2 0
4 Russie Russie 3 3 1 0 2 2 4 -2
Tableaux repris de Wikipédia

        Après une victoire surprise contre le Portugal, en arrachant le match nul contre l'Espagne, la Grèce est à égalité de points avec l'Espagne en tête du groupe A  l'issue de la deuxième journée. Derrière, le Portugal à trois points, sait que le match contre l'Espagne est décisif. La Russie, elle, est déjà éliminée. Le Portugal gagne devant ses supporters le dernier match et se qualifie. L'Espagne et la Grèce qui ont toutes les deux perdues, malgré la différence d'opposition, sont à égalité de points, à égalité de différence particulière, et à égalité de différence de buts globale. C'est donc au niveau du nombre de buts marqués que les deux équipes sont départagées, et la Grèce est qualifiée. Ce qui est remarquable, c'est que tous les buts que marqueront les Grecs dans cet Euro qu'ils gagneront à la fin seront utiles, même celui qu'ils marquent lors de leur défaite contre la Russie.

          Les points communs avec la situation actuelle :

        -les trois mêmes équipes : Grèce, Espagne et Russie
      -un premier match entre l'Espagne et la Russie

           Les différences avec la situation actuelle :

          -La Suède n'est pas le Portugal
          -La Grèce a perdu son premier match (contre la Suède donc)
         -L'Espagne a assuré une belle différences de buts lors de son match contre la Russie, avec son 4-1 (contre 1-0 en 2006)


          *Analogie entre le groupe C de cet Euro et le groupe A de l'Euro 2000

         
Rappel :
12 juin 18h00 Allemagne Allemagne 1 1 Roumanie Roumanie
12 juin 20h45 Portugal Portugal 3 2  Angleterre
17 juin 18h00 Roumanie Roumanie 0 1 Portugal Portugal
17 juin 20h45  Angleterre 1 0 Allemagne Allemagne
20 juin 20h45  Angleterre 2 3 Roumanie Roumanie
20 juin 20h45 Portugal Portugal 3 0 Allemagne Allemagne

1 Portugal Portugal 9 3 3 0 0 7 2 +5
2 Roumanie Roumanie 4 3 1 1 1 4 4 0
3  Angleterre 3 3 1 0 2 5 6 -1
4 Allemagne Allemagne 1 3 0 1 2 1 5 -4

           Le Portugal fait forte impression dans ce groupe, où on attendait les deux nations historiques, Allemagne et Angleterre. Ils ont six points à l'issue du premier match et sont qualifiés. L'Angleterre a battu l'Allemagne, prenant sa revanche sur les demi-finales de l'Euro 1996. Tout va se jouer dans le dernier match pour la deuxième place qualificative. Les Anglais, qui n'ont besoin que d'un match nul, affrontent une Roumanie motivée aussi. Cette équipe livre un superbe match, et retourne la situation, en égalisant puis dépassant les Anglais dans un match à but. Comme dans le même temps, l'Allemagne se fait étriller par les remplaçants portugais, c'est la Roumanie qui a le deuxième billet pour les quarts de finale.

        Les points communs avec la situation actuelle

         -Un groupe avec deux grandes nations historiques (et souvent rivales) du football : Italie et France en 2008, Allemagne et Angleterre en 2000, une nation de taille intermédiaire, mais connue pour ses promesses footballistiques, avec une génération jeune en devenir : Pays-Bas en 2008, Portugal en 2000, et la Roumanie
          -Une belle victoire de l'outsider  sur la grande nation en ouverture : Pays-Bas contre Italie en 2008, Portugal contre Angleterre en 2000
          -Un match nul logique entre la Roumanie et l'autre grande nation : France en 2008, Allemagne en 2000

        Les différences avec la situation actuelle

          -Allemands et Anglais avaient fait trembler les filets adverses, contrairement à Français et Italiens lors du premier match
             -L'affrontement entre les deux grandes nations se fera au dernier match pour la France et l'Italie
                -L'Allemagne et l'Angleterre n'étaient pas au top de leur forme en 2000 (avec une transition générationnelle difficile pour l'Allemagne et finalement une assez longue période de disette d'ailleurs toujours pas terminée pour l'Angleterre), alors que l'Italie et la France étaient encore au sommet du monde il y a deux ans.

      Il est évident que l'histoire n'est que dans une certaine mesure un éternel recommencement


              Football et mots-clés

          Dernière rubrique, qui va me donner l'occasion d'exploiter un peu les statistiques de provenance de mes visiteurs. Avec mes articles sur le football, qui utilisent beaucoup de noms propre, j'ai visiblement drainé beaucoup de personnes.
          Si les mots clés "sourire" "comprendre la vie", liés directement au titre et sous-titre de mon blog, ou "rétrospective cinéma 2007", et "tableau marianne barricades" renvoyant à deux articles ainsi bien visités, sont toujours présents et si "bilan politique" semble pas mal pour se retrouver sur mes articles, tandis que "pierres de Sankhara" et "gerard et cedric et pauline et aureline en perdu pekin express" correspondent à des articles récents, je me rend compte qu'en moyenne les trois quarts des mots qui ont amené sur mon blog sont liés peu ou prou au foot (et encore un peu plus au sport, si on considère aussi le cyclisme).
           Un mix  du titre de mon blog et de l'Olympique Lyonnais apparaissant dans plusieurs articles, donnait "correction du sourire à Lyon" : peut-être quelqu'un qui veut vérifier la réputation lyonnaise d'être un peu pincés, coincés et sans passion.

           Mes images du stade de Rennes - présentes dans l'article suivant - ont permis un bon référencement sur google image. En particulier, la - belle, je dois dire -photo du coucher de soleil sur le stade de la Route de Lorient permet d'attirer des mots clés aussi divers que "coucher du soleil dauphin" "stade de balle avec supporters", "ligue 1 football coup d'envoi du match" "tribune nord stade des Alpes". Comme on le voit, ce ne sont pas forcément des recherches sur le stade rennais. Puisqu'on évoque les Rouge et Noir, cela me perment de noter que le premier but marqué par un joueur de Ligue 1 durant cet Euro est l'oeuvre de Hannsonn dans une bataille acharnée contre deux défenseurs grecs et le gardien Nikopolidis à un mètre du poteau, avec le ballon qui ricoche sur divers tibias avant de rentrer dans les cages. Du bel oeuvre.

Hannsonn (le défenseur suédois numéro 4) a bien fait de s'acharner
le ballon rentre sous les yeux médusés de Nikopolidis et son défenseur
Source : 20 Minutes


          En matière de football, certains veulent du didactique : "joueur francais défenseur central jouant dans un club espagnol" (Escudé ?) , "Euro 2004 Grèce Espagne départagés poule" (tiens, j'en parle plus haut) , "la liste des 30 jouers qu'avit choisi Aimé Jacquet avant France 98" (allez, je suis sympa, de mémoire je vous dis les 28 (avec les six exclus à la fin) : Barthez, Lama, Charbonnier, Blanc, Desailly, Leboeuf, Thuram, Candela, Lizarazu, Karembeu, Deschamps, Petit, Boghossian, Vieira, Zidane, Djorkaeff, Diomède, Pires, Guivarch, Henry, Trézeguet, Dugarry, Letizi, Laigle, Djetou, Lamouchi, Ba et Anelka), "comprendre le poste d'arrière latéral" (très intéressante question, c'est un poste qui a beaucoup évolué au cours de l'histoire. Notons aussi que c'est le poste qui est en général le dernier choisi dans les cours de récréation)

           Parmi les joueurs, Benzema et dans une moindre mesure Ben Arfa ont toujours la côte : quelques expressions récentes : "benzema", "fabio grosse" , "govou"  (tout simplement, je me demande je suis sur quelle numéro de page sur google), "gants de Simon Pouplin" (on dit qu'il pourrait aller les enfiler du côté de Toulouse et non plus de Rennes), "Jérémy Toulalan et Aurélie" (j'ai vérifié après coup, la femme du milieu de terrain français d'appelle bien ainsi, mais la seule Aurélie dont j'ai parlé est la soeur de Pauline dans "Pékin express") , "ol benzema", "les beaux photo de benzema" "salaire kader keita" "la vi de coupet" (les fautes d'orthographe un classique) "hatem ben arfa "équipe français""

            En tout cas, avec cette liste sportive, j'échappe aux mots-clés classique liés au sexe. Quoique, je viens d'avoir récemment un "voire la grosse bite de thierry henri qui bande" . Ah ! Les rumeurs d'Anaconda, c'est quelque chose !

           Bon, allez, pour reprendre une expression de vestiaire, nous verrons ce soir si Thierry Henry et ses coéquipiers en ont dans le short !


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Vendredi 13 juin 2008

          Petit point sur l'Euro, alors que la moitié de la phase de poules a eu lieu. Bien sûr, on n'en est pas au même point de décantage entre les groupes C et D et les groupes A et B, où quatre des six matchs se sont déjà joués. On sait ainsi déjà l'identité de deux qualifiés pour les quarts de finale : le Portugal, dans le Groupe A, et la Croatie dans le Groupe B. Notons aussi que la Suisse est officiellement éliminée, moins de cinq jours après avoir donné le coup d'envoi du match d'ouverture de son Euro.
  

       La Suisse n'a pas été nettement dominée par ses deux adversaires, la République Tchéque puis la Turquie, mais comme on le sait, un match de football se joue sur des détails. Des attaques assez jolies, mais auxquelles il manquait souvent la précision du dernier geste, se sont empalées sur la défense solide de la République Tchéque, et sur un dégagement avorté de corner, Sverckos a pu battre de près le jeune gardien suisse. 1-0 défaite de la Suisse. A la mi-temps du match suivant contre leurs meilleurs amis turcs, c'étaient les Suisses qui menaient 1-0. Mais, les Turcs, régénérés par les changements de Fatih Terim leur entraîneur, sont parvenus à égaliser. Puis, dans les arrêts de jeu, une frappe turque est venue se ficher juste sous la barre. Avec 0 point, derrière des Portugais à six points irrattrapables, et des Turcs et Tchéques à 3 points qui se rencontrent pour le dernier match, le rêve des Suisses d'aller loin dans l'Euro qu'ils organisent tombait à l'eau. On peut dire qu'ils ont manqué de réussite. Le niveau qu'ils ont montré ne m'a pas déçu, mais comme j'en avais déjà exprimé la crainte , il leur manquait un petit truc pour être une machine à gagner. Les titulaires, et la plupart des remplaçants, avaient un niveau honnête, mais étaient aussi tous capables de maladresse. Côté offensif, la perte d'Alexander Frei, l'attaquant vedette et capitaine, dès la fin de la première mi-temps du match d'ouverture, a sans doute été préjudiciable. Par exemple, Hakan Yakin, s'il a marqué le seul but suisse, avec l'aide d'une flaque d'eau, a aussi raté quelques grosses occasions. 
        La République Tchéque et la Turquie sont à égalité, avec une différence de buts global comparable. De fait, si elles font match nul dans leur confrontation ultime et décisive, la deuxième place en quart de finale du groupe A se jouera aux tirs aux buts. La République Tchéque n'a plus la génération dorée qu'elle avait il y a quatre-six ans. Des joueurs de cette belle époque, ce sont essentiellement les défenseurs et le gardien Cech, qui sont restés. Les attaquants Baros et Koller sont vieillissants. Et, il n y a plus les talents offensifs Poborski, Nedved et Rosicky. La belle équipe tchéque de 2004 n'était pas parvenue à gagner l'Euro à cause des grecs. Mais qui sait si la nouvelle équipe tchéque avec sa défense de qualité et avec des attaquants moins connus, qui jouent au pays, mais qui peuvent avoir l'efficacité nécessaire, ne va pas réussir par une plus grande solidité à créer une surprise ? Les Turcs, eux, avaient été considérés un peu vite selon moi comme l'équipe la plus faible du groupe, après le premier match. Si il est vrai que leur défense est lourde, ce qui leur a posé problème contre les virevoltants portugais et leur posera encore problème, j'avais trouvé que leur présence sur les deuxièmes ballons leur offrait de belles opportunités offensives. Et, ils ont certains joueurs techniques, à l'image de Nihat, l'attaquant de Villareal, qui après n'avoir pas été très efficace contre les Portugais, a trouvé des positions plus favorables contre les Suisses, notamment en faisant un beau centre sur le but de l'égalisation.

Pepe, le défenseur portugais, est monté. Après plusieurs dribbles et un 1-2, l'ancien Brésilien marque le premier but pour la Selecao contre la Turquie - Image AFP


 

        Parlons donc des Portugais, qui ont battu de deux buts d'écart la Turquie 2-0 et la République Tchéque 3-1, avec dans les deux cas des derniers buts marqués dans un mouvement de contre de dernière minute. Les victoires sont assez probantes, on dira. Le Portugal confirme son statut de favori. Les joueurs sont doués : mais si certains postes, comme ceux de milieu-relayeur avec Deco, Moutinho, Raul Meirelles, ou de milieu offensif-ailier, avec Cristiano Ronaldo, Simao, Nani et Quaresma, sont doublés, voire triplés, d'autres postes sont beaucoup plus faibles, comme celui de l'arrière latéral gauche, occupé par Paulo Ferreira, un latéral droit de métier, celui de gardien (disons que Ricardo n'a pas montré de grosse lacunes, mais par rapport à des titulaires dans d'autres pays, on le sent moins bon) et d'avant-centre buteur.Nuno Gomes n’est pas si mauvais que cela : ses statistiques en championnat sont certes pauvres, mais il ne m’a jamais semblé totalement mauvais en sélection (il a encore touché deux fois le poteau contre la Turquie). Il est utile dans son rôle de pivot. Et, ma foi, je ne suis pas convaincu par la possibilité de le remplacer par un des nombreux milieux offensifs : des types comme Cristiano Ronaldo ont besoin de partir de loin pour porter le ballon. Les laisser plantés dans la surface, c’est gâcher leur talent.

       Peut-être encore plus que le Portugal dans le Groupe A, l'Allemagne avait impressionné lors de son premier match dans le groupe B. Dans un match enlevé, contre la Pologne, on avait vu de beaux mouvements dans l'espace, avec Schweinsteiger, Lahm, Gomez, Fritz, Podolski et Jansen, qui prenaient l'aile pour adresser de bons centres. D'autres attaques ou des grosses frappes de Ballack, Frings ou Shweinsteiger animaient aussi l'axe. Le jeu allemand, simple et beau, avait finalement été concrétisé par un doublé de Podolski, le jeune allemand d'origine polonaise. En tout cas, Allemagne et Pologne avaient toutes deux proposé un jeu plus agréable que les deux autres équipes du groupe,  qui avaient montré lors de leur affrontement leurs faiblesses respectives : physiques pour les Croates, qui malgré leur bonne entame récompensée d'un but sur penalty de Modric, sombrèrent sous les crampes dans la seconde mi-temps, et techniques pour les Autrichiens, qui ne parvinrent pas à exploiter leurs occassions. 
      Pourtant, les deuxièmes matches relevèrent d'autres vérités : les Croates avaient dans les jambes la possibilité de livrer un match complet et abouti, et les Allemands avaient encore une défense un peu trop lâche. De beaux décalages, des centres habiles, des attaquants qui se jettent, et les Croates menaient 2-0 à l'heure de jeu. Lucas Podolski réduisit bien le score pour son troisième but de la compétition, mais, les changements offensifs de Joachim Löw dans la Mannschaft se heurtèrent à l'intelligence de jeu des Croates, qui surent bien maintenir sous pression dans leur camp leurs adversaires, énervant même suffissamment Bastien Schweinsteiger pour qu'il se rende coupable d'un geste d'humeur malheureux, qui lui valut une expulsion (le premier carton rouge de cet Euro si je ne m'abuse) En tout cas, ces deux matchs montrent que les Allemands ont toujours les défauts et les qualités qu'ils avaient lors de leur Mondial en 2006 : un bel allant offensif, de grands artilleurs, mais une certaine légèreté défensive (et notons aussi que le gardien Jens Lehman depuis 2006 a pris deux ans et a perdu sa place de titulaire en club) La victoire contre la Pologne était peut-être en trompe l'oeil, car cette dernière, joueuse, avait laissé pas mal d'espaces. Espaces qui s'ouvrirent à nouveau pour l'Autriche, qui en vingt minutes se créa une tripotée d'occasions, mais buta sur le gardien polonais Boruc. Bref, on avait un match très spectaculaire, malgré les approximations techniques des deux côtés. Finalement, la Pologne ouvrit le score 1-0. En deuxième mi-temps, malgré quelques occasions de contre et quelques attaques autrichiennes, le compteur resta bloqué, jusqu'à ce penalty obtenu par l'Autriche à la dernière minute suite à un tirage de maillot. 1-1 : le pays organisateur, qu'on considérait auparavant comme l'équipe la plus faible du tournoi, avait marqué un point. Il est certain que leur niveau technique est inférieur aux autres équipes, quand on voit certaines frappes et certaines passes. Pourtant, en évitant les transversales aux précisions aléatoires, ils vont pouvoir proposer un jeu alerte, où les coéquipiers se rendent disponibles. Je pense qu'ils font plaisir à leur public. Pour la deuxième place qualificative pour les quarts, l'Allemagne, avec ses trois points, qui va affronter l'Autriche, a une longueur d'avance.

            En tout cas, ce qui s'est passé dans le groupe B prouve que la vérité d'un match n'est pas celle du suivant. Dans le groupe C, les contreperformances des deux finalistes de la Coupe du Monde ne se reproduiront peut-être pas. La France a donc fait un triste match nul 0-0 (le seul de la compétition) contre la Roumanie. Sans doute, le match le plus ennuyeux de la compétition. Les deux équipes n'avaient surtout pas envie de perdre. Face au bloc roumain, Raymond Domenech n'a pas voulu dégarnir son arrière-garde pour parer à toute mauvaise surprise du type douche écossaisse, et a laissé la tâche de marquer des buts à des attaquants peu inspirés, et bien marqués (Anelka, Benzema, Ribéry) Cela n'a pas marché, mais l'équipe était bien en place. Bref, ce match était une catastrophe du point de vue spectacle, mais pas forcément du point de vue comptable. On espère que la France aura une animation offensive collective un peu plus aboutie face aux Pays-Bas, qui joueront forcément différemment de la Roumanie.

        Les Néerlandais ont fait forte impression en gagnant 3-0 contre l'Italie. Après une domination nette, ils ont réussi à ouvrir le score par Van Nistelrooy, dans une position discutable, en avance sur les défenseurs, mais considéré comme non hors-jeu à cause d'un joueur italien blessé derrière la ligne de but. Juste après une occassion italienne, une contre-attaque éclair, avec une transversale de Giovanni Von Bronkhorst, un centre de la tête de Kuyt, et un magnifique but de Sneijder, amena les Orange à 2-0 à la mi-temps. Roberto Donadoni, l'entraîneur italien fit rentrer Fabio Grosso, le latéral droit de Lyon qui aime monter et Allessandro Del Piero, le lutin offensif de la Juventus de Turin, et sortit un Materazzi facilement bougé en défense. Il y eut de belles occassions pour la Squadra Azzura, mais les Pays-Bas marquèrent un troisième but sur un contre conclu par une tête de Giovanni Von Bronckhorst.  En tout cas, si on se fie à ce match, pour répondre à la question précédente , les Pays-Bas sont vraiment une belle équipe. Des joueurs comme Van der Vaart et Sneijder sont vraiment excellents et complets. Van Nistelrooy est toujours un redoutable renard des surfaces et Kuyt un joueur motivé et précieux. Mais, peut-être que cette équipe est un Janus, qui nous montrera un autre visage pour la suite. Notons aussi que l’Italie a présenté des phases de jeu offensif intéressantes, mais ce qui l’a surtout pénalisé, ce sont ses problèmes défensifs.

            Tout reste ouvert dans ce groupe, et on verra ce que donneront Italie-Roumanie et France-Pays-Bas ce soir.

> Dans le groupe D, l’Espagne, elle, n’a pas raté son entrée dans la compétition. Comme à la Coupe du Monde 2006, elle a atomisé une équipe de l’ex-URSS, en l’occurrence, la Russie. Le score de 4-1 est peut-être un peu flatteur pour les Espagnols, car la Russie n’a pas été loin de marquer plus de buts. La qualité technique espagnole a surtout pu s’exprimer dans des contres assassins se jouant d'une défense russe débordée. A la conclusion, David Villa a marqué par trois fois. Il est néanmoins trop tôt pour dire si le feu de l’Espagne peut perdurer et leur permettre de gagner l’Euro.

              En 2004, ils l’ont gagné l’Euro, eux : les Grecs remettent leur titre en jeu. La tactique est toujours avant tout d’engluer les adversaires dans une défense solide et capable de relancer proprement pour des contre-attaques qui peuvent être fatales. Cependant, Charisteas et ses coéquipiers n’ont pas réussi cette fois-ci à concrétiser les positions favorables. Et, l’insistance de leurs adversaires suédois a permis finalement de faire trembler les filets de Nikopolidis par une frappe splendide de Ibrahimovic et un but de raccroc de Peter Hansonn. Les deux équipes potentiellement piège du groupe : Russie et Grèce, ont déjà dilapidé un joker, et Espagne et Suède, habitués des huitièmes ou quarts des grandes compétitions, pourraient tracer leur chemin. Mais, il sera intéressant de voir par exemple la confrontation entre la douée Espagne et la Grèce maître tacticienne, qui s'interroge maintenant justement sur la tactique à reproduire : très défensive comme à l'Euro 2004, ou avec plus de combinaisons offensives comme lors des éliminatoires de cet Euro.

 

           Les équipes qui iront loin seront celles qui trouveront le bon équilibre.


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Samedi 7 juin 2008

              L’Euro commence aujourd’hui.

 

            Il est organisé par deux pays : la Suisse, l’Autriche. Le match d’ouverture opposera donc la Suisse à la République Tchéque ce samedi soir.

 

            Ultime préparation, blessures, réservistes et système de jeu 

 

            La France entrera en lice le lundi soir face à la Roumanie, sans son capitaine Patrick Vieira, qui se remet d’une petite blessure à l’entraînement. La question est de savoir si le grand milieu défensif sera capable de tenir sa place pour la suite de la compétition. En prévision d’un éventuel forfait, Raymond Domenech a rappelé un réserviste, Matthieu Flamini. Le 24ème homme s’entraîne avec les autres joueurs de l’équipe de France, mais il sait bien qu’il devra quitter les Bleus si Patrick Vieira est jugé apte. Le jeune joueur, qui n'est bien sûr pas à plaindre, a de bonne grâce annulé ses vacances aux Seychelles pour venir prendre part au travail physique et technique dans les camps d’entraînement de l’équipe de France à Clairefontaine et sur les bords du Lac Léman. A l’ère du foot-business et des joueurs stars millionnaires, le maillot national représente toujours quelque chose.

            Le risque de blessures, qui n’a pas épargné non plus les autres sélections, comme les Pays-Bas avec Ryan Babbel et l’Italie avec le capitaine Fabio Cannavaro et peut-être Christian Pannucci, justifie la nécessité de maintenir une liste de réservistes en alerte. Raymond Domenech avait décidé de convoquer au stage de préparation et oxygénation de Tignes 30 joueurs, parmi lesquels il ne devait garder que 23 noms, tout cela pour éviter que les sélectionnés et leurs éventuels remplaçants partent en vacances et coupent leur entraînement.

 

            Après mon article sur la pré-liste de Raymond Domenech , je vais évoquer rapidement sa liste définitive.

            Les trente pour le stage de Tignes étaient donc :

            -4 gardiens : Grégory Coupet, Mickaël Landreau, Sébastien Frey et Steve Mandanda

            -10 défenseurs : Willy Sagnol, François Clerc, Lilian Thuram, William Gallas, Jean-Alain Boumsong, Sébastien Squillacci, Philippe Mexés, Julien Escudé, Eric Abidal et Patrice Evra

            -6 milieux de terrain défensifs et relayeurs : Claude Makelele, Patrick Vieira, Jérémy Toulalan, Lassana Diarra, Matthieu Flamini et Alou Diarra

            -10 joueurs offensifs : Florent Malouda, Franck Ribéry, Sidney Govou, Samir Nasri, Hatem ben Arfa, Thierry Henry, Nicolas Anelka, Karim Benzema, Batefimbi Gomis et Djibril Cissé

            Raymond Domenech a du enlever un gardien. Allant à l’encontre de ses déclarations sur la hiérarchie immuable des gardiens, Raymond Domenech a choisi de prendre le jeune qui monte, Steve Mandanda, et cela à la place de celui qui était considéré comme le numéro 2, Mickaël Landreau. Le gardien parisien, qui a beaucoup souffert lors de cette saison en club, a du être surpris, voire recevoir un choc, quand le sélectionneur est venu lui signifier cette décision en frappant à la porte de sa chambre à Tignes. Sur des critères sportifs, la mise à l’écart de Mickaël Landreau n’est pas forcément illogique, sachant que de toute façon en France, on a beaucoup de gardiens talentueux, mais on peut se demander si la gestion de celle-ci n’aurait pas pu être moins brutale. De fait, Sébastien Frey et Steve Mandanda vont participer à leur première compétition majeure avec les Bleus (Mickaël Landreau ayant déjà fait la Coupe du Monde 2006 en numéro 3), ils seront numéro 2 bis derrière Grégory Coupet, qui ne devrait pas jouer. Le gardien en partance de Lyon a enfin le premier rôle dans une compétition majeure après sa grosse déception de la coupe du monde 2006, où le choix de Raymond Domenech de garder Fabien Barthez en numéro 1 avait failli le faire quitter le stade de Tignes. Grégory Coupet a même porté le brassard de capitaine lors du match amical contre le Paraguay à Toulouse, en l’absence de Patrick Vieira, Lilian Thuram, Willy Sagnol, William Gallas et à la sortie de Thierry Henry.

            Côté défenseurs, dans sa liste des 30, Raymond Domenech avait déjà son quota en défenseurs latéraux, mais il devait se passer de deux défenseurs centraux. Julien Escudé, pas totalement remis de sa pubalgie, et Philippe Mexés durent faire leur valise. Un certain nombre de supporters voient le dernier, défenseur de la Roma, comme le successeur de Laurent Blanc. Nos amis transalpins ne comprennent pas non plus pourquoi il n’est pas sélectionné, quand un Jean-Alain Boumsong, catastrophique lors de son passage à la Juve, est dans la liste. Notons toutefois que Boumsong n’est pas forcément un choix insensé : outre son côté sympathique qui en fait un bon homme de banc, il a été assez convaincant lors de ses derniers six mois à Lyon. Son coéquipier à l’OL, lui aussi dans la liste des 23, Sébastien Squillacci, l’est sans doute moins. En tout cas, même s’il avait été sélectionné, Philippe Mexés n’aurait sans doute pas pu nous montrer sa qualité de relance sur les terrains suisses, étant donné que la paire titulaire en défense est Lilian Thuram- William Gallas. Mais, on peut se demander si Philippe Mexés finira pas avoir le grand destin en bleu qu’on lui prédit depuis les Espoirs. Car, même quand Lilian Thuram prendra sa retraite, il ne devrait y avoir qu’une place à prendre aux côtés de William Gallas, homme de base de l’équipe de Raymond Domenech. Et, dans l’esprit du sélectionneur, pas sûr qu’il ne préfère pas lui associer, Eric Abidal que Philippe Mexés, lui-même en concurrence avec les Boumsong, Escudé  et Squillacci.

            Côté milieux défensifs, il n y eut pas de surprise par rapport à la hiérarchie mise en place par Raymond Domenech lors de ces dernières années : Jérémy Toulalan et Lassana Diarra ont gagné leur place derrière Patrick Vieira et Claude Makelele. Et, malgré leurs qualités respectives, Alou Diarra et Matthieu Flamini ont du partir (puis revenir temporairement pour le dernier)

            Côté milieu offensif, le choix se fit finalement entre Samir Nasri et Hatem Ben Arfa. Le dernier peut être plus surprenant par ses prises d’initiatives, ce qui peut servir pour être utilisé comme joker, mais est moins régulier et moins intégré au jeu de l’équipe que le premier, en partance de Marseille. Le match qu’ils ont fait ensemble contre l’Equateur à Grenoble l’a encore prouvé. Ce fut donc le jeune Lyonnais Hatem ben Arfa, qui, comme il le craignait, dut faire ses bagages.

            Raymond Domenech aurait pu fort bien prendre les deux jeunes milieux offensifs, en considérant qu’il n’avait pas besoin de plus de trois attaquants de pointe, mais, après avoir écarté de la liste des 30 David Trezeguet, pas adapté au jeu qu’il prône, à la surprise à nouveau des Italiens, il a préféré garder en plus de Thierry Henry, l’attaquant le plus prolifique de l’histoire des Bleus, Karim Benzema, celui qui monte et Nicolas Anelka, celui qui marque un peu le pas après une très bonne année 2007, un autre attaquant : soit Djibril Cissé soit Batefimbi Gomis. L’attaquant stéphanois a terminé la saison en boulet de canon. Il était la surprise de la liste des 30. Il sera avec Steve Mandanda la surprise de la liste des 23. La victime de ce choix, Djibril Cissé, auteur d’autant de buts en championnat de France, mais sur une dynamique moins irrésistible que celle de Gomis, qui lors de sa première sélection avec les Bleus contre l’Equateur, a marqué 2 buts, performance qu’on avait plus vue depuis un certaine Zinedine Zidane. C’est un peu triste pour Djibril Cissé (et ca a s’ailleurs dû attrister Raymond Domenech de lui annoncer sa décision) qui après avoir raté l’Euro 2004 à cause d’un carton rouge en Espoirs, la Coupe du Monde 2006, à cause d’un tibia fracturé en match amical, ratera l’Euro 2008.

            La liste des 23 sera donc, sauf remplacement de Patrick Vieira par Matthieu Flamini ou blessure de dernière minute :

 

            GARDIENS : Grégory Coupet, Sébastien Frey et Steve Mandanda

            DEFENSEURS : Willy Sagnol, François Clerc, Lilian Thuram, William Gallas, Jean-Alain Boumsong, Sébastien Squillacci, Eric Abidal et Patrice Evra

            MILIEUX DE TERRAIN DEFENSIFS : Claude Makelele, Patrick Vieira, Jérémy Toulalan, Lassana Diarra

            JOUEURS OFFENSIFS Florent Malouda, Franck Ribéry, Sidney Govou, Samir Nasri,  Thierry Henry, Nicolas Anelka, Karim Benzema, Batefimbi Gomis

 

 

 

            Rajoutons quelques commentaires généraux sur la liste. Comme le signalent les cahiers du football, c’est la première fois depuis 1996, qu’il y a tant de renouvellement. Seuls Grégory Coupet, Lilian Thuram, William Gallas, Willy Sagnol, Eric Abidal, Claude Makelele, Patrick Vieira, Florent Malouda, Franck Ribéry, Thierry Henry, Sidney Govou et Jean-Alain Boumsong étaient présents à la Coupe du Monde 2006. Les 11 autres sont nouveaux. Pourtant, l’équipe titulaire ne va pas forcément beaucoup changer par rapport à la Coupe du Monde 2006 : Grégory Coupet est devenu titulaire à la place du retraité Fabien Barthez, et il faut juste remplacer numériquement Zinedine Zidane, sachant que les deux attaquants axiaux remplaçants de la Coupe du Monde, David Trézeguet et Louis Saha ne sont pas là. Ce seront donc vraisemblablement le jeune Karim Benzema, ou Nicolas Anelka ou à la rigueur Sidney Govou, déjà présent en 2006 mais comme remplaçant, de s’intégrer au 11 de Raymond Domenech. Tout dépendra comment jouera l’équipe de France.


           
En 4-2-3-1, comme à la précédente coupe du monde, Franck Ribéry remplacerait Zinedine Zidane en milieu offensif axial, et Sidney Govou ferait alors son entrée dans l’équipe-type qui pourrait être :

                                       Coupet

                        Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal

                        Vieira ou Toulalan-Makelele

                        Govou-Ribéry-Malouda

                                     Henry

            Avec potentiellement, Nasri pour remplacer les milieux offensifs et Benzema, Anelka pour remplacer Henry.


           
Cela dit, on a pu voir dans les éliminatoires, à part le premier match contre l’Italie, que Raymond Domenech avait abandonné son système à pointe isolée, et avait volontiers recours à un 4-2-2-2

                                   Coupet

                        Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal

                            Vieira ou Toulalan-Makelele

                        Ribéry                         Malouda

                             Henry-Benzema ou Anelka

            On a vu aussi un autre système dans le dernier match amical contre la Colombie, qui mettait deux attaquants, qui actait que Malouda n’était pas un vrai ailier centreur et était plus utile en relayeur dans un milieu qui risquait d’être privé de Patrick Vieira, et qui donnait à Ribéry, qu’on a du mal à cantonner au côté droit, une grande liberté. Ceci donnait la composition suivante :

                                               Coupet

                            Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal

                                               Makelele

                                     Toulalan      Malouda

                                                Ribéry

                                        Benzema-Henry

 

            Ce 4-3-3 a les avantages exposés plus haut, mais les joueurs ont tendance à s’empiler dans l’axe. Et, des équipes qui auront un entonnoir défensif puissant, risque d’annihiler toutes les combinaisons offensives françaises. Contre le Colombie, on a vu des échanges sympas entre Ribéry, Benzema et dans une moindre mesure Henry, mais au final ce fut assez stérile, avec un manque de réalisme dans le dernier geste. La France s’en est remis à un penalty transformé par Franck Ribéry pour gagner. En outre, on a pu voir de gros espaces entre les lignes : la défense de l’équipe de France avec Lilian Thuram, a tendance à jouer très bas. La triplette offensive, elle, se retrouvait souvent isolée, sans soutien du milieu, ou alors épisodiquement, quand Florent Malouda est venu amener sa percussion, ou Jérémy Toulalan, dépassant son rôle habituel de ratisseur de ballon, prend l’aile droite. En fait, dans une telle configuration 4-3-3, si on veut apporter du poids offensif et écarter un peu le jeu de l’axe, il faut que les défenseurs latéraux montent et sachent adresser de bons centres. Willy Sagnol, qui a peu joué cette année, n’est pas trop en réussite en ce moment, c’est même à se demander si François Clerc, qui n’enthousiasme pas les foules, ne ferait pas mieux. Quant à Eric Abidal, après une saison terne au Barça, il est de toute évidence moins bon offensivement que Pascal Evra, qui lui a fait une très bonne saison à Manchester United. Cela dit, le risque défensif dans un tel 4-3-3, c’est de se retrouver face à des doublettes ailiers défenseurs latéraux qui dédoublent bien.

            A la fin du match contre la Colombie, avec les différents remplacements, l’équipe de France s’est retrouvée dans un système très défensif, dont on se demande s’il est dans l’idée de Raymond Domenech de l’utiliser pour tenir un score : une sorte de 4-4-1-1

                                                Coupet

                            Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal

                                       Diarra-Makelele

                                     Toulalan      Malouda

                                                Nasri

                                               Anelka

 

            Quoi qu’il en soit, toutes les équipes qu’affrontera la France lors de l’Euro, seront redoutables, et beaucoup de matchs vont se jouer à des détails.

 

            Sortir de sa poule

 

            La compétition est très dense, et ceci dès les poules. Dans un groupe comme celui de la France, je peut tout à fait imaginer un scénario difficile, où la France ferait match nul 1-1 contre la Roumanie au début, puis perdre contre les Pays-Bas 1-0. Si dans le même temps, l’Italie avait fait match nul contre les Pays-Bas puis contre la Roumanie, on se retrouverait avec la France dernière de son groupe avec 1 points, juste derrière la Roumanie et l’Italie avec 2 points, et les Pays-Bas en tête avec 4 points, mais pas encore assurés de la qualification. Dans cette configuration, la France serait donc obligée de gagner contre l’Italie, qui ne pourrait se permettre de perdre. Et, les deux finalistes de la Coupe du Monde ne pourraient se qualifier ensemble : en cas de match nul, ils pourraient même tous les deux passer à la trappe. Autant dire qu’un France-Italie et Pays-Bas-Roumanie, en parallèle, serait dans ce contexte, plein de suspense et de tension. Mais, bon, peut-être ne faut-t-il pas être oiseau de mauvais augure et penser avec la majorité des commentateurs que France et Italie ont une longueur d’avance sur leurs adversaires. Et peut-être, ai-je tendance à voir les Pays-Bas trop dangereux. Si on reste aussi sur l’impression de leur dernière phase finale à la Coupe du Monde 2006 : une équipe rugueuse, mais pleine de talents, qui avait montré son visage le plus brutal lors de son élimination dans un huitième de finale ultra-tendu contre le Portugal. Notons que les Pays-Bas, qui étaient dans le même groupe de qualification que la Roumanie, ont perdu et fait match nul contre les Roumains, qui sont donc dangereux. L’Italie, elle, était dans le même groupe de qualification que la France, et a perdu et fait match nul. C’est difficile de dire où en sont les champions du monde. Le remplacement de l’entraîneur expérimenté Lippi par le plus jeune Donadoni aurait tendance à me faire penser qu’on aura pas affaire à la même machine à gagner qu’à la Coupe du Monde 2006. Mais, les Pirlo, di Natale, Luca Toni et autres Del Piero pourraient montrer de belles chose.

            En tout cas, si la France a tout à craindre des autres pensionnaires du groupe C, ceux-ci ont aussi tout à craindre de la France. Ce qui est sûr, c’est que les Bleus seront durs à battre. Les matchs amicaux ont encore confirmé cette impression de solidité. Rappelons nous quand même des précédents de l'Ecosse. Un bloc costaud, avec des joueurs offensifs de talents, peut toujours perdre 1-0.



             16 candidats pour un titre
 

            Aucune équipe ne peut avoir la certitude d’aller en finale de cet Euro. Ceux sur qui je mettrais toutefois une pièce, ce sont les Allemands. Leur poule n’est pas la plus dure de l’Euro, ils ne sont pas loin de chez eux, et l’équipe, qui avait fait très belle impression lors de la dernière coupe du Monde chez eux, a pris de l’expérience : la défense a sans doute gagné en maturité, Michael Ballack, le maître à jouer, sera sans doute en meilleur forme qu’en 2006, et même s’ils ne sont pas encore les attaquants qui font la une des gazettes de transferts, Miroslav Klose, Mario Gomez et Lucas Podolski sont de vrais clients.

            Les observateurs citent volontiers aussi comme favoris les trois autres demi-finalistes de la Coupe du Monde : Italie et France, dont j’ai déjà parlé, et Portugal. Les lusitaniens ont de bons joueurs, solides comme le défenseur Carvalho ou le milieu Petit, extrêmement talentueux, comme la star Cristiano Ronaldo, mais aussi Quaresma et Nani qui sont le même genre de milieu offensif, mais j’ai toujours l’impression qu’il leur manque un tout petit quelque chose.

            L’Espagne a, elle aussi, une équipe séduisante. Comme d’habitude, ils seront parmi les favoris, mais est-ce que comme d’habitude, ils sortiront de la compétition assez tôt. Devant, ils ont des attaquants très doués, comme Fernando Torres et David Villa, qui seront alimentés par un milieu alléchant, qui inclut des gens comme Xavi, Iniesta, Cesc Fabregas. Si cette équipe est technique, peut-être manque-t-elle un peu de physique. Or, son jeu est basé sur la maîtrise de la ballon, et pour que le porteur du ballon ait toujours des solutions, il faut une dépense physique considérable. Seront-t-ils à la hauteur après une saison éreintante pour ces joueurs de Liga ou de Premier League ? Leur groupe de qualification n’est pas forcément facile, avec les Suédois : équipe sérieuse avec un joueur moins discipliné, capable du meilleur comme du pire, Zlatan Ibrahimovic, mais surtout les deux équipes pièges, que sont la Russie, entraînée par le rusé Guus Hiddink, et la Grèce, championne d’Europe en titre au nez et à la barbe des grandes nations.

            Je crois qu’on se doit de citer la Grèce parmi les outsiders de cet Euro, même si on a du mal à croire que les hommes de Otto Rehaggel refassent le coup de 2004. En tout cas, les Héllènes se sont qualifiés assez aisément, et en attaque le danger ne viendra plus seulement de Charisteas.

            Dans les outsiders, on citera aussi volontiers la Croatie, qui a marqué les esprits en éliminant l’Angleterre, et s’appuie sur une génération talentueuse, les Pays-Bas, déjà évoqués précédemment. La Suisse peut toujours rêver à un destin doré devant son public. Jouer à domicile pourrait leur permettre de renverser des montagnes, et on se souvient tous des difficultés qu’a eu la France ces dernières années à les battre. Pourtant, je n’ai pas l’impression que leurs supporters y croient vraiment, et la Nati ne disposera peut-être pas d’un projet de jeu suffisamment puissant. Le match d’ouverture contre la République Tchéque, une bonne équipe (la meilleure pour moi de l’Euro 2004) mais vieillissante, sera un vrai test pour les Suisses, déjà pour la possibilité de sortir de leur groupe (où on trouvent aussi le Portugal et la Turquie), mais aussi pour montrer leur présence.

            Quoi qu’il en soit, par essence, le championnat d’Europe est indécis, et même la Pologne ou l’Autriche, si ses joueurs se transforment en Herminator devant leur public, peuvent, avec de la chance le gagner.

            Que la compétition commence !

 

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