Concours

Vendredi 6 juin 2008

            La trilogie originelle

 

Alors que les héros qui berçaient ma jeunesse étaient Mac Gyver, Picsou et autres Zorro, mon premier contact avec Indiana Jones fut une affiche dans un magazine.

C’est donc très curieux que je découvris le célèbre aventurier à travers une cassette VHS de « Indiana Jones et la Dernière Croisade » Ca m’a tout de suite plu : les péripéties, l’humour, le suspense, les personnages. En bref l’aventure. Ce film, je l’ai vu et revu, même si j’en connaissais les dialogues par cœur, au point que je pense qu’il est mon film de divertissement préféré.

En fait, j’ai découvert les premiers Indiana Jones dans l’ordre inverse de leurs sorties cinéma. Après le troisième volet des aventures, ce fut donc le deuxième Indiana Jones « le temple maudit » sur une cassette de location. La montagne Paramount correspondait cette fois-ci à un symbole sur un gong. Le film commence par un spectacle de music-hall, ce qui me déroute un peu. Puis, on voit des jambes descendre un escalier. L’homme en smoking blanc s’assoit : il s’agit d’…Indiana Jones. Après, les péripéties s’enchaînent. Forcément, quand on est jeune, on apprécie l’humour de ce volet, avec les roublardises du petit garçon Demi-Lune, les plaintes de la blonde Willie et les répliques et attitudes d’Indiana Jones pour les chapeauter avec plus ou moins de bonheur dans cette aventure à rebondissements. On est aussi très marqué par les scènes dans la caverne des Thugs, avec notamment l’arrachage du cœur. Je me rappelle qu’on essayait de reconstituer les incantations du sorcier Mola Ram : « Goliman Choptimé ! » Des insectes grouillants, des mécanismes de pièges broyeurs, Indiana Jones qui passe du côté obscur, une course en chariot de mine, un pont suspendu au-dessus d’une rivière infestée de crocodiles, autant de sacrés ingrédients de films d’aventure. Mais pas d’Indiana Jones qui passe sous un camion, comme s’en enquerrait mon oncle.

En fait, la scène qui l’avait tant marquée était dans l’autre Indiana Jones, le troisième que je vis, mais le premier à sortir : « les Aventuriers de l’arche perdue » La première apparition d’Indiana Jones, c’est donc l’aventurier vu de dos passant un col lors d’une expédition en Amazonie. Ah ! L’Amérique du Sud, le continent phare de l’aventure dans mon idéal d’adolescent. Le premier quart d’heure de ce film est vraiment typique : un passage truffé de pièges jusqu’à une idole, un traître, des acrobaties avec le fouet, une pierre qui roule et un aventurier couvert de toiles d’araignée qui se fait subtiliser son objet par son grand rival, Belloq. La suite du film, avec la quête de l’arche perdue est tout aussi bonne, et Indiana Jones finit par effectivement passer sous le camion des nazis pour récupérer l’arche.
 

C’est donc ainsi que j’ai découvert Indiana Jones.

 

 

 

 

 

 


 

Mon préféré je pense, est « La dernière croisade » : son grand plus, c’est le duo Harrison Ford-Sean Connery, dans le rôle du fils et du père. Les dialogues font mouche, et l’humour est au rendez-vous, bien plus que dans de nombreux ‘buddy-movie’ qui n’ont pourtant que pour ambition de faire rire. Mais, Indiana Jones, c’est aussi l’aventure et l’action, et les scènes sont enthousiasmantes : de la course en bateau à Venise à la grande bagarre sur le tank en passant par la poursuite en moto et la prise en chasse par deux avions nazis. Le prologue repose aussi sur une très bonne idée : on nous montre Indiana Jones jeune, qui essaie d’empêcher des pilleurs de tombe de voler la croix de Coronado. Le chef de ces bandits porte un chapeau qui peut faire penser à celui d’Indy. Après une poursuite amusante malgré son côté cheap, le brigand parvient à récupérer la croix, mais laisse à Indy le couvre-chef. J’adore alors cette transition géniale où le jeune homme baisse la tête pour recevoir le chapeau, et où l’adulte (notre bon vieux Harrison Ford) la relève sous la pluie avant de prendre un coup de poing, avec en fond la musique de John Williams.

 

            La dernière croisade vaut aussi pour ses personnages secondaires : Marcus Brody, l’homme de musée, ridicule sur le terrain, ce qui est parfois drôle et Salah, un personnage de Les aventuriers de l’arche perdue, un peu sous-exploité peut-être. Mais voir les quatre cavaliers : Indy, son père, Brody et Salah galoper devant le coucher de soleil au début du générique de fin, c’est une superbe image de fin

            En outre, je crois que je préfère le dénouement de cet épisode, qui mêle à la fois le mystique divin et le libre-arbitre humain dans un choix décisif moral : « Il a bien mal choisi », « Tu as judicieusement choisi ». Les méchants sont évidemment châtiés. Le trio formé par le mécène américain Walter Donovan, le brutal colonel nazi Vogel et la beauté traîtresse Elsa Schneider composent une adversité de choix pour Indiana Jones et ses amis.

 

            Les femmes dans Indiana Jones, succombent au charme de l’aventurier, mais elles sont bien plus intéressantes que l’ordinaire des James Bond Girl. Je ne saurais dire laquelle je préfère de ces charmantes créatures si différentes l’une de l’autre : entre la vénéneuse Elsa, la battante Marion (« Les aventuriers de l’arche perdue »), et la pétulante diva Willie (« Indiana Jones et le temple maudit ») qui est en quelque sorte une synthèse réussie des personnages féminins archétypaux des films d’aventure classiques.

 

            Entre « Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue » et « Indiana Jones et le temple maudit », je ne saurais dire je préfère lequel de ces films. Les deux prologues sont vraiment superbes, même si celui des « Aventuriers de l’Arche Perdue », dont j’ai déjà parlé, reste le plus mythique. En ce qui concerne les dénouements, là où celui des Aventuriers de l’Arche Perdue est le plus mystique, où la main juste de Dieu apparaît le plus clairement, celui de « Indiana Jones et le temple maudit » ressemble le plus à un final de film d’action, même si, au milieu des bagarres sur le pont suspendu, un élément magique est inclus quand les pierres de Sankhara entrent en combustion spontanée aux incantations d’Indiana Jones.

            D’une manière générale, c’est dans le temple maudit que l’action se succède de la manière la plus échevelée, comme dans les films d’aventure à la Allan Quatermain. C’est peut-être là aussi qu’ont été inclus le plus de passages et de répliques qui se voulaient comiques. Cela dit, l’humour est parfois enfantin, et ce qui me faisait rire plus jeune, me fait sans doute moins rire maintenant. Je continue toutefois à apprécier certaines bonnes saillies, et en revoyant par exemple des passages comme celui, sur fond de musique grandiloquente, où Indiana Jones et Demi-Lune délivrent les enfants prisonniers des mines, cela donne des frissons.

            En comparaison, « Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue » est peut-être plus sérieux, focalisé sur une intrigue plus construite autour de l’arche perdue, qui aurait pu être unique. Mais, cela n’empêche quand même pas certaines séquences comiques (le couple formé par Indiana Jones et Marion Ravenwood est souvent savoureux), et certains grands passages de bravoure.

            Finalement, à l’âge actuel, je dirais que j’apprécie autant les très différents « Les aventuriers de l’arche perdue » et « Indiana Jones et le temple maudit », juste un peu moins que « Indiana Jones et la Dernière Croisade »

Quoi qu’il en soit, les trois films restent du divertissement haut de gamme avec des scénarios (signé Georges Lucas entre autres) inventifs, une mise en scène habilement rythmée de Steven Spielberg, une musique enthousiasmante de John Williams et un Harrison Ford charismatique dans les habits d’Indiana Jones.

 

 

 

Le Nouvel Indiana Jones

19 ans après, Steven Spielberg, Georges Lucas, John Williams et Harrison Ford sont de retour pour un nouvel Indiana Jones.

L’aventurier américain a plus de bouteille et l’action se passe en 1957 en pleine guerre froide. Après les Japonais et les Thugs en Asie en 1936, les nazis en Europe et dans la zone méditerranéenne en 1937-1938, voilà donc les Soviétiques comme ennemis prêts à tout pour s’emparer d’un ou plusieurs artéfacts plus ou moins archéologiques.


Dans « Indiana Jones et les crânes de cristal », les personnages sont donc à la recherche de crânes de Cristal et de la légendaire cité d’Akator.

Si on ne retrouve ni le père Henri Jones ni Marcus Brody (et pour cause – voyez le film), ni Salah, Marion Ravenwood (toujours jouée par Karen Allen) revient dans la vie d’Indiana Jones.

L’autre femme du film est aussi la méchante en chef, le Docteur Irina Spalko, une Soviétique jouée par Cate Blanchett. Parmi les autres personnages secondaires, on retrouve Mac, un vieil ami (tout du moins depuis la guerre) joué par Ray Winstone, un vieux professeur passionné par le mystère de la cité d’Akator, joué par William Hurt, et surtout un jeune motard, Mutt Williams, joué par Shia Labeouf.

 

 


Si ce dernier, tout comme bien sûr le personnage d’Indiana Jones, bénéficie d’un traitement plutôt intéressant, les deux formant un duo sympathique, il n’en est pas forcément de même pour les autres personnages secondaires.

Le personnage de Mac finit par être franchement agaçant. Et on a vraiment l’impression que, au-delà de ses premières interventions, il aurait mérité d’être mieux écrit pour paraître plus utile à la progression dramatique du film.

Marion Ravenwood est aussi, plutôt en retrait. A part quelques jolies paroles échangées dans un camion avec Mutt et Indiana Jones, on ne retiendra pas grand-chose d’enthousiasmant. L’âge peut expliquer que Marion n’a plus le même punch. Heureusement pour Karen Allen, quand on a aimé les premiers films, on est forcément content de la revoir. En outre, la façon dont est traitée la relation particulière entre Indiana Jones, Mutt et Marion Ravenwood, me convient tout à fait, car elle évite les lourdeurs que je craignais. Ils auraient pu tout simplement être de simples compagnons d’aventure, que ça n’aurait pas modifié beaucoup l’intrigue.

Cate Blanchett et William Hurt sont deux acteurs confirmés, et jouent bien ce qu’on leur a demandé de faire. Si leurs personnages sont bien étudiés du point de vue de leur apparence, il n’en est pas forcément de même en ce qui concerne la lisibilité de toutes leurs actions.

Les faiblesses scénaristiques ne sont pas forcément toutes des incohérences, mais consistent souvent à des explications négligées, ou une certaine tendance à privilégier les rebondissements inutiles à la tension de l’intrigue. Ceci peut expliquer que le dénouement fantastique puisse nous laisser sur notre faim. Ainsi, le sens du destin final de la méchante nous apparaît plus obscur que dans les précédents épisodes, aussi bien du point de vue des faits, que du point de vue de la morale.

Cela dit, Steven Spielberg réussit quand même à nous faire ressentir de l’empathie pour Indiana Jones (grâce aussi aux précédents films) et à ses compagnons pour que les scènes finales, post dénouement archéologique-science fiction passent bien.

D’une manière générale, le film est agréable à regarder. Il ne faut pas nier qu’on ne voit pas le temps passer. Et, si cet « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » est sans doute moins bon scénaristiquement que les Indiana Jones des années 80, il reste meilleur que la moyenne de la production des films d’aventure actuels, manquant parfois de personnalité.

 

Côté technique, c’est bien réalisé, notamment la première partie, où on s’immerge bien dans l’Amérique des années 50 : maccarthisme, courses aux armements, bandes de loubards, rock. Spielberg est assurément un grand cinéaste. Cela dit, même si elle contient plein de bons ingrédients (à part un escapade dans un univers Tarzannesque dispensable), la grande scène d’action des deux tiers du film manque de lisibilité. Là où dans « La Dernière Croisade », on est capable de dire que la séquence fait intervenir un tank, deux camions chargés de soldat, une automitrailleuse (qui ne fait pas long feu) et un homme à cheval, bien observateur celui qui me dira combien de voitures, de camions et de véhicules amphibies entrent en jeu, dans quel ordre et avec quels passagers dans cet affrontement entre les Soviétiques et Indiana Jones et ses compagnons. Pour rajouter à la confusion, tout cela se passe dans un espace lui aussi indéfini au cœur d’une jungle, plus ou moins débroussaillée. Les effets spéciaux ne convainquent d’ailleurs pas autant que la réalisation bénéficiant sans doute moins d’artifices numériques des précédents épisodes. En continuant dans la comparaison des passages obligés dans le déroulement des « Indiana Jones », le combat physique et victorieux du héros contre le méchant secondaire, souvent gros costaud, nous procure moins d’adrénaline que dans les précédents. Malgré l’originalité du contexte, le combat de boxe contre le colonel Doutchenko est moins marquant que les bagarres avec le gros moustachu torse nu près de l’avion nazi (ou même à la rigueur avec le sergent dans le camion de l’arche) dans « Les aventuriers de l’arche perdue » , avec le gros barbu enturbanné sur le broyeur de caillou dans « Le Temple Maudit » ou avec le colonel Vogel sur le tank dans « La Dernière Croisade ».

 

Pour conclure, je dirais qu’ on ne peut s’empêcher de se dire que le film « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » aurait pu être meilleur. Mais, en même temps, il ne faut pas bouder son plaisir. L’attente d’un quatrième Indiana Jones était grande, et le film n’est pas non plus une catastrophique déception. L’esprit est conservé, notamment via de nombreuses références à de précédents films. Le plaisir est toujours là, même si les maladresses empêchent d’atteindre l’orgasme. C’est même à se demander si Steven Spielberg et Georges Lucas n’ont pas fait exprès de laisser dans leur film des incohérences, des imperfections techniques et des faiblesses scénaristiques, pour que les vrais fans soient simplement contents de revoir leur Indiana Jones, sans pour autant à nouveau réclamer à corps et à cris une nouvelle aventure du personnage.

 

Les Indiana Jones, déjà tournés, ne se démoderont jamais de toute façon.


 

- Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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Samedi 17 mai 2008

Je vous ai parlé dans mon dernier billet football du final du championnat de France . L’avant-dernière journée a encore préservé toutes les éventualités, sauf pour Strasbourg, qui avec sa dixième défaite de rang, est assuré de jouer en Ligue 2 l’année prochaine. Pour la dernière journée de ce soir, le suspense sera donc à son comble : Lyon, qui n’a plus besoin que d’un point à Auxerre, a quand même fait un pas certain vers le titre de champion de France. Et, le Paris Saint-Germain, en récoltant le point du match nul face à Saint-Etienne, tandis que Toulouse et Lens perdaient, est désormais maître de son destin pour le maintien. C’est malheureusement Lens qui semble dans la plus mauvaise posture. En effet, l’équipe nordiste commencera la soirée reléguable, aura fort à faire face à une équipe de Bordeaux solide et motivée à jouer jusqu’au bout sa chance pour le titre de champion de France, tandis que Toulouse, lui accueillera une équipe plus démobilisée, Valenciennes, qui a en outre la particularité d’être très faible à l’extérieur, et que le Paris Saint-Germain, qui a juste besoin de faire le même résultat que ses concurrents, affrontera Sochaux, déjà sauvé, dans le Doubs. Attention toutefois aux équipes qui ne jouent plus que pour l’honneur. Francis Gillot, l’entraîneur de Sochaux et ancien entraîneur de Lens, et Valenciennes, le club voisin de Lens auront à cœur d’aider au maintien des Sang et Or. De même, Marseille affronte à domicile une équipe de Strasbourg, au fond du trou, mais qui sait si les Alsaciens ne trouveront pas les ressources pour briser la série de défaites. Quoi qu’il en soit, l’OM n’est plus maître de son destin, puisque Nancy est devant eux au classement, et conservera sa troisième place s’ils battent Rennes, qui, lui aussi cherche des points pour espérer passer devant Lille et Saint-Etienne à la cinquième place.

Dans les resultats du football de club de la semaine passée, citons aussi la finale de la coupe de l’UEFA ou l’opposition de styles entre le jeu rapide dans les pieds du Zenit Saint-Petersbourg et le roc défensif des Glasgow Rangers a vu le club russe l’emporter sur le core de 2 à 0.

 

Mais, parallèlement aux derniers feux de la saison de club, c’est l’Euro 2008 qui se prépare.


            Comment élargir une liste ?

 

Dans cette perspective, Raymond Domenech le sélectionneur national devrait  annoncer une liste ce dimanche. Celle-ci sera sans doute élargie, afin de garder suffisamment de monde mobilisé. Certains, qui auront fini leur saison avec le dernier match de championnat de ce samedi, auraient pu être tentés de partir en vacances, tandis que d’autres seront encore en pleine compétition : joueurs du PSG et de Lyon engagés en finale de Coupe de France, joueurs de l’Inter Milan et de l’AS Roma en finale de Coupe d’Italie, joueurs de Chelsea et de Manchester United en finale de Ligue des Champions. Bref, la question n’est pas tant de savoir si ce sera une liste élargie, mais savoir a combien de noms en plus des 23 qui feront l’Euro, elle le sera. On a entendu parler de 29 joueurs pour faire le stage pré-compétition. L’autre question est de savoir si la liste sera hiérarchisée, avec des joueurs prévus pour les 23 sauf blessure, et des joueurs remplaçants. Juste avant la Coupe du monde 1998, Aimé Jacquet avait fait une pré-liste de 28 joueurs, et s’était retrouvé dans l’obligation de se séparer de six joueurs au cours de la préparation. Nicolas Anelka, alors tout jeune, avait fait partie de ces bannis, qui, dit la légende, avaient dû quitter Clairefontaine au petit matin. A cause de ce souvenir désagréable, l’attaquant français n’est donc pas en faveur d’une liste élargie non hiérarchisée, qui donnerait le même espoir à tous, et ferait des déçus à la fin.

Quoi qu’il en soit, Nicolas Anelka devrait être dans les 29, et dans les 23 finaux pour l’Euro 2008. Après des périodes de brouille avec les sélectionneurs, et de non-sélection, cela devrait donc seulement être pour lui de sa deuxième phase finale après l’Euro 2000, brillamment remporté par les Bleus.

Examinons un peu qui seront selon moi les probables sélectionnés.



 

Chez les attaquants-ailiers-milieux offensifs, je distinguerais plusieurs groupes :

 

-les quasi-certains, sauf blessure : Thierry Henry, qui n’a pas fait une saison extraordinaire au Barça, mais est le meilleur buteur de l'Histoire des Bleus depuis l'automne dernier , Nicolas Anelka, dont j’ai parlé plus haut, Florent Malouda, qui, lui aussi, n’a pas fait une saison extraordinaire à Chelsea, mais semble peu à peu trouver sa place dans l’équipe qui va jouer la finale de la Ligue des Champions, et Franck Ribéry, qui, lui, en revanche, a réussi une belle saison avec le Bayern de Munich

-les très probables : Karim Benzema, le jeune lyonnais, qui a éclaboussé la Ligue 1 cette saison de son talent, Sidney Govou, l’un peu moins jeune lyonnais, qui a peut-être fait la meilleure saison de sa carrière, et est un remplaçant apprécié par Raymond Domenech en Bleu

-les probables (dans leur ordre de probabilité selon moi) : Samir Nasri, Djibril Cissé, Hatem Ben Arfa, David Trézéguet

 

Comme il devrait y avoir seulement huit, ou éventuellement neuf joueurs offensifs sélectionnés, les places sont chères. Il est quasi impossible que les quatre derniers cités soient tous sélectionnés.

Samir Nasri est un milieu offensif axial, un meneur de jeu, le fameux poste de Platini ou Zidane, profil dont l’équipe de France actuelle (mais aussi de nombreuses autres équipes) ne dispose pas vraiment. Il est fort possible que cela ne soit pas dans les intentions de Raymond Domenech de jouer avec un meneur de jeu, mais plutôt avec deux attaquants, un milieu gauche et un milieu droit : en 4-2-2-2  Bien sûr, dans ce système de jeu, les deux attaquants ne doivent pas avoir le même rôle. Et, souvent, un des deux peut décrocher, et jouer en 9 et demie comme on dit. Nicolas Anelka, entre autres, a cette capacité. Et, même, en isolant encore un peu plus l’attaquant de pointe, le système peut évoluer vers un 4-2-3-1 (avec le 3 du milieu offensif, correspondant à deux ailiers et un meneur de jeu, poste que peut occuper Franck Ribéry, et donc Samir Nasri s’il est sélectionné.

Djibril Cissé, qui joue à Marseille avec Samir Nasri, est un buteur. Techniquement, il n’a sans doute pas le jeu le plus varié et subtil, mais il marque. Si certains autres attaquants de la sélection sont capables de courir pratiquement aussi vite que Djibril Cissé, tout en étant meilleurs techniquement, le joueur natif d’Arles a peut-être pour lui une capacité à tenter des frappes lourdes dans les positions les plus improbables, ce qui n’est pas forcément un luxe dans une équipe de France qui manque de joueurs qui portent le danger sur les cages du gardien par des tirs lointains. Un autre élément qui pourrait pousser Raymond Domenech à le sélectionner est d’ordre affectif : Djibril Cissé a raté les deux dernières phases finales des Bleus (Euro 2004, Coupe du Monde 2006) sur des coups du sort, auxquels a assisté Raymond Domenech aux premières loges :

- sélectionneur des Espoirs, quand, lors d’un match retour tendu avec les Espoirs Portugais, Djibril Cissé avait craqué et écopé d’un carton rouge. La suspension de cinq matches, qui en avait résulté, était aussi valable pour l’Equipe de France première, et avait poussé Jacques Santini à ne pas le sélectionner pour l’Euro 2004, où il n’aurait pas pu l’utiliser avant une hypothétique finale

- sélectionneur des Bleus, quand lors d’un match de préparation à la Coupe du Monde 2006 face à la Chine, Djibril Cissé avait eu le tibia-péroné cassé. Contrait de déclarer forfait, remplacé par Sidney Govou, il avait été ensuite éloigné des terrains de football pendant six mois

Hatem Ben Arfa a connu quelques sélections sous le maillot bleu durant cette dernière année. Sa première sélection bleue a d’ailleurs accompagné (je ne dis pas « suivi » car ce serait plutôt « précédé ») son émergence dans le club de l’Olympique Lyonnais. Seulement, après une belle fin d’année 2007, où l’attaque de l’ogre de Ligue 1 était menée par des joueurs qui y avaient fait toute leur carrière pro - ce qui est assez remarquable - : à savoir Sidney Govou, Karim Benzema, et Hatem Ben Arfa, ce dernier a connu une réduction très nette de ses titularisations, et de ses apparitions sur le terrain. Si Raymond Domenech décide de l’emmener en Suisse, Ben Arfa ne sera sans doute pas titulaire, mais le sélectionneur peut penser que cela lui fera du bien de s’intégrer dans le groupe, de découvrir une grande compétition, en prévision de la Coupe du Monde 2010.

Le problème de David Trézeguet, ce n’est pas d’être inexpérimenté, bien au contraire. Depuis la Coupe du Monde de 1998, il est de toutes les campagnes internationales de l’équipe de France. Cependant, ses dernières sorties sous le maillot bleu : en match amical contre son pays d’origine, l’Argentine et contre l’Angleterre, ou en éliminatoires contre l’Ecosse, n’ont pas été très heureuses. Le buteur n’a pas marqué, et, très peu souvent trouvé par ses partenaires, il a touché un nombre famélique de ballons. Le système de jeu mis en place par le sélectionneur, qui repose avant tout sur le bloc défensif, ne semble pas convenir à David Trezeguet, qui est un joueur de surface, qui aime être entouré de joueurs techniques. A la Juventus, où les Nedved, DelPiero, et autre Camoranesi jouent à ses côtés, ses statistiques de but n’ont pas beaucoup baissé, et il est toujours l’un des tout meilleurs buteurs du championnat. Le Juventini reste donc un grand joueur, qui ferait le bonheur de nombreuses sélections. Mais, comme Raymond Domenech ne changera pas son système de jeu pour le seul Trézéguet, c’est ce dernier qui risque de rester sur le bord de la route. Toutefois, s’il ne fera pas David Trezeguet le fer de lance de son attaque, Raymond Domenech pourrait éventuellement le prendre dans sa liste de 23. Il pourrait servir alors de joker, dans des moments difficiles où le bloc équipe français serait dans l’incapacité de trouver la clé de la défense adverse. Ne rentrant pas forcément en remplacement d’un autre attaquant, mais en remplacement d’un joueur plus bas sur le terrain, David Trézéguet serait alors chargé d’aider son équipe à remonter un but. Notons toutefois que Raymond Domenech n’est pas un grand adepte du coaching.

 

Dans sa liste de joueurs offensifs, Raymond Domenech peut aussi faire appel à d’autres joueurs, plus surprises.

Jérôme Rothen est un de ceux-là. On ne l’a vu plusieurs fois en Equipe de France dernièrement. En effet, après ses multiples blessures des saisons précédentes, l’ancien joueur de l’AS Monaco fait un relativement bon championnat de France, en étant meilleur passeur. Mais paradoxalement, cela ne suffit pas à mener son équipe, le PSG, vers les sommets, bien au contraire. Sélectionner Jérôme Rothen serait donc choisir un milieu offensif jouant dans un club menacé de relégation, qui n’a pas souvent montré une belle emprise sur ces matchs de championnat. Jérome Rothen garde toutefois une petite chance d’être sélectionné. Il est milieu gauche, c’est-à-dire qu’il pourrait être un remplaçant potentiel de Florent Malouda, avec des qualités alternatives : moins rapide, mais avec une patte gauche peut-être plus précise.

Jimmy Briand, l’attaquant rennais, a eu le droit aussi à plusieurs sélections durant ces deux dernières saisons. Mais, il restait un choix secondaire (remplaçant ou jouant en A’), et le reste sans doute dans l’esprit du sélectionneur. Sauf hécatombe en attaque, c’est peu probable qu’il soit sélectionné.

Florent Sinama-Pongolle, qui n’a pas encore été sélectionné en A, a pour lui d’avoir fait un très bon match lors de la dernière sortie des A’. Qui sait si Raymond Domenech ne pourrait pas surprendre son monde en sélectionnant ce jeune joueur ? Cela reste une grosse côte.

Louis Saha, a lui déjà été sélectionné dans les 23 de Raymond Domenech, mais c’était à la Coupe du Monde 2006. Remplaçant Thierry Henry à l’heure de jeu lors des quarts de finale et demi-finales, il a peut-être plus joué que David Trezeguet lors de cette compétition. Seulement, il ne devrait pas être du voyage à l’Euro 2008, pour la simple et bonne raison qu’il n’a presque pas joué dans son grand club de Manchester United, la plupart du temps blessé, et sinon barré par les excellents joueurs offensifs du club champion d’Angleterre.

S’il veut vraiment surprendre en prenant un attaquant, Raymond Domenech peut aussi prendre Batefimbi Gomis, l’attaquant de Saint-Etienne. Jamais encore sélectionné, le Franco-Sénégalais, ferait partie de la cinquantaine de joueurs à avoir reçu une pré-convocation ces derniers jours. Dans cette pré-liste, je ne crois pas qu’il y ait les encore plus improbables à sélectionner André-Pierre Gignac (sa saison à Toulouse est rédhibitoire) ou un joueur comme Steve Savidan, qui se débrouille bien avec Valenciennes.

Côté animation offensive, Matthieu Valbuena est une des révélations de la saison à l’Olympique de Marseille. Il a livré des matchs bien meilleurs que Samir Nasri par exemple. Mais, il n’a encore jamais été sélectionné avec l’équipe de France, notamment à cause d’une blessure printanière. Le joueur de poche pourrait-t-il sortir du chapeau de Raymond Domenech ? Sinon, les Yohann Gourcuff, Jeremy Menez, Camel Meriem, et Julien Faubert, sont très peu probables.

Il y a aussi deux cas un peu spéciaux : des joueurs de qualité, qui ont déjà une certaine expérience des Bleus, mais n’y ont pas joué depuis un moment, accréditant la théorie de la liste noire de Raymond Domenech : Robert Pires et Ludovic Giuly. Les deux, déçus de ne pas être appelés, ont souvent critiqué par voix de presse les choix du sélectionneur, ce qui ne devrait pas faciliter leur rappel.

Robert Pires, qui fut un pilier de l’équipe de France (avec notamment une superbe année 2001), lors de sa dernière apparition en Bleu, il y a plus de trois ans, avait agacé le sélectionneur en marchant nonchalamment lors d’un match d’éliminatoires contre les Féroé. Depuis, il n’est plus réapparu sous la maillot bleu, répondant aux questions des journalistes à chaque fois que son nom n’était pas présent dans les listes. Transféré d’Arsenal à Villareal, il a commencé par une longue blessure de six mois. Mais, cette année, il n’est pas étranger à la bonne marche du club espagnol, deuxième de la Liga.

Ludovic Giuly, lui, n’a jamais été un pilier de l’équipe de France. Bien qu’il ait connu certaines années fastes en club, il n’a jamais réussi à autant apporter sous le maillot bleu. Il a en plus eu la malchance de se blesser à un moment où il était peut-être au sommet de sa forme : en finale de la Ligue des Champions avec Monaco, et sur le point d’être sélectionné pour le dernier Euro, 2004. Depuis, il a réussi à gagner la Ligue des Champions avec le Barça. C’était en 2006, et il croyait que cela allait lui servir de sésame pour aller à la Coupe du Monde, mais ce ne fut pas le cas, et il s’épancha de son amertume dans les journaux. Depuis, il ne fut plus jamais sélectionné, et il a été transféré l’an dernier au club de l’AS Rome.

Au-delà des inimitiés, je ne pense pas que Raymond Domenech rappellera Robert Pires ou Ludovic Giuly, car ces trentenaires ne représentent pas forcément l’avenir, et le sélectionneur a parlé au-delà de l’Euro d’un objectif 2010 (Coupe du Monde) Pour la même raison de l’âge, et aussi parce qu’il ne joue plus trop souvent à Rennes, il est quasi impossible que Sylvain Wiltord (qui lui au contraire est toujours resté bon esprit), autre grand joueur de l’Histoire des Bleus, soit sélectionné.

 

Passons maintenant aux milieux de terrain, plutôt défensifs.

Sauf blessure, on devrait retrouver Claude Makelele, qui a réussi à trouver le bon rythme en club (Chelsea) pour se rendre disponible en sélection malgré son âge, Patrick Vieira, qui revient de blessure, et accessoirement, est le capitaine officiel des Bleus, et Jérémy Toulalan, qui au cours de ces deux dernières années, est passé du rang d’espoir à celui de taulier (à Lyon, mais aussi en Bleu, très certainement)

Pour compléter la liste, Raymond Domenech ne devrait prendre qu’un milieu défensif supplémentaire, ou à la rigueur deux (mais en prenant soit moins de joueurs offensifs soit moins de défenseurs)

Compte-tenu des dernières sélections, Lassana Diarra, dont je reparlerais de la polyvalence plus tard, semble tenir la corde. Seulement, ses performances en club sont moins remarquables que celles d’autres joueurs français.

Il a retrouvé du temps de jeu à Portsmouth durant ce dernier semestre, mais s’il est parti dans ce club de milieu de tableau anglais, c’est qu’il n’arrivait pas à être titulaire à Arsenal. Et, la concurrence qu’il avait à subir là-bas, était celle, entre autres de milieux français. A commencer par Matthieu Flamini, qui a fait une saison très solide, et semble potentiellement intéressant pour l’équipe de France. A Arsenal, il y a aussi Diaby, qui est peut-être un peu plus offensif. Si on regarde les dernières sélections de Raymond Domenech, il est peut-être dans les 30-35, mais vraisemblablement pas dans les 23. Si jamais il y était, il pourrait prendre une place de milieu offensif. De même, dans les milieux de terrain, qu’on ne sait pas qualifier vraiment de défensif ou offensif, il y a Matthieu Bodmer. Le joueur lyonnais a fait un bon mois de mars, mais peut-être que c’est encore trop juste, pour pouvoir aller au-delà de sa première sélection en A’. En tout cas, si Raymond Domenech prend Matthieu Bodmer, ce serait un pari intéressant, car il s’agit d’un profil assez original de milieu relayeur.

Dans les pur milieux défensifs, Alou Diarra a une réelle chance d’être sélectionné. Déjà présent à la Coupe du Monde 2006, il avait même joué la moitié de la fameuse finale (suite à la blessure de Vieira), sans démériter. Il a fait une bonne saison avec Bordeaux. Mais, parviendra-t-il à dépasser l’autre Diarra, qui semble avoir une longueur d’avance dans l’esprit du sélectionneur ? Citons aussi celui qu’il a remplacé à Bordeaux, Rio Mavuba, qui a déjà connu plusieurs sélections en Equipe de France. L’ancien apatride a bien fait, dans la perspective de l’Euro, de se faire prêter par le club de Villareal, où il ne jouait pas, à Lille, où il est devenu une pièce essentielle du milieu des Dogues.

Au-delà des noms cités, il y a très peu de chances qu’il y ait une surprise avec des gens comme Peter Luccin, oublié en Espagne, Johan Cabaye, autre bon joueur lillois, Florent Balmont, le guerrier Niçois, Jérémy Clément, le jeune pilier du milieu défensif parisien, ou d’autres milieux de L1 (comme les Rennais Etienne Didot, Fabien Lemoine, Nancéens, Benjamin Gavanon, Pascal Berenguer). Le plus pertinent serait encore Benoît Cheyrou, le milieu gauche du 4-4-2 diamant de l’OM. De tous ces noms, je crois que seul Etienne Didot a reçu une pré-convocation.

 

Passons maintenant aux défenseurs.

 

Vraisemblablement, seront sélectionnés et titulaires : de droite à gauche : Willy Sagnol, Lilian Thuram, William Gallas, et Eric Abidal. Pourtant, à part William Gallas, qui n’a pas fait pour autant une saison exceptionnelle à Arsenal, aucun de ces joueurs n’a vraiment été un titulaire en puissance dans son club.

Willy Sagnol a été blessé six mois jusqu’à l’hiver, et s’est pris la tête au Bayern de Munich. Il estimait qu’il méritait le brassard de capitaine après la retraite du légendaire Oliver Kahn, comme on le lui avait laissé entendre avant sa blessure, mais ses dirigeants n’en étaient plus persuadés, compte-tenu de ses performances pas vraiment revenues à niveau.

Eric Abidal a été transféré l’an dernier de Lyon à Barcelone. Il a commencé titulaire, mais actuellement, il l’est plus occasionnellement. Comme son club, il a finalement été assez décevant. La défense du Barça a concédé trop de buts sur des erreurs.

Lilian Thuram, a, lui aussi, participé à certaines des boulettes de cette arrière-garde barcelonaise. Les faiblesses qu’il a montrées, ne lui ont d’ailleurs pas permis d’être titulaire souvent.

Pourtant, en équipe de France, qui, elle, ne prend pas beaucoup de but, Raymond Domenech ne voudra probablement pas changer ces quatre-là pour des raisons d’automatismes. A moins que Lilian Thuram, le recordman de sélections en Bleu, se retire de lui-même, il sera sélectionné, comme ses trois compères.

A priori plutôt destiné à être remplaçant, mais sait-t-on jamais si Eric Abidal doit glisser en défense centrale, Patrice Evra, le défenseur de Manchester United, a aussi de fortes probabilités d’être sélectionné.

Comme les places sont limitées, ce sera en revanche dur pour Gaël Clichy, qui, certes, a été désigné meilleur latéral gauche en Angleterre, mais semble derrière Eric Abidal et Patrice Evra dans l’esprit de Raymond Domenech. A moins que le sélectionneur ne prenne les trois, en considérant alors plutôt Eric Abidal comme une doublure potentielle de Lilian Thuram ou William Gallas au centre.

Pour les défenseurs centraux, là aussi, les pronostics seront difficiles. Julien Escudé, le défenseur de FC Séville, qui a une certaine polyvalence, tenait bien la corde, mais il a récemment été écarté du terrain par une pubalgie, ce qui rend moins probable sa sélection. N’étant pas dans le secret du sélectionneur et des médecins, je ne peux pas dire que c’est totalement impossible.

Pour la troisième ou la quatrième place de défenseur central, Philippe Mexés semble le candidat logique pour les observateurs. L’élégant défenseur de l’AS Roma, a d’ailleurs bon nombre de supporters, qui le verraient bien titulaire. Mais, Raymond Domenech ne semble pas avoir le même avis, puisqu’il l’a très peu souvent fait jouer. Et, si dans son esprit, Philippe Mexés n’est pas un titulaire en puissance, pas sûr non plus qu’il le considère comme le remplaçant idéal. En effet, Raymond Domenech, pour choisir ses remplaçants, prend aussi en compte la capacité à pouvoir bien se fondre dans la vie de groupe.

L’exemple-type de ces bons hommes de banc, c’est Jean-Alain Boumsong. Remplaçant à la Coupe du Monde 2006, quand Philippe Mexés, son ancien coéquipier à Auxerre, n’était, lui, pas sélectionné, il pourrait retrouver cette place à l’Euro 2008. Boumsong, après une saison et demie assez calamiteuse à la Juventus de Turin, a réussi à retrouver une place de quasi-titulaire et de bonnes sensations en se faisant transférer à l’Olympique Lyonnais au mercato hivernal.

Mexés et Boumsong, les deux anciens Auxerrois, sont en concurrence pour une place dans les 23, mais ils pourraient aussi être tous les deux sélectionnés, si la pubalgie d’Escudé se révèle rédhibitoire, et si Abidal n’est pas considéré comme un défenseur central (et donc Gaël Clichy n’est pas sélectionné)

Cependant, il ne faut pas exclure d’autres remplaçants possibles en défense centrale : par exemple Sébastien Squillacci, lui aussi défenseur à l’Olympique Lyonnais, ou Gaël Givet, pour qui Raymond Domenech a une sympathie certaine, puisqu’il a dit que c’était le joueur qui ressemble le plus au joueur qu’il était il y a 20 ans. Gaël Givet, à l’Olympique de Marseille, mais aussi Sébastien Squillacci, n’ont pas été des modèles de sérénité durant cette saison, mais il reste des sélectionnés possibles.

Encore un peu moins probables, on a deux joueurs que Raymond Domenech avait déniché pour sa dernière sélection A’ : Ludovic Delpierre, joueur de Stuttgart, et Adil Rami, jeune joueur de Lille.

Dans la liste de la cinquantaine de présélectionnés, il paraît qu’il y a aussi le défenseur du Paris Saint Germain, Zoumana Camara. En revanche, ni de Marc Planus, le défenseur bordelais, payant peut-être sa blessure récente, ni de Sébastien Puygrenier, qui, selon les observateurs, est peut-être l’un des meilleurs défenseurs de Ligue 1. Il joue à Nancy, la meilleure défense du championnat, mais Raymond Domenech a sans doute considéré que cette performance doit plus aux vertus de solidarité d’un petit club qu’aux talents individuels.

 

Côté droit, derrière Willy Sagnol, on a trois joueurs possibles. Tout d’abord, François Clerc, qui a le plus souvent suppléé le Bavarois lors de sa blessure. Il ne paye pas de mine, mais, personnellement, je ne l’ai pas trouvé mauvais lors de ces apparitions sous le maillot Bleu. Certains observateurs auraient tendance à lui préférer Bakary Sagna, qui, paraît-t-il ,fait une saison du feu de dieu avec Arsenal. Pas sûr qu’il soit dans l’esprit de Raymond Domenech, le remplaçant naturel de Willy Sagnol. En outre, il n’est pas exclure que le sélectionneur ne prenne ni Clerc ni Sagna, mais se contente de Lassana Diarra, qui serait alors à la fois un remplaçant au milieu et en latéral. Ceci libérerait alors une place pour un milieu de plus ou un neuvième joueur offensif. Personnellement, Lassanna Diarra ne m’a pas vraiment convaincu, lorsqu’il a joué à ce poste ( voir les matchs contre l'Italie et l'Ecosse ) d’arrière latéral.

Dans les arrières latéraux moins probables, citons aussi Anthony Réveillère, le Lyonnais, qui joue plutôt à droite, mais peut éventuellement jouer à gauche. Sylvain Armand, le latéral du Paris Saint-Germain, joue, lui, plutôt à gauche. A droite, il y a aussi Pascal Chimbonda, célèbre pour avoir été la surprise de Raymond Domenech dans la liste de la Coupe du Monde 2006. Il s’en est fallu de dix centimètres sur le tir au but de David Trézéguet pour que Chimbonda devienne champion du Monde, en ayant porté le maillot bleu en tout et pour tout quatre minutes.

En tout cas, ce qu’on appelle la jurisprudence Chimbonda amène à se méfier des éventuelles surprises dans la liste du facétieux Raymond Domenech. Cette surprise ne devrait être ni Laurent Bonnart, le courageux latéral marseillais, ni Franck Jurietti, le latéral souvent brutal de Bordeaux (qui a le record d’une minute en tout et pour tout de joué sous le maillot bleu), qui n’apparaissent pas sur la liste de présélection

 

Il me reste à parler des gardiens. La liste de présélection donne les six noms suivants : Grégory Coupet, Mickaël Landreau, Sébastien Frey, Steve Mandanda, Ulrich Ramé et Yohann Pelé. Hugo Lloris, le jeune portier Niçois, n’y apparaît pas, car il vient de se blesser. Lui, et Steve Mandada, le aussi très jeune gardien marseillais, auraient fait les meilleures saisons en Ligue 1 selon les observateurs.

Mais, le numéro 1 devrait être Grégory Coupet, le gardien de l’Olympique Lyonnais, plus expérimenté, et qui après un retour de blessure difficile, revient bien. Le numéro 2 devrait probablement être Mickaël Landreau, le gardien du PSG, décrié par une presse aux aguets pour un enchaînement de bourdes dans son club, mais aussi chez les Bleus. La bourde en équipe de France, le normalement numéro 3, Sébastien Frey (excellent gardien de la Fiorentina en Italie), l’a aussi connu en Ukraine pour une de ses uniques titularisations.

Steve Mandanda, devrait toutefois rester numéro 4, sauf si Raymond Domenech, allant à l’encontre d’une phrase qu’il a autrefois prononcé sur le poste spécifique de gardien : « le seul moyen de passer numéro 1, c’est quand le numéro 1 meurt », décide de donner une belle expérience à un jeune gardien, qui représente l’avenir.



           Récapitulatif           

Pour récapituler, on devrait avoir sauf cataclysme dans la liste des 23 :

 

Grégory Coupet, Mickaël Landreau, Sébastien Frey

Willy Sagnol, Lilian Thuram, William Gallas, Eric Abidal, Patrice Evra

Claude Makelele, Patrick Vieira, Jeremy Toulalan

Franck Ribery, Florent Malouda, Sidney Govou

Thierry Henry, Nicolas Anelka, Karim Benzema

 

Ce qui fait donc déjà 17 joueurs.

 

Pour les six places restantes (deux ou trois en défense, une ou deux au milieu, deux ou trois en joueur offensif), cela pourrait se jouer entre :

 

Lassana Diarra, Philippe Mexés, Jean-Alain Boumsong, Samir Nasri, Djibril Cissé, Matthieu Flamini, François Clerc, Hatem Ben Arfa, David Trézéguet, Alou Diarra, Bakary Sagna, Jérôme Rothen, Julien Escudé Sébastien Squillacci, Matthieu Valbuena, Gaël Givet, Rio Mavuba, Florent Sinama-Pongolle, Matthieu Bodmer, Gaël Clichy, Jimmy Briand ou une autre surprise.

Personnellement, si j’avais à prendre six noms dans cette liste, ce qui n’est pas facile, je choisirais Philippe Mexés, François Clerc, David Trézéguet, Matthieu Flamini, Samir Nasri et Jérôme Rothen (pas facile, le dernier nom, j’ai hésité aussi avec Jean-Alain Boumsong, pour avoir une liste à huit défenseurs, poste qui à mon sens, a moins besoin de remplaçant, et Matthieu Valbuena, qui est très bon, mais serait peut-être un joueur axial de trop) En tout cas, je ne pense pas que cela sera la liste du sélectionneur.

 

S’il aime prendre parfois le contrepied des journalistes, et s’il a su faire rentrer du sang neuf en équipe de France, il faut bien reconnaître que Raymond Domenech est rarement surprenant dans ses compositions. Il y a 50 % de chances que l’équipe de France débute la Coupe du Monde avec les titulaires suivants :

                                    Grégory Coupet

Willy Sagnol – Lilian Thuram – William Gallas – Eric Abidal

                        Patrick Vieira- Claude Makelele

Franck Ribery                                                  Florent Malouda

                        Nicolas Anelka-Thierry Henry

 


            A propos du projet de jeu 

            La base du jeu de l’équipe de France, c’est le bloc-équipe défensif, le travail offensif dépendant alors surtout de l’inspiration des joueurs. Dans le système de Domenech, il est très important que les joueurs de couloir, Florent Malouda et Franck Ribéry se dépouillent pour aider à défendre lorsque l’équipe n’a plus la balle. Claude Makelele est au cœur du bloc équipe, c’est la pierre angulaire de la récupération, et ses qualités sont essentiellement défensives. On ne l’a d’ailleurs jamais vu marquer de but. Patrick Vieira, lui aussi récupérateur, peut certes apporter de la percussion depuis le milieu de terrain, mais il ne va pas se substituer à un meneur de jeu technique quand l’équipe domine. Le joueur offensif français, le plus à même de déstabiliser une défense, semble être Franck Ribéry. Mais, à la vue des derniers matchs des Bleus, j’estime qu’il n’a pas la capacité qu’avait Zinedine Zidane (qui avait d’autres défauts) à faire jouer mieux ses partenaires. On verra bien ce que cela donnera avec un peu plus d’entraînement.

Mais, si l’animation offensive n’est pas au rendez-vous, à cause d’une frilosité tactique, de joueurs qui ne sont pas revenus à leur meilleur niveau, ou d’un manque d’automatismes, je ne suis pas sûr que le bloc défensif de l’équipe de France, lui suffise à s’extirper de son groupe de la mort. Les Bleus affrontent tour à tour la Roumanie, les Pays-Bas, et l’Italie, donc à priori elle prend ses adversaires dans l’ordre de difficulté. Mais, selon moi, il est incertain que la France fasse le plein de points lors de ses premiers matchs. Je peux tout à fait envisager un scénario catastrophe, où la France se présente face à l’Italie avec un seul point dans la musette et l’obligation de gagner pour se qualifier, après un match nul 1-1 ou 0-0 contre la Roumanie et une défaite 1-0 contre les Pays-Bas. Dans une telle configuration, la France aura-t-elle les ressources pour gagner son dernier match ? Elle l’avait fait à la Coupe du Monde, c’était face au Togo, et non contre l’Italie.

Notons aussi que la solidité apparente de la défense de l’équipe de Raymond Domenech tient peut-être au fait que les quatre de l’arrière sont bien protégés par le bloc équipe, avec notamment le ratisseur Claude Makelele. Pas sûr, que dans un contexte, où ils seraient un peu plus livrés à eux-mêmes, pour assurer les arrières d’une équipe joueuse, Willy Sagnol, Lilian Thuram, William Gallas et Eric Abidal réussisse aussi bien à garder leurs cages inviolées. Lors des deux dernières années, on a pu repérer une petite faiblesse sur coup de pied arrêtés, défensifs, mais d’ailleurs aussi offensifs. Les corners et coups francs français sont rarement dangereux.

Outre sa conception assez défensive du football, ce qui peut me déplaire un peu dans les options de Raymond Domenech, c’est son manque de coaching. Il dit souvent que « ce n’est pas mettre quatre attaquants qui fera marquer plus de buts » ou « je ne préfère pas toucher à une équipe bien en place » Pourtant, il n’est pas rare que même l’équipe la plus équilibrée du monde soit mise à défaut par une organisation tactique adverse. Dans ce cas, il est indispensable de changer de système de jeu, pour essayer de renverser la vapeur, et gagner à la fin la bataille tactique. Enfin, quand on demande un jeu offfensif léché du spectacle, c’est le désir du spectateur qui s’exprime. Et, quand on est en demande de coaching, c’est un peu le fantasme du sélectionneur qui sommeille en chacun de nous, et qui croît que du tableau noir théorique sortira la vérité du terrain.

En attendant, Raymond Domenech est le sélectionneur de l’Equipe de France, et on doit lui faire confiance pour la mener assez loin dans la compétition tout en préparant l’avenir. Malgré les critiques et les prédictions de Cassandre, il a déjà réussi à amener les Bleus en finale de Coupe de Monde et à les qualifier pour deux compétitions majeures de suite. En outre, plus encore que pour la Coupe du Monde, il est difficile de faire des prédictions pour l’Euro, qui est de toute façon un tournoi très relevé. Tout va dépendre de la préparation. On l’a bien vu avec la Grèce, championne d’Europe en titre, qui en enchaînant six matches de suite avec une tactique, certes très défensive, mais gagnante, a réussi à gagner en 2004. On l’avait bien vu aussi pour les Bleus lors de la Coupe du Monde 2006, où la préparation de Robert Duverne avait réussi à transformer une équipe sur les rotules en machine à gagner (sauf en finale). Bref nous soutiendrons les Bleus et nous verrons bien.

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Samedi 10 mai 2008

         Tout le monde se construit des stéréotypes. De manière plus ou moins irrationnelle, on va honnir plus particulièrement les représentants d'un certains corps de métier. Pour certains, ce sont les professeurs. Pour d'autres, ce sont les policiers. Pour certains, ce sont les chauffeurs de taxi, pour d'autres ce sont les agents des cabinets d'audit...
       Moi, c'est avec les avocats que j'ai certains à priori négatifs.

      J'ai l'impression qu'ils ont un rapport à la vérité tout particulier. En effet, leur mission est de défendre de la manière la plus efficace possible leur client. Et, l'efficacité n'a-t-elle pas tendance à primer sur la vérité dans leurs objectifs ? Le conseil de base est souvent de plaider non coupable (ou "responsable mais pas coupable") Les plaidoiries se doivent d'être éloquentes, en revanche, l'objectivité n'y est pas nécessaire.
       Bien sûr, le principe d'un procès fait que ce n'est pas dans le discours de l'avocat que doivent se développer ensemble les arguments en faveur et en défaveur de l'accusé, mais ceux-ci doivent plutôt ressortir de l'affrontement par la parole entre les différents interlocuteurs (avocats, procureurs,...). La plaidoirie de l'avocat dépend avant tout des exigences de son client.
        Il n'en reste pas moins que les talents de bonimenteur paraissent un plus indéniable dans ce métier. La forme prime sur le fond. Les avocats sont sans nul doute des gens cultivés qui savent parler avec correction et style, mais  ces qualités sont gâchées par leur cynisme. Cynisme assez caractéristique de notre monde moderne, où on nous pousse à courir après l'argent, la vitesse et les apparences.
        Je sais qu'à la base, les avocats ont une vraie utilité sociale. Et, encore maintenant, cette fonction est nécessaire au bon fonctionnement de la société. En effet, il s'agit d'offrir de l'aide à chaque citoyen, qui - même si nul n'est censé ignorer la loi - n'est pas forcément au courant de toutes les subtilités du droit, et ainsi lui permettre de se défendre contre les plaintes de tiers, et les accusations de la justice. Juge est un métier, peut-être encore plus essentiel, mais il est vrai qu'un pays qui ne donnerait pas à ses prévenus de droit à un avocat , ouvrirait la porte aux décisions les plus arbitraires à l'encontre de certains citoyens. D'ailleurs, je pense que s'il existe des états où "le droit à un avocat" n'existe pas, ils ne se trouvent pas parmi les démocraties. Je suis toutefois sûr que certaines dictatures peuvent autoriser les avocats, sans que cela ne les empêche de se livrer à des mascarades de procès (du genre celui des infirmières bulgares en Lybie)
     Si leur rôle de conseil juridictionnel est éminemment social, les avocats ne se limitent pas à cette mission. Avocat est une profession libérale, en général. Il existe bien sûr quelques commis d'office, dont le salaire est pris en charge par l'état, mais ils ne représentent pas la majorité des avocats, et surtout il ne s'agit que d'une étape de carrière pour ceux qui aspirent à la réussite, qui s'incarne à travers la participation à un cabinet florissant. A propos des commis d'office, notons que dans le tour de vis ("rationnalisation financière") donné actuellement au Ministère de la Justice sous l'égide de la Garde des Sceaux, Rachida Dati, outre la fermeture de tribunaux locaux qui soulève un mécontentement compréhensible, il est aussi prévu une baisse de l'aide juridictionnelle, ce dont on parle moins. Je pense que c'est une mauvaise décision politique, qui risque d'accroître les injustices. Vous connaissez le refrain : "selon que vous serez puissant ou misérable"
     Ce ne sont pas les avocats qui vont empêcher la dérive vers une justice à deux vitesses, bien au contraire. Cela les arrange plutôt d'avoir des clients riches, et de pouvoir les convaincre que c'est leur éloquence, leur valeur (qui comme toute marchandise, est censée être indiquée par leur prix) qui vont faire la différence dans un procès.

 

Jacques Vergès, une star du barreau,
à qui il est souvent arrivé de plaider pour les clients les moins recommandables
Magnolia Pictures


      En outre, la judiciarisation de la société leur ouvre de nouvelles perspectives. La justice va devoir de plus en plus se substituer à l'Etat régalien pour arbitrer certaines décisions. Quand on décide de créer des droits opposables : au logement, à la garde d'enfants, j'ai l'impression que ça signifie en partie qu'on se défausse des ses missions de service public, laissant les gens porter plainte, se lancer dans des procédures chronophages et parfois coûteuses (par exemple en frais d'avocats), avant d'espérer voir leurs droits reconnus. Ensuite, effectivement, si l'Etat ou la collectivité locale s'est révélée indigne de sa mission, ils seront condamnés, et les citoyens lésès seront dédommagés. Mais, le bilan ne sera pas forcément négatif pour l'Etat, qui pourra éventuellement compter sur le découragement de certains devant la machine de la justice. Les défenseurs du droit opposable argueront - et auront raison - que cela permet aux pouvoirs publics de mieux s'adapter aux vrais besoins de la population, au lieu de définir à l'avance un plan de construction de crèches ou de logements, en en proposant plus qu'il n'en faut dans certains endroits, et surtout en en proposant moins qu'il n'en faut dans d'autres zones, et ensuite de s'en laver les mains. Certes !

         De même, on dira que les class action à la française vont permettre aux consommateurs de mieux se défendre contre les abus des grandes entreprises commerciales. Néanmoins, c'est quand même malheureux d'en arriver à devoir régler tous les problèmes de la société par des procès. Cette évolution, que je qualifie de dérive, est sans doute encore plus avancée aux Etats-Unis, un pays où j'ai l'impression que les avocats sont rois. On en arrive à des situations un peu ridicules : avec l'exemple des procès intentés par des personnes obèse à l'encontre de Mac Donald's. Il est bon de rappeler que chacun est responsable de ce qu'il mange, et personne n'est obligé de se gaver de Big Mac pendant des années. Je n'ai aucune sympathie pour les marchands de fast-food, mais je trouverais plus sain qu'on légifère en amont, en luttant contre le marketing agressif de ces compagnies, et contre leur obsession de minimiser leurs coûts et maximiser leurs profits au mépris de la qualité élémentaire de leurs produits. Qu'on puisse intenter des procès pour publicité mensongère, pour fausse information sur la composition d'un produit, pour atteinte à la santé publique, qu'il s'agisse d'agro-alimentaire, de biens cosmétiques ou de tabac (exemple du film "Révélations" de Michael Mann, où le héros est un avocat, joué par Al Pacino, qui parvient à faire condamner une firme de cigarettes), c'est salutaire. Mais, alors que nos sociétés deviennent de plus en plus procédurières, ce ne sont pas forcément les world company, qui peuvent se réfugier derrière une armée d'avocats, qui en pâtiront le plus. On se retrouve avec des professeurs, qui n'osent plus organiser de sortie avec leurs élèves, de peur d'être condamnés comme de vulgaires criminels, quand arrivent des catastrophes. Oui, quand des gens meurent, il y a souvent des responsabilités qu'il est bon de démêler, mais chercher à tout prix un coupable à qui faire payer le préjudice subi, c'est oublier que les coups durs feront toujours partie de la vie, qui est éminemment injuste. Les discours actuels qui veulent tout rapporter à la souffrance de la victime pour juger, sont une vision biaisée de la justice, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire. 

       Ce que permet parfois d'obtenir une armée d'avocats grassement payés, donc accessibles seulement aux plus puissants, donc, ce sont les annulations de procès pour vice de procédure. Dommage parfois que dans ce cas, le fond de puisse être jugé. Mais, nous sommes un pays de droit.

      Dans notre société, les inégalités de départ ne se marquent pas seulement par un écart d'argent disponible à la base, mais par un écart fondamental d'accès à l'information, et comme tout s'achète... Un bon avocat, qui connaît toutes les subtilités de la loi, voire plus, coûtera plus cher, mais pourra sauver la mise de quelques gros bonnets. Quand Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, et maire de Meaux, se fait avocat d'affaires, ne peut-t-il y avoir conflit d'intérêts parfois.

       J'ai l'impression qu'on voit de plus en plus d'hommes politiques dont le second métier est avocat. A commencer bien sûr par Nicolas Sarkozy, le roi de la rhétorique. Mais, il y en a de nombreux autres, dont je vais citer quelques exemples. A droite, on a Patrick Devedjian, qui, derrière son ton doucereux, n'hésite pas à défendre des lois dures, injustes, ou inefficaces, en les faisant passer pour des actes courageux. A gauche, on a par exemple, Arnaud Montebourg, avec sa tendance à l'emphase éxagérée. Mais, n'est pas Robert Badinter qui veut. Je n'aime guère ni Noël Mamère, ni les avocats. Ca tombe bien : le maire de Bégles s'apprête à devenir avocat. Bon, cessons d'être mauvaise langue. Après tout, j'aime bien Corinne Lepage, qui, elle aussi, est avocate. Disons en toute subjectivité que, d'une manière générale, je serais tenté de penser qu'un homme politique professeur sera plus pédagogue et moins manipulateur qu'un homme politique avocat.

       Ce texte est volontairement un peu orienté, mais il s'agissait de livrer des impressions subjectives, sans avoir peur d'émettre des à-prioris. Le débat est bien ouvert: si vous avez des avis positifs, négatifs sur les avocats, des mauvaises, des bonnes expériences avec eux, si vous êtes avocat vous-même, n'hésitez pas à laisser des commentaires.

          Et, puis, pour finir en disant autre chose : j'aime bien les avocats surtout en guacamole.


 


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Jeudi 8 mai 2008
        Ce que j'aime dans le foot, c'est qu'il nous raconte des histoires. Tous les matchs ne sont pas passionnants, loin de là. L'enjeu prend parfois le pas sur le jeu. Mais, c'est justement la superposition des enjeux qui donne toute la dramaturgie à une rencontre de football. Et, alors qu'arrive la fin de la saison des clubs (avant le moins de juin consacré à l'Euro pour les équipes nationales), il faut bien dire qu'on est gâté côté accumulation de suspense. Je vais vous en donner un petit aperçu, que j'espère tout aussi satisfaisant pour les passionnés, qu'accessible pour les Béotiens.

      Je n'ai pas vu les matchs de la semaine écoulée, mais j'ai eu accès à quelques compte-rendus.  

       Hier, mercredi, c'est l'Olympique Lyonnais, leader du championnat de france de Ligue 1 (et sextuple champion) qui a battu Sedan 1-0 (coup-franc de Juninho) en demi-finale de la Coupe de France. Pour la finale au stade de France, Lyon affrontera le Paris-Saint-Germain, qui s'est défait d'Amiens sur un exploit personnel du jeune Boli). PSG-OL, Paris-Lyon, une belle affiche sur le papier pour la finale de Coupe de France, et le baissé de rideau sur cette saison 2007-2008 pour les clubs français.


Le trophée de la Coupe de France


      Mais, avant, ce sont des matchs de championnat qui vont être à l'ordre du jour. Ce qui est étonnant, c'est que pour les deux clubs, du résultat à l'issue de ces rencontres de championnant, va dépendre l'état d'esprit dans lequel ils vont aborder la finale de la Coupe de France. Soit, comme un magnifique bonus, soit comme une consolante. En effet, malgré des objectifs différents en championnat, les deux clubs abordent cette dernière ligne droite avec une pression maximale.
    Le PSG est 18éme du championnat, soit premier relégable. Mais, il n'est devancé qu'à la différence de buts par deux clubs, Toulouse et Lens. Autant dire que tout reste possible, et qu'une grosse bataille pour échapper à la ligue 2 attend le club de la capitale. Malgré ses grosses difficultés tout le long de la saison de championnat, le PSG est le seul club français à avoir déjà gagné un titre cette saison, puisqu'il a battu Lens en finale de la Coupe de la Ligue (le soir de la fameuse banderole de supporters parisiens insultant les Chtis qui avait fait scandale au stade de France). Et, c'est là tout le paradoxe du Paris Saint Germain. Dans une saison noire, il réussit à se retrouver en finale des deux coupes nationales, et à être en position de réussir un doublé très rare. Il me semble même que seul lui-même l'a déjà fait auparavant, au coeur des années 90, à l'époque où l'équipe avait un niveau bien supérieur. D'une certaine manière, si tout s'enchaîne bien pour les joueurs parisiens dans leurs trois derniers matchs de la saison, psychologiquement, ce sera presque comme avoir réalisé un triplé : les deux coupes, plus le maintien. Si, en revanche, le PSG ne parvient pas à se sortir de la zone rouge en championnat et est relégué, la possibilité de gagner les deux coupes ne sera qu'une consolation - d'une certaine manière un peu ironique - pour tous ceux qui travaillent ou gravitent autour du club de la capitale.
    Lyon, lui, ne se préoccupe plus depuis longtemps de maintien. En effet, avec 73 points, il est très loin de la zone rouge, et surtout, il est en tête du championnat. La situation de l'OL est envieuse, et le club semble en passe de gagner son septième titre d'affillée. Cependant, rien n'est vraiment acquis. En effet, Bordeaux, le dauphin de Lyon, est à deux points derrière, et, comme six points peuvent être acquis dans les deux dernières journées, il va falloir se battre. Si jamais Lyon, qui est le favori logique du championnat depuis le début, qui est en tête de celui-ci depuis plus de vingt journées, qui comptait neuf points d'avance sur Bordeaux il y a cinq journées, venait à être dépassé sur le fil, ce serait assurément un sacré coup de tonnerre. Et, gagner la Coupe de France serait en quelque sorte une affaire d'honneur, pour que le puissant club de France ne fasse pas chou blanc. En revanche, si la Coupe vient s'ajouter au gain du championnat, c'est à coup sûr une très belle cerise sur le gâteau, un doublé que l'Olympique Lyonnais n'a encore jamais réalisé depuis le début de son règne.



    Si on s'intéresse d'un peu plus près à ce championnat 2007-2008, on se rend compte que ce ne sont pas seulement Lyon et Paris qui font face à  une importante pression du résultat. Le classement des vingt équipes de Ligue 1 a mis du temps à se décanter. Aux deux tiers du championnat, hors Lyon qui caracolait en tête, et Metz, qui faisait de même mais pour le championnat à l'envers (voir l'excellent site : les cahiers du football ), l'écart entre les équipes était très resserré. Ce qu'on appelle le ventre mou, et qui regroupait une douzaine d'équipes, n'était pas du tout éloigné de la zone rouge de relégation. Entre le cinquième du championnat, et le dix-huitième premier relégable, il y avait moins de dix points. Les choses ont un peu évolué ensuite, les équipes se regroupant en petits paquets :
        -Lyon en tête, et Bordeaux en dauphin, qui a parfois un peu perdu le contact (neuf points de retard), mais est parvenu à recoller : ces deux équipes vont se battre pour le gain du championnat. Lyon a laissé pas mal de points en route dans les dernières journées, avec pas mal de matches nuls, tandis que Bordeaux arrachait in extremis quelques précieuses victoires. Les Girondins ont eux aussi gâché quelques occasions de revenir à la hauteur de l'OL. Outre leurs deux défaites dans les face-à-face direct : chez eux au stade Chaban-Delmas, ou à Lyon au stade de Gerland, qui ont donné un différentiel de six points au sextuple champion de France, on peut parler de la 35éme journée (celle qui s'est déroulé il y a deux semaines). Lyon rencontrait à domicile la relativement modeste équipe de Caen, et pourtant était loin de dominer le match. Les Caennais égalisaient puis prenaient l'avantage. A la mi-temps, l'affaire n'était pas très bien engagée pour l'OL, d'autant que le latéral italien Fabio Grosso était exclu pour avoir donné une claque à un Caennais (Yohan Gouffran, le jeune joueur qui était sur le point de signer au PSG au mercato d'hiver, avant de se rétracter et de rester avec son équipe normande, où l'ambiance semblait meilleure que dans le club de la capitale) dans les couloirs du vestiaire. Si Lyon allait jouer la deuxième mi-temps à 10 contre 11, dans le même temps, à Chaban-Delmas, Bordeaux jouait à 11 contre 10, depuis l'exclusion d'un de leurs adversaires niçois. Cela semblait tout à fait plausible que Bordeaux gagne et que Lyon perde, ce qui rapprocherait les Bordelais à 1 point des Lyonnais. Mais, finalement, Lyon réussit quand même à égaliser par l'inévitable Karim Benzema, qui marquait là son dix-neuvième but de la saison en championnat, ce qui en faisait le leader des buteurs. L'OL avait sauvé un point dans un match qui aurait pu basculer d'un côté comme de l'autre, tandis que Bordeaux faisait lui aussi un match nul, ne parvenant pas à percer le verrou niçois. Nice était décidément une équipe difficile à jouer, puisque la journée suivante (la 36éme journée, celle du week-end dernier), elle contraint Lyon aussi au 0-0. Les Lyonnais, sans imagination, jouant à l'extérieur dans des conditions chaudes, devaient se contenter de ce point, en espérant que Bordeaux ne l'emporte pas à Marseille. Ce scénario était plutôt crédible, l'Olympique de Marseille, qui est une autre très grosse écurie, avec des objectifs importants (j'en parlerais plus loin) avait très envie de l'emporter devant ses supporters du stade Vélodrome dans ce grand match, qui se jouait le dimanche soir. Le public local fut rapidement satisfait, avec l'ouverture du score de l'inévitable Mamadou Niang, deuxième au classement des buteurs du championnat, en fin de première mi-temps. Mais, les Bordelais n'abdiquèrent pas, malgré les blessures en cours de match de deux de leurs titulaires importants, le milieu Johan Micoud et le gardien Ulrich Ramé. Et, à force de pousser, ils marquèrent un but sur un coup franc du doué Brésilien Geraldo Wendel. Puis, dans les ultimes minutes du match, un deuxième par le milieu Pierre Ducasse. C'était la joie pour les Girondins. Ils revenaient à deux points de Lyon. Le septuple champion de France est toujours maître de son destin. S'il gagne les deux derniers matchs, ou même s'il fait une victoire et un match nul, compte-tenu des différences de but, ils seront sacrés champions. Si Lyon fait des contre-performances, rien ne dit pour autant que Bordeaux sera champion. Car, on l'a vu, les Girondins n'ont pas réussi à saisir toutes les occasions de la saison. Il va leur falloir aussi gagner leurs derniers matchs. Et, cela commence par Sochaux à battre à Chaban-Delmas. Lyon, qui joue à domicile aussi, a à priori une tâche un peu plus difficile, puisqu'il s'agit de battre Nancy.
      -En effet, Nancy est troisième du championnat et meilleure défense. L'équipe a longtemps été dans les deux premières places, avant d'être doublé par Bordeaux au cours de l'hiver. L'Association sportive Nancy-Lorraine (ASNL) s'est un peu rapproché des Girondins au printemps, mais leurs espoirs de reprendre la deuxième place ont été douchés par une défaite à Chaban-Delmas. Ce Bordeaux-Nancy décisif avait vu les Lorrains ouvrir la marque, mais ensuite subir des exclusions de joueur, sévères, mais justifiables, et surtout un penalty à la fin du match sur une simulation habile de Johan Micoud. Bordeaux avait repris trois points de plus d'écart. Et, l'objectif de Nancy était désormais de conserver cette troisième place, synonyme de qualification pour le Tour Préliminaire de la Ligue des Champions (la plus prestigieuse des Coupes Européennes). Seulement, ce ne serait pas chose facile, car derrière, après un début de saison catastrophique, l'Olympique de Marseille était bien revenu. Et, durant ce dernier mois, les deux équipes se livraient un haletant chassé-croisé entre la troisième et la quatrième place, qui elle est qualificative pour l'UEFA (la deuxième coupe d'Europe). A l'issue de la 35éme journée, tandis que Nancy obtenait un match nul à Valenciennes, Marseille avait réussi à aller battre Monaco sur le Rocher. L'OM était passé devant l'ASNL au classement. Mais, la 36éme journée, avec la victoire de Nancy face à Strasbourg et donc la défaite de Marseille face à Bordeaux, a permis aux Nancéens de reprendre la troisième place avec deux points d'avance. Les valeureux Lorrains vont se battre jusqu'au bout, même si ils ont beaucoup de blessés en ce moment, et que leur prochain match les voit  se déplacer à Gerland face à l'ogre lyonnais, comme on l'a dit.
      -Si on ne sait pas l'ordre entre les deux, à priori, les troisième et quatrième place ne devraient pas échapper à Nancy et Marseille. Juste derrière eux, tout reste encore possible pour Saint-Etienne, mais ça semble difficile. Les Stéphanois, cinquième actuellement, vont se battre  avec Lille, un point derrière, et Rennes et le Mans, deux points derrière pour cette place. En effet, comme Paris et Lyon qui s'affrontent en finale de la Coupe de France, sont déjà assurés de figurer en coupe européenne (Lyon en Ligue des Champions grâce à se présence dans le duo de tête du Championnat, Paris en Coupe UEFA grâce à la victoire en coupe de la Ligue), une place en coupe de l'UEFA se libère, et ira au cinquième du championnat. Le sixième du championnat se verra, lui, proposer une place en coupe Intertoto, en quelque sorte le tour préliminaire de la coupe UEFA. Lors de la 36éme journée, lors de ce qu'on a coutume d'appeler un match à trois points, Saint-Etienne et Lille n'ont pu se départager, et sont restés sur un 0-0 à Geoffroy-Guichard, le stade des Verts.
       -Derrière, à la 9éme, 10éme, 11éme place, on retrouve Nice, Lorient et Caen, des équipes, qui font partie des rares à ne plus avoir vraiment d'enjeu en cette fin de saison. Bien sûr, selon leur classement, elles pourront gagner un peu plus et un peu moins d'argent, mais cela représente une peccadille par rapport à la manne des droits télés. Ces équipes, sans pression, joueront toutefois le jeu, et elles ne se laisseront pas battre comme ça.
       -Ensuite, vient un autre groupe avec Valenciennes, Sochaux, Monaco, Auxerre. Même si le maintien n'est pas mathématiquement assuré, il faudrait vraiment un tremblement de terre, pour qu'elles soient rejointes par les équipes qui jouent la relégation
        -Ces équipes qui jouent la relégation sont donc Toulouse, Lens et Paris Saint-Germain, toutes à 39 points, mais dans cet ordre, compte-tenu de la différence de but. Cela veut dire que le Paris Saint-Germain est dix-huitième, donc relégable. Puisque les trois dernières équipes du classement du championnant descendent en Ligue 2. Vingtième, Metz est depuis longtemps assuré de quitter la Ligue 1. Pour Strasbourg, dix-neuvième, à quatre points de Toulouse, Lens et Paris, le sauvetage est encore possible. Mais, cela va être dur. La dynamique des Alsaciens est très mauvaise, avec un triste record de neuf défaites consécutives. Lors de la 36éme journée, il faut noter qu'il y avait un match à trois points, Toulouse-PSG, qui sentait le soufre. Les Toulousains ont égalisé in extremis 1-1, évitant ainsi de laisser trois points d'avance au PSG.

Carte des villes du championnat de France 2007-2008 (source Wikipédia)
L'Est était bien représenté, mais le sera sans doute moins la saison prochaine
Le Nord-Pas de Calais a pour l'instant trois représentants
L'Ouest est bien représenté : et avec la remontée de Nantes et de Le Havre, il le sera encore plus
En revanche, la grande zone Centre-Sud-Ouest est très peu représentée
A part Bordeaux et Toulouse (menacé de relégation), les villes de club de rugby ne sont pas des villes de club de football, Paris étant un cas à part forcément



             Comme vous le voyez, il y a des enjeux à tous les étages de ce championnat, même s'ils sont différents. Douze équipes vont vraiment devoir jouer ce final du championnat à fond. Ceci va donner deux journées, où les matchs vont se jouer simultanément avec beaucoup de tension. Dans la prochaine journée de ce week-end, on peut noter ainsi :
             -Lyon-Nancy, dont on a déjà parlé : ces deux équipes qui se sont battues pour être champion d'automne (il s'agit simplement d'un titre honorifique pour le leader du championnat à mi-course), avec notamment un match à Marcel Picot, où Nancy avait dominé, Lyon avait marqué par le tchéque Milan Baros (parti depuis sous d'autres cieux), et Nancy avait finalement égalisé sur coup de pied arrêté. 1-1. Si ce match retour se termine sur ce même score, cela n'arrangera vraiment aucune équipe. Nancy, avec un point de plus, donnera l'occasion à Marseille, en déplacement au Mans, qui de son côté joue toujours pour atteindre la cinquième place, d'espérer revenir à égalité. Lyon, avec 1 point, se verra de même menacé d'être rejoint par Bordeaux, qui affronte Sochaux. Si le match Lyon-Nancy se termine par une victoire, malheur au vaincu, et joie au vainqueur, qui aura fait un grand pas je crois, vers son objectif (1ére ou 3éme place)
              -Lille-Lens, le derby du nord, sera aussi terrible, puisque Lille essaie de revenir sur la cinquième place de Saint-Etienne, tandis que Lens est au bord de la relégation, et a un besoin urgent de point. Lens est dix-septième, donc pas encore relégable, mais cela se joue à la différence de but, et son programme est très difficile, puisqu'il affronte deux équipes fortes et motivées par leurs objectifs, Lille puis Bordeaux, lors de la dernière journée.
           -Dans le même ordre d'idées, d'affrontement entre une équipe qui lutte pour la cinquième place et une équipe pour se sauver de la relégation, on aussi en même-temps Rennes-Toulouse et PSG-Saint-Etienne

             Bref, cela en fait des matches où on peut dire : malheur au vaincu, bonne opération pour le vainqueur, et le match nul n'arrange pas grand monde. Pour le 38éme journée, même si les enjeux peuvent évoluer entre temps (par exemple si Lyon est sacré champion à l'issue de la 37éme journée, Bordeaux n'aura plus qu'à jouer en roue libre), on aura aussi notamment les matchs suivants : Lens-Bordeaux, Nancy-Rennes. Le PSG de son côté devra aller cherche à Sochaux les points qui pourront le sauver, et Lyon devra aller à Auxerre.

          Et, je vous le rappelle, ces deux équipes devront aller ensuite au Stade de France, pour s'affronter pour la Coupe de France.

          Ensuite, tous les internationaux pourront être libérés pour éventuellement participer à l'Euro, superbe compétition entre équipes nationales.

                   Pour les internationaux qui jouent dans des clubs étrangers, certains championnats n'ont pas encore livré leur verdict. Si en Espagne, ce sera le Real Madrid le champion, et en Allemagne, le Bayern de Munich, en Italie, l'Inter de Milan a encore un petit effort à faire pour atteindre le scudetto. Et, en Angleterre, Manchester United et Chelsea sont à égalité de points en tête du championnat, avant la dernière journée, seulement départagés par la différence de buts. Comme, outre Manche, il est très rare que les grosses équipes ne gagnent pas contre les petites équipes, Manchester United est sans doute en position de force pour remporter le titre. Mais, tout est possible. Et, surtout, l'affrontement ne s'arrête pas au championnat. Puisque, la plus prestigieuse des Coupes d'Europe, la ligue des Champions offre une finale 100% anglaise, avec Chelsea et Manchester United, qui partiront à Moscou au coup d'envoi sur un vrai pied d'égalité, cette fois-ci.

             Ah ! Ceux et celles qui n'aiment pas le foot peuvent penser qu'il s'agit d'un certes de tombeau des Danaïdes, où on n'en a jamais fini avec les matches, et chaque saison ça recommence ! Alors que les enjeux sont si dérisoires. Mais, disons-le quand même : que de suspense !


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Dimanche 27 avril 2008

            En cette fin du mois d’avril, un petit billet politique, pour faire le bilan de ce que sont devenus les candidats à l’élection présidentielle depuis un an. Un an déjà de politique depuis des billets comme par exemple celui-ci parlant du premier tour des présidentielles (où on se rend compte que l'ouverture à la Sarkozy a bien changé le rôle de certains acteurs)

 

Gérard Schivardi a semble-t-il été réélu Maire de Maillhac dans l’Aude. Aura-t-il à nouveau l’occasion de se lancer nationalement en pourfendant entre autres le mini-traité avec le Parti des Travailleurs, comme le candidat de maires ?


      Frédéric Nihous avait déjà assuré le relais de Jean de Saint Josse pour la candidature à la présidentielle de Chasse Pêche Nature et Traditions. Il lui a maintenant succédé à la tête du parti chantre d’une certaine ruralité.


            José Bové n’a pas convaincu en candidat à la présidentielle, mais le militant altermondialiste sait toujours faire de l’agitation médiatique. Ainsi, par un début de grève de la faim, il s’est immiscé dans le débat sur l’interdiction de la culture en plein champ maïs transgénique de MONSANTO. Aucun OGM, jusqu’à nouvel ordre, ne sera donc expérimenté hors laboratoire en France. Il est évident que José Bové n’a eu qu’un rôle minime dans l’arbitrage final du gouvernement et du parlement, pour lequel les rapports d’expertise ont été les bases principales, mais les médias en ont parlé. Je ne sais pas si c’est à cette occasion que José Bové a serré la main de la Secrétaire d’Etat à l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, mais en tout cas, cette image est venue s’ajouter aux griefs des députés à l’encontre de la jeune ministre : polémique qui a éclaté dans le récent débat sur les OGM. Pour en revenir à José Bové, je me demande s’il a finalement purgé la peine de prison qui planait au-dessus de sa moustache.


          Arlette Laguiller a fait sa dernière campagne présidentielle pour Lutte Ouvrière, et elle va peu à peu céder la main à une autre représentante plus jeune de ce mouvement trostskyste semi-secret. Ce fut quand même Arlette Laguiller qui les médias interrogèrent sur la stratégie de Lutte Ouvrière pour les municipales, où parfois des alliances avec le parti Communiste voire le Parti Socialiste était tissées. Lutte Ouvrière n’a pas l’intention d’aider à l’émergence d’une grande force d’extrême-gauche autour de la Ligue Communiste Révolutionnaire, le parti trotskyste rival.


            Dominique Voynet a été élue maire de Montreuil dans une élection serrée, où elle était opposée au maire sortant Brard, apparenté communiste, et à plusieurs listes de droite. Au second tour, les deux listes de gauche se retrouvaient seules face à face. Brard était en tête au premier tour, mais Dominique Voynet réussit à obtenir un meilleur report de voix, ce qui a fait dire au sortant battu, un peu aigri, qu’elle avait été élue avec les voix de droite. En tout cas, l’ancienne anesthésiste, sera le seul maire Vert d’une grande ville de plus de 100000 habitants. Elle est aussi sénatrice de Seine-Saint-Denis, ce qui pose un vrai problème de cumul de mandats. Pas vis-à-vis de la loi, qui est assez permissive, mais vis-à-vis des statuts du parti écologiste. Dominique Voynet ne devrait pas normalement cumuler les deux postes. Mais, si elle renonce à son siège au Sénat, elle laisse sa place à un suppléant non Vert, et elle pense que cela affaiblirait son parti, qui souffre d’une faible représentation. Moi qui ne suis pas en faveur du cumul des mandats , je comprends ces arguments, mais, malgré toute ma sympathie pour Dominique Voynet, ça ne peut totalement me convaincre. On touche à nouveau à la question : « est-ce que ce sont les électeurs qui demandent des têtes d’affiche ou est-ce que ce sont les têtes d’affiches qui s’imposent aux électeurs ? »


            Marie-Georges Buffet, elle, est toujours secrétaire du Parti Communiste, qui sans plonger comme il l’a fait nationalement, continue à s’éroder localement. Entre les réformateurs et les gardiens du temple, rien ne garantit que Marie-Georges Buffet conserve sa place encore des années.


            Philippe de Villiers est retourné à sa Vendée, à ses alliances locales avec l’UMP, et à sa domination du département avec le MPF. Je crois qu’on a même entendu son nom parmi les nombreuses rumeurs d’entrée au gouvernement.


            Olivier Besancenot, suite à son bon score aux présidentielles, avec sa présence sur le front social lors des grèves, son projet de construire au-delà de la LCR une grande force de gauche, le relatif bon score de ses listes aux municipales (10% en certains endroits, mais aucune volonté de participer réellement aux alliances municipales), reste la figure médiatique de proue de l’extrême-gauche.


      Jean-Marie Le Pen, lui, voudrait bien rester la figure de proue de l’extrême-droite, malgré la perte de son Paquebot, le QG de Saint-Cloud qu’il a été obligé de vendre pour éponger les dettes de campagne du parti. Ces difficultés financières ont aussi conduit le Front National, à faire une « campagne de pauvre », aux dires du vieux leader. Les voix reprises par la droite traditionnelle suite aux effets de manche de Nicolas Sarkozy et ses amis, ne semblent pas revenir au FN, même si Jean-Marie le Pen dénonce le « prestidigitateur » Nicolas Sarkozy. Quant à sa dernière saillie dans la presse (hebdomadaire Bretons), elles ramènent au côté le plus sombre du personnage : retour du négationnisme autour des « chambres à gaz détail de l’histoire ». Visiblement bientôt frappé par la limite d’âge, ce ne serait pas surprenant que Le Pen cède de plus en plus les rênes de son parti, en particulier à sa fille, Marine.


            François Bayrou, le troisième homme de la présidentielle, n’arrive pas à traduire la dynamique orange d’il y a un an en un mouvement à la fois cohérent et fort. Les élections législatives, puis les élections municipales, ont été autant de test de la viabilité de la stratégie d’autonomie. Un a un, les bédouins qui l’accompagnaient, filent vers des alliances ou des votes plus productifs. Si derrière les déclarations où ceux qui le quittent disent vouloir prendre leur part dans l’action au service du pays, ou estiment qu’il faut faire des choix plus clairs, il y a un peu d’opportunisme, ce ne sont pas non plus forcément les meilleurs qui restent au côté de François Bayrou. N’ayant pas réussi son pari aux municipales de Pau, le Béarnais doit relever le défi délicat et majeur de construire une identité cohérente à son parti du Centre. La question du projet devrait être à l’agenda des débats à venir au MODEM. Bon courage !

 

            Du point de vue de la vision pour la France, Ségolène Royal n’est pas forcément incompatible avec François Bayrou. Mais, c’est assez improbable que ces deux-là s’allient, compte-tenu de leurs egos personnels, éléments incontournables dans notre système d’élections présidentielle. Ségolène Royal, elle, s’est lancée dans la conquête du Parti Socialiste. Son engagement dans la bataille du futur congrès a souvent du être différé. Mais, il faut dire que, si elle est auréolée de son image de candidate (avec notamment son discours au balcon, à la fois positif et paradoxal : « vers d’autres victoires ») chez les sympathisants socialistes, elle partage les militants et doit faire face à une certaine méfiance des instances de son parti. Ces dernières contrôlent le choix de calendrier de la rénovation du Parti Socialiste, devant associer nouvelle direction, nouveau projet, et nouvelle ambition. Toute la question est de savoir si le futur Premier Secrétaire du Parti Socialiste doit être un grand leader (auquel cas, Ségolène Royal, mais aussi d’autres concurrents, notamment Bertrand Delanoë, se doivent de postuler) candidat à la présidentielle en puissance, faisant émerger le projet du parti en symbiose avec son programme présidentiel, ou un animateur de travail collectif pour construire un projet à la fois solide et consensuel, avant de désigner le candidat à la présidentielle pour le porter plus tard. Ségolène Royal est assez ouverte sur la question des alliances : du centre à l’extrême-gauche, comme sur les questions d’idées, pour lesquelles elle a l’intention d’utiliser entre autres la méthode participative. Si ses critiques de la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement actuel ne sont pas les moins pertinentes, et si elle continue à agiter certaines idées intéressantes, il manque à mon avis chez elle une certaine netteté de la direction politique qu’elle propose, une cohérence de système idéologique qu’elle devrait transmettre par l’écrit. Malheureusement, si elle a publié un livre dans cette dernière année Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, ce n’est pas un essai programmatique, mais plutôt un livre de ressenti sur sa campagne présidentielle. Qui intégrait sans doute entre autres sa perception de sa rupture à la fois maritale et politique avec François Hollande.

 

            Lui aussi a connu la rupture, suite au divorce d’avec Cécilia : Nicolas Sarkozy est donc le président de la République depuis un an. Je terminerai mon tour d’horizon de « que sont-t-ils devenus ? » par lui, en essayant d’être assez bref. Forcément il y a beaucoup à dire sur lui, puisqu’il a exercé le pouvoir dans cette dernière année, mais j’en ai déjà beaucoup parlé dans les billets précédents et j’en parlerais encore. En tout cas, pour clore la parenthèse d’ordre « vie privée », si on m’avait dit il y a un an qu’il serait actuellement marié avec Carla Bruni, je ne m’y serais pas attendu. Politiquement, en revanche,  de sa manière d’exercer ses précédentes fonctions gouvernementales, en particulier au Ministère de l’Intérieur, et de mener la campagne en s’appuyant sur une communication de l’action, on pouvait pressentir certaines choses, comme son omniprésence médiatique sur tous les fronts. De l’hyperprésident des six premiers mois, qui faisait l’actualité quotidienne ou au moins y réagissait, martelant le mot « réformes », et fascinant les médias et ses supporters, au capitaine qui perd le cap, avec une multiplication des couacs, une montée de critiques et un ralentissement des réformes face à l’échéance des municipales pour sa majorité des six mois suivants, Nicolas Sarkozy ne m’a pas vraiment convaincu qu’il était l’homme de la situation. Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans la politique de son gouvernement, et de son agitation et des multiples mini-lois qui en ont découlé, une vraie dynamique peut émerger, avec encore quatre ans pour donner une vision d’avenir à une France morose. Mais, il faudra faire les bons choix, et éviter de diviser les réformes en multiples lois particulières et les Français en multiples clans.

J’ai vu l’intervention présidentielle (une interview d’une heure et demie) de jeudi soir. Si parfois il nous servait une fois de plus sa rhétorique blanc-noir : « vous ne voudriez pas que je laisse cette situation persister et s’aggraver, alors c’est pour ça que je fais cette loi, cessez de me critiquer » , qui me déplaît, il a su faire preuve d’une plus grande modestie, allant avec le nécessaire sens des responsabilités, sur certaines sujets. Le « avec moi, tout devient possible » laisse un peu place à plus de pédagogie et d’équilibre dans les propos. Par exemple, il a su mettre en perspective sa politique d’immigration, en rappelant que cette question avait trop souvent été prise en otage par les fantasmes de « l’immigration zéro » à l’extrême droite et de « maîtrise=racisme » à l’extrême gauche. A la fois habilement et honnêtement, il a éclairé ce qui se passe actuellement avec les demandes de régularisations de sans-papiers soutenues par leurs patrons, en rappelant qu’il peut parfois y avoir une certaine hypocrisie chez ceux qui embauchent - soi disant sans le savoir - des sans-papiers, ce qui est une justification entre autres du maintien de sa politique du cas par cas. J’aimerais cependant dire que compte tenu de la variété des cas rencontrés par les préfectures, il subsiste une place à l’interprétation des lois d’immigration, ces lois dont Nicolas Sarkozy a martelé qu’elles étaient là. Et, forcément, quand on ne sait pas clairement comment traiter les cas délicats, le fait d’imposer un nombre, lui bien clair, de reconduite à la frontière peut avoir tendance à peser de tout son poids sur les décisions. J’ai trouvé appréciable le moment où Nicolas Sarkozy a dit qu’il était à titre personnel favorable à ce que les étrangers installés depuis 10 ans dans une commune vote aux élections locales, mais que cette loi n’était pas sa priorité, et qu’il n’avait pas l’intention de la faire pour le moment, puisqu’il n’avait pas une majorité pour cela. Concernant la politique économique, même si il se défend becs et ongles sur ce point, je ne pense pas que le choc fiscal voulu par Nicolas Sarkozy ait été au rendez-vous suite au paquet fiscal. Et, il est sans doute dommage qu’une partie de l’argent consacré à cela de toute urgence en début de la législature manque par exemple pour la politique de l’emploi et de la lutte contre le chômage : cela dit, même s’il n’est peut-être pas doté totalement comme il aurait fallu, il est bien que le Revenu de Solidarité Active (RSA) se fasse. Avec Nicolas Sarkozy et son équipe, je crois que les choses ont bougé et bougeront sur le front de la flexsécurité. Sur l’éducation, par contre, là, ce sont les économies et non pas l’ambition qui sont au rendez-vous. Nicolas Sarkozy veut privilégier la qualité à la quantité. Sans doute qu’avec ce qu’il propose avec Xavier Darcos, le rapport qualité/quantité peut augmenter mais la qualité globale, elle, diminuera de toute évidence. Pas facile de concilier contraintes budgétaires, réformes nécessaires (car en pratique notre école ne va pas aussi bien qu’elle le devrait), et maintien de l’ambition éducative comme l’un des piliers de notre République.

Je noterais pour finir sa phrase : « On ne voudrait pas que je fasse une loi à chaque fois qu’il y a un sujet d’agitation médiatique » … s’il pouvait évoluer sur cela, ce serait effectivement un bon point. Bref, Nicolas Sarkozy est un Président qui ne me plaira jamais complètement, mais on ne peut nier certains de ces apports. Et, il est probable que, contrairement à la plupart des gens précédemment cité, il continue pendant plusieurs années à être incontournable dans la politique de notre République.

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