Concours

Dimanche 9 décembre 2007

 

L’autre soir, j’écoutais la fameuse chanson de Georges Brassens, et aujourd’hui je vais un peu extrapoler sur la question du sacrifice de sa vie pour des idéaux.

 

Il me semble que le chansonnier de Sète, grand pourfendeur d’autorité, écrivit cette chanson à l’époque de mai 1968, où la jeunesse manifestait son insatisfaction vis-à-vis de l’ordre conformiste, bourgeois, et réclamait sur les barricades une société plus libérée.  "Dés qu’il s’agit de rosser les cognes, tout le monde se met d’accord" disait Brassens dans Hécatombe. Pourtant, tandis que les étudiants chantent "CRS=SS", Brassens se tient plutôt à l’écart de cette remise en cause de l’ordre public. Aux sollicitations, il répond par cette chanson : auquel il. Mais, il oppose une fin de non-recevoir via cette chanson « rallier à leur foi »

 

Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente

 

          Et la suite de la chanson est l’occasion pour le chanteur de dérouler une série de réserves à avoir avant de suivre une meute révolutionnaire et ses gourous.

     Justement cette question des meneurs est essentielle, car si un mouvement, pour ne pas être désordonné – brownien, je pourrais dire- a besoin d’une direction, la responsabilité des meneurs désignés ou autoproclamés est très grande. On dit souvent qu’une foule, c’est des milliers d’hommes pour un cerveau. Et, l’utilisation de l’intelligence échoit en général essentiellement aux chefs, auxquels les autres s’en remettent. Entre un gourou mystique irresponsable et leader politique au bon sens du terme, la différence ne se fait plus que sur l’éthique et le contenu des idées. Et, donc, même si on n’accomplit pas de révolution sans être grisé, il est nécessaire d’avoir un vrai recul sur les motivations du mouvement.

      Brassens adresse aussi une petite pique à ces révolutionnaires opportunistes, qui « supplantent bientôt Mathusalem dans la longévité ». Je noterais ainsi qu’un certain nombre de soixante-huitards se sont embourgeoisés, et sont devenus conservateurs ou des chantres du capitalisme.

            On peut évoluer dans ses idées, il ne s’agit pas de critiquer cela mais de rappeler qu’on doit toujours garder un fond de modestie, de capacité à reconnaître ses torts, quand on enfourche ou a enfourché un cheval de bataille. De mon côté, il m’arrive souvent de pouvoir entendre à la fois certains arguments pour et certains arguments contre. Je ne sais pas si cela est dû aux cours de collège et lycée, où on apprend les bases de la rédaction d’argumentation en deux parties, avant qu’on nous dise : « attention ! thèse, antithèse, foutaise » Je me crois capable quand même assez souvent d’échapper au relativisme des idées. 

            Brassens pose avec malice la question :

Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?

           Il souligne même que parfois  

à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain

         Il fustige la vanité des révolutions :

Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes

        Je dirais qu’il en est ainsi de la vie en général : son sens est assez obscur et le progrès est loin d’être linéaire.


       Quoi qu’il en soit, c’est dans notre nature humaine de défendre à un moment ou un autre des idées. Selon la personnalité de chacun, on va le faire de façon plus ou moins intense, fréquente ou exagérée. Mais, c’est seulement le contexte qui va fixer ce qu’on est prêt à sacrifier.

 

       Et, je rejoins Brassens quand il dit que la vie est ce qu’on a de plus précieux.

     Je suis, disons, agnostique. Et, au jour d’aujourd’hui, je ne crois pas vraiment à la vie éternelle. Les sacrifices pour les idées religieuses se font peut-être plus facilement puisque la personne sacrifie sa vie mortelle qu’il considère comme secondaire par rapport à celle de l’au-delà.

            Il n’en reste pas moins que donner sa vie n’est pas un geste anodin.

C’est un choix personnel. Celui qui peut dire à priori qu’il serait prêt à mourir pour des idées – il en est d’ailleurs de même pour l’utilisation de l’expression "mourir d’amour" -est bien présomptueux. A mon avis, c’est sur l’instant juste avant, en situation, qu’on décide ou non de se sacrifier pour ce qui nous est cher. Ainsi, je pense que même la plupart des résistants qui ont donné leur vie pour la France et la liberté, n’avaient pas planifié leur sacrifice. Mais, à un moment, comme le personnage joué par Simone Signoret à la fin du film l’Armée des Ombres, dont la fille est captive des Allemands, on se retrouve face au choix cornélien à choisir entre trahir tes compagnons ou mourir.

Soit dit en passant, j’imagine que dans les cas d’euthanasie, doivent se poser des dilemmes voisins lorsque le malade incurable demande la mort. Par définition, la mort est un choix définitif sur lequel on ne peut revenir.

 

       Bref, cette chanson, comme beaucoup d’autres de Brassens, était pertinente, et l’est encore. Il ne s’agit pas seulement de parler des révolutionnaires en herbe, qui bloquent ou ont bloqué nos facultés, mais des combats les plus raisonnables (s’agit-t-il d'une oxymore ?) aux causes les plus radicales, toute décision vitale doit être faite en conscience, donc avec le recul nécessaire. Et parfois, on peut mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente.

            Il n y a pas grand chose à retirer à ce texte. Certes, il y a un peu un côté petit bourgeois, conservateur dans l’attitude affichée par Georges Brassens, mais, si cette chanson ne fait pas vraiment de lui un artiste engagé, sa lucidité est précieuse : en tant que trublion libre et pertinent, il apporte une contribution à la correction des défauts de la société, tout comme, l’action révolutionnaire, l’action politique et les autres.

Par Loïc - Publié dans : Politique et société
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Mardi 4 décembre 2007

 

« -Je ne suis pas pour la confusion des genres. Si on associe la gauche et la droite dans un gouvernement, et si ça ne marche pas, on appelle qui ? Arlette Laguiller ou Jean-Marie le Pen ? » disait en substance Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle, pour contrer l’idée portée par François Bayrou de réunir les gens compétents de gauche comme de droite au sein de son gouvernement rencontrait un certain écho.

Pourtant, quatre mois plus tard, Nicolas Sarkozy élu président, pratiquait l’ouverture, faisant de son gouvernement un vrai casting. Peut-être que sa décision en elle-même faisait sens, mais en tout cas, je me permets de souligner que Nicolas Sarkozy s’est renié sans faire de mea culpa. Cette incapacité à reconnaître ses torts est d’ailleurs un des aspects de la personnalité de notre président que je n’aime pas. Bien sûr, la plupart des hommes et femmes politiques n’avouent pas facilement leurs erreurs, mais chez Nicolas Sarkozy, pour qui la parole est primordiale, ça me met mal à l’aise.

En tout cas, avec son ouverture, Nicolas Sarkozy a semé la confusion, profitant de la faiblesse de l’UDF, et du désordre au PS. Maniant habilement la carotte et le bâton, il a rallié à lui divers ex-membres éminents de ces partis. La bâton, c’était la crainte de ne plus jamais être majoritaire et de laisser passer à jamais la chance d’avoir d’importantes responsabilités, notamment pour des hommes politiques déjà assez âgés, comme Bernard Kouchner, et la menace de ne pas être élu lors des élections législatives pour les centristes, qui avaient l’habitude de ne pas avoir de gros opposants UMP dans leur circonscription. La carotte, c’était donc un poste important au parlement ou au gouvernement. Certains appellent ça vulgairement aller à la soupe. Oui, certains, considérant la politique plus comme un métier que comme une vocation, soient plus en quête d’un maroquin ministériel comme une promotion confortable. Mais, d’autres gardent quand même un fond de conviction, croient sincèrement que c’est l’occasion ou jamais de faire avancer leurs idées, et ils ne veulent pas rater le train de la réforme. C’est le cas selon moi par exemple, des personnalités de la société civile, comme Fadela Amara, ancienne présidente de l’association  ni putes ni soumises  et Martin Hirsch, ancien responsable d’ l’association Emmaüs. Je ne sais pas si la secrétaire d’Etat à la Ville réussira à construire un plan anti-glandouille efficace, et si le Haut Commissaire aux Solidarités Actives contre la Pauvreté parviendra à faire passer son revenu minimum d’activité, mais en tout cas, ils y travaillent, même si pendant ce temps-là ils doivent laisser passer des décisions du gouvernement propres à hérisser leurs poils, eux qu’on avait vus plutôt à gauche.

D’autres, au gouvernement, ont des objectifs moins définis : chef de file des soutiens de Bayrou au premier tour des présidentielles qui se sont ralliés à Nicolas Sarkozy entre les deux tours, Hervé Morin a hérité d’un ministère régalien, la Défense, où la stature compte plus que les idées. Eric Besson, lui, est ministre délégué à la Prospective. Je suis d’accord que l’étude des avantages et inconvénients des systèmes économiques et sociaux dans les autres pays, et l’évaluation à posteriori des politiques de nos gouvernements sont essentiels, mais je me demande si ce travail ne serait pas mieux fait autrement que via un ministre, qui, il faut bien le dire, est plutôt fantoche. Au début de l’année, il était député socialiste et responsable de campagne pour les questions économiques de Ségolène Royal. Que la façon de mener campagne de la Madone ait pu l’énerver, je veux bien le comprendre. Et, il y a sans doute des choses justes dans ce qu’il a écrit dans son pamphlet : Qui connaît Madame Royal ? Mais, qu’il passe sans états d’âmes dans l’autre camp dans l’entre deux tours, en criant « Forza Nicolas », alors même qu’il avait sorti un pamphlet (décidément, c’est un spécialiste) avec des passages plus ou moins vrais ou exagérés sur ce même Nicolas Sarkozy cinq mois plus tôt, ça ne dénote pas une très grande fidélité à ses convictions.

Ses idées, justement, il compte les faire passer à travers son club les Progressistes, une entité tout aussi ambitieuse que floue : « réunir les gens de gauche qui soutiennent Nicolas Sarkozy ». Autre nouveau parti ou groupuscule social-libéral, c’est Gauche Moderne que vient de créer Jean-Marie Bockel, le maire de Mulhouse, membre du parti socialiste jusqu’à ce qu’il accepte le poste de Secrétaire d’Etat à la Coopération que lui proposait Nicolas Sarkozy. On connaît le bonhomme, et son orientation très Troisième voie blairiste qu’il défendait en proposant des motions ultra-minoritaires lors des congrès du parti. S’éloigner du parti socialiste, où ses idées n’avaient pu percer, est, en soi, un choix logique pour lui. Mais, le rapprochement avec Nicolas Sarkozy a de drôles de conséquences locales. Pour la prochaine campagne municipale à Mulhouse, les membres de sa majorité locale se sont divisés en deux, entre ceux qui suivent leur maire et ceux qui restent fidèle au Parti Socialiste et à l’opposition, et ne veulent pas se ranger derrière un maire soutenu par Nicolas Sarkozy. De l’autre côté, ce soutien présidentiel fait naître des frustrations à droite : ceux qui ont toujours été des adversaires politiques de Jean-Marie Bockel, notamment la candidate UMP pressentie, Grosskoot, se voient priés de ranger au placard leur envie d’en découdre avec le maire de Mulhouse. Dans toute l’Alsace, qui vote massivement à droite, la nomination de la principale figure politique locale de gauche, même moderne, fait grincer des dents.

Dans le gouvernement, l’action de Jean-Marie Bockel est pour l’instant discrète. Je ne pense pas qu’il fasse pire ou moins bien que ses prédécesseurs à la Coopération, mais c’est justement un domaine qui me semble crucial si on veut agir sur la mondialisation des flux de capitaux et surtout d’hommes. Hier, j’ai vu Bockel invité à une émission politique sur la Chaîne Parlementaire et confronté à Julien Dray le socialiste et Bernard Henri-Lévy, le philosophe de gauche, deux personnes qui se sont d’ailleurs vu courtisées par Nicolas Sarkozy avant de décliner son offre. Si Bockel a été assez convainquant sur son pragmatisme et partageait une partie du diagnostic politique de Dray et Henri-Lévy, cela m’a un peu attristé de le voir patauger quand il a du répondre aux questions touchant à sa solidarité gouvernementale et ses limites. Le paquet fiscal, selon Bockel, cela est surtout destiné aux classes moyennes. Bon, d’accord, il y a l’allégement du bouclier fiscal, qui bénéficie aux riches. Mais, c’est pour éviter l’évasion d’investissements, alors après tout, pourquoi pas, disait-t-il ? Le tout c’est qu’on évalue ensuite si cela a été bénéfique pour la croissance française. Les tests ADN pour les candidats au regroupement familial, leur emploi et leur utilité sera limitée, mais bon l’important, c’est que le reste de la loi soit bonne selon lui, et les tests ADN sont donc un point secondaire, qui ne le gêne pas. En gros, il ne l’aurait pas proposé, mais il n’est pas contre. Cela me donnait l’impression qu’il ne pouvait pas parler librement, et cet aspect de la solidarité gouvernementale me gêne. Pour moi, on peut exprimer qu’on n’est pas d’accord sur tout avec Nicolas Sarkozy, et quand même rester au gouvernement si on estime que l’essentiel n’est pas en jeu et qu’on a un travail utile à faire dans ce contexte. Ainsi, quand Fadela Amara a trouvé « dégueulasse » l’instrumentation des tests ADN, cela ne m’a pas choqué. C’est vrai que l’amendement de Thierry Mariani pue le populisme, et la gauche est tombée dans le piège d’une polémique excessive. Enfin, bref, ce n’est pas de la belle politique. Bernard Henri-Lévy a aussi titillé Jean-Marie Bockel sur un sujet qui était plus proche de son domaine de compétence ministériel, à savoir le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy écrit par sa plume Henri Guaino, avec cette phrase où il disait que l’Homme Africain vit au rythme des saisons et ne se projette pas dans l’avenir. Expression choquante. Selon moi, si on parle de quelque chose d’autre que culturel, elle est purement et simplement raciste. Et, même si on parle de culture, on a quand même affaire à un gros cliché avec une condescendance bien dérangeante. Et, elle n’est que partiellement équilibrée par le reste du discours. Cela a été justement l’argument de Jean-Marie Bockel : cette formule maladroite n’est qu’un détail d’un long discours.

C’est cette volonté d’éluder les points particuliers qui me gêne chez les ralliés à Sarkozy. S’ils n’ont pas la liberté de critiquer, dans les réserves du respect bien sûr, le président omnipotent sur certains détails de ses propositions, ça peut être un signe qu’ils accepteront tout comme des godillots, et là la politique se perd.

Le MODEM, lui, s’est placé dans une option d’opposition constructive. François Bayrou, qui vient de prendre la présidence de ce nouveau mouvement qu’il a fondé, a ainsi dit que les mesures pour le pouvoir d’achat proposées par Nicolas Sarkozy allaient dans le bon sens, mais a critiqué d’une manière générale, la façon qu’a eu le président de se précipiter de satisfaire une clientèle électorale avec le paquet fiscal et de désigner des bouc-émissaires avec une réforme des retraites touchant seulement les régimes spéciaux. En refusant de participer à la majorité présidentielle d’un côté, mais en ne s’alliant pas avec le Parti Socialiste, qui, bien qu’en crise, garde quand même un puissant réseau d’élus locaux, le Mouvement Démocrate, qui veut capitaliser sur les six millions de voix recueillies par François Bayrou lors du premier tour des présidentielles, s’engage sur un chemin périlleux. Certes, le mouvement centriste répond à des aspirations d’un grand nombre de français qui ne se considèrent ni de gauche totalement ni de droite totalement. Mais, les institutions françaises, avec notamment les scrutins majoritaires pour désigner les députés, favorisent la bipolarisation, et fait qu’une bonne partie de l’opinion publique n’arrive pas à sortir des schémas binaires : « si tu n’es pas avec nous, tu es avec eux, nos adversaires » Outre certaines accusations de changement de veste, les membres du MODEM doivent répondre à d’autres arguments qui peuvent se discuter. Il y a tout d’abord le flou idéologique : à force de rallier des « ni – ni », le MODEM se retrouve avec une identité hétéroclite, et on sait qu’il lui faudra trancher, pour avoir quelques grandes lignes de projet, voire quelques mesures concrètes en vue des prochaines échéances nationales. Cela dit, pour moi, il ne faut pas se présenter aux élections présidentielles (qui conditionnent maintenant les élections législatives) avec un programme clés en main, dont les mesures sont fixées à la virgule près. Il est salutaire d’introduire de la souplesse dans la façon de gouverner, du moment qu’on ne transige pas avec les grandes lignes d’ambitions, de choix de société et de valeurs qu’on porte. Ensuite, l’autre critique dont on accable le MODEM, c’est son côté secte regroupée autour du grand gourou François Bayrou. Le Béarnais est un homme avec ses qualités et ses défauts. Et, je veux bien que ses caractères messianique ou bordélique puisse lasser certains de ses bédouins, surtout quand ceux-ci reçoivent les sollicitations mielleuses de l’équipe de Nicolas Sarkozy. « Ne perds pas ton temps à suivre le caprice de François Bayrou. Ne gâche pas tes compétences et tes idées, nous avons une place pour toi »

C’est ce qui est arrivé récemment avec Jean-Marie Cavada. Lui, qui avait suivi François Bayrou dans son aventure présidentielle et législative post-présidentielle, le voilà tête de liste UMP dans le 12éme arrondissement. Pour ce ralliement à Françoise de Pannafieu et à la majorité présidentielle, il aura peut-être le droit à un ministère lié à la culture. Son envie de faire passer ses idées par un autre chemin que la voie de François Bayrou est peut-être sincère à la base, mais je trouve qu’il éxagère quand il aboie sur Bayrou, en parlant de « mépris quasi poujado-frontiste pour les militants et élus ».

On verra ce qu’il deviendra, s’il trouvera plus de considération pour ses convictions à terme en s’alliant à la majorité présidentielle. C’est quand même un coup rude pour François Bayrou, car Jean-Marie Cavada faisait partie de ses compagnons appréciés par les Français. Moi-même, j’ai beaucoup de respect pour le parcours de l’ancien directeur de Radio France depuis sa naissance. Cavada va essayer de profiter de son aura certaine pour convaincre certains militants du MODEM de la pertinence de son choix. Il a annoncé à cet effet des petits cercles de réunion.

Quand François Bayrou est arrivé à la tête de l’UDF, qui sous Valéry Giscard d’Estaing et François Léotard était un parti regroupant des sensibilités allant du centre droit (anciens démocrates chrétiens) à la droite (avec Charles Millon), qui était presque aussi puissant que l’autre grand parti de droite, le parti gaulliste, RPR, il n’avait pas eu de candidats officiels à l’élection présidentielle de 1995, et sa cohésion et sa puissance s’étiolaient peu à peu. Il y eut déjà une séparation entre Démocratie Libérale (avec notamment Alain Madelin et Jean-Pierre Raffarin) et l’UDF, dont le président resta François Bayrou. Il fut candidat à l’élection présidentielle de 2002. Jacques Chirac, élu face à Jean-Marie le Pen, avait décidé d'unir toutes les forces de sa majorité présidentielle dans un grand parti. Mais, François Bayrou refusa ce plan de regroupement. Le nouveau parti UMP se fonda quand même sur les trois grandes sensibilités : gaulliste, libérale et centriste. Mais, si le RPR et DL prononcèrent leur dissolution. François Bayrou refusa celle de l’UDF. Il y eut quand même une fuite d’élus (Pierre Méhaignerie, Hervé de Charrette) vers l’UMP, fuite menée par l’ancien lieutenant de François Bayrou, Philippe Douste-Blazy. L’UDF ne représentait désormais plus qu’un parti de taille moyenne face au gigantesque UMP. Bien que séparé de l’UMP, au début de la législature, l’UDF resta dans la majorité présidentielle. Gilles de Robien, le maire d’Amiens, était notamment au gouvernement. Mais, à mi-mandat, les députés UDF commencèrent à s’abstenir sur certaines questions, notamment le budget. On en arriva à ce fameux acte symbolique de vote de la censure du gouvernement Villepin qui voulait utiliser l’article 49-3 de la constitution qui permet le passage en force de certaines lois. Bien sûr, le gouvernement ne tomba pas, car il disposait d’une majorité UMP confortable. En outre, la plupart des lois furent encore votés par l’UDF, et sur les textes controversés, les députés UDF, libres, et se séparaient en deux camps : ceux qui s’abstenaient ou votaient contre, comme François Bayrou, et ceux qui votaient pour. Gilles de Robien était en quelque sorte le chef de file de ces loyalistes vis-à-vis du gouvernement. Quand François Bayrou s’engagea dans l’élection présidentielle, il eut le soutien d’une grande partie des élus de l’UDF, mais certains, comme Gilles de Robien hésitèrent, avant de se rallier à Nicolas Sarkozy. Dans les Hauts de Seine, où ce dernier,  président du conseil général maniait aisément la carotte et le bâton, d’autres le rallièrent, comme Serge Baguet et André Santini. Dans des conférences de presse savamment orchestrées, ils chargèrent de reproches François Bayrou et clamèrent leur admiration du mouvement porté par Nicolas Sarkozy. Après le premier tour de la présidentielle, où François Bayrou ne put qu’arriver en troisième position, il ne donna pas de consigne, laissant entendre que pour sa part, il y aurait un candidat pour qui il ne voterait pas (on comprenanit à demi-mot qu'il s'agissait Nicolas Sarkozy) Certains des grands lieutenants du leader de l’UDF, comme Albertini, Sauvadet, Leroy et Morin, qui n’avaient pourtant pas donné leur part au chien quand il s’était agi de critiquer Nicolas Sarkozy, se rallièrent à ce dernier. Ce ralliement ne se limita pas au nécessaire choix binaire entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, mais se poursuivit avec l’acceptation de l’étiquette majorité présidentielle lors des législatives, étiquette qui leur permettait d’éviter un candidat de l’UMP face à eux dans leur circonscription. Par contre, ils n’eurent pas le droit à l’étiquette UDF-MODEM, le mouvement de François Bayrou, en train de changer de nom, et qui se voulait indépendant. C’est pourquoi Sauvadet, Leroy et Morin créèrent le Nouveau Centre, où on retrouvait aussi Santini et Albertini. Ce nouveau parti, crée à la va-vite, eut des députés (plus que le MODEM), mais recueillit un nombre de voix total limite pour avoir le droit à un financement public conséquent selon la loi. Des tentatives de réforme de la loi électorale et des tractations avec un petit parti néo-calédonien ont eu lieu récemment, mais elles n’ont pas encore abouti. En tout cas, Hervé Morin est maintenant Ministre de la Défense, et le Nouveau Centre est un partenaire de la majorité. Il a pratiquement toujours voté comme l’UMP, même si certains de ses députés n’ont pas voté pour le fameux article des tests ADN, et si certains amendements ont été déposés pour demander plus de rigueur dans le budget de l’état.

Côté MODEM, le nombre de députés se limite à trois : François Bayrou, Jean Lassalle et un député mayottais, puisque Jean-Christophe Lagarde et Thierry Benoît, ont finalement rejoints le Nouveau Centre.

Cet automne, l’UDF a été officiellement dissous et est né – avec tous ses statuts - le MODEM, abréviation de Mouvement Démocrate, qui regroupe autour de François Bayrou outre les anciens UDF (notamment des sénateurs, comme Jacqueline Gourault ou des députés européens, comme Marielle de Sarnez, mais aussi un ex-député battu aux législatives pour avoir suivi François Bayrou, Gilles Artigues), les gens de Cap 21 (Corinne Lepage), des économistes issus du centre gauche, comme Jean Peyrelevade, et d’anciens Verts, comme Jean-Luc Benhamias. Jean-Marie Cavada est donc le dernier à avoir quitté l’aventure pour un destin peut-être plus assuré.

Mais, à long terme, je ne serais pas si optimiste pour lui. Regardons le placard doré où a atteri Philippe Douste-Blazy, qui, il y a 5 ans croyait encore naïvement, qu'il avait une chance, sur un malentendu, d'être Premier Ministre ! Gilles de Robien, lui, ne s'est pas mis à dos ses électeurs locaux à Amiens, comme Douste-Blazy l'a fait à Toulouse, et il a encore sans doute bien des choses à faire en Picardie, mais côté responsabilités nationales, il n'a pas une grande côte. Alors, à qui le tour ?


On dit que Nicolas Sarkozy tente de rallier d’autres MODEM, comme le chef de file des sénateurs UDF, Michel Mercier. D’ailleurs, même si le MODEM n’a pas beaucoup d’élus de longue date, et en profitera pour faire confiance à de nouvelles têtes, il est marrant de voir que pour la candidature à la mairie de Lyon, après le retrait de la politique d’Anne-Marie Comparini (dont la dernière bataille a été la législative, où elle devait affronter sous les couleurs du MODEM, un candidat UMP et un candidat PS) il y a déjà des rivalités entre Michel Mercier, implanté de longue date dans la région, et Azouz Begag, ancien ministre de Dominique de Villepin, surtout connu pour avoir écrit que Nicolas Sarkozy l’avait menacé de lui « casser la gueule » Quoi qu’il en soit, à Lyon, le MODEM, seul, ne pourra être majoritaire. Mais, s’il fait un score d’arbitre, il pourrait travailler dans une majorité municipale avec le maire sortant, Gérard Colomb, comme c’est déjà plus ou moins le cas. Inversement, à Bordeaux, l’alliance qui pourrait se nouer serait entre le MODEM et l’UMP du maire Alain Juppé, comme c’est déjà plus ou moins le cas dans l’équipe sortante. Cette stratégie variable selon les conditions locales, me semble pertinente. Ca permet de représenter la sensibilité centriste dans les décisions municipales, et ça permet à certaines jeunes pousses de s’aguerrir au contact des réalités de la gestion politique. Il faut toutefois que le choix se fasse sur des vrais critères de projet politique municipal. Ce sera plus dur dans des villes où le MODEM arrive comme un chien dans un jeu de quilles, comme à Paris, où d’un côté le socialiste Bertrand Delanoë n’est pas trop marqué à gauche, mais s’est appuyé et s’appuie encore sur un projet d’alliance de la gauche, et de l’autre côté l’UMP a été allié à l’UDF, mais ne semble pas avoir la clé avec sa candidate Françoise de Panafieu, pour convaincre les parisiens qu’il a un meilleur projet que Bertrand Delanoë.

MODEM, Nouveau Centre, Club des Progressistes, Gauche Moderne - et je n’ai pas parlé encore des tentatives de rapprochement entre les deux pôles radicaux : valoisiens à droite avec le Ministre d’Etat Jean-François Borloo, et ceux de gauche, avec un Jean-Michel Baylet, ami de Bernard Tapie, lui-même grand ami de Borloo et nouvel ami de Sarkozy, qui est prêt à considérer toute offre, et une Christiane Taubira, qui, elle, est beaucoup plus hostile à la politique sarkosiste - on s’y perd au centre. Mais, sans doute que cette confusion n’est qu’une étape dans le remplacement d’un clivage gauche-droite devenu obsolète. Et, celui qui a mis son grain de sable dans cette œuvre de désorganisation, Nicolas Sarkozy, va visiblement polariser cette recomposition. C’est triste qu’on en arrive là, mais la coupure qui est en train de se créer, c’est entre les inconditionnels du président, et ceux qui s’y opposent, au moins de temps en temps. Sur le spectre politique, entre Besancenot et les alter-mondialistes et Nicolas Sarkozy et son UMP, de nombreuses choses peuvent encore se passer, entre scissions et alliances.

Par Loïc - Publié dans : Politique et société
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Lundi 26 novembre 2007

Désolé pour ceux qui n'aiment pas le football, mais la séquence foot continue. En effet, finalement, j'ai pu avoir une place pour Rennes-Lyon. Alors que je passais à tout hasard samedi vers quatorze heures à la boutique du stade rennais, le vendeur m'apprit qu'il y avait encore des places au tarif de 20 euros dans la tribune haute côté ville de Rennes, derrière les buts, juste au-dessus du parcage des supporters lyonnais. La société qui gère le stade avait sans doute prévu trop gros pour le déplacement lyonnais. Je me retrouvais donc avec une place -accompagnée d'un bon de réduction de 15 euros sur les achats de plus de 100 euros dans les boutiques Printemps (Pinault, qui possède cette chaîne de magasin, est aussi propriétaire du Stade Rennais)  trois heures avant le début de match, qui était avancé par rapport à la journée de championnat.

J'allais assister à mon premier match de Ligue 1. J'étais déjà allé une fois au stade, d'ailleurs dans cette même enceinte route de Lorient, mais il s'agissait d'un match de football féminin, décisif d'ailleurs. Je vous l'avais déjà raconté ;, dans le thème Carnet de voyage. J'aurais peut-être dû mettre cet article sur Lyon-Rennes dans le même thème, mais je le laisse dans le thème Spectacles sportifs, cinématographiques,? pour préserver une certaine continuité avec les articles précédents sur le football d'équipes nationales en Europe. En tout cas, il y aura cette fois-ci des images puisque j?ai pris des photos.


Ce qui m'impressionna d'abord fut l'affluence. Les rues aux abords du stade avaient été transformées en allées semi-piétonnes, et étaient remplies de petits groupes de gens qui convergeaient vers l'arène. Je déposais mon vélo, et fit un tour complet du stade, avant de trouver la bonne entrée. J?en profitais pour m'imprégner de l'ambiance. Je me rendais compte en voyant le stade se remplir, du nombre gigantesque de gens qu'un match de foot peut drainer. Pour les concerts musicaux, à part quelques shows spéciaux, qui d'ailleurs ont souvent lieu dans des stades, je crois qu'il y a moins de monde. La grosse salle de Paris-Bercy peut-t-elle contenir autant de spectateurs que le stade de rennes ? Bonne question. Qui dit un grand nombre de spectateurs dit de nombreux stadiers. Le stade rennais doit avoir de nombreux employés, entre les vendeurs, les contrôleurs d'entrée, les personnels de sécurité, les agents de nettoyage, les hôtesses des loges VIP, et les speakers. On entendait justement l'un d'entre eux chauffer le public dans l'enceinte. "Rouge et Noir ! Rouge et Noir !" Des vendeurs à la sauvette, à l'allure gitane, vendaient des écharpes de Lyon à cinq euros. Mais, la plupart des spectateurs de la foule que je fendais ou suivais portaient les couleurs de l'équipe locale. J'étais agréablement surpris de voir que, même si il y avait une majorité d'hommes, il y avait quand même beaucoup d'enfants et de femmes dans le public. L'affiche Rennes-Lyon facilitait ça aussi. L'Olympique Lyonnais, avec ses internationaux, a une  réputation, qui dépasse le cadre des fanas de foot. D'ailleurs, dans la tribune où je me trouvais, si la plupart des gens supportaient Rennes, on voyait ça et là quelques écharpes (achetées peut-être aux vendeurs à la sauvette) de Lyon au cou des enfants, pourtant sans doute bretons. Mais, le Lyon de Juninho, Benzema et Govou et les autres séduit au-delà des frontières de la région Rhône-Alpes.

Je m'asseyais au moment où le coup d'envoi était donné. L'équipe de Rennes faisait une première attaque, Wiltord, l'ancien lyonnais, touchait la balle, mais l'offensive ne donnait rien. Le match semblait partir sur de bonnes bases, et de là où j'étais, au-dessus du but gardé par le Lyonnais Rémi Vercoutre, je voyais bien le jeu. Les mouvements se succédaient. Et, alors que Benzema fonçait vers le but rennais, il s'écroulait. Je compris à la bronca du stade que l'arbitre venait de siffler penalty. C'était à l'autre bout du terrain, donc personnellement je ne pouvais juger de la validité de cette décision. Toujours est-t-il que Juninho transforma la sanction et Lyon menait 1-0 dès la septième minute. J'avais levé légèrement le poing. Mais, durant cette partie, je ne me fis pas spécialement supporter lyonnais. J'appréciais le beau jeu des deux équipes, c'est tout. J'applaudissais les belles actions, comme le reste du stade, que cela soit pour le mouvement et la percée offensive ou pour le geste défensif qui empêchait l'occasion ou le but, comme par exemple quand Matthieu Bodmer tacla en corner une passe latérale dans la surface d?un rennais, venue du côté gauche. Sur cette aile, je trouvais chez les Rennais Olivier Thomert particulièrement remuant et actif, même si son vis-à-vis lyonnais, Anthony Réveillère défendait avec hargne, que cela soit dans la surface ou sur l'aile, où il était aidé par un Sidney Govou qui était généreux dans ses efforts offensifs comme défensifs, au point de commettre quelques fautes. Son pote, Sylvain Wiltord, qui jouait désormais pour Rennes, participait au jeu offensif de son équipe, sans doute plus que son compère de l'attaque Mickael Pagis, qui avait tendance à rester plus en pointe, et eut de moins en moins de ballons au fil de la mi-temps. Il essayait toutefois d'exploiter les corners, tirés par Olivier Sorlin. Sur l'une de ces actions, Rémi Vercoutre, le gardien lyonnais dut boxer le ballon qui arrivait directement. Côté rennais, Rod Fanni, le défenseur latéral droit était aussi très présent, alternant le bon et le moins bon. Il faut dire qu'il était opposé au jeune lyonnais Hatem Ben Arfa. Ce dernier, entrant dans la surface un peu excentré, en évitant les défenseurs rennais, trouva le chemin des filets. Visiblement une action de classe. Et but ! Rennes se retrouvait mené 2 à 0 au bout de moins de trente minutes. Pourtant, les Rennais n'avaient pas démérité, et avaient sans doute été plus souvent dans la surface adverse que les Lyonnais. Ceux-ci, bien sûr, n'avaient pas fait que défendre, et avaient eu aussi de nombreuses séquences d'attaques, peut-être plus vives que celles de Rennes. Et, à au moins deux reprises, on vit aussi Lyon proposer une remarquable phase de conservation, avec des passes entre partenaires démarqués, qui amenaient le ballon aux abords de la surface rennaise avant de repartir vers les défenseurs, pour ne pas le perdre puisqu'ils menaient.

Coucher de soleil sur le stade : Benzema mène la contre-attaque

Les supporters lyonnais, dans la tribune du bas, allumèrent deux fumigènes. On vit quelques tirs rennais passer à côté du cadre. Il y eut aussi une belle combinaison entre les jeunes Benzema, Ben Arfa sur l'aile gauche. Plus tard, Karim Benzema fit une belle percée, progressant vers le centre devant la ligne de défenseurs de Rennes. Le ballon touché, échut à Govou, qui transmit à un autre joueur, probablement Juninho, mais les rennais, par leur gardien Simon Pouplin ou un défenseur sauvèrent le but. Le capitaine brésilien de Lyon, sur les phases défensives, était présent dans le premier rideau avec ses compères du milieu, Kim Kallström, et l'essuie-glace Jérémy Toulalan, permit la relance lors d'une ou deux récupération sur corner. Et, sur les phases offensives, il était le milieu qui montait le plus pour appuyer les actions de ses attaquants. Je pense qu'on peut donc parler d'un rôle de piston. Cependant, alors que la nuit était tombée, et qu'on commençait à ressentir le froid, la mi-temps fut sifflé, et les joueurs rentrèrent au vestiaire, Ben Arfa le dernier, puisqu'il avait visiblement été arrêté par l'homme de terrain de Canal+ pour répondre à quelques questions (sans doute très bateaux) laissant la place aux animations de la pause.



Une petite fanfare bretonne entama un tour de stade pour, avec leurs binious, cornemuses et autre instruments, pour offrir des airs celtes aux tribunes. Entre la ligne de touche et le rond central, une bâche ronde était étendues et des panneaux Orange étaient disposés, et de jeunes joueurs faisaient leur entrée pour challenge de la marque. Les équipes des villages bretons Guichen et Gonée s'affrontaient, les dix joueurs, chacun à leur tour, essayant de marquer face au goal adverse après une course depuis le milieu de terrain. Les deux premiers tireurs butèrent sur le gardien. Le premier à marquer fut un petit rouquin de Guichen, qui nous gratifia ensuite d'une pirouette. Deux speakers, un pour chaque équipe, demandaient  aux gamins leurs noms, chauffaient l'ambiance, et comptaient les points. Guichen prit l'avantage au début, mais Gonée revint dans le match au début. Le dernier joueur de l'équipe, vit le speaker avec son costume et son micro courir à ses côtés, et arrivé face au goal lui fit la passe. But ! Au final, je ne sais pas s'il fut comptabilisé, mais toujours est-t-il qu'on annonça un score de 5-5, avant de remballer le matériel en souhaitant un retour de Rennes dans le match.

Moi, j'avais mangé le paquet de chips offert à l?entrée du stade, bu le yoghurt que j'avais ramené, et mis mon bonnet et mes gants Olympique Lyonnais (voir un vieil article ; .)

 

Retour de la pause Benzema et Ben Arfa vont donner le coup d'envoi


Les joueurs, eux, avaient du reprendre des forces et rentraient sur le terrain, les Lyonnais et les remplaçants rennais d'abord. Puis, les onze rennais arrivèrent. Wiltord papotait un peu avec ses anciens coéquipiers Benzema et Ben Arfa, qui allaient donner le coup d'envoi, tandis que les équipes se mettaient en place. Visiblement un changement avait été réalisé chez les Rouge et Noir. Le numéro 19, Jimmy Briand, avait remplacé le numéro 7, Jérôme Leroy. Ce dernier, arrivé à Rennes cet été, faisait un bon début de saison, il avait été désigné par ses pairs meilleur joueur du mois d'octobre il me semble. Mais, sur ce match, il faut bien reconnaître qu'il n'avait pas été transcendant. Mais, j'aurais été incapable de qualifier sa mi-temps de bonne ou mauvaise. On l'avait peu vu. Je me rappelle d'une action, où Sylvain Wiltord, zigzaguant à travers le milieu lyonnais, avait sollicité le une deux avec Jérôme Leroy, dont la passe avait été trop molle. Bref, je ne sais si c'était plus pour raison tecnicho-tactique ou pour raison physique que Jérôme Leroy avait été sorti, mais quoi qu'il en soit, la décision de l'entraîneur Pierre Dréossi de faire rentrer Jimmy Briand, l'attaquant, indiquait une envie d'aller de l'avant, et de rattraper les deux buts de retard.

Je pouvais me servir du petit livret pour associer aux numéros les noms des joueurs. Je pus ainsi me rendre compte que le défenseur central, numéro 4, qui jouait aux côté du suédois Hannson facilement reconnaissable à la blondeur de ses cheveux mi-long, était Guillaume Borne, un jeune issu du centre de formation sans doute. Il m'avait bien semblé qu'il ne s'agissait ni de John Mensah ni de M?Bia qui ont la peau plus sombre.

Pour cette seconde mi-temps qui venait de repartir, la défense rennaise me tournait le dos. A peine cinq minutes après le début, il y eut un choc en milieu de terrain, qui arrêta le jeu. Un Lyonnais était au sol, et il fallait appeler la civière. En regardant les joueurs qui restaient debout, par élimination, je compris qu'il s'agissait de Benzema. Un certain nombre de Rennais, et tous les Lyonnais, sauf Rémi Vercoutre et Sébastien Squillaci qui était allé d'abord se mettre en place pour le coup franc, puis était revenu, l'entouraient. La civière arriva et l'emporta directement aux vestiaires, tandis que l'auteur de la faute, le capitaine rennais Bruno Cheyrou écopait d?un carton jaune. L'éventuelle blessure de Benzema pouvait inquiéter le staff lyonnais, alors que se profilait mardi un très gros match contre Barcelone. Si Benzema n'était pas remis d'ici là, il faudrait faire confiance à l'attaquant brésilien Fred ou à l'attaquant tchéque Baros. Fred, justement fut renvoyé à l'échauffement par l'entraîneur Alain Perrin, alors qu'il s'apprêtait à enlever sa chasuble. Il fit quelques petites courses aux côtés de Kader Keita, juste en-dessous de ma tribune. Lyon joua quelques minutes à dix, avant que Perrin, dans son grand manteau noir, fasse signe à Fred de revenir. Je ne sais pas si ce fut avant ou après sa rentrée, mais à un moment Govou, bénéficiant d'une ouverture à la limite du hors-jeu, buta sur le gardien. L'arbitre ne siffla pas penalty. Côté rennais, il y eut quelques beaux mouvements. Sur l'un d'eux, Sylvain Wiltord reçut le ballon devant lui au centre à l'entrée de la surface. Il tira aussitôt avant que la porte de la défense ne se referme. Mais, rémi Vercoutre put s'emparer de cette balle qui arrivait au centre de ses cages.

Echauffement des remplaçants : Keita, Clerc, (Mensah ou Mbia ?), Belhadj, Marveaux, Emerson

 

François Clerc et Nadir Belhadj avaient rejoint Kader Keita à l?échauffement, chez les chasubles verts Novotel. Pour les Rennais, les chasubles rouges Puma, il y avait à l'échauffement Marveaux, Emerson, et un joueur noir, probablement M'Bia. Je les voyais, juste en-dessous de ma tribune, faire des étirements, regarder le match et discuter un peu. Dans le quart de terrain, le plus proche de moi, Réveillère, qui progressait avec le ballon, fut séché et resta à terre. Certains joueurs, dont Sidney Govou ralentirent un peu, mais Juninho, à qui était arrivée la balle, joua l'avantage, faisant une passe en profondeur pour son compatriote Fred, qui fut contré au moment où il armait sa frappe. Réveillère se releva, apparemment sans dommage.

Kader Keita remplace Sidney Govou

 

Il y eut ensuite deux changements : Michael Pagis sortit, sous les sifflets d'une partie du public rennais, qu'il n'a pas convaincu, et Sylvain Marveaux le remplaça. Et, Sidney Govou prit le temps de sortir, remplacé par Kader Keita. Celui-ci fut présent, mais avec peu d'efficacité. Avec Fred et Keita, on sentait le jeu moins fluide qu'avec Govou et Benzema. A un moment, par exemple, après une passe dans le zig de Keita et un appel dans le zag trop prêt des défenseurs de Fred, on vit un petit geste des mains de l'Ivoirien pour signifier à son compère brésilien ce qu'il aurait du faire. La confiance de Fred ne s'arrangea pas au cours du match, bien au contraire. Il fut sifflé une ou deux fois hors-jeu, rata en général les quelques duels (sur des ballons aériens, ce n?est jamais facile) qui lui furent offerts avec la défense. A un moment aussi, on le vit prendre sa tête dans les mains en s'arrêtant de courir, sur une passe en profondeur, qui avait finalement été touchée par un pied rennais. Le ballon était tout près d'être jouable. Il est vrai que l'aspect mental joue beaucoup sur le rendement d'un attaquant, puisqu'il s'agit souvent de bien sentir les coups.

Comme les lyonnais devenaient brouillons en attaque, les rennais pouvaient assez souvent récupérer assez vite la balle, et essayer de porter le danger sur la cage de Rémi Vercoutre, qui fit à un moment un superbe arrêt, alors que le stade croyait au but. Je n'ai vu cette action (comme les deux buts en première mi-temps d'ailleurs) que de loin, puisqu'elle se jouait à l'autre bout du terrain.

Loïc Remy, le jeune (de la même génération que Benzema et Ben Arfa) rasta de l'équipe lyonnaise, avait rejoint Nadir Belhadj et François Clerc à l'échauffement. Ce dernier fut appelé par Alain Perrin, et le dernier changement de Lyon eut lieu, avec la sortie de Juninho. Une minute après, Rennes faisait de même, avec Emerson qui remplaçait Olivier Thomert. Les autres remplaçants potentiels pouvaient rejoindre le banc.

Avec la rentrée de François Clerc, Kader Keita passa sur l?aile gauche, Hatem Ben Arfa se déplaçant un peu plus vers l?axe. Du côté rennais, Briand, Wiltord, Emerson, décrochaient souvent. La domination rennaise de fin de partie fut stérile, et le score resta à 2 à 0, à l'issue du temps réglementaire et des trois minutes d'arrêts de jeu.

Les joueurs sortirent tranquillement de la pelouse. Juninho et Govou, qui avaient endossé leurs manteaux firent quelques pas en direction de la tribune pour remercier leurs supporters. Les Rennais firent de même du côté de la tribune d?en face. Au milieu du terrain, Kim Källström discutait un peu avec son adversaire et compatriote suédois Hannson. Rémi Vercoutre, et sa combinaison jaune, fit aussi un petit coucou aux supporters.

Bientôt, le terrain fut vide, et les tribunes se vidaient aussi. J'étais un des derniers à sortir. J'avais passé une très bonne soirée où je ne m'étais pas du tout ennuyé.

Les joueurs sortent du terrain

 

Concernant le résultat, le score était un peu sévère pour les Rennais, mais les Lyonnais avaient su être plus tranchants dans leurs attaques et afficher plus de maîtrise, surtout dans la première mi-temps.

Dans les travées du stade, je pus revoir sur un écran des ralentis du but magnifique de Ben Arfa, où il échappait au tacle de deux défenseurs, effaçait Borne d'une feinte de corps, et croisait bien sa frappe pour marquer. C'était la fin de la retransmission de Canal+. Apparemment, les commentateurs étaient les Christophes, Josse et Dugarry. Quelques images du vestiaire lyonnais montrèrent un Benzema rhabillé, qui ne semblait pas souffrir.

Je faisais le tour du stade et m'arrêtait devant la sortie des loges VIP. Pendant un temps, il ne se passa pas grand chose. Si, je vis sortir un monsieur d'assez grande taille, avec ses lunettes et son brushing qui me disait quelque chose. Laszlo Bolöni, non ! Peut-être, Bernard Lapasset, le futur ex-patron de la fédération française de rugby. Bref, je ne sais pas. Il y eut aussi Christophe Josse, qui passa, je crois derrière la baie vitrée. Un supporter rennais, sans doute éméché, vint traiter les lyonnais de noms que je ne répéterais pas ici, scandalisé qu'il était par le penalty de début de match. Puis, à la sortie du vestiaire, dans l'espace derrière les barrières et le rang de journalistes, sortirent les premiers joueurs : Matthieu Bodmer, je crois, était le premier avec sa casquette blanche, même si je ne suis pas sûr de l'avoir reconnu, je crus aussi apercevoir Toulalan et Benzema. Je m'éloignais un peu, et rejoins le bords des grilles, où déjà de nombreux supporters, dont beaucoup d'enfants, attendaient les joueurs. Et, finalement, je fis un peu comme ces fans, j'attendis des joueurs pour essayer de les prendre en photo. Je ne suis quand même pas allé jusqu'à essayer d'avoir un autographe. Bodmer, Toulalan, Grosso, Réveillère, Fred, Keita s'arrêtèrent tour à tour plus ou moins longuement pour signer des autographes. Je vous épargne la dizaine de photos que j'ai prises de plus ou moins bonnes qualités. Vous aurez juste le droit à un champion du monde, Fabio Grosso, et à un Rennais, qui signa des autographes, Emerson.














       Bernard Lacombe, le manager de Lyon et ancien joueur du club, signa aussi un ou deux autographes, avant de partir pressé vers le bus. Juninho et Ben Arfa, eux, se contentèrent d'un signe de la main, soulevant les cris de la foule. Juninho fut le premier à l'applaudimètre, je crois. Kallström, qui arriva ensuite, fut aussi bien acclamé. Son passé d'ancien joueur de Rennes jouait pour lui. Par contre, celui qui eut droit à une bronca fut Jean-Michel Aulas, le président de l'Olympique Lyonnais. Ses déclarations fielleuses sont assez peu appréciées dans le public français. Je vis encore Sébastien Squillacci passer à son tour à la case autographes. Puis, je partis, alors que les Lyonnais montaient dans leur bus OL.

        Leur prochain match, avec ou sans Benzema, c'est demain à Lyon contre le Barça...
Par Loïc - Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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Jeudi 22 novembre 2007
             La France ira donc à l'Euro 2008, chez ses voisins alpins : Suisse et Autriche. Depuis 1994, la France n'a plus raté une phase finale de compétition majeure. Ceci n'est pas une tâche si évidente que cela car les qualifications en Europe mettent en jeu de plus en plus de pays et sur un match l'écart entre petites nations et grandes nations tend à diminuer.

              La France avait entamé le tournoi de qualifications pour l'Euro 2008 en 2006 par une victoire de prestige 3-1 contre l'Italie, qui l'avait récemment battue aux tirs aux but dans la rencontre la plus capitale que peut espérer jouer un footballeur, c'est-à-dire la finale de la Coupe du Monde. Par la suite, avec des matchs où elle avait fait respecter la hiérarchie, mais une défaite en Ecosse, la France s'était retrouvée assez bien placée dans son groupe de qualifications, mais sans aucune assurance étant talonnée par l'Ecosse et l'Italie.

           A la rentrée 2007 , la nouvelle saison des matchs internationaux avait commencé par une séquence où la France affrontait ses deux principaux adversaires. Si le match nul sans buts contre l'Italie à Rome avait été solide et un résultat intéressant, la défaite aux Parc des Princes contre l'Ecosse 1-0 donnait au bilan de ces deux matchs un aspect négatif. La France n'avait pas réussi à marquer de buts. Ses attaquants, que cela soit Thierry Henry le leader, Nicolas Anelka, qui s'étiolait un peu par rapport à son superbe printemps en Bleu, ou David Trezeguet, dont la place semblait de plus en plus menacée, étaient restés muets. L'apport offensif des milieux défensifs, comme Claude Makelele et Patrick Vieira, qui semblait commencer une nouvelle saison pleine de blessures, ou des défenseurs latéraux, n'était pas assez bon. Par exemple, le jeune Lassana Diarra, bombardé par Raymond Domenech, défenseur latéral droit, avait  prouvé à la fois contre l'Italie qu'il avait les qualités défensives pour le poste contre lItalie, et  qu'il n'avait pas les qualités offensives pour le poste contre l'Ecosse. A noter que le titulaire normal de ce poste est sur le point de revenir d'une longue période de blessure de plus de six mois : il s'agit de Willy Sagnol.

      La séquence suivante en octobre 2007 avait été plus rassurante, avec deux victoires à buts. Certes, c'était contre des équipes faibles. Mais, après un long voyage retardé par le brouillard,  juste après être sortis de l'avion, battre les Féroe à domicile 6-0 est appréciable, tout comme réussir à se débarasser de Lituaniens accrocheurs à Nantes en craquant leur défense dans la deuxième moitié de la seconde période. 2-0. L'occasion pour Thierry Henry d'égaliser, puis de dépasser le record de buts en équipe de France de Michel Platini. L'occasion pour Jérôme Rothen, qui retrouvait l'équipe de France, de marquer son premier but sous ce maillot. L'occasion de continuer l'intégration de jeunes joueurs, dont certains se montraient très précieux offensivement, comme les jeunes Lyonnais Ben Arfa et surtout Benzema. Plus anecdotique, ces deux matchs furent aussi l'occasion de permettre à Christian Jeanpierre, la doublure de TF1, de profiter de l'absence du titulaire Thierry Gilardi, occupé par la Coupe du Monde de rugby, pour commenter un match de l'équipe de France. A mon sens, Jeanpierre n'a pas été plus désagréable que Gilardi et son côté hyperbolique de commercial.

        La dernière séquence, c’est celle de ces derniers jours, avec donc une qualification apprise hors match et deux matchs qui se sont soldés tous les deux par des soldes de parité 2-2 – et ça fait beaucoup de 2 - , scores assez rares pour la France, dont la défense est en général assez imperméable.

Le premier match avait lieu le vendredi et opposait les Bleus au Maroc au stade de France, dans un environnement public hostile. Je n’épiloguerais pas sur le caractère plus ou moins français, plus ou moins marocain, plus ou moins puéril, plus ou moins étendu, et plus ou moins grave des sifflets d’une frange des spectateurs. Reste que le match fut beau, et le Maroc a vraiment offert de jolis mouvements, via ses joueurs offensifs comme un Chamakh (joueur de Bordeaux) qui décrochait à bon escient, un Hadji (joueur de Nancy) très inspiré, et un Sektioui (joueur de Porto) très perçant, et ses joueurs de débordement comme Basser (le défenseur latéral de Nancy plus connu en France sous le nom de Mickaël Chrétien), dominant par épisodes la France dans l’entrejeu. Le premier but fit suite à une belle frappe de Youssouf Hadji. Michael Landreau relâcha le ballon, alors que la défense n’avait pas suivi un Sektioui qui se précipita pour frapper et marquer. La défense et le gardien du Maroc offrirent eux aussi une belle opportunité aux Bleus qui ne se firent pas prier. Le dégagement du gardien fut contré à vingt mètres du but. Sidney Govou s’empara du ballon, le transmit à Samir Nasri, cerné de quatre défenseurs. De là, le ballon revint à Sidney Govou, en train de pénétrer dans la surface de réparation. Et, le joueur lyonnais marqua. Les Français se montrèrent encore dangereux à partir du moment où ils récupéraient la balle dans la partie de terrain marocaine. Dans la seconde mi-temps, on eut à nouveau, au lieu des batailles du milieu qui sont le lot de certains matchs tendus, des alternances entre des périodes de domination marocaine et française.  Un mouvement précis permit au Bleu de prendre l’avantage. Jérôme Rothen centra sur Nicolas Anelka, qui venait de rentrer à la place d’un Karim Benzema bien discret. L’attaquant français s’éleva plus haut que son vis-à-vis et remit la balle de la tête sur Samir Nasri, qui contrôla le ballon en air et légèrement sur la droite, avant de décocher une magnifique frappe qui alla se loger dans le but marocain. La France semblait se diriger vers une victoire dans ce match amical où les changements succédaient aux changements, et le Maroc fit une nouvelle incursion dans le cas français, un centre en retrait et un beau but.


Le match contre l’Ukraine à Kiev était officiel puisque c’était le dernier des éliminatoires, mais n’avait guère plus d’enjeu, puisque la France était déjà qualifiée. Mais, Raymond Domenech et ses joueurs se faisaient un point d’honneur de prouver qu’ils se seraient qualifiés quel qu'ait été le résultat d’ Ecosse-Italie .

J’ai raté les quinze premières minutes de la partie, qui virent, dit-t-on la France dominer, puis les Ukrainiens sortir et mettre un but au gardien français, Frey, qui fêtait sa première sélection,  par le joueur de Liverpool, Voronin. Mais, Thierry Henry égalisait peu après. Sur une ouverture de Claude Makelele, il se retournait, surprenant deux défenseurs, et frappait en déséquilibre. L’Ukraine continuait à à quasi-dominer la partie, et à être dangereuse, avec notamment ses quatre joueurs offensifs très mobiles, Voronin, Rotan, Gusev et l’ancien Ballon d’Or, Andreï Chevchenko. La France plantait quelques banderilles, et Govou par un une deux avec un joeur que j’avais d’abord identifié comme Thierry Henry, mais qui en fait était Karim Benzema, dépassait la défense et allait battre le goal ukrainien en assurant une bonne frappe du plat du pied. Les Bleus rentraient donc aux vestiaires pour se réchauffer en menant 2-1.

A la pause, Samir Nasri remplaça un Karim Benzema assez discret. Et, dix minutes après le début de la seconde période, ce fut le coup du sort. Sur une tête lobée mais pas vraiment maîtrisée d’Andreï Chevchenko, Sébastien Frey ne capta pas bien la balle, sans pour autant la boxer très fort. Et le ballon alla se loger en lucarne. 2-2. Le score en resta là, malgré la belle activité de Franck Ribéry d’un côté, et de l’autre côté, quelques chaleurs dans la défense française, notamment quand un défenseur ukrainien coupa de la tête un coup de pied arrêté, et que le ballon passa juste à côté des buts.

La France était qualifiée, et Thierry Henry pouvait donner son maillot à un petit enfant ukrainien.

Henry félicite Govou après son but (photo l'Equipe)

            Mais, force est de constater sur ces deux matches que si on a vu des défenses fébriles du côté des adversaires de la France, ce qui a permis à la vivacité des joueurs offensifs bleus de plusieurs fois bien les déborder, et de faire preuve de réalisme dans la zone de vérité, on a vu aussi une défense française fébrile, ne sachant pas toujours bien se placer notamment sur les centres en retrait. Il n y eut pas aussi assez de vigilance sur les ballons repoussés par les gardiens.

           Ceux-ci sont justement montrés un peu du doigt. Les observateurs estiment que Mickaël Landreau aurait du pouvoir contrôler le ballon sur la configuration du premier but marocain. Je ne me prononcerais pas. Il me semble que le joueur du Paris Saint-Germain, s’il est en général bon pour arrêter des penalties, n’est pas toujours parfait sur les balles aériennes. Bref, ce n’est pas le meilleur gardien du monde, et probablement pas de France. Certains trouvent qu’il ne mérite pas sa place de numéro 2. Ces détracteurs-là avaient tendance à dire que Sébastien Frey, auréolé d’une très bonne réputation dans le Calcio, où il joue à la Fiorentina, mériterait de prendre la place de Landreau. En tout cas, la première sortie en bleu de Frey n’a pas été satisfaisante. Il se dit victime d’un éblouissement par un projecteur sur le but de Chevchenko, mais en tout cas, il n’a pas respiré la sérénité tout le temps. On verra ce qui se passera : le poste de gardien ne manque pas de talents en France, même si la plupart n’ont sans doute pas assez d’expérience internationale. Et, Grégory Coupet, le gardien de l’Olympique Lyonnais, devrait revenir de blessure, et reprendre sa place de titulaire. Si c’est le cas, je ne vois pas de grosse objection à ce que Landreau et Frey soient ses doublures à l’Euro. Bref, on verra.

            Concernant la charnière centrale, j’aime beaucoup le footballeur Lilian Thuram, mais je crois qu’il n’a plus un niveau exceptionnel pour figurer parmi les meilleurs européens. Il est déjà âgé et ne joue plus qu’épisodiquement à Barcelone, où, il est vrai, la concurrence est rude. Cela dit, avec une bonne préparation des deux joueurs, la charnière Lilian Thuram – William Gallas , de par son expérience, est bonne pour le service à l’Euro, je crois. Peu d’autres combinaisons ont réellement été testées avec succés. Reste peut-être l’option d’une défense Gallas (ou éventuellement Thuram) – Abidal.

            Le défenseur latéral, qui a livré une partie honnête mais sans plus contre l’Ukraine, délivrant quand même un très joli long et précis centre vers je ne sais plus qui (Govou, Diarra ou Henry, je crois), glisserait alors au centre, laissant sa place à un autre latéral, comme Patrice Evra. Le Mancunien est plus offensif. Contre le Maroc, son bilan sur l’aile est mitigé, perdant sans doute autant de balles qu’il faisait de bonnes passes. Et, niveau défensif, il s’est quand même fait prendre dans le dos plusieurs fois par les offensives marocaines.

            De l’autre côté, François Clerc est souvent accusé de ne pas assez se lâcher. Mais, défensivement, il n’a pas été trop mauvais, et offensivement, il a été assez présent lors de ces deux matches. Avec ses percées par combinaison avec son compère Govou notamment, ses frappes, certaines trop hautes ou molles, mais une belle cadrée contre le Maroc, et ses têtes sur corner, où on le cherchait assez systématiquement, il a été impliqué dans plus d’occasions que l’attaquant Karim Benzema. Je pense que Clerc est plus pertinent que Lassana Diarra en arrière droit, même si ce ne sera pas le numéro 1 si Willy Sagnol revient à son niveau après sa longue blessure, et pas forcément le numéro 2. Il paraît que Bakari Sagna, qui n’a eu l’occasion de s’exprimer en Bleu qu’une fois contre les Féroés, est bon à Arsenal. Et, Anthony Réveillère, dans les derniers matchs de l’équipe lyonnaise, est un peu plus titulaire que François Clerc.

 

            L’association des « petits » Lassana Diarra  -  Claude Makelele à la récupération ne m’a guère convaincu durant ces deux matchs, où la France a eu de nombreuses phases où elle était copieusement dominée en milieu de terrain.

Le duo des anciens Makélélé – Vieira, même s’il n’est pas toujours au top, en particulier dans les phases offensives, a montré de bonnes choses notamment à la dernière Coupe du Monde. Le duo Makelele – Toulalan du mois dernier, semble aussi offrir de bonnes garanties. On a eu l’occasion de voir Flamini, le milieu récupérateur d’Arsenal, dix minutes en bleu contre le Maroc, donc il est difficile de le juger. Légèrement blessé, il a quitté ses compatriotes avant le match contre l’Ukraine, alors qu’on avait un tant évoqué l’idée que Raymond Domenech le titularise comme relayeur.

L’autre milieu axial, un peu plus offensif, c’est Samir Nasri. Le jeune Marseillais, lors de son match complet contre le Maroc, et surtout lors de sa mi-temps contre l’Ukraine, m’a semblé très discret. Ses partenaires avaient semble-t-il du mal à le trouver et lui à se démarquer. Cela dit, contre le Maroc, il a été impliqué sur les deux buts français. Est-ce que c’est cela la classe du milieu offensif ?

Plus à gauche au milieu de terrain, on a vu aussi Jérôme Rothen contre le Maroc. Il lui arrive de faire des centres précis, mais il n’est pas très rapide. Bref, il a l’avantage d’être un type de joueur qu’on n’a pas trop dans l’équipe de France, mais je ne sais pas si cela suffira à le faire venir à l’Euro. Je ne le crois pas. Florent Malouda, plus coureur, a participé au rassemblement, mais il a fait constater sa blessure, et est reparti dans son club londonien de Chelsea. Il reste un titulaire probable.

C’est Franck Ribéry qu’on a vu à gauche (hors permutations) contre l’Ukraine. Le joueur est toujours aussi généreux dans ses efforts, et capable d’éliminer un ou deux défenseurs sur une accélération. On a vu une frappe partir au-dessus du cadre, mais globalement, il reste le joueur offensif le plus talentueux selon moi.

 

A droite, c’était Sidney Govou et, celui dont certaines sélections dans des listes d’équipe de France furent décriées, assure cette saison. Avec son club, Lyon, mais aussi avec l’Equipe de France, puisqu’il a marqué lors des deux matchs, et s’est montré très remuant. A noter quand même deux-trois contrôles en arrière (qu’on a pu voir aussi chez Clerc) dans la surface de vérité, sur des balles, qui, c’est vrai, n’étaient pas très faciles à gérer.

Nicolas Anelka a joué une petite mi-temps contre le Maroc, faisant la passe décisive à Nasri. C’est un bon attaquant.

Thierry Henry, lui, a marqué, et améliore encore son record. Il n’est pas toujours parfait dans le jeu ou à la conclusion des actions, mais je suis d’accord pour dire qu’il est incontournable. Outre ses bonnes statistiques, on sent qu’il pèse sur les défenses, et il sait se rendre disponible.

Karim Benzema, lui, a semblé moins disponible. Il a été plutôt discret. Le jeune attaquant a fait un mois d’octobre et un début de novembre du tonnerre à Lyon, mais aussi en équipe de France, et sa qualité balle au pied faisait à juste titre arriver les comparaisons avec Ronaldo « Il fenomeno » . Mais, il faut confirmer, et une saison est longue, avec des temps faibles à gérer. Nous l’observerons encore lors des matchs amicaux de la prochaine année civile.

En effet, les Bleus, qui étrennaient un nouveau maillot contre l’Ukraine, en ont fini pour l’année 2007.

 

En attendant, le foot de club reprend, avec pour l’Olympique Lyonnais de Govou, Benzema, Ben Arfa, Clerc, Toulalan, Squilacci et les autres un programme copieux et alléchant.

L’O.L. se rend à Rennes, où j’habite, pour ce qui s’annonce comme une affiche du championnat compte-tenu du début de saison des rouge et noir qui devraient voir le retour de blessure de l’ancien Lyonnais Sylvain Wiltord. Dommage que je n’ais pas été assez réactif. J’ai lu que les places pour ce match Route de Lorient se sont arrachées comme des petits pains.

Trois jours après, c’est la Ligue des Champions et Lyon reçoit la grande équipe de Barcelone, avec ses trois français Henry, Abidal et Thuram.

Par Loïc - Publié dans : Spectacles sportifs, cinématographiques,...
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Jeudi 22 novembre 2007
         Nous verrons donc sur les pelouses austro-suisses en juin prochain la Suisse, l'Autriche, la Grèce, les Pays-Bas, la Croatie, la République Tchéque, l'Italie, le Portugal, la Suéde, l'Allemagne, l'Espagne, la Roumanie, la Pologne, la France, la Turquie et la Russie.

       Tous ces pays, hors les deux organisateurs, se sont qualifiés en bataillant dans des matches aux quatre coins de l'Europe, et en terminant aux points dans les deux premiers de leur groupe. Certains, comme par exemple l'Allemagne et la Grèce, se sont mieux débrouillés que d'autres, s'assurant la qualification il y a un mois. La situation s'est globalement décantée avec l'avant-dernier match de poule samedi dernier. Il restait quatre places à prendre, avec quatre équipes : Turquie, Angleterre, Portugal et Suéde, qui étaient en ballotage favorable, puisqu'il ne leur suffisait de ne pas perdre.
         Mais, le foot offre des surprises, et statistiquement, on savait que sur les quatre cas, il pouvait y avoir au moins un retournement de situation. La Suède, le Portugal et la Turquie ont bien géré leurs matchs. Mais, l'Angleterre, elle, a failli, perdant chez elle contre la Croatie, pourtant déjà qualifiée. Mais, les joueurs croates , en plus des motivations comme l'honneur du compétiteur, s'étaient vu promettre, en cas de victoire contre les Anglais, une Mercedes chacun par un milliardaire russe. En effet, la Russie pouvait espérer passer devant l'Angleterre si ceux-ci perdaient et si elle gagnait contre l'Andorre, adversaire à priori facile. Les joueurs de la principauté pyrénnéenne donnèrent toutefois du fil à retordre aux Russes, puisqu'ils ne gagnèrent que 1 à 0. Pendant ce temps-là, à Londres, l'Angleterre était menée par la Croatie 2 à 0. Visiblement, malgré ses grands joueurs de club, comme les milieux de terrain Franck Lampard et Steven Gerrard, et les attaquants Wayne Rooney (je ne sais pas si il jouait hier) et Peter Crouch (et sa taille de plus de 2 m), l'Angleterre ne parvenait pas à prendre le jeu à son compte. Comme sa défense et son gardien n'étaient visiblement pas d'un grand niveau, à cause d'absence de titulaires sur blessure, et aussi d'un vivier de bons joueurs limité sur ces postes (on dit souvent que les gardiens anglais sont calamiteux), les joueurs techniques de Croatie avaient trouvé deux fois la faille. Cependant, à la radio, je suivis l'évolution du score et le retour des Anglais 1-2 puis 2-2. Là, on peut se dire qu'ils ont fait le plus dur, et qu'ils vont se qualifier,  tant pis pour les Russes. Pourtant, parce qu'ils ont reculé et perdu leurs intentions dans le jeu, ils vont se prendre un troisième but croate. Insistant dans un kick'n rush sans imagination pour la fin de la partie, ils n'arriveront pas à égaliser. Et, l'Angleterre, qui a enfanté le football, n'ira donc pas à l'Euro.

Steven Gerrard, le talentueux milieu de terrain de Liverpool, était capitaine
mais dans l'équipe d'Angleterre, il n y a pas eu ce supplément d'âme pour arracher la qualification



          A l'image de ce dernier match, l'évolution des positions dans ce groupe des éliminatoires a été chaotique. En dehors de la Croatie, qui a survolé les débats, les équipes ont enchaînés les bons résultats avec les désillusions. A mi-parcours, l'Angleterre n'était pas très bien placée, à la lutte, mais un peu derrière Israël et la Russie. Mais, des victoires nettes à domicile sur Israël et la Russie, la relançaient. Et, à la mi-temps du match retour contre la Russie à Moscou, l'Angleterre menait et était pratiquement qualifiée. Mais, la seconde mi-temps était mal gérée, et la réaction des Russes, entraînés par le malin néerlandais Guus Hiddink, était forte, et leur permettait d'égaliser puis de prendre l'avantage. Et, là, en 45 minutes, le destin de l'Angleterre basculait. Avec un match restant, elle n'était désormais plus maître de son destin. La Russie, si elle gagnait ses deux  derniers matchs , à l'extérieur mais contre des équipes déjà éliminées, se qualifiait. Et, samedi dernier, l'Angleterre retenait son souffle lorsque la Russie affrontait Israël à Tel-Aviv. Et, le miracle se produisit. Israël, qui, dans ces dix dernières années, est devenue une équipe plutôt performante et pas facile à jouer, comme on a pu le constater lorsque la France les affronta pour la qualification à la dernière Coupe du Monde, l'emporta 2-1. L'Angleterre poussait un ouf de soulagement, il ne lui suffisait plus que d'un match nul pour se qualifier alors que la situation paraissait jusqu'alors compromise. On connaît la suite. Et, les îles britanniques où est né le football, n'aura donc pas de représentants à la Coupe d'Europe des Nations en 2008. (Tout va très vite dans le football , regardez ce que je disais dans l'article d'il y a deux mois )
          En effet, l'Irlande-Eire et le Pays de Galles n'ont jamais vraiment été dans le coup pour la qualification. Ce mercredi, l'Irlande du Nord, qui avait fait une campagne méritoire, n'a pu bénéficier d'un faux-pas des Suédois. Et, l'Ecosse, qui, elle aussi s'était battue jusqu'au bout pour la qualification avec notamment ses deux courtes victoires sur nos Bleus, avait été éliminée samedi par l'Italie, qui gagnait 2-1 à Ibrox Park, ce qui qualifiait dans le même temps la France.

          Nos vice-champions du monde et les champions du monde italiens seront donc à l'Euro austro-suisse en juin prochain, ce qui, pour moi, n'est pas une mauvaise nouvelle pour l'intérêt de la compétition. Au-delà d'un certain chauvinisme, il faut bien reconnaître que la France et l'Italie sont de belles équipes, dont les confrontations avec d'autres ténors européens sont des affiches alléchantes. Il y a plusieurs joueurs de classe dans ces équipes. J'aime particulièrement le duo complémentaire Pirlo-Gattuso côté italien et Luca Toni est un attaquant racé, comme on dit. Après, il est vrai qu'il arrive souvent à la France et à l'Italie d'avoir recours à des tactiques défensives lors des matches-couperets, bétonnant presque autant que l'Ecosse contre la France dans ces éliminatoires (et ces fameuses deux victoires 1-0 sur les Bleus qui ont dominés et se sont englués dans le bloc défensif du chardon, avant de se prendre un but plein de réalisme des Ecossais)   Cela dit, durant ces éliminatoires, le jeu écossais a sans doute parfois été plus paré de bonnes intentions d'aller de l'avant.
           Cela a été le cas lors du dernier match contre l'Italie, où, suite à leur faux pas en Georgie et leur défaite, ils devaient à tout prix l'emporter. L'Italie, contrairement à la France, n'a eu besoin que d'une incursion dans la surface écossaise, pour ouvrir le score par Luca Toni suite à un débordement et un centre en retrait de Di Natale ou Zambrotta si j'ai bien vu, dès les premières minutes. Par la suite, on vit plusieurs fois côté Italien ce genre de belles séquences de jeu de contre-attaque fluide, avec longue ouverture vers l'avant, débordement, et centre en retrait : Camoranesi mit le ballon au-dessus sur une passe de Luca Toni, et plus tard, peu avant la mi-temps, Di Natale tira avantage d'un ballon dans la surface, suite au boxage d'une belle frappe par le gardien écossais, pour marquer. Mais, le but fut refusé, visiblement pour un hors-jeu qui n'y était pas. Certains évoquent un bras italien à un  moment de l'action. Toujours est-t-il qu'à la mi-temps, le score était de 1-0. Et, l'Ecosse avait été dangereuse aussi, en particulier sur coup de pied arrêté, chaque corner apportant un frisson sur les cages du gardien emmitoufflé Gianluigi Buffon, comme à la 44éme minute, quand Pirlo le suppléa de la tête sur sa ligne. Ce n'était que partie remise pour les Ecossais puisqu'ils trouvaient finalement l'ouverture au cours de la seconde mi-temps. Gianluigi Buffon ne peut contrôler le ballon sur une frappe écrasée à ras de terre. Un défenseur italien et un joueur écossais (Mac Cullough, je crois) se précipitent vers le ballon. Mais, peut-être à cause d'un tout petit hors-jeu, l'attaquant a une jambe d'avance sur son vis-à-vis et l'Ecosse marque. Cependant, à 1-1, elle n'a pas encore assuré sa qualification, puisqu'il lui faut gagner pour passer devant l'Italie, les deux équipes pouvant toutefois être qualifiées seulement si la France perd en Ukraine la journée suivante. La fin de la mi-temps, avec les changements des deux côtés, est un peu plus brouillonne, et il n y a guère de grosses occasions si ce n'est la reprise de Mac Fadden qui ne trouve pas le cadre. Et, un coup franc bizarre est sifflé pour l'Italie. Le ballon est mis dans la boîte, et Christian Pannuci, entré en jeu, marque de la tête. L'Italie mène 2-1. Et, je me rends compte alors qu'on est tout près du coup de sifflet final. Et, ainsi,se termine le match. L'Italie, et la France sans jouer, sont qualifiés. L'Ecosse, pour qui c'était le dernier match de ces éliminatoires, est éliminée, et les joueurs baissent la tête de déception devant leur public. Ce qui me fait penser que, si j'ai bien apprécié le match, je regrette de ne pas avoir eu le son pour les hymnes : l'hymne italien est sympathique et "Flowers of Scotland" repris par un choeur de stade doit être grandiose.
          Tant pis donc pour l'Ecosse, mais il ne fallait que deux qualifiés dans ce groupe. Et, l'Italie, battant à domicile à la petite équipe des Iles féroës, et surtout la France, en déplacement périlleux dans le froid ukrainien, ont pu jouer sans trop de pression ce mercredi. A noter que ce dernier match des Bleus en éliminatoires fut l'occasion de prouver que la qualification de la France n'était pas dûe qu'au résultat du match Ecosse-Italie, qui aurait pu basculer d'un côté comme de l'autre, mais surtout aux pieds des Bleus, puisqu'ils ont arraché le match nul 2-2 qui les aurait qualifié même si l'Ecosse et l'Italie avaient fait match nul.

    Je vais maintenant vous parler des Français, et, comme cela en devient une habitude quand je parle de sport, je crois qu'il est plus sage de faire une deuxième partie pour cela.

 

 

 

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