Concours

Dimanche 20 juillet 2008
            

                Mark Cavendish et Ricardo Ricco ...        


            Mark Cavendish et Ricardo Ricco ont en commun d’êtres tous les deux jeunes : âgés de moins de 23 ans, ils concourent pour le maillot blanc. Ils ont aussi en commun d’avoir impressionné la caravane en frappant plusieurs fois dans ce Tour. En revanche, leurs caractéristiques sont différentes. D’un côté, Ricardo Ricco, Italien de la Saunier Duval, est un grimpeur avec un poids plume et un démarrage impressionnant dans les cols. De l’autre Mark Cavendish, l’Anglais de la Team Columbia, est un sprinter avec une puissance énorme et une adresse héritée de la piste dans l’emballage final.

            Je vous avais laissé dans le précédent billet , sur une victoire de Marc Cavendish à Chateauroux dans le premier sprint massif à plat. Et, c’est Ricardo Ricco qui lui a succédé sur le podium du vainqueur d’étape le jour suivant alors que le Tour abordait le Massif central. Dans une étape qui a commencé avec une échappée de trois Français : Freddy Bichot, Sylvain Chavanel (qui s’empara ainsi du maillot à pois en égalisant avec le nombre de points de Thomas Voeckler, l’ancien possesseur) et Benoît Vaugrenard, tout s’est joué entre un peloton réduit dans la montée de la station de SuperBesse. Et ; à ce petit jeu là l’accélération de Ricardo Ricco était la plus tranchante, ce qui lui permettait de précéder Alejandro Valverde et Cadel Evans de deux secondes, et d’autres groupes d’hommes forts de quelques secondes. Là où se jouait aussi avec une chute de Stefan Schumacher à trois cent mètres de l’arrivée le sort du maillot jaune, qui tombait ainsi sur les épaules de Kim Kirchen, aussi maillot vert à cette époque.

            On retrouvait une nouvelle fois la succession : Marc Cavendish gagne l’étape de sprint à plat, et Ricardo Ricco la suivante, premier contact avec un nouveau massif montagneux : en l’occurrence Toulouse sous la pluie pour le Britannique, et Bagnères de Bigorre dans les Pyrénées pour l’Italien. Une victoire obtenue après une descente, et surtout une montée du col de Peyresourde, animée dès le pied pour le groupe des favoris. C’est Schumacher, fort marri d’avoir perdu son maillot jaune sur chute, qui avait lancé la première banderille. Puis, les Saunier Duval, Ricardo Ricco et Leonardo Piepoli s’étaient portés en tête. On retrouvait même Alejandro Valverde, un moment détaché. Après une période d’accalmie, où tout le monde se regroupa autour de Kim Kirchen et Cadel Evans, à part quelques coureurs moins dangereux qui ne prirent jamais plus d’une centaine de mètres sur le peloton maillot jaune, Ricardo Ricco relança une franche attaque. Il avala les courageux partis dans le premier col de l’étape, notamment Sébastien Lang, et se retrouva avec près de deux minutes d’avance au sommet du col sur le peloton maillot jaune. Celui-ci fort d’une trentaine de coureurs ne put reprendre l’Italien, qui cueillit ainsi sa deuxième victoire.

            Mais, quelques jours plus tard, Marc Cavendish reprit la tête au nombre de victoire sur ce Tour en l’emportant à Narbonne. Ricardo Ricco ne put lui succéder l’étape suivante, puisqu’il fit la une des gazettes d’une autre manière : testé positif à l’EPO lors du contre la montre, il fut exclu du Tour. Le troisième coureur rattrapé par la patrouille, après Manuel Beltran l’Espagnol de la Liquigas dans le Massif Central, contrôlé positif lors de la première étape, « un ancien qui n’avait pas compris que les pratiques des années EPO étaient révolues » selon le discours officiel, et Moises Duenas, un Espagnol de Barloworld, déjà plus jeune, dont l’annonce du contrôle positif lors du contre-la montre a eu lieu un jour plus tôt que Ricardo Ricco. L'Italien de 23 ans faisait partie de la vingtaine de coureurs ciblés, car présentant au départ du Tour de France un taux d’hématocrite haut, pas au point d’être répréhensible, mais en tout cas fortement suspect. Si la Liquigas et la Barloworld (qui connut quand même une succession d’abandons) ne se retirèrent pas de la course, la Saunier Duval, elle s’arrêta là. Cette équipe avait mis l’animation dans les Pyrénées, avec le maillot à pois de David de la Fuente, repris ensuite par Ricardo Ricco dans la deuxième étape pyrénéenne à Lourdes-Hautacam, où s’imposaient deux autres coureurs de l’équipe : Leonardo Piepoli devant José Cobo Acebo. Mais, désormais, c’était fini. Leurs performances devenaient suspectes. En particulier, celles de de Leonardo Piepoli, le copain de chambrée de Ricardo Ricco. L’alliance du vieux et du jeune, qui travaillaient en course l’un pour faire gagner l’autre et vice-versa, et s’échangeaient visiblement d’autres bon procédés, cette fois-ci chimiques, sanguins et répréhensibles le soir.

            Puisque Ricardo Ricco ne pouvait gagner à Nîmes, ce fut Marc Cavendish qui récidiva. Malgré l’échappée de Florent Brard et Nikk Trerspra, on eut en effet encore le droit à une arrivée massive. Et, Cavendish était décidément le plus fort. Thor Hushovd et Oscar Freire arrivent seulement à faire des places, tout comme Eric Zabel, l’un des doyens du peloton. Rob Hunter le Sud-Africain et surtout Robbie Mac Ewen l’Australien, ne sont pas aussi forts que l’année dernière. Pour le dernier cité, le fait que l’équipe Silence Lotto travaille avant tout pour le favori du Tour, Cadel Evans, n’explique pas tout. Après n'avoir pas fait mieux que dixième lors des sprints précédents, Mac Ewen a quand même réussi à faire deuxième à Nîmes. A noter aussi les bonnes places dans les trois premiers des sprints massifs pour les Français  juste derrière Cavendish : Jimmy Casper à Toulouse, Sébastien Chavanel à Narbonne, et Romain Feuillu à Nîmes. Malgré ses quatre victoires, l’Anglais n’est pas encore maillot vert. Le possesseur ce maillot dans le Midi est Oscar Freire, qui a récolté des points plus régulièrement, et vient de reprendre une bonne longueur d’avance en gagnant à Digne les Bains au cours d'un sprint dans un peloton d’une centaine de coureurs, que n’avait pu suivre Marc Cavendish lâché dans la petite bosse à dix kilomètres de l’arrivée. Les observateurs pensent que l’Anglais ne ralliera pas Paris et abandonnera dans les Alpes, qui seront dures cette année, ce qui lui permettra de préparer les Jeux Olympiques.


             ..et les autres

            Parlons un peu des étapes que n’ont pas gagnées Ricardo Ricco et Marc Cavendish pour faire le point sur les autres coureurs encore en course.

            Entre Super-Besse et Toulouse, il y eut une autre étape dans le Massif Central, au cours de laquelle Christophe Moreau abandonna bizarrement. C’est l’Espagnol Luis Leon Sanchez de la Caisse d’Epargne qui gagna à Aurillac, parti dans la descente après s’être d’abord échappé dans un petit groupe, qui fut repris par le peloton des favoris, au sommet de la dernière montée. Ce jeune coureur dit qu’il espère avoir une progression constante pour un jour jouer les premiers rôles, à la manière d’un Miguel Indurain. Cet étape n’a pas trop bouleversé le classement général, puisque Kim Kirchen, le maillot jaune est arrivé dans le groupe des favoris réglé par Filippo Pozzato, avec notamment Stefan Schumacher, Cadel Evans, et Alejandro Valverde, mais sans Damiano Cunego, qui a connu une journée difficile.

            L’étape la plus déterminante depuis le début du Tour fut en fait Pau-Hautacam. Tandis que le français Rémi Di Gregorio de la Française des Jeux quittait ses compagnons d’échappée et passait en tête le col du Tourmalet, ça bougeait derrière dans le peloton des favoris. Menée par les CSC de Carlos Sastre, Franck et Andy Schleck, Jens Voigt, et Fabian Cancellara, échappé auparavant, et qui donna un gros coup de main à ses leaders dans la descente et la plaine, une partie de manivelle repoussa dans un second peloton Damiano Cunego et..Alejandro Valverde, qu’attendit Oscar Pereiro Sio. Le peloton des favoris, qui contenait toujours le maillot jaune Kim Kirchen, revenait à une minute de Rémi di Gregorio au pied de Hautacam. Le Français était avalé par le groupe que quittait l’aîné des frères luxembourgeois Schleck, Franck par l’avant, et le cadet, Andy par l’arrière. Franck Schleck dans son attaque était accompagné de Leonardo Piepoli, puis rejoint par José Cobo Acebo. Comme je l’ai déjà évoqué, les deux Sauniers Duval arrivèrent ensemble au sommet en tête, la victoire allant à Leonardo Piepoli, tandis que José Cobo Acebo voyait ainsi sa place de leader de l’équipe confortée. Franck Schleck lâché dans les derniers kilomètres, arrivaient trente minutes plus tard. Puis, venaient Bernard Kohl, l’Autrichien de la Gerolsteiner, et Vladimir Efimkin, le Russe d’Ag2R, puis le groupe de Cadel Evans, Denis Menchov, Ricardo Ricco, Carlos Sastre et Christian Vandevelde. Non loin derrière le meilleur français, Stéphane Goubert, d’Ag2R, arrivait le maillot jaune, Kim Kirchen. Il était dépossédé de sa tunique par Cadel Evans, premier du classement général pour une seconde devant Franck Schleck.

Cadel Evans en jaune à Digne les Bains

    Classement décidément très serré, puisqu’on retrouve dans la même minute l’étonnant américain de Garmin Chipotle, Christian Vandevelde, le grimpeur autrichien Bernard Kohl, et le leader Russe de la Rabobank, Denis Menchov. Carlos Sastre, coleader de CSC avec Franck Schleck, n’était pas loin aussi. Kim Kirchen était désormais septième du général, juste devant José Cobo Acebo et Ricardo Ricco, qui ne figurent désormais plus au classement, pas trop modifié par les étapes suivantes : celle qui fut favorable à un groupe d’échappés à Foix, avec la victoire du champion de Norvège de CSC, Arvesen, le Français Amaël Moinard qui s’était échappé en solitaire dans la montée la plus dure de l’étape ayant été repris, et les étapes remportées par ses sprinters : Cavendish deux fois et Freire. Le maillot vert est donc la propriété de ce dernier, tandis que Cadel Evans l’Australien peut se régaler d’être en jaune et de pouvoir embrasser les petits lions Crédit Lyonnais. Suite à l’exclusion de Ricardo Ricco et du retrait de son équipe, le maillot à pois est désormais la propriété de l’Allemand Sébastien Lang, juste devant son coéquipier de la Gerolsteiner, Bernard Kohl, et le maillot blanc de meilleur jeune est sur les épaules du discret Italien Vincenzo Nibali, dixième du général. Il va lui falloir bien se battre pour le conserver face au tchéque Roman Kreuziger de Liquigas et le Belge Maxime Montfort de Cofidis, qu’on a déjà vus en évidence dans les Pyrénnées, et Andy Schleck, qui pourrait se refaire la cerise.

 

 

            Quant au maillot jaune, tout reste encore à faire.

 

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Vendredi 18 juillet 2008

             Nos sociétés sont parcourues de nombreuses tensions, qui conduisent à des montées de violence. C’est le travail de la justice de mettre de l’ordre dans cela en punissant dans la mesure du possible les délits. Racisme, antisémitisme et homophobie appartiennent au vocabulaire des jugements.

Le racisme est-t-il réellement une circonstance aggravante d’un crime ? Je pense que tuer quelqu’un à cause de sa couleur de peau, son sexe, sa religion, sa taille, ça peut tout simplement être classé comme crime gratuit, c'est-à-dire des crimes sans circonstances atténuantes, ni même explications, encore moins défendables donc en général que les meurtres passionnels, comme l’assassinat de Laroche par Jean-Marie Villemin ou même que les crimes crapuleux, du genre de ceux d’Alfredo Stranieri ( j’ai vu récemment un « faites entrez l’accusé » consacré à ce « voleur de vies » ). Après, au-delà du mobile de l’acte, je ne parlerai pas des autres circonstances que les jurys doivent examiner : de sang froid ou pas, volontaire ou pas, de légitime défense ou pas. Je rappelle en tout cas qu'au-delà même de toutes considérations religieuses (je ne vous ai toujours pas fait l’article sur la religion promis), le commandement « tu ne tueras point » reste pour moi un fondamental.

D’ailleurs, mon propos n’est pas de parler forcément des cas de morts d’homme, mais de l’ensemble des inculpations et jugements où le racisme est invoqué pour qualifier des faits.

            Ainsi, lors des événements malheureux des buttes Chaumont, où un jeune Juif Rudy a été récupéré dans le coma après avoir été molesté par une bande ethnique, on a d’abord retenu le qualificatif « coups et blessures en bande pouvant entraîner la mort, aggravé par antisémitisme ». L’enquête a montré que ce qui est arrivé résultait plutôt d’un énième affrontement entre bandes rivales, qui s’opposent pour des raisons de territoire et surtout d’appartenance à une communauté : juive, noire,.... On pourrait donc plutôt parler de coups et blessures en bandes communautaires ayant pu conduire à la mort. Quoi qu’il en soit, cela mérité d’être jugé et surtout combattu, car dans ce genre de situations pourries, il sera impossible de savoir qui a commencé. La vraie question étant donc de savoir comment on peut juguler puis interrompre ces haines et ces agissements

            On se félicitait encore récemment que les affrontements de bande en banlieue, qui avaient fait l’actualité en débordant sur Paris, n’opposent pas des groupes ethniques, mais des jeunes qui se rassemblaient selon leur quartier. Pas que cela soit beaucoup plus intelligent de se taper dessus parce que l’un est de Sarcelles et l’autre du Blanc Mesnil, mais au moins le risque est circonscrit territorialement. Il ne peut y avoir identification d’autres protagonistes. Et, c’est un peu moins difficile de changer de domicile que de couleur de peau. Cependant, et les événements des buttes Chaumont le prouvent, la dérive communautariste, comme aux Etats-Unis est à craindre.

            En effet, si je disais que à mon sens racisme=absence de raison pour un acte délictuel, il n’en reste pas moins que ce qui touche à la stigmatisation d’une communauté est condamnable. Ce qui est effectivement peut-être un délit spécifique, c’est l’incitation à la haine raciale : puisqu’il s’agit en jetant de l’huile sur le feu ou en allumant soi-même un brasier, d’ouvrir la brèche aux événements les plus graves. C’est un acte politique qu’on doit combattre, y compris par les moyens de la justice. Quand le Ku Klux Klan dit qu’il faut brûler les noirs, quand on peint des « Juden » sur les devantures des magazins tenus par les Juifs, quand le président Zimbabwéen traite les fermiers blancs de citoyens de seconde zone qu'il faut exproprier, quand on dit « tous les bougnoules sont des sales voleurs », quand on émet des cris de singe dans un stade dés qu' joueur noir touche la balle, il faut savoir sévir pour circonscrire l’incendie de la haine et de la bêtise. Je me méfie pas mal du politiquement correct, et ce serait ridicule de condamner des gens dès qu’ils disent un mot de travers, même quand celui-ci est monté en épingle dans les médias. Néanmoins, je crois que pouvoir considérer l’injure publique à caractère racial comme un délit est salutaire, car ça permet d’adresser des cartons jaunes à des gens qui dérivent sur une mauvaise pente. L’important étant d’obtenir du contrevenant des excuses sincères.

 

            PostScriptum : L’alliance entre les trois extrêmismes :

            En parlant de déclarations à la limite du politique correct, l’actualité récente rappelle à notre souvenir Dieudonné. J’aime plutôt bien son humour, mais il faut reconnaître que l’homme file un mauvais coton Si « IsraHeil » est un jeu de mots qui peut me faire rire, quand il tient ses propos sur la pornographie mémorielle, on peut dire qu’il dérape, car là, il n y a plus d’humour. Je crois qu’on peut rire de tout, mais il faut savoir éviter de se prendre au sérieux. Or, les dérapages de Dieudonné, à force de s’accumuler, ressemblent moins à une liberté de ton qu’à une politique intentionnelle : on se met à la limite du répréhensible, pour tester les autorités, on fait monter un climat délétère, et on se regroupe entre victimes du complot Juif.

          L’actualité qui fait jaser, c’est donc le baptême du quatrième enfant de Dieudonné par le prêtre traditionnaliste Philippe Laguérie avec pour parrain Jean-Marie le Pen. En passant, je vais donc évoquer ce sujet, qui n’était pas prévu quand j’ai commencé à rédiger ce billet.

             Au-delà des affinités personnelles qui ont pu se créer entre les trois hommes, qui étaient pourtant très éloignés il y a 5 ans, cet acte a une valeur symbolique. Il marque l’alliance entre différents extrémismes :

          -L’extrémisme tiers-mondiste antisioniste qui dérive vers l’antisémitisme : celui qu’on qualifie parfois de « rouge brun ». Sous couvert de défense de la cause palestinienne, certains vont plus loin dans la haine du Juif, remettant au goût du jour tous les stéréotypes de l’antisémitisme. On peut parler des diatribes véhémentes de la porte-parole des Indigènes de la République, des positions du philosophe Alain Soral, et des dérapages de Dieudonné

     -L’extrémisme ultracatholique : puritain, pourfendeur des comportements immoraux, conservateur et réactionnaire en ce qui concerne les mœurs, et fermé aux autres cultures, religions et athéismes.

           -L’extrémisme poujadiste, populiste, plus attrape-tout, qui consiste à se saisir de sujets chauds d’actualité, comme l’immigration pour montrer du doigt des bouc-émissaires et faire de la démagogie. Cela a été la ligne principale du Front National. Même si le mouvement était aussi composé de certains idéologues proches des ultras catholiques, même si Jean-Marie le Pen avait sans doute lui-même quelques convictions traditionnalistes profondes, il suivait l’air du temps sur une ligne racisme France profonde. Et, sa fille, Marine le Pen, pas opposée à l’avortement, va encore plus loin dans l’abandon de l’idéologie sur ce sillon populiste

 

            Ce qui rapproche ces trois extrémismes qui ont pu et peuvent encore s’opposer, c’est finalement l’antisémitisme. Bref, il s’agit d’une alliance qui se construit sur la haine, mais je ne crois pas qu’elle soit si pérenne que cela. Ce n’est pas un hasard si les trois hommes ont voulu rester un peu discrets. Pas sûr que certains amis intégristes et tiers-mondiste de Dieudonné goûtent beaucoup cette affichage catholique, cette religion considérée comme un outil de domination de l’Occident sur le Tiers-Monde. Pas sûr non plus que les bigotes de la paroisse de Saint-Eloi apprécie beaucoup ce trublion qui a fait un spectacle en l’honneur de Judas où il se moquait du Christ. Et, pas sûr qu’au Front National, on ne se lasse pas de ce baroud d’honneur dans les provocations (retour du détail de l’histoire, plaisanterie sur les Chtis joués par des acteurs d’origine arabe) de Jean-Marie Le Pen.

 

            Je voudrais terminer cet article où j’ai essayé de poser calmement les choses en ce qui concerne le racisme, en disant qu’il ne faut pas aller trop loin dans la distinction antisémitisme, islamophobie, racisme anti-français… L’ensemble ressort surtout de la bêtise, de l’intolérance qu’il faut combattre par les armes répression et prévention. On ne doit pas tant se battre contre les racistes, que contre le racisme.

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Mardi 15 juillet 2008
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Mardi 15 juillet 2008

          Pour faire le bilan complet de cet Euro et de cette saison de foot, il me reste à revenir un peu sur l’équipe de France. J’avais laissé les Bleus après leur match contre les Pays-Bas, une raclée qui restera dans les annales, et je ne les avais ensuite évoqué qu’indirectement à travers la description des forces et faiblesses de l’Italie, (puisque je m’intéressais dans ce billet aux gagnants des poules)

            La France, elle, a quitté la Suisse et l’hôtel Mirador dès la fin du premier tour, avec un bilan d’un point pris, d’un but marqué, pour six encaissés. Après la Grèce, le bilan comptable le plus mauvais de cet Euro.

            Revenons un peu sur ce qui a fait l’échec de l’équipe de France lors de cet Euro.


            Un petit bilan joueur par joueur.

            Grégory Coupet n’a rien eu à faire dans le match contre la Roumanie, n’a pas été bon contre les Pays-Bas, et a été plus présent contre l’Italie, mais en vain : il fait un bel arrêt sur le coup franc de Grosso et Luca Toni n’a pas réussi à la battre. Sur le penalty et le coup franc détourné, dur de lui en vouloir.

            Sébastien Frey et Steve Mandanda n’ont pas eu à le remplacer, même si certains le demandaient après le match contre les Pays-Bas. En tout cas ils auront accumulé un peu de connaissance de l’ambiance de phase finale, phase finale ratée en l’occurrence.

          En défense centrale, Lilian Thuram n’a pas réussi son pari de faire un bon Euro après une saison de remplaçant à Barcelone. Habitué à jouer bas, il n’a pas tiré l’équipe de France vers le haut, et le capitaine n’a pas empêché le naufrage contre les corsaires néerlandais. En accord avec Raymond Domenech, il n’a pas joué le dernier match.

            William Gallas a, lui, joué tous les matchs, même si sa condition n’était pas parfaite. Disons qu’il était un peu sur le retour, et qu’il n’a pas été extraordinaire non plus.

            Jean-Alain Boumsong, qui n’était que le quatrième choix en défense centrale, après Lilian Thuram, William Gallas et Eric Abidal, est finalement rentré suite à l’exclusion de ce dernier. Il a bien fait son travail, sans pour autant donner des regrets quant à sa non-utilisation.

            Sébastien Squilacci n’aurait sans doute pas non plus fait mieux et il n’est pas rentré.

        En bref, aucun défenseur central français n’est vraiment impressionnant. Certains diront que Philippe Mexés est lui d’une classe supérieure. Nous verrons. De toute façon, les équipes qui ont bien figuré dans cet Euro, ne l’ont pas fait grâce à leurs défenseurs. Alors qu’à la Coupe du Monde 2006, de Fabio Canavaro à Lucio, en passant par William Gallas et Lilian Thuram, autrement plus impressionnants à cette époque, les défenseurs avaient été à l’honneur, à cet Euro 2008, cela n’a pas été le cas.

            En France, on a eu un défenseur au déshonneur avec Eric Abidal, qui après un premier match insipide au poste de latéral, a été bombardé défenseur central dans le remaniement opéré pour le match contre l’Italie. Plusieurs fois dépassé par Luca Toni, il a finalement fait une grossière erreur, en s’agitant et touchant Luca Toni qui le précédait dans la surface. Penalty, carton rouge.

            Celui qui l’avait remplacé au poste de latéral gauche, c’est Patrice Evra, qui n’a pas été mauvais : présent offensivement, un peu moins défensivement, mais sans que cela soit honteux. Il n’a pas été décisif, et finalement son apport dépend avant tout du visage de l’équipe.

            Sur l’autre côté, Willy Sagnol faisait partie des joueurs qui arrivaient avec un retard de condition physique. Le latéral droit ne fit pas un bon Euro, aussi bien défensivement, plusieurs fois débordés par les Neerlandais, qu’offensivement, avec peu de bons centres. Et, pourtant, sur le seul but marqué par les Bleus, c’est lui qui fait la passe décisive.

            Celui qui l’a remplacé pour le match contre l’Italie, c’était François Clerc. Match assez sérieux. Mais, il a trop souvent été oublié sur son côté aussi bien par les défenseurs italiens que ses coéquipiers français. Il n’a pas changé la physionomie du match.

            Lassana Diarra a failli être titulaire à chaque match : on parlait de sa polyvalence pour remplacer Sagnol en défenseur latéral droit, Malouda et milieu gauche ou l’un des deux milieux défensifs, Toulalan, et Makelele pour les reposer et amener plus de percussion. Il est aussi allé s’échauffer à tous les matches, mais finalement, il n’est pas rentré une seule minute.

          Claude Makelele a joué tous les matchs, livrant une partition comme à son habitude : présent à la récupération, un peu de vice de temps en temps, avec beaucoup de ballons qui transitait par lui, et un compteurs buts qui ne s’ouvrit toujours pas. De même, puisqu’ étant arrivé en équipe de France après 1998 et 2000, il prend sa retraite maintenant, il n’aura jamais rien gagné avec l’Equipe de France.

            Jérémy Toulalan a livré une performance comparable à celle de Claude Makelele : c’est à dire solide à la récupération, mais sans grand relief offensif.

           Patrick Vieira, lui, n’a pas pu montrer l’alliage entre qualités défensives et percussion offensive qu’il peut représenter, puisqu’il ne s’est finalement jamais remis complètement de sa blessure au genou. Flamini a été renvoyé chez lui et Patrick Vieira a essayé de s’entraîner, mais ça ne donnait pas grand chose : normalement capitaine, il est donc resté sur le banc.

            Samir Nasri a fait deux courtes entrées : l’une contre la Roumanie, l’autre contre l’Italie pour remplacer Ribéry blessé, avant de céder sa place à Boumsong quand il a fallu parer au plus pressé lors de l’exclusion d’Eric Abidal. L’ancien Marseillais a donc peu joué, et quand il a été sur le terrain, il a été assez discret.

            Plus ou moins reculé, plus ou moins sur l’aile gauche, Florent Malouda a alterné l’insipide, le mauvais (son début de match contre les Pays-Bas couronné par le but où il n’empêche pas Kuyt de marquer) et quelques bons éclairs (frappe contre la Roumanie, passe retournée à Henry contre les Pays-Bas) Accablé par les observateurs, mis sur la touche pour le troisième match, il n’est pas le seul responsable de la faible performance française. Cela dit, il est vrai que Malouda a été insuffisant si on le compare à des joueurs aux rôles similaires dans les autres équipes de l’Euro, ou même à son coéquipier Ribéry.

            Concernant Franck Ribéry, je n’irais pas toutefois dire comme certains observateurs que « Ribéry était bien seul ». Si on a vu le joueur du Bayern de Munich bouger et porter le ballon, il n’a guère été décisif : deux passes dans la surface pour Benzema contre la Roumanie, actif au centre contre les Pays-Bas, avant de disparaître lorsqu’il a été déporté sur le côté gauche, et rapidement blessé contre l’Italie. Ribéry ne m’a pas trop convaincu sur cet Euro. Je sais qu’il est assez déstabilisant en général pour les défenses adverses, mais il ne semble pas capable de faire mieux jouer ses partenaires, comme savait sans doute mieux le faire Zinedine Zidane.

            Sidney Govou a fait un bon match contre les Pays-Bas, et un plus mauvais match contre l’Italie. Il est intéressant sur l’aile droite, aussi bien pour ses qualités défensives que pour sa présence offensive. Mais, je pense qu’il souffre mal la comparaison avec des joueurs plus forts dans d’autres équipes.

            Thierry Henry n’a pas joué le premier match, pour se remettre complètement d’une petite blessure. De retour contre les Pays-Bas, il a gâché une ou deux belles occasions, mais au final, il marque le seul but français. Contre l’Italie, le but qu’il marquera sera contre son camp sur ce coup franc de De Rossi qu’il détourne dans le but de Grégory Coupet. En bref, Thierry Henry est un grand attaquant, mais qui est sur la pente descendante de sa carrière. Il a 31 ans, il sait gérer la pression des grands événements, mais n’est plus capable sur toute la continuité d’un match de mettre une défense au supplice.

            Karim Benzema est considéré comme le futur grand attaquant de l’équipe de France. Mais, il a été assez décevant sur cet Euro, il a pu se rendre compte de la dureté de la compétition. En dedans contre la Roumanie, il n’a pas joué contre les Pays-Bas. Et, contre l’Italie, on retiendra sa frappe enroulée détournée avec autorité par Gianluigi Buffon, seule action de cet Euro pour laquelle on aurait pu se dire qu’on tient un futur Ronaldo.

            Batefimbi Gomis avait semble-t-il consommé tout son modjo pour son premier match sous le maillot des Bleus : 15 minutes de fin d’amical contre l’Equateur, durant lesquelles il marqua deux buts sans se poser de question. Dans les matches de l’Euro, il fut loin d’être aussi percutant, ratant même quelques contrôles. Bref, un joueur en apprentissage.

            Mais, peut-être que le plus décevant des attaquants français, fut Nicolas Anelka. Encore plus triste que sous le maillot de Chelsea, il n’a jamais vraiment été très dangereux.

 

           Comme on le voit, peu de joueurs ont vraiment crevé l’écran durant cet Euro. Pouvait-t-on prévoir une telle faillite d'une des équipes favorites des bookmakers ?   Un certain nombre de joueurs de l’Equipe de France n’avaient déjà pas été convaincants pendant la saison : Sagnol et Vieira à cause de blessures, mais aussi Malouda, Anelka, Abidal, Thuram, Henry tristes dans leur club de Chelsea ou Barcelone. 2007-2008 n’a pas été une saison de progression pour Samir Nasri. Gallas et Govou ont eux fait une bonne saison, mais surtout dans sa première partie. Boumsong et Gomis, les joueurs, qui, eux ont profité de leur fin de championnat pour entrer dans la liste des 23, n’avaient pas la prétention de tirer vers le haut le groupe. Seuls Toulalan, Makelele, Ribéry et Benzema ont vraiment fait une saison probante. Les deux premiers ont été à la hauteur de leur poste, mais il se trouve que c'est le même pour les deux, et qu'aucun n'a vraiment dépassé sa mission. Quant aux deux derniers, ils n’ont pas été les stars attendues de l’Euro.

            Compte-tenu du niveau des individus en cette année 2008, il ne fallait donc peut-être pas attendre monts et merveilles de cette équipe de France. Un pari avait été fait sur la capacité de Raymond Domenech, Robert Duverne et le reste du staff à ressusciter des joueurs blessés ou en petite forme durant la saison régulière, et à les faire monter en puissance au fil de la compétition. En 2006, cela avait marché : commençant par un triste 0-0 contre la Suisse, se faisant piéger par les Coréens en fin de match 1-1 malgré une domination de soixante-dix minutes, et avec un but refusé, la France avait finalement obtenu le 2-0 qu’il lui fallait pour atteindre les huitièmes de finale, et entamer les matches à élimination directe avec un Zinedine Zidane enfin en forme. Mais, en 2008, la poule était autrement plus relevée. Le triste 0-0 du premier match était obtenu contre la Roumanie, alors que les plus redoutables adversaires de la poule, Pays-Bas et Italie, étaient à venir. Il y eut bien une décision arbitrale défavorable (main de Ooijer dans la surface non vue) dans le deuxième match, mais la domination française ne fut pas de tous les instants, bien au contraire, avec les Pays-Bas qui entrèrent bien dans le match et ouvrirent la marque. La France était toujours en course pour la qualification lors de son troisième match. Mais, elle ne réussit pas à mater l’Italie comme elle avait autrefois maté le Togo. La cohésion de groupe ne fut pas suffisante, pour assister une belle réaction d’équipe. Et, Patrick Vieira est le symbole des plus grandes difficultés du staff à remettre sur pied ses joueurs en 2008 qu’en 2006.

            La stratégie de l’équipe de France pour cet Euro n’a donc pas été adaptée, que cela soit initialement ou en réaction aux  circonstances défavorables : assurer le point du match nul contre la Roumanie n’a finalement pas servi. Contre les Pays-Bas, la France n’a pas eu le loisir de poser son jeu, puisqu’en se retrouvant menée, elle a été obligée d’attaquer à tout va. Et, en préparation du match contre l’Italie, on a eu tendance à trop penser (surtout dans les médias) à l’arrangement possible entre Roumanie et Pays-Bas. La blessure de Ribéry puis l’exclusion d’Abidal a entraîné un coaching d’urgence, qui sentait plus la résignation et la limitation des dégâts que le jeu du va-tout.

            Il est vrai que Raymond Domenech a rarement brillé par son coaching. Il ne croyait d’ailleurs pas trop aux vertus de celui-là, l’important étant de conserver une équipe bien en place, ce qui peut être perturbé par un joueur  entrant qui doit s’adapter au nouveau poste et au rythme du match. En 2006, ses choix étaient assez pertinents :

            *un bloc équipe, pour bien défendre

            *dans ce bloc équipe, Patrick Vieira pour percuter dans l’axe en phase de maîtrise du ballon

            *les deux joueurs latéraux, Ribéry et Malouda qui se dépendaient à fond dans un rôle de piston pour être présent aussi bien défensivement qu’offensivement quand il le fallait, remplacés par Govou ou Wiltord à la 70éme pour des raisons de fraîcheur

         *un joueur axial plus lent et plus libre : en général Zidane au milieu. Quand il fut suspendu, ce fut Trézéguet en pointe contre le Togo

         *Henry pour mettre la pression sur toute la défense adverse sur toute la ligne d’attaque. La dépense d’énergie à la limite du hors-jeu faisait que c’était aussi un poste pour lequel Raymond Domenech pouvait procéder à des changements en fin de match.

 

            Donc il est capable d’un bon coaching mais seulement dans une certaine mesure. Ses changements au milieu sont rarement destinés à déstabiliser l’adversaire : c’est du poste pour poste, ou un joueur plutôt défensif qui rentre à la place d’un joueur plutôt offensif. Rarement, voire jamais le contraire. Il faut dire aussi qu’on a peu de milieux relayeurs en équipe de France, pour remplacer nos milieux défensifs. Lors de cet Euro, les changements que le sélectionneur a opéré pour gagner les matchs étaient plutôt des remplacements de milieux offensifs par des attaquants, remplacements assez stériles (vérifiant d’ailleurs ce que Raymond Domenech disait lui-même : « ce n’est pas en empilant plus d’attaquants qu’on marque plus de buts) Ca dépend bien sûr de la forme des attaquants, et c’est vrai qu’avec un Anelka fantômatique, cela n’aidait pas. Mais, sinon, il faut noter que les changements types pour renverser une situation compromise, concernent plutôt le remplacement d’un milieu défensif par un milieu offensif, ou d’un arrière latéral par un ailier, choix que ne fait pas Raymond Domenech car il n’aime pas toucher à sa base de six joueurs derrière.

            On touche du doigt l’une des grandes limites (qui n’empêche pas forcément de gagner des matches dans certaines configurations) de l’équipe de Raymond Domenech. Si les attaquants ont une certaine compétence pour défendre, on ne va pas plus loin dans le football total, puisque les six joueurs défensifs n’ont guère de compétence pour attaquer, même si on pourra noter que le remplacement d’Abidal par Evra a été un choix offensif.

            Peut-être qu’avec Mexés le défenseur romain, une meilleure relance aurait été permise, pour transmettre mieux et plus rapidement le ballon de l’arrière à l’avant. Peut-être que Flamini ( aurait permis d’apporter plus de percussion vers l’avant que les défensifs Toulalan et Makelele. Peut-être qu’emmener un milieu offensif de plus (par exemple Ben Arfa) au lieu d’un défenseur aurait permis d’avoir plus de solutions dans un secteur où l’équipe de France manquait de talents en forme. Trézéguet aurait lui permis une option différente en attaquant de pointe.

            Mais, encore une fois, que cela soit pour ceux que le sélectionneur aurait pu faire rentrer lors de l’Euro, ou ceux qu’il aurait pu prendre dans sa liste de 23, rien ne dit qu'un joueur aurait changé le résultat. Et, il ne faut jamais oublier qu’un changement de gars n’aboutit à une amélioration du visage de l’équipe que si on a préparé un nouveau système depuis longtemps. Mexés a très peu joué en défense centrale avec les Bleus ; il n’est pas sûr qu’il ait suffisamment  d'automatismes avec ses partenaires. Les derniers essais de matches avec David Trezeguet n’ont pas fonctionné, que cela soit la faute de l’attaquant de la Juventus, du système du sélectionneur, ou de la maladresse  des autres joueurs pour les passes et les appels (sans doute un peu des trois)

            Le moment décisif était peut-être 2007 : comme je l’ai déjà évoqué, beaucoup de joueurs ont changé de club, et cela n’a pas été une réussite. Avisant cela, il aurait fallu de toute urgence pour le sélectionneur à l’automne 2007 reconstruire une nouvelle équipe, en laissant de côté des joueurs qui avaient contribué au bon parcours en éliminatoires (Malouda, Abidal, Thuram, Henry,…) sans leur laisser la chance de se remettre de leurs débuts difficiles dans leur nouveau club, qui pouvait correspondre à un temps d’adaptation.

            Bref, l’Euro 2008 arrivait au mauvais moment pour l’équipe de France. Est-ce que Raymond Domenech s’en est pour autant servi pour préparer la Coupe du Monde 2010 ? Difficile à dire. Certains diront qu’avec Thuram, Henry, Makelele, Sagnol sur le terrain, on ne faisait pas un choixd’avenir. Rappelons quand même que compte-tenu des circonstances de leur retour où ils s’étaient imposés avec Zidane, c’était difficile de se passer des anciens. Même si l’esprit d’équipe n’était pas au rendez-vous durant cet Euro, l’expérience vécue par des futurs tauliers, probables comme Benzema et Toulalan, ou possibles, comme Nasri, Clerc, Evra, Gomis, pourrait être bénéfique en 2010. Quant à ceux qui font partie de la génération intermédiaire, qui a pris peu à peu le pouvoir sous le mandat de Domenech, en devant titulaire lors de la Coupe du Monde 2006, et en le restant à l’Euro 2008) : Malouda, Abidal, Gallas, Ribéry, il va leur falloir rebondir, mais c’est possible.

            A travers ce texte, je vous ai donc livré mon avis assez mitigé sur Raymond Domenech. Mais, je ne suis pas de ceux qui s’indignent qu’on l’ait laissé en place. Oui, j’ai des doutes sur sa capacité à construire un beau jeu d’attaque. Mais, laissons-le bâtir avec le soutien de ses joueurs une équipe pour 2010.

            Plutôt que la question du sélectionneur, j’aurais envie de poser la question du capitaine. Un rôle important dans une équipe qui doit retrouver sa cohésion http://www.123votez.com/sondages/sondage-gratuit-18007_32677.php
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Jeudi 10 juillet 2008

            Je vous avais assommé l’été dernier d’articles sur le Tour de France : 2007 et précédents :

 

-Tours de France de 1991 à 1997 : Tour de France Partie I : comment je suis devenu mordu
-Tours de France de 1998 à 2003 : Le dopage dans le Tour de France Partie 1
-Tours de France de 2003 à 2007 : Le dopage dans le Tour de France (suite)
-Tour de France 2007 : Partie 1
-Tour de France 2007 : suite

 

 

 


            Cette année, le suivi du Tour de France sur ce blog sera sans doute plus léger.

           

            Le Tour des six villes bretonnes

 

            Le Tour de France 2008 s’élance de la Bretagne, grande terre de cyclisme, avec ses grands prix, ses licenciés et ses champions (Louison Bobet, Bernard Hinault). Comme s’en vante le bulletin du conseil régional de la Bretagne, tous les départements bretons accueilleront le Tour, avec des villes-étape, départ ou arrivée : Brest pour le Finistère, Plumelec et Auray pour le Morbihan, Saint-Brieuc pour les Côtes d’Armor, Saint-Malo pour l’Ille et Vilaine, et Nantes pour la Loire Atlantique (dans la Bretagne historique, mais pas la Bretagne administrative)

 

            La grande nouveauté de ce tour de France, c’est que la première étape n’était pas une épreuve chronométrée. Pas de prologue traditionnel, mais une étape en peloton, reliant Brest à Plumelec, parcours vallonné à travers les Monts d’Arrée et les Montagnes Noires. Celui qui lança le premier les hostilités fut un régional, Lilian Jegou, de la Française des Jeux. Avec sept autres coureurs, dont les Français Thomas Voeckler, Stéphane Augé, Geoffroy Lequatre, les Espagnols David de la Fuente et José-Luis Arrieta, et l’Allemand Bernd Schröder, on eut le droit à l’échappée du jour. Bien contrôlée par le peloton, elle permit quand même aux huit hommes de se disputer les points distribués pour les classements du maillot vert et du maillot à pois rouges, de meilleur grimpeur. Dans les côtes, les accélérations pour basculer en tête donnèrent un duel entre Bernd Schröder (coureur de la Milram) et Thomas Voeckler (coureur de Bouygues Telecom). Lilian Jegou et David de la Fuente prirent quelques points aussi, mais après la dernière côté, c’était bien Schröder et Voeckler qui étaient en tête du classement provisoire, avec exactement le même nombre de points. Pour les sprints intermédiaires, ce fut Geoffroy Lequatre qui prit le maximum de points. Mais pour s’emparer du maillot vert, il ne fallait pas oublier que les points à l’arrivée étaient essentiels : 35 échoyaient au premier. Seulement, les huit hommes avaient bien peu de chance de rallier l’arrivée. En effet, le peloton roulait bien. Peloton que dût quitter le jeune français, Duclos-Lassalle (fils du grand champion du Paris-Roubaix), après avoir chuté au ravitaillement. Deux autres grosses chutes émaillèrent le parcours. L’une d’elles mit à terre Juan-Mauricio Soler, le Colombien maillot à pois de l’an dernier et lui coûta de précieuses minutes. Devant, Stéphane Augé essaya de quitter ses compagnons d’échappée. Il fut repris. Puis, David de la Fuente se lança lui aussi, bientôt rejoint par Lilian Jegou. Les deux hommes gagnèrent ainsi le droit de rester plus longtemps en tête et d’être avalé quelques kilomètres plus loin par le peloton. Celui-ci se scinda en deux à cause de la dernière chute, et par ces routes étroites de Bretagne rallia Plumelec et son petit pont de granit. Puis, ce fut le kilomètre de côte de l’arrivée, configuration qui n’était pas forcément favorable aux purs sprinteurs, mais plus aux punchers comme on dit. Romain Feuillu, le sprinter d’Agritubel, fut le premier à s’extraire, mais il fut vite repris. Le contre suivant fut l’œuvre de Stefan Schumacher , l’Allemand de Gerolsteiner qu’on avait vu rouler sur le bas côté un quart d’heure auparavant. Mais, derrière, ça se battait entre hommes forts. Ce fut Kim Kirchen, le Luxembourgeois de Team Columbia, qui lança ensuite une attaque tranchante, tandis qu’on voyait Cadel Evans l’Australien de Lotto, un des favoris du Tour, en tête de la meute lancée derrière lui. L’autre grand favori du Tour, Alejandro Valverde, est plus explosif, et il le montra, il démarra juste avant le dernier virage, et rattrapa Kim Kirchen, pour s’imposer avec une longueur d’avance sur les autres hommes forts : dans l’ordre, Philippe Gilbert, le Belge de la Française des Jeux, Jérôme Pineau, le Français de Bouygues Telecom. Kim Kirchen était cinquième et Cadel Evans dans les dix premiers, tout comme Franck Schleck, un autre favori Luxembourgeois (chez CSC) et Ricardo Ricco, un jeune coureur Italien prometteur (chez Saunier-Duval) Les autres coureurs du premier peloton arrivèrent au gré des cassures dans la minute suivante. Peu après, le deuxième peloton arrivait, avec Thomas Voeckler qui finissait trois places devant Bernd Schröder, et gagnait ainsi le maillot à pois. Pour le maillot jaune, c’était évidemment Alejandro Valverde qui le revêtait pour la première fois de sa carrière.

Valverde s'impose au sommet de la bosse de Plumelec
Derrière lui, de gauche à droite, Philippe Gilbert de la Française des Jeux, Jérôme Pineau de Bouygues Telecom, tous deux la tête dans le guidon, Cadel Evans de Silence Lotto et Kim Kirchen de Columbia

            Pour l’étape suivante, on eut le droit à une échappée avec deux puis quatre français, dont sans doute les trois plus connus médiatiquement : Christophe Moreau, Thomas Voeckler, et Sylvain Chavanel. C’est ce dernier qui s’échappa le premier en s’insérant dans un groupes de 10, avec des costauds, comme Wegman. Mais l’échappée ne put prendre la large, car les Bouygues Telecom menèrent un train d’enfer en tête du peloton, pour rejoindre les échappées avant la première côte. Thomas Voeckler voulait y gagner des points pour conforter son maillot à pois. Sylvain Chavanel, repris comme tous les échappées, réattaqua, et passa en tête de la côte au nez et à la barbe de Thomas Voeckler, qui avait pris le meilleur sur son suivant au classement du grimpeur, Bernd Schröder. C’est ainsi que Sylvain Chavanel et Thomas Voeckler se retrouvèrent à s’expliquer avec quelques centaines de mètres d’avance sur le peloton. Ils décidèrent de passer outre leur rivalité et de collaborer. Ils gagnèrent rapidement plusieurs minutes sur le peloton, et Sylvain Chavanel ne passa qu’une fois devant Thomas Voeckler dans les trois côtes à points du parcours. Derrière, cependant, la Caisse d’Epargne du leader Alejandro Valverde, assuraient un bon tempo, et l’écart retomba à moins de trois minutes. Les équipes de sprinter n’avaient pas de quoi s’inquiéter, et seule l’équipe de la Française des Jeux apparut en tête. Mais, dans le peloton, deux coureurs d’Agritubel discutaient : David le Lay, un breton qui allait passer à côté de chez lui, proposait à son leader Christophe Moreau, d’aller faire le sprint pour grappiller les deux derniers points sur les classements du grimpeurs. C’est ainsi que Christophe Moreau passa troisième sur l’avant-dernière côte. Voyant, que son coéquipier et lui avaient pris une certaine avance sur le peloton, ils décidèrent de continuer jusqu’à la dernière côte, dix kilomètres plus loin. Puis, avisant qu’ils avaient plus d’une minute d’avance sur le peloton et moins de deux minutes de retard sur les deux échappés devant, ils décidèrent de continuer l’aventure. Et, c’est comme cela que 10 kilomètres plus loin, on se retrouva avec les 4 français en tête juste devant le village familial de David le Lay. Alors que Liquigas, Crédit Agrigcole, Française des Jeux et Quikstep roulaient fort en tête du peloton, on ne donnait pas cher des 4 hommes avec leurs 4 minutes d’avance. Et pourtant, Christophe Moreau, David Le Lay, avec leur fraîcheur, bien aidés par Sylvain Chavanel, moins par Thomas Voeckler, qui était sans doute plus entamé à ce stade de la course, firent bien avancer l’échappée sur ses routes sinueuses et légèrement mouillées menant à Saint Brieuc. Lors de la descente sur la ville, les échappés n’avaient plus qu’une minute d’avance sur la meute, sans doute insuffisant. Mais, les voir encore en tête dans la côte de l’arrivée, c’était quand même quelque chose. Christophe Moreau se battait encore en tête du groupe. Sylvain Chavanel plaçait à la fin de la section la plus dure de la côte. Mais, les hommes étaient avalés par le peloton, coupé en deux par une chute : d’abord David le Lay, puis Christophe Moreau et Thomas Voeckler, enfin à la flamme rouge, Sylvain Chavanel. A ce moment-là Fabian Cancellara, le puissant Suisse de la CSC, plaçait un démarrage. Cela lui permit de prendre quelques longueurs d’avance, mais cela ne fut pas suffisant comme au dernier Tour de France (étape de Compiègne). Pozzato de la Liquigas revint dans sa roue, puis les deux hommes forts furent avalés par le peloton. Dans ce sprint un peu particulier en faux plat montant, après une côte qui avait fait une certaine sélection, c’est le norvégien Thor Hushovd qui s’imposa, devant Kim Kirchen, qui s’emparait ainsi du maillot vert, et son coéquipier Gérard Ciolek. Valverde conserva son maillot jaune. Un peu critiqué par Christophe Moreau, qui pensait qu’avec des relais plus appuyés de tout le monde, l’échappée aurait pu aller au bout, Thomas Voeckler avait, lui conforté sa tunique à pois rouge.

Le Tour le long d'une rivière près de Pontivy lors de la deuxième étape

            L’idée que les Français se lançaient dans des raids qui ne leur rapportaient rien d’autre que quelques points au maillot à pois, en prit un coup avec l’étape Saint-Malo-Nantes. Dans une étape nettement plus plate que les précédentes, quatre hommes se firent la belle : l’Américain Frischkorn de Garmin Chipotle , l’Italien Paolo Longo Borghini de Barloworld, et les Français Romain Feuillu d’Agritubel, et Samuel Dumoulin de Cofidis. Le peloton leur avait laissé au maximum plus de 12 minutes d’avance. Mais, lorsque les équipes se sprinters prirent le relais de la Caisse d’Epargne, les échappés avaient encore huit minutes d’avance à moins de 60 kilomètres de l’arrivée. Tout leur restait possible. Et, effectivement, l’adage : rien ne sert de courir, il faut partir à point, se vérifia pour une fois. Les accélérations du peloton ne contribuèrent qu’à séparer en trois groupes les coureurs suite à une chute. Parmi les piégés de renom, Christophe Moreau, assez loin derrière, et dans un groupe qui finit à 30 secondes du premier peloton, Sylvain Chavanel et deux favoris du tour, Denis Menchov, le Russe de Rabobank, et Ricardo Ricco, le jeune Italien de Saunier Duval qui découvre le Tour. Devant, donc, la victoire se disputa entre les quatre hommes. Samuel Dumoulin attaque à la flamme rouge. Longo fut lâché mais Romain Feuillu et Frishkorn revinrent. Feuillu lança le sprint, mais finalement Samuel Dumoulin dans un deuxième souffle, le dépassa et l’emporta devant l’Américain et son compatriote, qui avait, lui, la satisfaction d’endosser le maillot jaune grâce aux deux minutes d’avance sur le peloton Valverde. Plusieurs Français sur le podium donc : le vainqueur d’étape Samuel Dumoulin, Romain Feuillu, maillot jaune et maillot blanc de meilleur jeune, et bien sûr, Thomas Voeckler qui conservait son maillot à pois.

 

 

 

 

            Contre-la-montre, premier moment fort

 

 

            Romain Feuillu, qui sortait tout juste de toxoplasmose, savait que sa belle histoire en jaune risquait de s’arrêter rapidement, peut-être moins à cause des trente secondes qui le séparaient de son second, Paolo Longo Borghini, que des moins de deux minutes qui le séparaient de gros rouleurs, comme Fabian Cancellara ou David Millar. En effet, la quatrième étape était un court contre-la-montre de trente kilomètres autour de Cholet. Et, finalement, à la surprise générale, celui qui dama le pion aux favoris les plus cités de l’épreuve, et fit le coup double attendu : victoire d’étape et maillot jaune, fut Stefan Schumacher, l’Allemand de la Gerolsteiner. Derrière lui, à quinze secondes, Kim Kirchen, décidément en forme dans la foulée de son bon Tour de Suisse et souvent deuxième sur ce début de Tour de France, et David Millar. Cadel Evans, l’Australien de Silence Lotto, l’un des grands favoris du tour, se classait quatrième, juste devant Fabian Cancellara. Denis Menchov, qui à cause de sa rétrogradation au général suite à la cassure du peloton, était parti avant les autres favoris, était sixième. Les autres favoris, au profil un peu plus grimpeurs que rouleurs, comme l’Italien Damiano Cunego et Alejandro Valverde, ne déboursaient qu’un peu plus d’une minute. Le premier Français, Sylvain Chavanel, se clssait onzième. Quand à Romain Feuillu, il s’était battu à fond, et s’était classé dans la première moitié du tableau, mais pas assez pour conserver son maillot jaune.

            On ne peut pas dire que ce début de Tour de France nous permet de faire ressortir un favori au-dessus du lot. Les deux grands favoris au départ semblent dans le coup : Cadel Evans, qui a fait un bon chrono, de par sa régularité, et Alejandro Valverde, déjà vainqueur, de par son explosivité. On cite aussi volontiers parmi les grands favoris : l’Italien Damiano Cunego, discret, mais sans doute bien préparé, le Russe Denis Menchov de Rabobank : il a repris dans le contre-la montre, le temps qu’il avait perdu à cause de la cassure. Et, alors qu’il n y a aucun vrai favori chez les Français pour gagner le Tour de France, chez les Luxembourgeois, on a trois outsiders. Tout d’abord, celui qui n’était pas tout à fait favori, mais s’est bien montré dans ce début de Tour, Kim Kirchen, de Columbia. Il est deuxième du général, mais nous verrons ses limites dans la montagne. Ensuite, les frères Schleck, chez CSC : l’aîné Franck, qui a déjà fait des bonnes places au classement général du Tour de France, et le jeune prometteur, Andy, qui n’a jamais participé au tour de France, mais a déjà terminé deuxième du Giro. A la CSC, ils sont co-leaders avec l’expérimenté Espagnol Carlos Sastre, plutôt bon dans la montagne, capable à coup sûr de podium à Paris, mais pour la première place, c’est moins sûr. Ricardo Ricco, de Saunier Duval, devra, lui aussi, à mon avis, attendre encore avant de gagner le Tour de France. L’espoir Italien a fait un bon tour d’Italie, où il n’a été battu que par Alberto Contador (le tenant du titre du Tour de France, qui ne peut participer à cause de la réputation encore sulfureuse de l’équipe qu’il a choisie, Astana). Ricardo Ricco ne devait pas participer au Tour de France, et finalement il a décidé de le faire une semaine avant. Après avoir appris qu’on pouvait perdre du temps dans les étapes de plaine, on le verra à l’œuvre dans la montagne, et en tout ca, pour le maillot blanc de meilleur jeune, tout est possible. Sinon, dans les autres coureurs qui pourraient bien figurer, on peut citer les Espagnols Samuel Sanchez d’Euskatel, ou Oscar Pereiro Sio de l’équipe Caisse d’Epargne, coéquipier d’Alejandro Valverde, et seul ancien vainqueur du Tour de France au départ cette année (Pereiro avait gagné en 2006, grâce à une échappée dans une étape de transition, et une demi-heure d’avance trop généreusement accordée par le peloton et les équipiers de Floyd Landis. Floyd Landis, qui réussit à reprendre son maillot jaune au prix d’un dopage grossier, ce qui a conduit à son déclassement seulement avalisée cette année) En tout cas, Juan Maurizio Soler ne gagnera ni le Tour de France ni le maillot à pois cette année, puiqu'il a du abandonner suite à sa douleur à la main.

 

            Maintenant, donc, la route va s’élever pour les coureurs du Tour de France 2008, qui a aussi la particularité de proposer beaucoup d’étapes accidentées : la moyenne montagne a été privilégiée cette année, pour favoriser les attaquants. On espère voir du spectacle dès le Massif Central (arrivée à Super-Besse aujourd’hui). Entre temps, la dernière étape de plat a enfin permis une arrivée massive, et encore cela fut in extremis : l’échappée des trois Français, Florent Brard, Lilian Jégou et Nicolas Vongondy, a bien résisté. Et, le champion de France d’Agritubel, Vogondy, n’a été repris qu’à 400 m de la ligne d’arrivée. La victoire échut finalement à un sprinter. Et, devant les expérimentés Oscar Freire, Erik Zabel et Thor Hushovd (le Norvégien prend à cette occasion le maillot vert), c’est le jeune Britannique mark Cavendish, qui a obtenu sa première victoire d’étape dans Le Tour .

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