Concours

Mardi 15 juillet 2008

          Pour faire le bilan complet de cet Euro et de cette saison de foot, il me reste à revenir un peu sur l’équipe de France. J’avais laissé les Bleus après leur match contre les Pays-Bas, une raclée qui restera dans les annales, et je ne les avais ensuite évoqué qu’indirectement à travers la description des forces et faiblesses de l’Italie, (puisque je m’intéressais dans ce billet aux gagnants des poules)

            La France, elle, a quitté la Suisse et l’hôtel Mirador dès la fin du premier tour, avec un bilan d’un point pris, d’un but marqué, pour six encaissés. Après la Grèce, le bilan comptable le plus mauvais de cet Euro.

            Revenons un peu sur ce qui a fait l’échec de l’équipe de France lors de cet Euro.


            Un petit bilan joueur par joueur.

            Grégory Coupet n’a rien eu à faire dans le match contre la Roumanie, n’a pas été bon contre les Pays-Bas, et a été plus présent contre l’Italie, mais en vain : il fait un bel arrêt sur le coup franc de Grosso et Luca Toni n’a pas réussi à la battre. Sur le penalty et le coup franc détourné, dur de lui en vouloir.

            Sébastien Frey et Steve Mandanda n’ont pas eu à le remplacer, même si certains le demandaient après le match contre les Pays-Bas. En tout cas ils auront accumulé un peu de connaissance de l’ambiance de phase finale, phase finale ratée en l’occurrence.

          En défense centrale, Lilian Thuram n’a pas réussi son pari de faire un bon Euro après une saison de remplaçant à Barcelone. Habitué à jouer bas, il n’a pas tiré l’équipe de France vers le haut, et le capitaine n’a pas empêché le naufrage contre les corsaires néerlandais. En accord avec Raymond Domenech, il n’a pas joué le dernier match.

            William Gallas a, lui, joué tous les matchs, même si sa condition n’était pas parfaite. Disons qu’il était un peu sur le retour, et qu’il n’a pas été extraordinaire non plus.

            Jean-Alain Boumsong, qui n’était que le quatrième choix en défense centrale, après Lilian Thuram, William Gallas et Eric Abidal, est finalement rentré suite à l’exclusion de ce dernier. Il a bien fait son travail, sans pour autant donner des regrets quant à sa non-utilisation.

            Sébastien Squilacci n’aurait sans doute pas non plus fait mieux et il n’est pas rentré.

        En bref, aucun défenseur central français n’est vraiment impressionnant. Certains diront que Philippe Mexés est lui d’une classe supérieure. Nous verrons. De toute façon, les équipes qui ont bien figuré dans cet Euro, ne l’ont pas fait grâce à leurs défenseurs. Alors qu’à la Coupe du Monde 2006, de Fabio Canavaro à Lucio, en passant par William Gallas et Lilian Thuram, autrement plus impressionnants à cette époque, les défenseurs avaient été à l’honneur, à cet Euro 2008, cela n’a pas été le cas.

            En France, on a eu un défenseur au déshonneur avec Eric Abidal, qui après un premier match insipide au poste de latéral, a été bombardé défenseur central dans le remaniement opéré pour le match contre l’Italie. Plusieurs fois dépassé par Luca Toni, il a finalement fait une grossière erreur, en s’agitant et touchant Luca Toni qui le précédait dans la surface. Penalty, carton rouge.

            Celui qui l’avait remplacé au poste de latéral gauche, c’est Patrice Evra, qui n’a pas été mauvais : présent offensivement, un peu moins défensivement, mais sans que cela soit honteux. Il n’a pas été décisif, et finalement son apport dépend avant tout du visage de l’équipe.

            Sur l’autre côté, Willy Sagnol faisait partie des joueurs qui arrivaient avec un retard de condition physique. Le latéral droit ne fit pas un bon Euro, aussi bien défensivement, plusieurs fois débordés par les Neerlandais, qu’offensivement, avec peu de bons centres. Et, pourtant, sur le seul but marqué par les Bleus, c’est lui qui fait la passe décisive.

            Celui qui l’a remplacé pour le match contre l’Italie, c’était François Clerc. Match assez sérieux. Mais, il a trop souvent été oublié sur son côté aussi bien par les défenseurs italiens que ses coéquipiers français. Il n’a pas changé la physionomie du match.

            Lassana Diarra a failli être titulaire à chaque match : on parlait de sa polyvalence pour remplacer Sagnol en défenseur latéral droit, Malouda et milieu gauche ou l’un des deux milieux défensifs, Toulalan, et Makelele pour les reposer et amener plus de percussion. Il est aussi allé s’échauffer à tous les matches, mais finalement, il n’est pas rentré une seule minute.

          Claude Makelele a joué tous les matchs, livrant une partition comme à son habitude : présent à la récupération, un peu de vice de temps en temps, avec beaucoup de ballons qui transitait par lui, et un compteurs buts qui ne s’ouvrit toujours pas. De même, puisqu’ étant arrivé en équipe de France après 1998 et 2000, il prend sa retraite maintenant, il n’aura jamais rien gagné avec l’Equipe de France.

            Jérémy Toulalan a livré une performance comparable à celle de Claude Makelele : c’est à dire solide à la récupération, mais sans grand relief offensif.

           Patrick Vieira, lui, n’a pas pu montrer l’alliage entre qualités défensives et percussion offensive qu’il peut représenter, puisqu’il ne s’est finalement jamais remis complètement de sa blessure au genou. Flamini a été renvoyé chez lui et Patrick Vieira a essayé de s’entraîner, mais ça ne donnait pas grand chose : normalement capitaine, il est donc resté sur le banc.

            Samir Nasri a fait deux courtes entrées : l’une contre la Roumanie, l’autre contre l’Italie pour remplacer Ribéry blessé, avant de céder sa place à Boumsong quand il a fallu parer au plus pressé lors de l’exclusion d’Eric Abidal. L’ancien Marseillais a donc peu joué, et quand il a été sur le terrain, il a été assez discret.

            Plus ou moins reculé, plus ou moins sur l’aile gauche, Florent Malouda a alterné l’insipide, le mauvais (son début de match contre les Pays-Bas couronné par le but où il n’empêche pas Kuyt de marquer) et quelques bons éclairs (frappe contre la Roumanie, passe retournée à Henry contre les Pays-Bas) Accablé par les observateurs, mis sur la touche pour le troisième match, il n’est pas le seul responsable de la faible performance française. Cela dit, il est vrai que Malouda a été insuffisant si on le compare à des joueurs aux rôles similaires dans les autres équipes de l’Euro, ou même à son coéquipier Ribéry.

            Concernant Franck Ribéry, je n’irais pas toutefois dire comme certains observateurs que « Ribéry était bien seul ». Si on a vu le joueur du Bayern de Munich bouger et porter le ballon, il n’a guère été décisif : deux passes dans la surface pour Benzema contre la Roumanie, actif au centre contre les Pays-Bas, avant de disparaître lorsqu’il a été déporté sur le côté gauche, et rapidement blessé contre l’Italie. Ribéry ne m’a pas trop convaincu sur cet Euro. Je sais qu’il est assez déstabilisant en général pour les défenses adverses, mais il ne semble pas capable de faire mieux jouer ses partenaires, comme savait sans doute mieux le faire Zinedine Zidane.

            Sidney Govou a fait un bon match contre les Pays-Bas, et un plus mauvais match contre l’Italie. Il est intéressant sur l’aile droite, aussi bien pour ses qualités défensives que pour sa présence offensive. Mais, je pense qu’il souffre mal la comparaison avec des joueurs plus forts dans d’autres équipes.

            Thierry Henry n’a pas joué le premier match, pour se remettre complètement d’une petite blessure. De retour contre les Pays-Bas, il a gâché une ou deux belles occasions, mais au final, il marque le seul but français. Contre l’Italie, le but qu’il marquera sera contre son camp sur ce coup franc de De Rossi qu’il détourne dans le but de Grégory Coupet. En bref, Thierry Henry est un grand attaquant, mais qui est sur la pente descendante de sa carrière. Il a 31 ans, il sait gérer la pression des grands événements, mais n’est plus capable sur toute la continuité d’un match de mettre une défense au supplice.

            Karim Benzema est considéré comme le futur grand attaquant de l’équipe de France. Mais, il a été assez décevant sur cet Euro, il a pu se rendre compte de la dureté de la compétition. En dedans contre la Roumanie, il n’a pas joué contre les Pays-Bas. Et, contre l’Italie, on retiendra sa frappe enroulée détournée avec autorité par Gianluigi Buffon, seule action de cet Euro pour laquelle on aurait pu se dire qu’on tient un futur Ronaldo.

            Batefimbi Gomis avait semble-t-il consommé tout son modjo pour son premier match sous le maillot des Bleus : 15 minutes de fin d’amical contre l’Equateur, durant lesquelles il marqua deux buts sans se poser de question. Dans les matches de l’Euro, il fut loin d’être aussi percutant, ratant même quelques contrôles. Bref, un joueur en apprentissage.

            Mais, peut-être que le plus décevant des attaquants français, fut Nicolas Anelka. Encore plus triste que sous le maillot de Chelsea, il n’a jamais vraiment été très dangereux.

 

           Comme on le voit, peu de joueurs ont vraiment crevé l’écran durant cet Euro. Pouvait-t-on prévoir une telle faillite d'une des équipes favorites des bookmakers ?   Un certain nombre de joueurs de l’Equipe de France n’avaient déjà pas été convaincants pendant la saison : Sagnol et Vieira à cause de blessures, mais aussi Malouda, Anelka, Abidal, Thuram, Henry tristes dans leur club de Chelsea ou Barcelone. 2007-2008 n’a pas été une saison de progression pour Samir Nasri. Gallas et Govou ont eux fait une bonne saison, mais surtout dans sa première partie. Boumsong et Gomis, les joueurs, qui, eux ont profité de leur fin de championnat pour entrer dans la liste des 23, n’avaient pas la prétention de tirer vers le haut le groupe. Seuls Toulalan, Makelele, Ribéry et Benzema ont vraiment fait une saison probante. Les deux premiers ont été à la hauteur de leur poste, mais il se trouve que c'est le même pour les deux, et qu'aucun n'a vraiment dépassé sa mission. Quant aux deux derniers, ils n’ont pas été les stars attendues de l’Euro.

            Compte-tenu du niveau des individus en cette année 2008, il ne fallait donc peut-être pas attendre monts et merveilles de cette équipe de France. Un pari avait été fait sur la capacité de Raymond Domenech, Robert Duverne et le reste du staff à ressusciter des joueurs blessés ou en petite forme durant la saison régulière, et à les faire monter en puissance au fil de la compétition. En 2006, cela avait marché : commençant par un triste 0-0 contre la Suisse, se faisant piéger par les Coréens en fin de match 1-1 malgré une domination de soixante-dix minutes, et avec un but refusé, la France avait finalement obtenu le 2-0 qu’il lui fallait pour atteindre les huitièmes de finale, et entamer les matches à élimination directe avec un Zinedine Zidane enfin en forme. Mais, en 2008, la poule était autrement plus relevée. Le triste 0-0 du premier match était obtenu contre la Roumanie, alors que les plus redoutables adversaires de la poule, Pays-Bas et Italie, étaient à venir. Il y eut bien une décision arbitrale défavorable (main de Ooijer dans la surface non vue) dans le deuxième match, mais la domination française ne fut pas de tous les instants, bien au contraire, avec les Pays-Bas qui entrèrent bien dans le match et ouvrirent la marque. La France était toujours en course pour la qualification lors de son troisième match. Mais, elle ne réussit pas à mater l’Italie comme elle avait autrefois maté le Togo. La cohésion de groupe ne fut pas suffisante, pour assister une belle réaction d’équipe. Et, Patrick Vieira est le symbole des plus grandes difficultés du staff à remettre sur pied ses joueurs en 2008 qu’en 2006.

            La stratégie de l’équipe de France pour cet Euro n’a donc pas été adaptée, que cela soit initialement ou en réaction aux  circonstances défavorables : assurer le point du match nul contre la Roumanie n’a finalement pas servi. Contre les Pays-Bas, la France n’a pas eu le loisir de poser son jeu, puisqu’en se retrouvant menée, elle a été obligée d’attaquer à tout va. Et, en préparation du match contre l’Italie, on a eu tendance à trop penser (surtout dans les médias) à l’arrangement possible entre Roumanie et Pays-Bas. La blessure de Ribéry puis l’exclusion d’Abidal a entraîné un coaching d’urgence, qui sentait plus la résignation et la limitation des dégâts que le jeu du va-tout.

            Il est vrai que Raymond Domenech a rarement brillé par son coaching. Il ne croyait d’ailleurs pas trop aux vertus de celui-là, l’important étant de conserver une équipe bien en place, ce qui peut être perturbé par un joueur  entrant qui doit s’adapter au nouveau poste et au rythme du match. En 2006, ses choix étaient assez pertinents :

            *un bloc équipe, pour bien défendre

            *dans ce bloc équipe, Patrick Vieira pour percuter dans l’axe en phase de maîtrise du ballon

            *les deux joueurs latéraux, Ribéry et Malouda qui se dépendaient à fond dans un rôle de piston pour être présent aussi bien défensivement qu’offensivement quand il le fallait, remplacés par Govou ou Wiltord à la 70éme pour des raisons de fraîcheur

         *un joueur axial plus lent et plus libre : en général Zidane au milieu. Quand il fut suspendu, ce fut Trézéguet en pointe contre le Togo

         *Henry pour mettre la pression sur toute la défense adverse sur toute la ligne d’attaque. La dépense d’énergie à la limite du hors-jeu faisait que c’était aussi un poste pour lequel Raymond Domenech pouvait procéder à des changements en fin de match.

 

            Donc il est capable d’un bon coaching mais seulement dans une certaine mesure. Ses changements au milieu sont rarement destinés à déstabiliser l’adversaire : c’est du poste pour poste, ou un joueur plutôt défensif qui rentre à la place d’un joueur plutôt offensif. Rarement, voire jamais le contraire. Il faut dire aussi qu’on a peu de milieux relayeurs en équipe de France, pour remplacer nos milieux défensifs. Lors de cet Euro, les changements que le sélectionneur a opéré pour gagner les matchs étaient plutôt des remplacements de milieux offensifs par des attaquants, remplacements assez stériles (vérifiant d’ailleurs ce que Raymond Domenech disait lui-même : « ce n’est pas en empilant plus d’attaquants qu’on marque plus de buts) Ca dépend bien sûr de la forme des attaquants, et c’est vrai qu’avec un Anelka fantômatique, cela n’aidait pas. Mais, sinon, il faut noter que les changements types pour renverser une situation compromise, concernent plutôt le remplacement d’un milieu défensif par un milieu offensif, ou d’un arrière latéral par un ailier, choix que ne fait pas Raymond Domenech car il n’aime pas toucher à sa base de six joueurs derrière.

            On touche du doigt l’une des grandes limites (qui n’empêche pas forcément de gagner des matches dans certaines configurations) de l’équipe de Raymond Domenech. Si les attaquants ont une certaine compétence pour défendre, on ne va pas plus loin dans le football total, puisque les six joueurs défensifs n’ont guère de compétence pour attaquer, même si on pourra noter que le remplacement d’Abidal par Evra a été un choix offensif.

            Peut-être qu’avec Mexés le défenseur romain, une meilleure relance aurait été permise, pour transmettre mieux et plus rapidement le ballon de l’arrière à l’avant. Peut-être que Flamini ( aurait permis d’apporter plus de percussion vers l’avant que les défensifs Toulalan et Makelele. Peut-être qu’emmener un milieu offensif de plus (par exemple Ben Arfa) au lieu d’un défenseur aurait permis d’avoir plus de solutions dans un secteur où l’équipe de France manquait de talents en forme. Trézéguet aurait lui permis une option différente en attaquant de pointe.

            Mais, encore une fois, que cela soit pour ceux que le sélectionneur aurait pu faire rentrer lors de l’Euro, ou ceux qu’il aurait pu prendre dans sa liste de 23, rien ne dit qu'un joueur aurait changé le résultat. Et, il ne faut jamais oublier qu’un changement de gars n’aboutit à une amélioration du visage de l’équipe que si on a préparé un nouveau système depuis longtemps. Mexés a très peu joué en défense centrale avec les Bleus ; il n’est pas sûr qu’il ait suffisamment  d'automatismes avec ses partenaires. Les derniers essais de matches avec David Trezeguet n’ont pas fonctionné, que cela soit la faute de l’attaquant de la Juventus, du système du sélectionneur, ou de la maladresse  des autres joueurs pour les passes et les appels (sans doute un peu des trois)

            Le moment décisif était peut-être 2007 : comme je l’ai déjà évoqué, beaucoup de joueurs ont changé de club, et cela n’a pas été une réussite. Avisant cela, il aurait fallu de toute urgence pour le sélectionneur à l’automne 2007 reconstruire une nouvelle équipe, en laissant de côté des joueurs qui avaient contribué au bon parcours en éliminatoires (Malouda, Abidal, Thuram, Henry,…) sans leur laisser la chance de se remettre de leurs débuts difficiles dans leur nouveau club, qui pouvait correspondre à un temps d’adaptation.

            Bref, l’Euro 2008 arrivait au mauvais moment pour l’équipe de France. Est-ce que Raymond Domenech s’en est pour autant servi pour préparer la Coupe du Monde 2010 ? Difficile à dire. Certains diront qu’avec Thuram, Henry, Makelele, Sagnol sur le terrain, on ne faisait pas un choixd’avenir. Rappelons quand même que compte-tenu des circonstances de leur retour où ils s’étaient imposés avec Zidane, c’était difficile de se passer des anciens. Même si l’esprit d’équipe n’était pas au rendez-vous durant cet Euro, l’expérience vécue par des futurs tauliers, probables comme Benzema et Toulalan, ou possibles, comme Nasri, Clerc, Evra, Gomis, pourrait être bénéfique en 2010. Quant à ceux qui font partie de la génération intermédiaire, qui a pris peu à peu le pouvoir sous le mandat de Domenech, en devant titulaire lors de la Coupe du Monde 2006, et en le restant à l’Euro 2008) : Malouda, Abidal, Gallas, Ribéry, il va leur falloir rebondir, mais c’est possible.

            A travers ce texte, je vous ai donc livré mon avis assez mitigé sur Raymond Domenech. Mais, je ne suis pas de ceux qui s’indignent qu’on l’ait laissé en place. Oui, j’ai des doutes sur sa capacité à construire un beau jeu d’attaque. Mais, laissons-le bâtir avec le soutien de ses joueurs une équipe pour 2010.

            Plutôt que la question du sélectionneur, j’aurais envie de poser la question du capitaine. Un rôle important dans une équipe qui doit retrouver sa cohésion http://www.123votez.com/sondages/sondage-gratuit-18007_32677.php
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