Pour changer un peu, voici un article qui ne parle pas de football. Quoique, de Vienne à l’Euro, il n y
a qu’un pas qu’on pourrait franchir allégrement.
D’ailleurs, quand je suis passé dans la capitale viennoise au printemps dernier, il
me serait difficile de ne pas avouer être tombé nez à nez avec de grands panneaux publicitaires et des albums Panini de l’Euro.
Pour marquer le coup, les Autrichiens avaient même mis des chaussures de football à
quelques statues de grands hommes devant Künstler Haus.
Mais parlons de la ville traditionnelle.
Vienne s’étend sur le bord du Danube, ce grand fleuve européen. Au Nord-Est
de la ville, on peut le traverser, divisé en deux branches parallèles par une grande île allongée . Le fleuve a plusieurs dérivations, que cela soit le vieux Danube près du Parc du Danube au
milieu duquel se trouve la tour du Danube, et une petite église pour trancher avec les immeubles, buildings et centre de congrès proche. L’autre importante dérivation est plus artificielle et
plus proche du centre-ville : c’est le Donau-Kanal, au bord duquel se tient Schweden Platz, point de départ du quartier des bars branchés.
Le centre-ville se trouve donc au Sud-Ouest du Danube. Près de la Dr Karl Lueger
Platz, on peut voir un plan des murailles de la ville médiévale alors centrée sur StefansPlatz et la cathédrale : toits très abrupts, avec des tuiles colorées pour former des dessins,
géométriques ou d’aigles couronnés, clocher élancé à côté d’une tour ressemblant à une vigie.
Cathédrale de StefansPlatz
Plus tard, le cœur de la ville fut sans doute le château Hofburg, près de l’HeidenPlatz. Divers bâtiments religieux et officiels de l’empire des Habsbourg
sont à visiter dans ce pâté de maison. Musée de la Cavalerie Espagnole, ou Musée de l’Argenterie des Empereurs. Dans ce dernier, on peut imaginer le faste des réceptions des Habsbourg, apprendre
aussi que certaines pièces d’argenterie ont dû être fondues quand les temps de guerre nécessitait des boulets de canon. En temps de paix, par contre, la monarchie française et l’empire Habsbourg
se faisaient volontiers cadeau de services en porcelaines et autres couverts recouverts d’or. On peut ensuite enchaîner sur le musée Sissi. On nous dit en préambule que Sissi n’intéressait pas
tant que ça ses contemporains, que sa renommée tient beaucoup à sa mort tragique (assassinée à Genève pas un anarchiste italien en quête d’un gros coup) et ensuite aux films avec Romy Schneider
dans le rôle-titre, et que ce qu’on sait de son histoire est parfois romancée. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Le musée Sissi exploite à fond son icône : on visite tour à
tour le wagon personnel de voyage, la chambre à coucher, les toilettes et la salle de bain de Sissi. Elle était une des premières au monde à avoir une belle baignoire, et avait fait aménager sa
chambre à coucher d’instruments de gymnastique (on peut notamment voir des anneaux) Elle était connue pour sa taille de guêpe, et elle surveillait son poids plume à l’aide d’une balance. Elle fut
aussi championne d’équitation. Mariée à son cousin, l’empereur François-Joseph d’abord promis à sa grande sœur, elle n’eut pas beaucoup l’occasion de voir ses deux premiers enfants, élevés auprès
de la mère de l’empereur. Elle eut plus de lien avec son troisième enfant, une fille. En y repensant, après le suicide de Rudolf, l’héritier mâle du trône de l’Autriche-Hongrie devint le neveu,
François-Ferdinand. Mais, finalement, François-Joseph vécut bien plus longtemps que Sissi, mais aussi un peu plus longtemps que son successeur, François-Ferdinand, qui fut victime du fameux
assassinat de Sarajavo, qui mit le feu aux poudres du Balkan et entraîna par effet domino la Première Guerre Mondiale. Pour revenir à François Joseph, à peine deux ans après
son mariage, il faisait chambre à part avec Sissi, ce lève-tôt occupant une grande pièce où son lit côtoyait son bureau. Dans les appartements, la visite se finit par les chambres d’amis, ces
amis étant en l’occurrence des rois ou des tsars, et la salle à manger. Où on apprend qu’en général, le repas durait trois quarts d’heure durant lequel on expédiait 7 plats. Il faut dire aussi
que dès que l’empereur en avait terminé et posait sa fourchette, tout était débarrassé. Les autres convives avaient donc intérêt à le faire parler, sachant que la prise de parole autour de cette
table précisément organisée était elle aussi codifiée. Notons que c’est dans cette enfilade de pièces que s’est joué le fameux congrès de Vienne où tout ce que l’Europe comptait de têtes
couronnées s’était réuni pour reprendre la main sur le Continent, et mettre fin à l’agitation qui avait essaimée suite à la Révolution Française.
L'ombre de l'impératrice Sissi plane sur le château du Hofburg
En dehors du palais de Hofburg, l’autre lieu mythique de résidence de Sissi et des
autres impératrices, est le palais de Schönbrunn, dont je vous mettrais les photos de la cour, du jardin et du Belvédére, tous magnifiques dans un prochain billet pour ne pas surcharger
celui-là.
Dans Vienne, il y a un autre configuration en Belvédère dans le quartier des ambassades, du Palais Shwarzenberg et de l’Ecole de Musique : une grille, une
cour, un beau premier château, puis un grand jardin à la française, tout en longueur, et en pente pour accéder au deuxième château. Dans ce même quartier, non loin de la très classieuse ambassade
de France, on a le monument aux morts. Ce qui est marquant, c’est de voir que les inscriptions sont en alphabet cyrilliques. Honneur aux soldats de l’Armée Rouge, qui ont probablement été
les libérateurs de la ville à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Si l’Autriche a fait ensuite partie du bloc de l’Ouest, il n’en reste pas moins que Vienne est située en plein cœur de l’Europe
Centrale.
Shwarzen Strasse, en direction du monument en l'honneur de l'armée rouge (au fond)
Statue de Karl Zu Shwartzenberg à cheval, et tramway viennois
Si on revient vers le Centre on passe près d’une grande avenue avec la statue d’un cavalier austro-hongrois issu d’une grande famille Karl von Schwartzenberg, puis
KarlsPlatz : jolie station de métro et remarquable KarlsKirche, avec sa façade et ses colonnes blanches et sa coupole vert de gris. Des musées, des pavillons de musique, l’Opéra de Vienne,
pour rappeler qu’avec le passage de Mozart et surtout de Strauss (dont on peut voir une statue dorée dans StadtsPark), la capitale autrichienne est un lieu de grande musique.
Karlskirche se mire dans son bassin
En se rapprochant du Hofburg, on arrive dans le Museums Quartier. Au milieu de la Marie-Therese Platz, une statue en l’honneur la grande impératrice, à partir de
laquelle on peut atteindre HeidenPlatz et Hofburg. Puis, à l’Ouest du Centre-Ville, les bâtiments sont toujours aussi impressionnants que les palais impériaux, mais ils abritent cette fois-ci
les lieux de pouvoir actuel de la République Autrichienne : Palais de Justice, Parlement, Rathaus (hôtel de Ville), Théâtre de la Ville, Université et Bourse.
Parlement Autrichien
Rathaus, avec ses fléches
Cour intérieure de l'Université Vienne : sous les colonnades, des statues de grands hommes
Schrödinger a notamment enseigné ici
La ville de Vienne est vraiment très belle : certains trouveront les façades un peu trop compactes, mais j’apprécie les couleurs, la régularité des formes, et
les détails intéressants, avec même parfois des balcons. Notons au niveau des sons caractéristiques, le bruit sur les pavés de la ville des sabots de chevaux des attelages qui baladent les
touristes.
A noter à l’Est et au Nord du centre-ville les Kunst Haus maisons
d’architectes, qui marient les couleurs, les matériaux et formes : HundertWasse avec des arbres qui dépassent de sa façade et son musée qui acceuillait des œuvres de Guy Bourdin. Et
aussi, le parc du Praterstern, juste à côté de la gare du Nord : grande promenade bordée de marronniers, et surtout fête foraine en continu, avec un très Ancien Toboggan et
la grande roue installée depuis le plus longtemps et encore en marche en Europe. Et, puis bien sûr toutes sortes de châteaux hantés (Geister Schloss), de montagnes russes, et de
balanciers infernaux modernes.
HundertWasse
Pour conclure, je dirais que Vienne est une ville très intéressante, plutôt étendue
et aérée.