Bonjour,
En ce week-end de match de l'Equipe de France vice-championne du monde dans son groupe de qualifications pour l'Euro 2008, je vais vous parler d'un France-Angleterre, qu'il m'a été donné de voir. Le match décisif pour la qualification pour la Coupe du Monde féminine en Chine, qui se tenait à Rennes samedi dernier. Bon, questions actualité, un billet sur le blog sept jours après l'événement, ce n'est pas ce qui est le plus réactif. Mais, bon, je sens que je vais avoir une histoire, des émotions et des avis à vous faire partager sur ce sujet. Le football est un sport auquel j'aime m'intéresser en général. Je ne m'empêcherais donc pas d'en parler quelque fois sur ce blog. A vrai dur, j'avais eu une première vélleité de me créer un espace personnel sur overblog, en juin, à l'époque où se préparait la Coupe du Monde, et où ça commençait à discuter foot dans les coins cafés et sur le net. Pour des raisons techniques, cela ne s'était pas fait. Mais maintenant, qu'à nouveau titillé par l'envie de m'exprimer, je me retrouve avec un blog. Et, donc, y inclure quelques billets parlant de la balle au pied, en n'oubliant pas que ce n'est qu'un jeu, ne fera pas de mal. Il se trouve par ailleurs que ce match de football féminin était pour moi la première occasion d'aller dans un stade.
J'ai donc rejoint mes amis Route de Lorient. Nous avons passé le cordon se sécurité et gravi les escaliers des gradins. La première vision en tribune m'a soufflé. Une impresionnante vue plongeante sur la pelouse d'un vert très vif, avec des centaines de personne (joueuses, staff, responsables locaux) s'activant sur et autour du terrain. Les Françaises et les Anglaises accomplissaient leur échauffement : d'abord des courses, puis des échanges de ballon, puis des frappes. La moitié de terrain, immédiatement devant nous, était occupée par les anglaises. Elles s'entraînaient à centrer pour les ailières, reprendre de volet pour les centrales, et arrêter pour les gardiennes, habillées en jaune. Pendant ce temps-là, le speaker égrénait les noms des joueuses .Avec leur position sur le terrain et club (principalement Juvisy, Lyon, Toulouse et Montpellier) pour les Françaises). S'adressant aux xupporteurs brittaniques, une trentaine installés derrière le but adossé à la ville avec de nombreux drapeaux à la Croix de Saint-George ou Union Jack pour les Anglaises. Le stade commençait à se remplir d'un public à moitié féminin. A l'exception des supporters déjà mentionnés, les tribunes derrière les buts resteront vides. Pendant que les joueuses regagnaient le vestiaire, le speaker tentait assea vainement de nous chauffer la voix, avec des chansons du répertoire très classique du supporter : "qui ne saute pas n'est pas français", "Allez les bleues",...Par contre, pas de problème pour comprendre le principe du tifo. Sur notre siège, on avait trouvé un papier rouge. La télévision (Sport+, il me semble) était sur la tribune d'en face, et, comme on nous l'avait dit, en agitant notre papier à l'entrée des joueuses, on participa à l'apparition d'un drapeau français dans notre tribune (elle s'appelle Super U celle-là. eh oui le Stade Rennais fait avec les sponsors qu'il trouve)
Les joueuses s'alignèrent. La musique retentit. Deux beaux hymnes à écouter et chanter. "God Save The Queen" et "La Marseillaise". Aimé Jacquet et un jeune homme vinrent donner le coup d'envoi. Et, pfiuuut !
L'enjeu était simple : si la France gagnait, elle était qualifiée pour la Coupe du Monde en Chine. Dans le cas contraire, c'était l'Angleterre qui obtenait son billet pour la compétition mondiale majeure. En tout cas, les Anglaises, en blanc, débutaient bien la rencontre. A l'exception d'une incursion française précose dans leur surface, elles mirent une forte pression dans la moitié de terrain des Bleues, la plus éloignée de nous. Puis, peu à peu les Françaises parvinrent à ressortir plus proprement le ballon en déboulant notamment sur les côtés, avec devant nous Hoda Lattaf, porteuse du numéro 10 et faisait partie des meilleures techniquement, qui bénéficiait parfois du concours de l'arrière gauche Sandrine Dusang. Mais, dans la zone de vérité, l'attaquante légendaire de l'équipe de France, Marinette Pichon, porteuse du numéro 9, était souvent trop esseullée et la défense anglaise veillait au grain. A une occasion, la balle passant de Hoda Lattaf à Marinette Pichon, puis à Laetitia Tonazzi et son numéro 11, un petit décalage fut fait. La jeune attaquante française en profita pour tirer, mais hors du cadre. On le savait d'après les scores de matches précédents (notamment le 0-0 du match aller Angleterre-France), en football féminin, il n y a pas beaucoup de buts. En une grosse demi-heure, il y eut à peine quatre frappes, dont une cadrée (par les Anglaises). Mais, si la force et la qualité de frappe est moins impressionnante que chez les hommes, le match de football féminin n'en est pas forcément moins agréables à regarder. La circulation de balle est plutôt fluide, alors que on peut se retrouver avec certaines rencontres masculines bloquées au milieu, avec un jeu haché par les fautes. Dans ke match qu'on voyait, l'arbitre (une femme d'origine asiatique) sifflait assez peu. Il y avait quand même quelques chocs, et en général quand une joueuse en retard arrivant en retard, bousculait son adversaire, il y avait comme un large soupir partagé dans le stade. Dans certains de ces chocs, des joueuses restaient à terre. Ce fut le cas d'Hoda Lattaf, fauchée par une défenseuse anglaise noire, qui écopa d'un carton jaune, et qui fut -momentanément - évacuée sur la touche. A la fin de la mi-temps, sur un corner français (les Bleues avaient pris un ascendant, en particulier physique, certain en fin de mi-temps), ce furent deux anglaises qui restèrent au sol. Cela permit aux joueuses de respirer. Et, peu après, la fin de la mi-temps était sifflée. Les Françaises n'avaient pas encore réussi à marquer.
Côté tribune, si les dix premières minutes furent plutôt calmes, les encouragement montèresnt peu à peu au fil de la mi-temps. Après quelques tentatives infructueuses, une ola réussit à faire plusieurs tours de stade. C'est un plaisir. Mais, je me suis rendu compte que cela suppose de se concentrer sur les tribunes, plus que sur le terrain, donc on peut perdre un peu le fil du match. Tandis que des avions en papier atterissaient sur le terrain pour les mieux conçus d'entre eux, le speaker , après avoir annoncé que Rennes était mené sur la pelouse de Sedan en ligue 1, essayait à nouveau de motiver le stade. Vous voulez aller où ? En Chine !!! Cependant, en début de deuxième mi-temps, il y eut à nouveau dix minutes de flottement côté supporter. Mais, les "Allez les Bleues !" se firent de plus en plus fort.
Les Françaises tenaient assez bien le match mais ne parvenaient pas à marquer tandis qu'une ola fit encore un ou deux tours. Et, la numéro 7 anglaise à la queue de cheval brune, prit la balle sur le côté et obtint un coup franc à vingt minutes de la fin. Dans la surface française, une poignée d'anglaise bougeaient entre la position de hors-jeu et le paquet. Le centre arriva. Et, on vit les filets du but devant nous trembler. La balle était au fond. J'ai entendu à posteriori qu'il s'agissait d'un but contre son camp d'Hoda Lattaf. Mais, il n y avait pas de ralenti au stade. Et, ce qu'on voyait, c'était les Anglaises très heureuses, en particulier une petite milieu de terrain qui exultait comme si elle avait marqué. Elles restèrent un moment assemblées dans ces positions de liesse footbalistique habituelle, puis reprirent leur place. Angleterre 1 - France 0.Les Françaises devaient maintenant marquer deux buts. L'entraîneuse Elisabeth Loisel fit rentrer du sang neuf : Camille Abilly (une joueuse bretonne à en croire les encouragements) puis pour remplacer l'arrière gauche, une joueuse avec un nom à consonnance alsacienne Diguelman. Les Anglaises aussi, après avoir changé leur arrière droite à la pque, procédérent à de nouveaux changements. L'ailière métisse, devant nous, fut appelée pour sortir du terrain à l'autre bout. Elle y allait en trotinnant. La numéro 7 lui dit quelque chose, vraisemblablement de ne pas se presser, et l'arbitre lui donne un carton jaune. C'était le petit jeu des gains de temps. Après plusieurs dégagements sans se presser, la gardienne anglaise prendra aussi un jaune en toute fin de match. Mais revenons au déroulé du match. A dix minutes de la fin, cela semblait bien difficile pour les françaises de trouver la clé de cette défense anglaise qui tenait bon. Ludivine Diguelman avait la balle sur son aile gauche. Elle centra vers le but. Et, on vit le ballon arriver dans le petit filet seulement quand il y fut. La gardienne ne pouvait rien y faire. Dix minutes pour marquer un deuxième but : l'exploit était encore possible. Après un bon travail d'une coéquipière sur l'aile gauche, Marinette Pichon reprit la balle de la tête. Peut-être le but, si une autre française reprend cette passe, ou si elle la pique hors d'atteinte de la gardienne. Mais, la blonde s'en saisit. Et, elle dégage. La gardienne française Sarah Bouhaddi, recoît une passe en retrait. Voulant avancer le plus possible pour faire ce qui sera sans doute un de ses derniers dégagements, elle se heurte à l'attaquante anglaise, la petite noire numéro 9. La balle finit sur le poteau. Ouf ! Mais il reste toujours à marquer un but. Trois minutes d'arrêt de jeu. Malgré les derniers coups francs, ça ne rentre pas. Et, c'est le coup de sifflet final. Les françaises, dont Marinette Pichon dont c'était le dernier match en Bleu, sont tristes. Les Anglaises, très très joyeuses, vont se réunir derrière une banderole "We're going to the World Cup" pour saluer leur public. Nous quittons le stade. C'était un beau match, mais les féminines françaises n'iront pas à cette édition de la Coupe du Monde. Coup d'arrêt. La concurrence se fait plus rude (à la précédente Coupe du Monde, c'était en battant l'Angleterre que la France s'était qualifiée), et il n y a que seize équipes qui participent à la Coupe du Monde. Même si dans les tournois, la France n'est pas loin ou égalité avec les meilleures équipes (Allemagne, Etats-Unis, Chine, Norvége, Brésil, Corée du Nord pour les jeunes filles (oui, oui, ce pays dictatorial, qui a besoin d'aide alimentaire, a réussi à voir gagner son équipe nationale la Coupe du Monde des filles de moins de 19 ans), difficile de rentrer parmi les cinq qualifiées européennes, qui représenteront des pays du Nord : Norvège, Allemagne, Danemark, Suède, et Angleterre donc. Question de culture.
Et, le développement du foot féminin dépend beaucoup justement de la culture du pays, et du développement des structures adéquates. Parfois, je me dis que j'aimerais bien par curiosité un de ces jours entraîner une équipe féminine de football. Pas pour des histoires de douches, je préviens tout de suite vos sous-entendus, coquin(e)s ! Mais, je me dis que peut-être je ne parviendrais pas à atteindre autant de légitimité face à un groupe de gars sûrs d’eux. Et, j’ai besoin de confiance pour me sentir à l'aise et donc avoir le plaisir de faire des mises en place technico-tactiques. Enfin, être entraîneur, ce n'est sûrement pas ce que je crois - au-delà des schémas de dispositifs sur une feuille, c’est un travail au jour le jour. Ah, tiens, en parlant de dispositif tactique, j’ai oublié de le mentionner, mais les Bleues jouaient en 4-3-3 ( à la lyonnaise comme on dit). Et, il y avait une vraie discipline sur le terrain, ce qui expliquait peut-être l'impression de fluidité laissée parfois. En tout cas, c'était intéressant. Et, j'espère, que cela le sera à la lecture pour vous aussi...