Concours

Mercredi 2 juillet 2008

         Hors palais de Hofburg au centre-ville de Vienne ( voir article précédent ) , l’autre majestueuse résidence des Habsbourg : Marie-Thérèse, Sissi et les autres impératrices et empereurs, est le palais de Schönbrunn. Probablement situé dans un petit coin de campagne à la grande époque de l’empire austro-hongrois, le château a maintenant été absorbé par l’agglomération viennoise. On y accède par métro.

Station de métro de SchönBrunn

La grande avenue de ShlossStrasse amène au portail du château, entouré de deux colonnes surmontées d’aigle. Belle façade ocre et toits bruns pour le château qui ceint une belle court pavée avec lampadaires.

 


Mais, le plus intéressant est derrière : un immense jardin, avec des allées obéissant à un intelligent plan, des fleurs colorées, des arbres taillés avec une précision d’orfèvre, et d’innombrables statues antiques. Derrière la magnifique fontaine de Neptune, commence une pente, qui amène à ce qu’on appelle un Belvédère. Le jardin est donc surplombé d’un joli édifice blanc, appelé Gloriette.

Vue depuis le Belvédère du Parc, du château de Schönnbrunn et de Vienne


La Gloriette au sommet du Belvédère


En se balladant dans les ailes du parc, on observe d’autres curiosités. La petite Gloriette est un petit bâtiment ocre aux volets verts foncé au milieu de la forêt. Notons aussi une piscine et un zoo dans le parc. Dans le style romantique, on a le droit dans la partie basse et plane du parc à une reconstitution de ruines antiques, une obélisque, et un pigeonnier, avec toujours cette couleur ocre et vert foncé.


Ruines antiques dans le parc de Schönbrunn

Obélisque dans le parc de Schönbrunn

Un coin retiré du parc, le soleil se couche et des statues se touchent

 Cela fait plaisir de se promener dans ce parc de la belle époque, très fréquenté par les joggers d’aujourd’hui.

 

            Pour finir, on notera dans les dépendances du château de Shönbrunn la présence d’une Orangerie où on peut écouter des concerts le soir, et une salle des Glaces, qui n’est pas sans rappeler la Galerie des Glaces de Versailles.

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Dimanche 29 juin 2008

           Pour changer un peu, voici un article qui ne parle pas de football. Quoique, de Vienne à l’Euro, il n y a qu’un pas qu’on pourrait franchir allégrement.

            D’ailleurs, quand je suis passé dans la capitale viennoise au printemps dernier, il me serait difficile de ne pas avouer être tombé nez à nez avec de grands panneaux publicitaires et des albums Panini de l’Euro.

            Pour marquer le coup, les Autrichiens avaient même mis des chaussures de football à quelques statues de grands hommes devant Künstler Haus.

 

           

 

            Mais parlons de la ville traditionnelle.

 

            Vienne s’étend sur le bord du Danube, ce grand fleuve européen. Au Nord-Est de la ville, on peut le traverser, divisé en deux branches parallèles par une grande île allongée . Le fleuve a plusieurs dérivations, que cela soit le vieux Danube près du Parc du Danube au milieu duquel se trouve la tour du Danube, et une petite église pour trancher avec les immeubles, buildings et centre de congrès proche. L’autre importante dérivation est plus artificielle et plus proche du centre-ville : c’est le Donau-Kanal, au bord duquel se tient Schweden Platz, point de départ du quartier des bars branchés.

            Le centre-ville se trouve donc au Sud-Ouest du Danube. Près de la Dr Karl Lueger Platz, on peut voir un plan des murailles de la ville médiévale alors centrée sur StefansPlatz et la cathédrale : toits très abrupts, avec des tuiles colorées pour former des dessins, géométriques ou d’aigles couronnés, clocher élancé à côté d’une tour ressemblant à une vigie.

 

Cathédrale de StefansPlatz

 

Plus tard, le cœur de la ville fut sans doute le château Hofburg, près de l’HeidenPlatz. Divers bâtiments religieux et officiels de l’empire des Habsbourg sont à visiter dans ce pâté de maison. Musée de la Cavalerie Espagnole, ou Musée de l’Argenterie des Empereurs. Dans ce dernier, on peut imaginer le faste des réceptions des Habsbourg, apprendre aussi que certaines pièces d’argenterie ont dû être fondues quand les temps de guerre nécessitait des boulets de canon. En temps de paix, par contre, la monarchie française et l’empire Habsbourg se faisaient volontiers cadeau de services en porcelaines et autres couverts recouverts d’or. On peut ensuite enchaîner sur le musée Sissi. On nous dit en préambule que Sissi n’intéressait pas tant que ça ses contemporains, que sa renommée tient beaucoup à sa mort tragique (assassinée à Genève pas un anarchiste italien en quête d’un gros coup) et ensuite aux films avec Romy Schneider dans le rôle-titre, et que ce qu’on sait de son histoire est parfois romancée. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Le musée Sissi exploite à fond son icône : on visite tour à tour le wagon personnel de voyage, la chambre à coucher, les toilettes et la salle de bain de Sissi. Elle était une des premières au monde à avoir une belle baignoire, et avait fait aménager sa chambre à coucher d’instruments de gymnastique (on peut notamment voir des anneaux) Elle était connue pour sa taille de guêpe, et elle surveillait son poids plume à l’aide d’une balance. Elle fut aussi championne d’équitation. Mariée à son cousin, l’empereur François-Joseph d’abord promis à sa grande sœur, elle n’eut pas beaucoup l’occasion de voir ses deux premiers enfants, élevés auprès de la mère de l’empereur. Elle eut plus de lien avec son troisième enfant, une fille. En y repensant, après le suicide de Rudolf, l’héritier mâle du trône de l’Autriche-Hongrie devint le neveu, François-Ferdinand. Mais, finalement, François-Joseph vécut bien plus longtemps que Sissi, mais aussi un peu plus longtemps que son successeur, François-Ferdinand, qui fut victime du fameux assassinat de Sarajavo, qui mit le feu aux poudres du Balkan et entraîna par effet domino la Première Guerre Mondiale. Pour revenir  à François Joseph, à peine deux ans après son mariage, il faisait chambre à part avec Sissi, ce lève-tôt occupant une grande pièce où son lit côtoyait son bureau. Dans les appartements, la visite se finit par les chambres d’amis, ces amis étant en l’occurrence des rois ou des tsars, et la salle à manger. Où on apprend qu’en général, le repas durait trois quarts d’heure durant lequel on expédiait 7 plats. Il faut dire aussi que dès que l’empereur en avait terminé et posait sa fourchette, tout était débarrassé. Les autres convives avaient donc intérêt à le faire parler, sachant que la prise de parole autour de cette table précisément organisée était elle aussi codifiée. Notons que c’est dans cette enfilade de pièces que s’est joué le fameux congrès de Vienne où tout ce que l’Europe comptait de têtes couronnées s’était réuni pour reprendre la main sur le Continent, et mettre fin à l’agitation qui avait essaimée suite à la Révolution Française.

L'ombre de l'impératrice Sissi plane sur le château du Hofburg

 

            En dehors du palais de Hofburg, l’autre lieu mythique de résidence de Sissi et des autres impératrices, est le palais de Schönbrunn, dont je vous mettrais les photos de la cour, du jardin et du Belvédére, tous magnifiques dans un prochain billet pour ne pas surcharger celui-là.

 

Dans Vienne, il y a un autre configuration en Belvédère dans le quartier des ambassades, du Palais Shwarzenberg et de l’Ecole de Musique : une grille, une cour, un beau premier château, puis un grand jardin à la française, tout en longueur, et en pente pour accéder au deuxième château. Dans ce même quartier, non loin de la très classieuse ambassade de France, on a le monument aux morts. Ce qui est marquant, c’est de voir que les inscriptions sont en alphabet cyrilliques. Honneur aux soldats de l’Armée Rouge, qui ont probablement été les libérateurs de la ville à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Si l’Autriche a fait ensuite partie du bloc de l’Ouest, il n’en reste pas moins que Vienne est située en plein cœur de l’Europe Centrale.

Shwarzen Strasse, en direction du monument en l'honneur de l'armée rouge (au fond)

Statue de Karl Zu Shwartzenberg à cheval, et tramway viennois


 

 

Si on revient vers le Centre on passe près d’une grande avenue avec la statue d’un cavalier austro-hongrois issu d’une grande famille Karl von Schwartzenberg, puis KarlsPlatz : jolie station de métro et remarquable KarlsKirche, avec sa façade et ses colonnes blanches et sa coupole vert de gris. Des musées, des pavillons de musique, l’Opéra de Vienne, pour rappeler qu’avec le passage de Mozart et surtout de Strauss (dont on peut voir une statue dorée dans StadtsPark), la capitale autrichienne est un lieu de grande musique.

Karlskirche se mire dans son bassin


En se rapprochant du Hofburg, on arrive dans le Museums Quartier. Au milieu de la Marie-Therese Platz, une statue en l’honneur la grande impératrice, à partir de laquelle on peut atteindre HeidenPlatz et Hofburg. Puis, à l’Ouest du Centre-Ville, les bâtiments sont toujours aussi impressionnants que les palais impériaux, mais ils abritent cette fois-ci les lieux de pouvoir actuel de la République Autrichienne : Palais de Justice, Parlement, Rathaus (hôtel de Ville), Théâtre de la Ville, Université et Bourse.


Parlement Autrichien

 


Rathaus, avec ses fléches

 

Cour intérieure de l'Université Vienne : sous les colonnades, des statues de grands hommes

Schrödinger a notamment enseigné ici


La ville de Vienne est vraiment très belle : certains trouveront les façades un peu trop compactes, mais j’apprécie les couleurs, la régularité des formes, et les détails intéressants, avec même parfois des balcons. Notons au niveau des sons caractéristiques, le bruit sur les pavés de la ville des sabots de chevaux des attelages qui baladent les touristes.

 

            A noter à l’Est et au Nord du centre-ville les Kunst Haus maisons d’architectes, qui marient les couleurs, les matériaux et formes : HundertWasse avec des arbres qui dépassent de sa façade et son musée qui acceuillait des œuvres de Guy Bourdin. Et aussi, le parc du Praterstern, juste à côté de la gare du Nord : grande promenade bordée de marronniers, et surtout fête foraine en continu, avec un très Ancien Toboggan et la grande roue installée depuis le plus longtemps et encore en marche en Europe. Et, puis bien sûr toutes sortes de châteaux hantés (Geister Schloss), de montagnes russes, et de balanciers infernaux modernes.

HundertWasse

 

            Pour conclure, je dirais que Vienne est une ville très intéressante, plutôt étendue et aérée.

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Lundi 8 octobre 2007

 


Bon, je mets la seconde partie de mon texte sur l’histoire de l’Espagne. Un découpage en deux parties appréciable, n’est-ce-pas ?

 

On se retrouve dans les 16éme et 17éme siècles, au moment où l’Espagne, devenue impériale domine le monde. Sa flotte reçoit le fameux surnom d’invincible Armada, et par alliances successives, Charles Quint est à la tête d’un vaste empire en Europe : Espagne donc, mais aussi Sardaigne, Provinces-Unies (actuels Pays-Bas), Flandres et Autriche étendue : c’est-à-dire avec la Bavière au Nord, des extensions sur l’actuelle Italie au Sud et sans doute Hongrie à l’Est, et des visées sur l’actuelle Suisse à l’Ouest. La bataille de Pavie était sans doute plus significative du rapport de force entre Charles Quint et le roi français François 1er que la si bien datée bataille de Marignan. Au nom de Charles Quint, Carlos V en Espagne, est construit, entre autres un palais dans l’Alhambra. Colonnade marbrées, cour circulaire à la géométrie parfaite, on est vraiment dans le style Renaissance. La grande révolution culturelle et artistique de l’Europe, qui remet au goût du jour certains thèmes de l’Antiquité, touche aussi l’Espagne. Grande terre catholique, où sont menacés d’expulsion les anciens musulmans. Communauté particulière regroupée dans des quartiers typiques, ils constituent des citoyens de seconde zone, tout comme les Juifs, qui avaient déjà un statut à part  à l’époque musulmane. Quoi qu’il en soit, lors de cette période autour du XVIéme siècle, la pression religieuse planait sur tous les Espagnols, puisque la Sainte Inquisition veillait. On sait qu’elle utilisait tous les moyens, même les plus terribles comme la torture, pour traquer les comportements et pensées anti-religieuses.

Cour centrale en rond du palais Carlos V à l'Alhambra, Grenade
Double étage à colonnade

 

Cependant, le catholicisme se trouvait contesté en Europe par la Réforme. En Espagne, la Contre-réforme fut aussi artistique, avec l’avènement du style baroque. Couleurs vives sur les façades, exubérance des décors, à l’extérieur et l’intérieur des églises. San Luis à Séville. En peinture, on parle de Murillo comme le maître du baroque sévillan.


Eglise baroque San Luis dans Séville

Statue du peintre Murillo devant le Musée des Beaux Arts de Séville

 

En découvrant peu à peu les beautés andalouses, je me suis posé la question : on a tous entendu parler de la flamboyante puissance de l’Espagne au seizième siècle, mais on connaît peu son histoire ensuite jusqu’au vingtième siècle. Comment ce pays est-t-il passé de l’Empire de Charles Quint à une contrée en retard de développement par rapport au reste de l’Europe au milieu du vingtième siècle ?

En lisant, et en discutant avec un Andalou, j’ai pu mieux appréhender l’histoire espagnole et j’ai compris un peu plus ce déclin. L’empire espagnol perdit peu à peu ses possessions à commencer par les Provinces-Unies, (Pays-Bas), devenues protestantes. Une perte non négligeable pour la puissance maritime et commerciale de l’Espagne. Au cours du dix-septième siècle, sa puissance se vit contester sur mer, notamment par les Anglais, et en Europe continentale notamment par les Français. Les Bourbons, la famille royale de notre pays, en profita pour installer un des siens sur le trône d’Espagne.

L’Espagne rata aussi le coche des grandes révolutions du dix-huitième et dix-neuvième siècle : révolutions politiques initiées dans le siècle des Lumières, et Révolution Industrielle.

Alors que l’Espagne avait vu ses terres en Amérique prendre leur indépendance, le dix-neuvième siècle fut marqué par une instabilité politique, entre administration par un proche de Napoléon, monarchie et république.

 

L’Espagne, tout au long de son histoire, même à ses périodes de gloire, a connu plusieurs capitales, selon l’équilibre changeant entre ses régions. Finalement, c’est à Madrid, qui n’est qu’un petit village au début, mais qui a l’avantage d’être au centre du pays, que s’établira définitivement la capitale. Madrid a donc peut-être moins d’histoire que les villes andalouses, ou Salamanque et Tolède. Mais, elle vaut vraiment le détour notamment pour son palais royal, sa Plaza Mayor, ses musées et bâtiments administratifs, et ses grands boulevards, qui valent ceux de Paris.

Plaza de Cibeles à Madrid : fontaine de la déesse Cibelle, et grands boulevards

 

En tout cas, par rapport aux empires de la France, l’Angleterre, l’Autriche-Hongrie, la Russie, aux nouvelles nations italiennes et prussiennes, et même aux Etats-Unis, l’Espagne aborde le XXéme siècle avec un profil bas, même si elle essaie de célébrer sa puissance passée par une Grande Exposition Ibéro Américaine, qui est un échec, mais laissera à Séville la magnifique Plaza de Espana.

 

Audaces néogothiques de la Plaza de Espana à Séville

            De l’Espagne, on connaît un peu mieux l’histoire récente, avec notamment la terrible guerre civile entre républicains et forces traditionnelles et traditionnalistes : armée, commandée par le général Franco et soutenue par l’Eglise. Ce n’est pas une belle période pour le pays. A la fin de la guerre civile, on a vu d’ailleurs beaucoup de ressortissants (républicains) fuir l’Espagne (pour par exemple la France) de peur des représailles des hommes du nouveau dictateur espagnol, Franco le Caudillo. Celui-ci se tint à l’écart de la seconde guerre mondiale, même si il entretenait des rapports certains avec le régime nazi d’Hitler et le régime fasciste de Mussolini, ce qui laissa l’Espagne en marge de la vaste réorganisation du monde et de l’Europe qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale.

            Et finalement, Franco a pu rester dictateur jusqu’à ce qu’il décède de sa belle mort. Il pensait laisser les clés de son régime à l’héritier des Bourbons, Juan Carlos. Mais, ce dernier, contre toute attente, mit fin à la dictature, en ouvrant la voie à des élections libres, et la rédaction d’une nouvelle constitution de monarchie parlementaire. Cette démocratisation de l’Espagne lui permet de rejoindre l’Union Européenne au début des années 80.

Le roi Juan Carlos n’a alors plus que des pouvoirs régaliens symboliques, avec une aura plus grande que dans beaucoup d’autres monarchies constitutionnelles, puisqu’il est aimé du peuple comme celui qui a ramené la démocratie. Il n’en reste pas moins que le pouvoir législatif est aux mains du parlement élu. Dans le camp majoritaire, le Premier Ministre est désigné, et c’est lui et son gouvernement qui exercent le véritable pouvoir exécutif. Les socialistes ont longtemps gouverné le pays, avec notamment Felipe Gonzales. Puis, la droite est arrivée au pouvoir, avec le Parti Populaire de Jose Maria Aznar, qui a contribué à moderniser l’Espagne. Le dynamisme d’une économie devenue attractive en Europe, a été pérennisé par son successeur au poste de Premier Ministre, le socialiste Jose Luis Zapatero. Il a désengagé les troupes espagnoles que les conservateurs avaient envoyées en Irak Cette promesse de campagne avait convaincu les Espagnols, confrontés au terrorisme islamiste lors des terribles attentats dans les trains de Madrid le 11 mars 2004 à quelques jours des élections. Zapatero a aussi modernisé l’Espagne du point de vue sociétal. L'hédonisme semble désormais l’emporter sur le conservatisme au pays de la fiesta. De plus, ayant utilisé à bon escient les crédits européens, l’Espagne a cessé d’être une terre d’émigration pour le travail. Et, elle consolide plus que jamais son attractivité pour les touristes ou et retraités.

 

L’Espagne a aussi la particularité d’avoir de forts pouvoirs régionaux : avec notamment le très autonomiste, voire indépendantiste pays basque, avec la Catalogne de Barcelone, et sa fierté face à l’Espagne de Madrid. Et, je citerais aussi volontiers l’Andalousie, où Séville a accueilli avec succès la dernière Exposition Universelle du siècle, et où les touristes affluent pour aller se faire dorer la pilule sur la Costa del Sol, ou comme moi récemment donc, aller s’imprégner d’une vieille culture.

 

Puente del Amallilo oeuvre de l'architecte Calatrava pour l'Exposition Universelle de 1992 : audace archiecturale : pont à haubans à pilier unique sur le Guadalquivir à Séville

 

PS : Ainsi prend fin ce billet général, qui va servir de point de repère quand je ferais d’autres billets plus spécifiques de nos visites des trois grandes villes Andalouses : Grenade, Séville, Cordoue.

Par Loïc - Publié dans : Carnet de route
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Dimanche 7 octobre 2007

         


    J’ai eu l’occasion de voyager dans la péninsule ibérique, et plus particulièrement en Andalousie. Avant cette escapade, je connaissais peu l’Espagne, étant seulement allé sur Majorque dans les Baléares. Et, on ne peut pas dire que ces îles soient typiques du pays, envahies qu’elles sont par les touristes, l’allemand étant la seconde langue à Majorque si ce n’est la première. L’Espagne attire donc par son soleil – et l’Andalousie ne déroge pas à cette règle avec ses pointes de chaleur exceptionnelles pour l’Europe – mais aussi par sa culture, issue d’une histoire marquée entre autres par les les influences croisées du monde musulman et du monde chrétien.

 

 

            Notons tout d’abord que la péninsule ibérique fut aussi marquée par la civilisation romaine en tant que province de l’Empire, nommée Hispanie.

Ruines romaines : temples et bains à Cordoue

         

          A la chute de l’Empire Romain, ceux qu’ils appelaient les barbares s’installent dans les diverses régions d’Espagne. Les Wisigoths sont le peuple le plus célèbre. Comme les Francs dans l’actuelle France, on peut penser que les Wisigoths se sont peu à peu convertis à la religion chrétienne, notamment par le baptême officiel de leurs rois. Mais, le royaume est affaibli par des rivalités de succession et des guerres civiles.

Et, au Sud, prospère la civilisation arabo-musulmane. Le califat de Damas, civilisation en pleine expansion étend son territoire jusqu’au Maghreb voisin. Un sultan décide de passer de l’autre côté du détroit de Gibraltar, et sa progression en Espagne est fulgurante. Les conquérants arabes iront même au-delà ; on connaît tous la date de 632 avec le coup d’arrêt qui leur est donné par Charles Martel à Poitiers. Finalement, la frontière entre la nouvelle possession du califat musulman, Al Andalus (qui a donné son nom à l’Andalousie) et les royaumes des provinces du Nord de l’Espagne se stabilise au cœur de l’Espagne actuelle, au nord de Tolède. Après cette phase de conquête, une dynastie de sultans, les Ommeyades, déclarent leur autonomie par rapport au califat abbaside de Damas. C’est l’avènement de l’émirat indépendant de Cordoue dans une période de paix et de prospérité. Dans la ville espagnole actuelle, on voit l’influence de cette époque avec les ruelles de l’ancien souk, et surtout la mosquée, la Mesquida, qui a connu trois extensions successives sous le règne de différents califes, ce qui a entraîné le décalage progressif de son mirhab, la niche indiquant la direction de la Mecque , ou tout du moins la direction vers laquelle les fidèles doivent prier. Elle est richement décorée de motifs végétaux et géométriques car il est interdit de représenter des hommes ou des animaux dans la religion musulman  Pour favoriser la prière et l’écoute du prêche de l’imam, l’intérieur de la mosquée se présente comme un espace ouvert de colonnades, à l’architecture travaillée, celles de la deuxième extension sont particulièrement belles. La Mesquida est sans doute la plus magnifique mosquée du monde à cette période, et Cordoue, accueille les traducteurs, poètes et savants parmi les plus réputés de la civilisation musulmane, elle est alors en quelque sorte la capitale culturelle du monde entre le huitième et le dixième siècle (dans le calendrier chrétien)

Riches Ornementations du Mirhab de la Mosquée de Cordoue


Intérieur de la mosquée de Cordoue :
Colonnades de la première et deuxième extension

 


            Mais, au début du nouveau millénaire, le califat de Cordoue connaît à son tour des tensions internes, et les rois catholiques des provinces du Nord de l’Espagne, Navarre, Castille, Leon et autres, qui n’ont pas renoncé à conquérir les territoires du Sud de l’Espagne, s’allient parfois entre eux pour gagner certaines batailles contre les musulmans. Cordoue perd son rang de capitale de Al Andalus.  D’autres dynasties, comme les Almohades, reprennent le flambeau de la civilisation arabo-musulmane, faisant d’autres grandes cités, comme Séville, leurs capitales.

Je me rappelle avoir lu dans mon guide le nom de Las Navas de Tolosa comme une des batailles clés de la Reconquista, la reconquête de l’Espagne par les Rois Catholiques : les Alphonses (Alfonso), Ferdinands et autres.

Les musulmans doivent quitter des terres reprises par les chrétiens, ou se convertir. Dans cette population qui change de religion, qu’on appelle parfois les mauresques, les gouvernants vont faire appel à des architectes expérimentés, pour bâtir des églises et cathédrales dans toutes les villes d’Espagne. Nouveaux édifices religieux, ou transformation de mosquées en lieux de culte catholiques. Les intérieurs sont réorganisés pour faire apparaître une nef, un chœur et des chapelles. Ou, tout du moins, on y érige un autel et on y introduit des tableaux et statues religieuses, comme à l’intérieur de la Mesquida de Cordoue. Les minarets sont transformés en clocher. La plus impressionnante de toutes ces tours est celle de la Giralda (girouette) à Séville. A l’époque des Almohades, c’était la plus haute du monde, et le sultan ou le muezzin pouvait monter ses 35 paliers par une rampe praticable à cheval. Elle sert maintenant de clocher à la cathédrale, l’une des plus imposantes du monde avec les Saint Pierre de Rome et Londres. Outre le mélange des styles des deux religions, le style des architectes musulmans convertis, qualifié de mudéjare, reposait sur l’efficacité, avec l’utilisation de matériaux de bon rapport qualité prix, comme la brique.

 

Tour de la Giralda à Séville : remarquez les jolis croisillons


Au XIVème siècle, l’influence du style gothique commence à se faire sentir, en se couplant d’abord avec le mudéjare, puis en gagnant au cours des siècles suivants en ambition pour donner des bâtiments comme l’imposante cathédrale de Séville.

Façade avant de la cathédrale de Grenade : style gothique

Du 13éme au 15éme siècle, l’Espagne n’est pas encore totalement unie sous la bannière des rois catholiques. Le dernier bastion de la résistance musulmane se situera à Grenade avec les princes nasrides. C’est sous cette dynastie que sont tracés les plus magnifiques des jardins, construitse les plus splendides des fontaines, édifiés les plus somptueux des palais, sur la colline de l’Alhambra. La forteresse de Grenade, après une résistance acharnée tombera finalement aux mains de l’Espagne Royale à la fin du XVéme siècle.

Près du Rio Darro : sous l'Alhambra : forteresse Alcazaba, palais et jardins

A cette période charnière de l’histoire générale, on place en général la fin du Moyen-âge, période où les musulmans sont donc chassés définitivement d’Espagne, période où Constantinople, la capitale de l’Empire byzantin (l’ancien Empire Romain d’Orient) tombe au mains des ottomans (devenant Istanbul), et période où Christophe Colomb se lance dans un audacieux voyage maritime vers l’Ouest. L’expédition du navigateur génois, qui va découvrir l’Amérique, était justement soutenue et financée par le royaume d’Espagne, représenté notamment par la reine Isabelle. Domination maritime et conquête de l’Amérique et de ses richesses (le fameux Eldorado) seront justement les bases du rayonnement de l’Espagne dans les siècles à venir ...

Par Loïc - Publié dans : Carnet de route
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Lundi 10 septembre 2007

Enfin sorti de mes long pâtés sur le Tour de France, il est temps de faire un article un peu plus aéré, avec un pseudo jeu de mot dans le titre, des illustrations et des phrases directes.

 

Il s’agit donc d’une invitation à découvrir l’Ile et Vilaine, avec trois grandes étapes : Fougères, le Mont Saint-Michel et Saint-Malo. Je sais que ce tour de l’est au nord-ouest du département est tout à fait jouable en un jour.

 

On commence par Fougères, une cité historique, importante dès le Moyen-Age, période qui voyait s’affronter les ducs de Bretagne et les rois de France. Une grande cité médiévale, c’était avant tout un puissant château fort. Le château médiéval de Fougères est remarquable, avec ses douves, ses créneaux, ses hautes tours à meurtrières, sa basse cour, sa haute cour, son côté pont-levis, ses murs de schiste et de granit. Le château domine une boucle d’une petite rivière appelée Nançon, mais est situé dans ce qu’on appelle la ville basse, en comparaison avec la ville haute, où on trouve notamment l’hôtel de ville local.


Car, la ville a un relief assez complexe, articulé autour de collines, de buttes, et de la vallée du Nançon. Ceci s’accorde bien avec le souvenir que j’ai d’un passage du roman « Les Chouans », qui se passe à Fougères et sur les routes environnantes à l’époque de la Révolution Française quand les Chouans, fidèles à la monarchie, affrontent les troupes de la Nouvelle République. Honoré de Balzac décrit le passage de ses personnages (de mémoire l’un d’entre eux s’appelait Corentin) sur une corniche pour aller d’un point à l’autre de la ville. Les paysages évoqués ont l’air sauvages et bretons.

Car Fougères est aussi une ville fétiche pour les auteurs romantiques du 19éme siècle : Honoré de Balzac, donc, mais aussi Victor Hugo, dont le roman « Quatre-vingt treize » se déroule aussi dans la cité bretonne, d’où sa femme, Juliette Drouet était originaire, mais aussi François-René de Chateaubriand, l’enfant de la région. La ville de Fougères a la bonne idée de proposer au coin de ses ruelles des panneaux avec des extraits d’œuvres de ces écrivains et d’autres, du 19éme siècle ou d’autres époques. Couplé avec le charme de la nature et des vieilles pierres de la ville, la lecture de ces textes poétiques contribuent au romantisme de la découverte de Fougères.

On peut partir de la jolie et animée place Aristide Briand, avec le Palais de Justice et Monument aux Morts, rejoindre la place du Théâtre, descendre la rue Nationale et ses belles façades, passer devant le beffroi, bâti en référence à l’architecture Flandrienne, atteindre l’Eglise Saint-Leonard, et l’hôtel de Ville, puis redescendre à travers un jardin public au dessin agréable, en pente, et qui descend jusqu’aux bords du Nançon. Ancien quartier de différents artisanats médiévaux, basés sur l’utilisation des moulins (tanneries,…) autour de la place du Marchix. On voit aussi l’histoire industrielle plus récente, qui reposait sur la fabrication de chaussures. Au pied du château, on trouve l’Eglise Saint-Sulpice, avec ses gargouilles originales, ses beaux retables et intéressants vitraux.

 

De Fougères, on poursuit vers le Nord le long de la frontière entre Normandie et Bretagne. On passe dans les bourgs d’Antrain et de Pontorson dans la vallée du Couesnon. Rivière, qui débouche dans la baie du Mont Saint-Michel, et dont la position de l’embouchure au moment de l’établissement des cartes, a mis le fameux site en Normandie, pour quelques centaine de mètres près.

Le Mont Saint-Michel, ce célébrissime lieu touristique, mérite d’être vu, car c’est vraiment une merveille architecturale : une magnifique abbaye construite à laquelle on accède par une poterne quartier médiéval avec ses rues en pente, ses échoppes et petits cimetières ou plates-formes, au milieu d’un endroit exceptionnel : la baie, dont l’ensablement près du Mont devient préoccupant, et ses marées qui éloignent parfois la mer de plusieurs kilomètres. Bon, c’est vrai que le scintillement des milliers de carrosseries du parking, le kitsch de certains bibelots proposés dans les vitrines, et la densité de la foule dans le rue principale nuisent à la poésie de l’endroit. Mais, si il ne faut sans doute pas trop y revenir, il faut essayer d’avoir vu au moins une fois le Mont Saint Michel dans sa vie.

Ensuite, en repassant le Couesnon vers l’Ouest, on revient en Bretagne. Je conseille une halte autour de la ville de Dol, dans laquelle a aussi vécu et étudié Chateaubriand. Dans la ville, on trouve des vestiges (douves) d’un ancien château, une rue principale avec des maisons anciennes, et une grande cathédrale. Une cathédrale avec un de ses deux clochers inachevés. Une légende raconte que dans un combat à distance contre Saint Michel et les autres saints évangélisateurs de Bretagne, le diable, qui se tenait sur le Mont Dol (charmant roc qui domine les polders de la baie du Mont Saint Michel) excédé, aurait laissé l’empreinte de son pied sur un rocher de la colline, empoignant un rocher, l’aurait jeté contre la cathédrale, arrachant une des tours. Le rocher se serait fiché au sud de la ville, correspondant au menhir du Champ Dolent. Bref, tout s’explique ! Vous pouvez y croire ou pas !

 

 

On rejoint la côte de la baie Saint-Michel au niveau du Vivier-sur-Mer, où les sables de la marée base s’étendent à perte de vue. La côte rocheuse ne commence que sur le bord ouest de la baie. Et, c’est là qu’on arrive à Cancale et son Port de la Houle, où on peut déguster des huîtres.

De Cancale à Saint-Malo, la route touristique passe par la pointe du Grouin. Saint-Malo est une grande ville d’Ille-et-Vilaine. Donc, les faubourgs s’étendent sur une assez grande superficie, avant qu’on arrive au cœur de la ville, la cité intra-muros. La cité corsaire ceinte par ses remparts, qui abritent des petites rues pavées serrées autour de bâtiments en pierre, qui accueillent institutions, bars à rhum, crêperies, magasins de vêtements et échoppes à souvenirs. Il faut savoir que la cité détruite à 90% par les bombardements américains de 1944, a du être reconstruite pierre par pierre. Les statues des grands malouins Robert Surcouf, Jacques Cartier et les autres trônent sur les remparts, qu’on traverse par des portes pour arriver sur une côte bretonne typique, avec rocher et beau sable (et une piscine de mer en prime)…Quand le temps n’est pas à la marée haute, on peut aller sur des îles, le Petit Bé et son fort, et le grand Bé et la tombe de…François-René de Chateaubriand, qui selon ses dernières volontés, voulait reposer sans rien entendre d’autre que les cris des mouettes et le bruit des vagues.




 

Chateaubriand, Flaubert, Hugo, Balzac, de Fougères à Saint-Malo, tous ont aimé cette Bretagne, ce département d’Ille-et-Vilaine et son romantisme. L’autre grand auteur français du 19éme siècle, plus réaliste que romantique, Emile Zola, ayant aussi vu sa carrière croiser le chemin du département, à Rennes cette fois-ci, avec le deuxième procès de l’affaire Dreyfuss.

 

Je vous ai parlé et fait apprécier –j’espère – le Nord et l’Est de l’Ille et Vilaine, dont le Sud et l’Ouest méritent aussi le détour, avec Redon, ses canaux et sa fête de la châtaigne, et le forêt de Paimpont et ses légendes de Brocéliande. Peut-être vous en parlerais-je une autre fois.

Là, je vous abandonne à l’embouchure de la Rance entre Saint-Malo l’aventureuse et Dinard la coquette.

 

Par Loïc - Publié dans : Carnet de route
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