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Politique et société

Mercredi 27 septembre 2006

           L’actualité nous apporte toujours de nouveaux sujets de réflexion. Je ne suis qu’un individu qui n’a prise que sur un entourage limité. Selon ses responsabilités propres, chacun joue un rôle plus ou moins restreint sur la marche du destin de l’Homme et du Monde. Il est clair que la grande majorité du monde a un pouvoir infiniment restreint en ce qui concerne le contrôle de notre collectivité. La sphère des gens de pouvoir et d’influence concerne une petite minorité. Et, pourtant quand bien même mon rôle dans les décisions de ce Monde est infiniment petit, je crois qu’il faut consacrer une partie de son temps, de son intelligence et de son attention aux idées pour améliorer notre monde. En tant que citoyen, on doit essayer d’émettre un avis sur l’actualité et se construire progressivement - sans forcément être dogmatique - une opinion politique.

           Je vous ferais part de certains de mes avis et convictions. J’ai tendance à être plus modéré que tranché, et je suis ouvert à la discussion.

 

           Je voudrais être Président du Monde

Par Loïc
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Vendredi 29 septembre 2006

 

         Dans moins d'un an, aura lieu l'élection présidentielle accompagnée des élections legislatives. J'éxagérerais peut-être en disant que cette échéance occupe l'esprit de tous les français, mais en tout cas, bien avant la campagne officielle, les chocs entre idées et figures politiques ont commencé. Personnellement, je suis assez friand de ce retour des débats politiques, et je m'y attarde parfois lorsque je zappe sur les chaînes info de la TNT. J'ai tendance à préférer d'ailleurs l'information de ces chaînes  à celle des grands médias généralistes. En effet, dans une optique d'audience, aux heures et aux chaînes de grande écoute, on privilégie la facilité pour accrocher l'intérêt des téléspectateurs. Idem pour la radio la presse écrite ou pour les sites d'actualité du net : il faut un titre avec une accroche. L'accent est souvent trop mis sur les petites phrases. Les interviews ne sont en général pas très réactives, les thèmes des questions étant souvent les mêmes, et le temps imparti ne laissant pas l'opportunité d'approfondissements.

 

             Ceci laisse la place aux discours d'hommes politiques calibrés à la virgule près. Pour illustrer mes impressions, parlons un peu de quelques candidats, hors partis extrêmes ou spécialisés, en bref, ceux qui doivent être à même de porter des idées cohérentes, inclus dans un sytème global.

 

               A TF1, j'ai pu voir une interview (dans le laps de temps de 10 minutes, forcément, on est au 20 heures, pas de perte de temps) de Nicolas Sarkozy de retour de l'Université d'été de l'UMP à Marseille. Je l'avais trouvé assez convaincant. Il parle bien, il avait su se placer dans un domaine de valeurs assez séduisantes (valorisation du travail,...). Il apparaissait comme un bon candidat à la candidature.

 

                 Dans l'autre camp, l'ayant entendu en interview et à la tribune d'un congrés, je trouve que François Hollande est un bon orateur. Caricaturé à l'éxagération comme quelqu'un de mou et sans expression, force est de constater qu'il a bien assuré en chef de parti. Ses discours sont assez complets, et cohérents sans être technocratiques. Il parvient à glisser des phrases de modestie pour mieux réattaquer fort ensuite sur sa foi dans le travail des socialistes. Je trouve qu'il y a encore trop cependant d'arguments utilisant simplement le positionnement face aux adversaires : avoir recours à des phrases telles 'nous, nous sommes la gauche, eux c'est la droite' et par un procédé d'énumération, donner l'impression que tout est mauvais et potentiellement dangereux dans l'autre camp.

 

                 Personnellement, je ne pense pas que se dire de droite ou se dire de gauche est un argument. C'est pour cela que j'étais intéressé par le combat de François Bayrou contre ce clivage gauche-droite. Mais, une posture ne suffit pas, il faut voir les idées. J'ai donc suivi le passage du leader de l'UDF à l'émission politique France Europe Express.  Ses idées étaient assez intéressantes, qu'il s'agisse de projets frappés du sceau de la modération et du raisonnable ou au contraire de thèmes plus novateurs, tels la taxation des carburants. J'ai pu avoir une idée plus claire de ce qui le rapprochait et qui le différenciait de l'UMP ou du PS : il ne croit pas en la politique défendue par les socialistes de relance de l'économie par  celle de la consommation par l'augmentation du pouvoir d'achat, et il juge mauvaise l'idée de l'UMP de brader pour le privé des secteurs stratégiques. Son tempérament combatif face aux journalistes et aux deux témoins députés du PS et de l'UMP pouvait séduire. Mais, il éxagéra parfois sa posture vindicative. D'une manière générale, sa communication n'est pas tout à fait maîtrisée. Par rapport à François Hollande ou Nicolas Sarkozy, il apparaît plus malhabile dans son discours. Peut-être était-ce dû au format de l'émission. Mais, visiblement, il doit encore clarifier certaines idées et solidifier son projet. Bref, je garde un à priori plutôt intéressé, mais François Bayrou et son équipe, vous avez encore du travail.

 

                 La qualité du débat politique ne dépend pas que des hommes politiques mais aussi des journalistes qui les interrogent. Parfois, il est intéressant d'avoir un panel de spécialistes divers pour faire une bonne interview. Je suis tombé par exemple dans une émission de Franz-Olivier-Gisbert, où Arnaud Montebourg était interrogé via trois écrivains : Marcela Iacub, la libertaire (je dois dire que je ne partage guère certaines de ses opinions), Yann Moix, le mitterandophile, et Laurent Wauquiez, le Huron UMP à l'Assemblée. Le profil plus littéraire de l'émission a fait que l'analyse politique s'est plus fait dans le domaine des idées. Intéressant, je trouve. Par exemple, une question est restée ouverte : quel est le livre de chevet de Ségolène Royal ? Aime-t-elle les intellectuels ?

 

                 Venons-en à la Zapatera ! Je l'ai vu récemment dans une émission politique, et elle m'a plutôt déçue. Je ne sais pas si c'était parce que l'émission était sur une petite chaîne à une heure de peu grande écoute, mais en tout cas je n'ai pas ressenti le souffle d'une grande vision cohérente. Ségolène Royal répondait par des phrases plutôt convenues à des questions, qui, elles aussi, l'étaient, il faut bien le dire. Ca ne mangeait pas de pain, elle prenait son temps pour énoncer des idées et des valeurs, contre lesquelles il était en général difficile d'être contre. Mais, je n'ai pas vu apparaître au cours de ce petit débat un vrai choix, un vrai fil directeur en ce qui concerne la politique proposée par la candidate à la candidature. Je n’irai pas cependant jusqu’à reprendre l’avis répandu par certains selon lequel Madame Royal n’a pas d’idées. Je trouve qu’elle ouvre des débats nouveaux, dont certains sont intéressants. Pour l’instant, on se situe dans le temps de poser bien les questions, avant de donner les réponses les plus adaptées. Cependant, viendra un moment où Ségolène Royal devra donner à sa politique une grande vision, ce qui implique de ne pas se contenter de suivre plein d’aspirations individuelles. La démocratie participative peut certes restaurer l’action politique au service de la collectivité. Mais, je partage le commentaire de Lionel Jospin: "dire que tous les Français sont des experts, c’est de la démagogie"

 

                 D’une manière générale, pour Ségolène Royal, mais aussi pour les deux autres candidats des partis de gouvernement, il est difficile de savoir à quoi s’attendre.

 

                 Ségolène Royal, évidemment, n’a pas encore maturé sa position. Quelle synthèse résultera-t-il du projet socialiste, des suggestions des visiteurs de son blog et des membres de son comité de soutien, des courants de pensée de ses différents ralliements dans le Parti Socialiste ?

 

                 En ce qui concerne François Bayrou, s’il est élu président, il est évident que cela bouleversera les rapports de force classiques. Et, ensuite, à travers les élections législatives et les différentes alliances possibles, il est bien difficile de dire quel serait le paysage politique de sa présidence.

 

                 Pour Nicolas Sarkozy, il existe encore des doutes sur la voie qu’il choisira. Une fois qu’il aura atteint le pouvoir suprême, choisira-t-il d’aller au-delà des ambitions individuelles (dont la sienne) pour incarner une vraie ambition collective pour la France ? Ou, optera-t-il pour un libéralisme décomplexé, en accord avec la plupart de ses proches du monde politique et financier ?

                 Bref, beaucoup de questions sont encore en suspens. Mais, ce n’est pas tragique, bien au contraire. La campagne va encore durer neuf mois. Et, elle se place sous de meilleurs auspices pour le débat d’idées que la dernière campagne présidentielle, celle de 2002, qui fut vraiment très regrettable. Je crois que cela fait depuis 1995 (ou à la rigueur les législatives de 1997) qu’on a pas eu un vrai débat politique comme celui qui se présente. Je pense qu’on en a besoin. Et, j'aimerais en parler avec vous.

 

 

 

 

Par Loïc
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Dimanche 15 octobre 2006

   

        Je vais évoquer dans mon blog un sujet qui est repris dans tous les médias depuis un mois. Pourtant, la redondance sur certains sujets n'est pas toujours très heureuse, mais justement je voudrais un peu titiller la bulle médiatique.

 

 

             J'ai lu dans mon mensuel de cinéma, Première, que le film de Rachid Bouchareb a eu du mal à se monter, les financements arrivant au compte-goutte, surtout de la part des gros producteurs français. Finalement, le film, soutenu par son acteur star Jamel Debouzze, a pu sortir en aggrégant de multiples sponsors, dont le Royaume du Maroc, avec une touche finale liée à Jean-Pierre Raffarin. Est-ce que ces difficultés signifient que les sphères de pouvoir dans le cinéma ont voulu étouffer l'histoire ? Je pense surtout qu'on touche là aux dérives commerciales de la production française. Pour un même coût, on préfère pour des questions de profit, produire un film aux ressorts comiques maintes fois usés réunissant des stars montantes du petit écran à élaborer un film historique, soigné et original.

 

 

 

 

             On ne peut donc que se féliciter que Indigènes puisse finalement avoir été montré sur les écrans. Mais, faut-t-il pour autant tomber dans l'excès inverse : passer d'une histoire qui faillit être abandonnée faute de soutiens suffisants à un objet cinématographique porté aux nues dans un consensus général ?

 

 

             Le numéro de Première de septembre contient donc un gros dossier sur le film "Indigènes", avec une interview du réalisateur et des acteurs du film. Celle-ci est très orientée sur la portée du message délivré par le film. Les journalistes, par leurs questions, et les acteurs du film, affirment que ce long métrage montre une page injustement oubliée par l?Histoire, et que cette reconnaissance de l'histoire française partagées et des sacrifices mal récompensées par les grands-pères est nécessaire pour panser les blessures des petits fils dans la société française actuelle. En bref, ce film est une révolution. Et, ce message est martelé à travers tous les médias, d?articles en plateaux par Jamel et ses camarades ( j'utilise cette locution dans ma phrase à dessein, car, toujours, pour des raisons de fonctionnement du monde des médias, c?est en général le meilleur client télévisuel qui a le plus souvent la parole. On assiste à un phénomène typique d?emballement médiatique :  d'un média à l'autre, on en parle beaucoup, et en général de la même manière. Je comprends qu?il y ait une logique : si une chaîne concurrente en a bien parlé, l?autre chaîne se doit de ne pas rester de côté sur ce point (l?absence de traitement du sujet  serait l?anomalie), d?autant plus que le vaste champ de thématiques couvert par Indigènes permet de toucher à différents types d?émission. Et, au-delà des journalistes, divers gens pour qui le monde médiatique est important, en particulier les hommes politiques, se sentent obligés de donner leur avis ( forcément positif ) sur le film. Je citerai l?exemple de Jean-Marc Ayraut, le président du groupe socialiste à l?Assemblée Nationale, dans l'émission Le Contrat animée par David Pujadas, dont j?ai apprécié par ailleurs au cours de ce débat le caractère mesuré, responsable et simple. Pour en revenir au sujet de ce billet, le maire de Nantes s?est donc senti obligé de dire qu?il avait vu et apprécié Indigènes deux jours plus tôt et  qu?il avait donc voté des deux mains la proposition du gouvernement visant à rééquilibrer les pensions des soldats des ex-colonies avec celles des vétérans français de la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

 

 

             Cette augmentation substantielle et égalitaire des pensions des combattants des ex-colonies sous le drapeau français lors de la Seconde Guerre Mondiale était la revendication concrète accompagnant le film, qui se présentait au-delà comme une révolution de la pensée. Je ne nie pas l'importance et l'utilité de ce film historique, mais je trouve exagéré de parler de révolution. Je n'ai pas l'impression que dans l'écriture de l'histoire jusqu'alors, il y ait eu une volonté manifeste de cacher le rôle des soldats des colonies. Certains glosent sur 'à peine une ligne dans les livres d'histoire', mais il ne faut pas oublier que la Seconde Guerre Mondiale est riche en faits et combats divers, et donc un livre d'histoire ne peut qu'effleurer tous les événements de guerre. C'est bien parce que les approfondissements sont toujours possibles que le métier d'historien existe. Donc, je n'adhère pas à la thèse d'une histoire cachée, mais je dirais que oui ce film permet de rafraîchir plus ou moins un épisode méconnu de la Libération. C'est tout l'intérêt d'un film historique.

 

 

 

             L'idée selon laquelle la non reconnaissance à leur juste valeur du sacrifice pour la France de leurs grands-pères expliquerait les fractures qu?il peut y avoir dans la société française actuelle avec les immigrés de la deuxième ou troisième génération me paraît très réductrice. A mon humble  avis, les émeutes de banlieue ont bien d'autres raisons plus importantes, et plus actuelles. Et, les problèmes sont plus à résoudre au présent et au futur qu'à appréhender sous l'unique angle du passé, qu'il est impossible de pacifier totalement.

 

 

             Cela dit, je ne veux pas donner l'air de critiquer tous les discours de Rachid Bouchareb et ses acteurs - bien souvent amorcés par des questions des journalistes à réponse évidente -  : certains sont très beaux et ou pertinents : l'idée qu'on a partagé le même drapeau avec les colonisés lors de cette guerre, et qu'à partir du moment où on a tous la même nationalité et qu?on éprouve une certaine fierté d'appartenir à notre pays, il n y a pas de ?Français 'plus Français' que d'autres.

 

 

             Je veux juste un peu tempérer l'emballement médiatique (comme il me semble cela a été un peu analysé à Arrêt sur Images de Daniel Schneidermann)

 

 

             Bien que je confesse ici une certaine overdose d'entendre parler à longueur de médias de « la sortie événement du film Indigènes », je ne me suis pas fermé la porte pour aller le voir. On ne peut pas dire qu'en cette période, il y eut de films beaucoup plus intéressants à l?affiche, et avoir vu le film permet d'enrichir l'avis que je peux avoir sur les commentaires faits sur icelui. En outre, j'apprécie assez le genre 'film historique'. Un film de guerre est en général l'occasion d'avoir un film humain, car les personnages sont des hommes dont la vie est sous une épée de Damoclès, et un tel contexte donc une occasion de révéler des caractéres et l'essence de l'humanité de chacun. Les critiques parlaient justement de personnages attachants.

 

 

            Donc, un beau dimanche matin, je suis allé en salle obscure voir le film de Rachid Bouchareb. Je ne regrette pas de l'avoir vu. Mais, il est évident qu?on peut y relever des imperfections. Si on compare à une référence du film de guerre, comme Il faut sauver le Soldat Ryan, Indigènes apparaît moins bien. Ce ne sont pas non plus les mêmes moyens, c'est évident. Par rapport à d?autres films, les scènes de combat dans Indigènes sont moins grandioses et moins nombreuses : outre l'épisode du Monte Cassino, l'essentiel des scènes d?action se passe à la fin dans le village alsacien aux pieds des Vosges. Néanmoins, comme je l'ai dit plus haut, un bon film de guerre ne se résume pas à des scènes de bravoure. En ce qui concerne les dialogues, je trouve que parfois ils auraient pu sonner mieux (même si je ne nie pas le travail accompli), plus forts ou et intelligents. J'ai en tête la scène intimiste entre le soldat Messaoud (joué par Roschdy Zem) et la Marseillaise : ce n'est peut-être pas un bon exemple, car les faiblesses du dialogue peuvent s'expliquer par les problèmes de langue entre les deux personnages, mais il est certain que j'ai vu d'autres scènes de "repos du guerrier" bien plus réussies dans l'émotion (cette histoire d'amour dans Indigènes décolle surtout à travers les scènes traitant des correspondances "perdues"). D'une manière générale, on a parfois l'impression que les dialogues se résument parfois à l'échange de quelques phrases, plutôt banales, en comparaison par exemple des confessions du capitaine professeur de littérature dans le civil à ses hommes dans Il faut sauver le soldat Ryan. Bref, les discours dans Indigènes ne permettent pas assez de faire apparaître de la subtilité et des nuances dans la réflexion autour de cette thématique de la guerre. Cela dit, les cinq personnages principaux sont bien caractérisés, très différents les uns des autres, et réellement attachants à travers leurs combats respectifs. Et, je citerais pour faire un contrepoint à mes premières critiques une courte scène qui m'a plu : celle qui se passe dans un village de la vallée du Rhône, avec Saïd (joué par Jamel Debouzze) qui à la culture, avec le caporal Abdelkadder (joué par Sami Bouajila) convaincu de l'importance de la lecture pour progresser, préfére finalement le service, avec le rasage du sergent Martinez(joué par Bernard Blancan). Le personnage d'Abdelkadder est sans nul doute le plus intéressant du film, car on suit à travers cette campagne son questionnement que la liberté, l'honneur et la justice. C'est en quelque sorte le personnage témoin de l'évolution du rapport entre la métropole et l'Algérie. Dans cette description à charge du traitement des soldats venus d'Afrique par les autorités militaires françaises, il importe, je crois, de distinguer ce qui tient de la condescendance des métropolitains pour les colonisés (statistiques défavorables d'avancement pour les soldats non métropolitains) de ce qui tient de l'oppression du soldat de base par une hiérarchie plus protégée, qui, elle, ne fait aucune différence entre les peuples (grands discours non suivis des faits par les généraux)

      En tout cas, ce film permet de retracer le parcours des troupes qui ont libéré l'Europe du joug nazi à partir d'Afrique : Italie, Golfe du Lion, Marseille, Vallée du Rhône, Vosges, Alsace... (en parallèle de l'offensive alliée débarquée en Normandie) Etant originaire de cette région montagneuse et forestière des Vosges, cela m'intéresse de suivre la libération de ma belle contrée. Je ne sais pas si les scènes en question ont été tournées dans les Vosges. Je ne le crois pas. D'ailleurs, lors de la traversée de la crête enneigée, le paysage ne ressemble pas trop aux ballons des Vosges : il semble plus haut, plus escarpé et plus rocheux (Alpes ou Atlas peut-être...) Par ailleurs, j'aimerais savoir la part de vrai dans cet épisode du film de Bouchareb retraçant l'avancée des troupes de goums en tête de pont vers l'Alsace à travers un nombre limité de soldats. Car, déjà peu nombreux au départ, la troupe est réduite dans un bopis à quatre hommes valides (plus le sergent Martinez à transporter comme blessé), et pourtant, ils avancent en territoire hostile, franchissent les sommets des Vosges, et se retrouvent dans un village alasacien au pied de la montagne, ce qui représente au moins 20 km. Ceci ressemble plus à une aventure hasardeuse qu'à une opération militaire. Je ne sais pas si vous avez plus d'éléments là-dessus (je serais curieux de vous lire, chers lecteurs. Hi ! Hi !), mais il me semble que l'épisode du film à protagonistes réduits est plus à prendre comme uen métaphore d'événements réels.

    L'épilogue du film concerne le destin d'un de ces petits vétérans, bien moins mordant que dans sa jeunesse, perdu dans l'anonymat d'une foule alsacienne moderne, la froideur de sa petite chambre et la tristesse de ses souvenirs. Cela se conclut par un texte dénoncant l'inégalité de traitement entre les vétérans français de la Seconde Guerre Mondiale, et leurs homolgues originaires ex-colonies, à travers le gel de leurs pensions. J'ai voulu en savoir plus sur ce terme de cristallisation (joli) des pensions. En fait, après la Victoire de 1945, les pensions restèrent égales entre tous les anciens combattants sous le drapeau franaçais pendant une quinzaine d'années. Cependant, des aspirations légitimes à la liberté et à l'autodétermination se firent de plus en plus forte dans les peuples du territoire colonial français. La colonisation était un système ni valable ni viable à terme dans un rapport sain entre peuples. Divers pays d'Asie et d'Afrique prirent tour à tour leur indépendance. La France décida de geler, c'est-à-dire de ne plus revaloriser du tout le montant des pensions des vétérans originaires de ces nouveaux pays. Avec l'inflation, le nouveau franc et autres mécanismes économiques et ajustements législatifs, les pensions des vétérans restés français augmentèrent progressivement en 30 ans, laissant loin derrière les pensions de leurs camarades de guerre des pays des ex-colonies. Sous le gouvernement Jospin, une loi visa à indexer les valeurs des pensions sur le coût de la vie des différents pays. Et, enfin, suite au film, le Président Chirac décida que les pensions seraient désormais toutes égales, liées seulement au mérite du soldat, et non plus à son pays d'origine. Le gel des pensions ne me paraît pas illogique suite aux aigreurs françaises de la décolonisation.  Mais, ensuite, à partir du moment où - heureusement - les blessures s'estompent et les esprits des deux côtés sont plus pacifiés, et qu'on reconnaît le monde dans la diversité de ses états souverains, il est encore plus logique de traiter chacun selon sa participation à la Libération, son mérite indépendemment de sa nationalité. En bref, on en revient toujours à l'idée qu'il faut bien connaître son histoire, mais aussi être capable de dépasser son passé (qui par définition n'a jamais été parfait et sans guerres et injustice) pour essayer de bâtir la paix au présent et au futur.... 

   Donc, pour moi, si Indigènes n'est pas "le film superbe qui change tout" qu'on nous vend, je suis satisfait qu'il existe et du point de vue strictement cinématographique, je le mettrais dans les 10 meilleurs films français de l'année.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par Loïc
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Mercredi 18 octobre 2006
     

    Je crois que je ne serais pas le seul à parler du premier débat des primaires entre présidentiables socialistes sur la Chaîne Parlementaire mardi soir. Les commentaires des observateurs sont assez similaires, puisqu'il n y a pas  vraiment de petite bête à chercher, ce qui amène certains à utiliser le qualificatif d' "ennuyeux" pour cette émission. Pour ma part, je me félicite qu'il n y ait pas vraiment eu de petites phrases à monter en épingle. Le débat était de bonne tenue, les trois candidats à la candidature n'étant pas dans l'opposition systématique aux autres. Ils ont réussi à apparaître à la fois comme appartenant à la même famille politique, socialiste, et comme représentant chacun une identité politique propre : le pragmatisme emprunté aux gens et à la politique à l'échelle régionale et locale de Ségolène Royale, la vision économiste et la gestion sociale-démocrate par le compromis ("pas un vilain mot !" a-t-il dit) de Dominique Strauss-Kahn, les propositions concrètes dans la ligne du dogme traditionnel de gauche pour Laurent Fabius. Ce sont François Hollande et ses camarades qui vont être contents : le projet socialiste est respecté, et les différences entre candidats se font vraiment sur des personnalités, des orientations et des priorités d'action.

 

             Les échanges n’ont en effet pas été bien vifs. Les interventions des candidats étaient rythmées par les questions des journalistes. Ils ne se coupèrent pas la parole, et reprirent souvent les discours de leurs camarades avec des marques d'accord : "ce que dit alpha est tout à fait juste..." On était bien loin de "la machine à perdre" évoquée par Ségolène Royal. Ce fut même entre les deux hommes, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn qu'apparurent les plus gros désaccords. Fabius donnant un calendrier concret de mesures pour la restauration du pouvoir d'achat, avec l'augmentation du SMIC de 100 Euros un mois après son arrivée à la Présidence (s'il était élu). Strauss-Kahn , parlant d'une augmentation du SMIC lors la première année dans la mesure du possible, préférait mettre en avant plus généralement de la revalorisation du salaire et des carrières au cours de la vie. Je suis plutôt d'accord avec lui sur ce point : mieux vaux sans doute, aussi bien  pour l'économie du pays que pour le pouvoir d'achat des individus, avoir un SMIC un peu plus bas, mais des possibilités d’évolution plus rapide au-delà de ce salaire minimum, qu'un SMIC plus haut, mais un blocage de la carrière à ce niveau. Mais, cela impose de mettre au point une politique volontaire de réduction des inerties inégalitaires (je pense notamment aux difficultés qu'on peut avoir quand on est jeune à entrer de plein pied dans la vie active). Au final, Dominique Strauss-Kahn rétorqua donc qu' "il avait été plus complet" au "j'ai l'impression que j'ai été moins vague que les autres candidats" de Laurent Fabius.

 

             Ségolène Royal, elle, ne voulait se fermer aucune porte sur les mesures à adopter pour améliorer l'économie du pays, en observant les politiques à l'échelon régional, au niveau d'autres pays, et les problèmes ressentis par les gens. Je ne suis toujours pas vraiment convaincu par son idée de se fier aux experts qu'il existe selon elle à tous niveaux dans la société française, et une régionalisation de la prise de décisions peut conduire à des déséquilibres. Je pense que un arbitre juste et compétent, avec une bonne vision à grande échelle et à long terme est nécessaire. Cela dit, en préférant le pragmatisme au dogmatisme, Ségolène Royal se laisse la possibilité de mener une politique volontaire, à condition bien sûr qu'elle ait une capacité à se projeter à long terme : son évocation de relance de l'emploi par le lancement de grands chantiers visant à "l'excellence environnementalle" va dans ce sens, je crois. Pour en revenir à ce pragmatisme dépassant les credos de gauche, citons la réponse de Ségolène Royal, qui arriva avec un peu de retard (pas dû elle) par rapport à celle des autres candidats, sur la question des 35 heures. J'ai entendu certains observateurs politiques  (dont Gérard Carreyrou, le débarqué de TF1 suite à l'échec du néo-retraité Edouard Balladur à la présidentielle de 1995) parler à posteriori de 'but décisif' : Ségolène Royal a bien choisi ses mots pour dire que pour la plupart des salariés le passage à 35 heures était une formidable évolution, mais certains ont souffert suite à cette loi de plus de précarité. Donc, Ségolène veut essayer de changer la situation de ces gens-là (à voir comment...) En tout cas, je ne crois pas que le temps de travail soit le sujet sur lequel il faille essentiellement se focaliser. Comme a dit Strauss-Kahn, la loi des 35 heures est maintenant derrière nous. Il faut essayer d’améliorer la compétitivité des entreprises et l’épanouissement des salariés dans ce cadre, en se concentrant sur les problèmes qui se font jour.

 

             A ce propos, je voudrais bien savoir quels dommages cause l’abrogation par une nouvelle majorité d’une grande loi d’orientation de la précédente majorité. Citons dans le sens « loi de droite que la gauche veut remettre en cause, la privatisation de GDF. Je ne suis pas favorable à celle-ci. L’énergie est un secteur stratégique, sur lequel l’Etat doit avoir un contrôle, pour des raisons aussi bien défensives qu’offensives. Les dernières rumeurs l’ont encore mis en évidence, à partir du moment où on laisse Suez, GDF, Enel et les autres se débattre sans contrôle, il est très difficile de savoir quelle vision à long terme est en jeu, s’il y en a une. Tout cela est assez flou, comme les conditions sous lesquels le gouvernement a décidé que c’était la meilleure réforme. Sous le conseil de quels acteurs socio-économiques ? Si cette privatisation et cette fusion Suez-GDF-… se réalisent, ce sera une épine dans le pied pour les futurs gouvernement. Et, l’extirper, comme le proposent les socialistes, par une reprise de contrôle de l’Etat dans EDF-GDF, aura un coût certain. Un autre exemple de contre-réforme proposé par le projet socialiste concerne l’abrogation des lois Fillon. Là, je pense clairement que cela serait une erreur ; il faut aller de l’avant dans la réforme des retraites. Car, on a clairement devant nous un grand bouleversement de la population, auquel il faut faire face d’une manière efficace, rapide et juste. Laurent Fabius, engoncé dans sa ligne de gauche, a proposé de ne pas faire porter l’effort de cotisations  seulement sur les salaires, mais d’accroître nettement la contribution actuellement limitée des entreprises pour pérenniser le régime des retraites, et aussi pouvoir créer une nouvelle branche de la Sécurité Sociale pour les personnes dépendantes - Les trois candidats ont d’ailleurs insisté sur ce nouveau problème qu’il est nécessaire de traiter. Je ne sais plus lesquels ont parlé de mieux développer le médecine préventive (je crois, Ségolène Royale), et, ne pas se contenter d’avoir une politique pour la maladie, mais aussi avoir une politique pour la santé (je crois, Dominique Strauss-Kahn) – Reste que la Sécurité Sociale, un des symboles de la politique française – notons toutefois qu’elle est apparue en premier dans l’Allemagne de Bismarck. D’une manière générale, Laurent Fabius veut contrôler les entreprises par la loi. Dominique Strauss-Kahn, lui, préfère favoriser les discussions entre les partenaires sociaux pour élaborer les nouveaux contrats sur lesquels reposeront les entreprises. Dans ce cadre, l’idée de ‘syndicalisme de masse’ de Ségolène Royal me semble intéressante.

 

             Il est un domaine où Dominique Strauss-Kahn parle de légiférer, c’est ce qui concerne les questions de société, telle la parité hommes-femmes. Il est vrai qu’il subsiste des écarts de salaires importants : aux alentours de 30% de moins pour les femmes que les hommes en moyenne : j’imagine qu’on parle à compétence et à ancienneté égale, non ? Sinon, ça ne veut rien dire. Je serais aussi curieux de voir les évolutions sur les 30 dernières années. Bref, il faut se pencher plus en détail sur les statistiques. Mais, quoi qu’il en soit, la situation est nettement déséquilibrée et doit évoluer encore vers moins d’inégalités, et ce, surtout au niveau des mentalités. Laurent Fabius propose de constituer, s’il est élu, un gouvernement composé d’autant de femmes que d’hommes. Je ne suis pas persuadé qu’il faille en venir à des lois et des recettes aussi radicales qu'artificielles. Ainsi, j’émets certaines réserves sur une loi déjà en vigueur qui fait un étrange consensus : celle de la parité électorale à 50/50 direct. Pour moi, la loi doit accompagner l’évolution de la société, donner un coup de pouce quand il faut (c’est le cas ici), mais ne pas être trop contraignante pour aboutir à des situations ubuesques où les grands partis préfèrent payer des amendes que respecter une loi qu’ils soutiennent unanimement. C’est toute la question des discriminations positives. Bref, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, sans surprise, ont montré de bonnes intentions sur cette question de la parité hommes-femmes, choisie par les journalistes ou et les téléspectateurs, qui n’était peut-être pas prioritaire, surtout quand des questions importantes comme le financement des mesures, et la fiscalité n’ont pas été abordées. Ségolène Royal, à cause de son retard pour la question des 35 heures, n’a pas eu à exprimer son avis, sans doute guère différent de ses confrères masculins, sur la question de l’égalité homme-femme dans les faits. Mais, lors de la conclusion, elle a trouvé le moyen d’utiliser le fait qu’elle soit une femme comme un (pseudo-) argument : ‘il me semble qu’il y a une différence évidente avec les deux autres candidats’ ‘La touche comique’ du débat, a-t-on dit. Hum ! Hum ! A noter que dans ce discours de conclusion, Ségolène Royal, contrairement à Strauss-Kahn "le complet" et Fabius "le concret", a semblé s’éloigner de la thématique du débat du jour : questions socio-économiques, en reprenant ses thèmes généraux : Nation, écouter les gens, désirs d’avenirs,  « je m’adresse aux Français »,…

 

             Je suis d’accord avec les analystes : Ségolène Royal persiste et signe dans sa stratégie dite de contournement du parti : parlant aux Français avant les militants socialistes, sa popularité dans les sondages d’opinion générale étant une garantie suffisante pour que les adhérents socialistes la choisissent comme leur championne. Comme, de plus, elle a été aussi crédible que ses deux concurrents, elle ne sort pas affaiblie du débat. Cela dit,  cet exercice était un débat de primaires, donc soucieux de préserver le parti de divisions trop apparentes. Les débats de la campagne présidentielle contre les adversaires UMP et autres seront autrement plus rudes, avec des avis nettement plus contradictoires, des interpellations, des critiques plus acerbes sur le projet socialiste, notamment sur son financement. Donc, ceci n’est qu’une étape dans le mûrissement d’une stature et d’un projet présidentiel pour Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.

 

 La suite au prochain débat…

 

Par Loïc
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Mardi 24 octobre 2006

 

 

             Je vais vous parler rapidement de l’aperçu qui m’a été donné de la gauche antilibérale au cours de l’émission politique du dimanche soir , « France Europe Express ». La problématique était celle d’une candidature unitaire de la gauche antilibérale ou non ; José Bové était l’interviewé central, mais les intervenants étaient multiples : Clémentine Autain, un membre de la Ligue Communiste Révolutionnaire, un membre du parti communiste opposé à Marie-Georges Buffet sur une ligne de non-participation à une alliance gouvernementale avec le Parti Socialiste. Le PS était lui justement représenté par un nommé le Fol. Sinon, on avait aussi en plateau deux politologues. Et, Christine Ockrent était accompagnée comme d’habitude du journaliste moustachu dont j’ai oublié le nom, et de la grande gueule de Serge July, Ilana Moryoussef relayant les questions des auditeurs, qui concernaient essentiellement les opérations hors la loi de José Bové (démontage du MacDo de Millau, fauchage de plants d’OGM). Il a purgé des peines de prison ferme pour ces raisons. Mais, pour lui, pas question d’être mis dans le même sac que Alain Juppé par exemple. Les points communs sont le non-respect de la loi pour les deux, ce qui pose la question « doit-t-il y avoir une limite en matière de casier judiciaire pour se présenter aux élections et si oui, lesquels ? ». En revanche, les faits reprochés sont de nature  différente, et José Bové disait à juste titre qu'il avait assumé ses actes.

 

 

             Revenons-en au corps de l’émission. J’ai trouvé que sur le plateau, c’était parfois un peu le capharnaüm entre les journalistes et les intervenants qu'on cherchait à mettre en contradiction. Cela n'a pas parlé beaucoup programme mais choix de candidature, les journalistes titillant les intervenants sur leurs différences, sur les compromis qu’ils feraient ou pourraient faire. Les politilogues sont revenus sur la signification du mot libéralisme très négative en France, les différentes extrêmes gauches et leurs scores aux élections présidentielles. L’unité apparaît difficile. Si on considère la mouvance trotskiste, elle est  séparée en au moins trois partis. La logique d’appareil rend difficile d’envisager la LCR se ranger derrière une candidature commune antilibérale menée par la personne soutenue par l’appareil du PC, et vice-versa. Il existe également des divergences, quant à la participation à un gouvernement du Parti Socialiste. José Bové laisse les portes ouvertes à condition d’avoir un terrain d’entente, et de toute façon, sur la lancée présidentielle, les collectifs unitaires antilibéraux doivent essayer de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions législatives. Le Parti Communiste pourrait éventuellement travailler avec le Parti Socialiste sur un programme commun, cela dit ce n’était pas l’avis du représentant communiste sur le plateau, qui se situait vraiment sur une ligne extrême gauche, parti ouvrier. La LCR est évidemment contre. Les trostskistes sont dans une logique de non compromission dans un gouvernement : révolution plutôt que réforme. Cela dit, le représentant de LCR a apporté un éclairage intéressant sur l’affaire des parrainages sous contrôle du Parti Socialiste. Les élus socialistes ont pour consigne de réserver leur unique parrainage à un candidat du parti. Ca peut sembler logique. Mais, les maires de petite commune, non encartés, hésitent donner leur signature à des candidats des partis de second plan, car cela serait publié au bulletin officiel, et ils craignent d’être alors délaissés par les politiques des conseils généraux. Si des menaces dans ce sens des conseillers généraux du Parti Socialiste ont été faites, c’est inquiétant pour la démocratie ! Les raisons de la défiance face au Parti Socialiste sont liés à son choix -  c'est plus ou moins écrit ainsi dans son programme - de vouloir gérer le libéralisme, ce qui n’est pas strictement antilibéral.

 

 

La question de l'alliance ou non avec le parti Socialiste a été traitée aussi à travers l'exemple italien. Pour faire barrage à la droite berlusconienne, une large coalition allant des sociaux-libéraux aux altermondialistes (en passant par les communistes réformateurs) a été constituée. Evidemment, au niveau de certains militants altermondialistes, certains grinçaient des dents quant aux compromissions nécessaires dans ce gouvernement. (José Bové en a profité pour rappeler que Romano Prodi a été un des artisans de l'Europe libérale qu'il fustige) Une Italienne des Verts (donc la partie gauche antilibérale de la coalition de Romani Prodi) apportait une vision réaliste : disant que la gauche antilibérale n’est pas majoritaire parmi le peuple Italien, et que malheureusement il faut s'en accommoder.  C'est la loi de la  majorité. Compromis, consensus font l’essence de la démocratie.

 

 

Au sein des collectifs unitaires, José Bové est pour une désignation à la double majorité. En tout cas, faisant foin des questions de personne, il insistait sur la dynamique collective, rappelant son efficacité dans la campagne pour le non au référendum sur la Constitution Européenne. Cependant, si une campagne référendaire s'accommode tout à fait d'une absence de hiérarchie et de valorisation de multiples points de vue, il ne faut pas être grand politologue pour comprendre que les mécanismes d'une élection présidentielle sont forcément plus personnalisés. En revanche, le lien de la candidature aux élections françaises avec le non à la constitution européenne est cultivé. Les candidats antilibéraux attendent autre chose de l’Europe. José Bové s’est placé dans une perspective européenne, voire mondiale, pour présenter le projet politique antilibéral. Je pense que son angle d’attaque des problèmes, plus large, est plus pertinent que celui d’autres personnes que j’ai entendus ce soir là, qui partaient du simple constat classique « il y a une grande désespérance chez les Français pauvres » pour dire qu’ils voulaient changer cela.

 

 

Comment ? L’émission n’a pas donné une idée bien précise du programme. Clémentine Autain a parlé de centaines de propositions. J’espère qu’on pourra les entendre. En attendant, voilà la fin de mon petit billet, qui n’a pas fait plus avancer le schmilblick que l’émission d’hier soir.

 

Par Loïc
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