Je me déplace principalement en vélo depuis un an et demi. Quand on habite en ville, surtout dans une ville à taille humaine, et où les pistes cyclables sont bien développées, comme Rennes, c'est assez pratique de circuler à vélo. Le plus gros inconvénient du vélo étant le manque de coffre, dans le cas où on veut aller faire ses courses dans ces centres commerciaux, temples de la consommation, autels de la standardisation et royaumes de la voiture. Comme je ne crains guère la pluie, du vent et du froid, ma bicyclette est ma compagne de tous les jours.
La première ville où j’ai été cycliste fût Cambridge, en Angleterre. Au début des six mois que j’ai passé là-bas, j’ai acquis une vieille bicyclette. C’était parfaitement adapté pour rouler (à gauche) sur les routes du Cambridgeshire. C’est au bout de deux mois que mon insouciance fût troublée par les premiers pépins. Mon vélo se retrouva crevé. Et, après avoir emprunté des écarte pneus et des rustines, je m’attaquais au pneu blessé par un jour ensoleillé. Je pus détecter des trous dans la chambre à air grâce à des bulles dans l’eau d’une bassine et je collais tant bien que mal des rustines. Mais, cet emplâtre de fortune ne tint pas bien longtemps et cinq minutes après, le pneu se retrouvait à plat. Ce qui implique qu’il faut revoir ses rustines et donc redécoller le pneu du cycle. Bref, une nouvelle perte de temps. Alors que mon temps était compté puisque je faisais mon voyage de retour pour la France dans moins de deux jours. Finalement, comme mes réparations s’avéraient vaines, je pris une heure d’une belle journée de travail pour amener mon vélo à la réparation dans une échoppe. Et, ce fût fait.
Je comparais un peu avec exagération ce problème avec l’enfer. Ce vélo était en quelque sorte pour moi mon tonneau des Danaïdes, mon rocher de Sisyphe…
En Angleterre, je crois me rappeler que le bilan fut de deux crevaisons nécessitant l’assistance d’un professionnel, et la deuxième fois, le remplacement du pneu.
A Rennes, je commençais avec le vieux vélo de course de mon père. Il céda au niveau de la roue arrière, ce qui est la partie essentielle. Ce ne fut pas facile, mais après avoir démonté la roue et l’avoir désolidarisé de ses pignons, je parvins après plusieurs tentatives et plusieurs introduction du détache pneu dans l’espace entre le métal et le pneu, à colmater de façon acceptable toutes les fuites. Bon, cela m’avait coûté du temps, et le mélange d’eau et d’huile ne favorisait pas la propreté de mes mains et de mon sol. Mais, quand il s’est agi de remettre mon pneu sur le vélo, l’axe n’était plus serré. Et, comme je ne parvenais pas à maintenir l’axe en place par l’écrou papillon, je me retrouvais avec une roue qui ne cessait d’osciller. Donc, la petite fierté d’avoir réussi après des efforts importants à réparer un pneu crevé fut ternie par ce gros problème qui me conduit au constat suivant : je devais aller voir un marchand de cycles. Au départ, j’espérais quand même qu’on pourrait me vendre un nouvel écrou adapté. Mais, le vieux spécialiste grommela que cela faisait bien longtemps qu’on ne vendait plus de tels bidules et en fait c’était bien le pas de vis qui posait problème, complètement usé et rouillé. L’artisan me conseilla de me débarrasser du vieux vélo
Nouveau vélo. Ca a roulé bien. On ne le remarque jamais assez quand ça roule bien. Par contre, j’ai bien remarqué quand il a été crevé. En fait il s’agissait d’une punaise fichée dans le pneu du VTT. J’ai essayé de réparer la chambre à air, j’ai utilisé mes dernières rustines, mais leur application n’assurait pas l’étanchéité des trous assez nombreux. Et, je dus me résoudre à amener mon vélo à la réparation. C’est toujours frustrant dans ces cas-là, car on se dit que quitte à dépenser de l’argent, on aurait mieux fait d’aller directement s’adresser à un professionnel, au moins on aurait eu moins de peine et de perte de temps. Mais, ce qui nous conduit à s’enferrer ainsi, c’est entre autres, de l’orgueil : celui de se dire, que merde, je ne veux pas être un incapable pas habile de ses dix doigts pour un sou, et de la curiosité : peut-être que le trou est aisément réparable. Et, on se lance dans la tentative de réparation, qui inclut l’étape malaisée pour les non-initiés de l’enlèvement du pneu du cycle Surtout quand on n’est pas équipé de démonte-pneu et qu’on doit faire appel à des couverts, ce que j’ai déjà vécu. En l’occurrence dans mon cas, la crevaison était assez mauvaise, puisque la punaise fichée dans le pneu - qui tourne toujours légèrement par rapport à la chambre à air quand on roule -, avait percé celle-ci en de multiples points, comme me l’expliqua le réparateur. Donc tout devait être changé. Je pus donc repartir avec un pneu neuf, en ayant rétribué l’artisan (celui-là même qui avait délivré le diagnostic imparable que le vieux vélo issu de mon père était bon pour la case, ce qui m’avait un peu blessé. Je m’étais juré d’éviter de retourner dans ce magasin, mais la rancune n’était pas très grande et le choix pas très vaste)
Finalement, je me dis qu’éviter un mauvais moment et une perte de temps, surtout quand ce dernier est précieux, vaut bien une vingtaine d’euros. Tout bien considérer, ce n’est pas plus bête que de se payer un bon moment. Evidemment, si on en a le loisir, il est bien d’essayer de réparer la crevaison soi-même, histoire d’exercer ses facultés pratiques
Donc, avant-hier, j’avais laissé par étourderie mon vélo sur le palier. Il était toujours là le lendemain, mais après avoir redescendu les escaliers, je me rendis compte qu’il était crevé, le pneu arrière évidemment. Je me suis donc retrouvé piéton, ce qui a allongé en temps les déplacements de ces jours-ci et m’a obligé à quelques courses dans les rues.
Il est bon de rappeler qu’en général, la crevaison obéit la loi de Murphy (dite aussi d’emmerdement maximum) : on crève toujours au moment où on est le plus occupé, où on a le plus besoin se déplacer vite, où on n’a pas de temps à perdre, et toujours du pneu arrière. Chega crevaison !
A Rennes, les magasins de vélo sont rares et plutôt éloignés de mes lieux de résidence et de travail. Donc, quand il s’agit d’amener son vélo qui ne roule plus, à pied forcément, ça prend des heures. Et, si on ne vérifie pas les horaires d’ouverture des échoppes, après le périple le long des routes, on se retrouve face à une porte close. Ca m’est déjà arrivé !
Cette fois-ci, j’ai donc pris mes précautions de téléphoner à la boutique avant de m’y rendre. Et, donc, je pris le temps d’amener mon vélo là-bas hier, et j’ai pu le récupérer à midi de ce jour pluvieux.
Voilà pour la fin de cette histoire (il y en aura sans doute d’autres, je suis cycliste)
Bon, ça me raconte un peu, mais vous auriez sans doute voulu quelque chose de plus sexy et profond que ces anecdotes mécaniques, et légèrement triviales et calimeroesques pour un billet « Intimes ». Surtout en cette période de Saint-Valentin ! Evidemment, j’embrasse ma chérie ! Muitos beijos, Lindinha ! Et, pour que la Grande Boucle de cet article soit bouclée, je n’en veux pas à la Petite Reine, qui est ma compagne quotidienne et que j’aime !