Le bar où je suis allé voir hier le match entre l'Olympique de Marseille et l'Olympique de Lyon s'appellait La Bonne Nouvelle. Mais, je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle pour tous (sic) mes lecteurs que je parle de football.
J'ai commencé à m'intéresser au football assez tard dans mon adolescence, en jetant un oeil à quelques matches de l'Euro anglais de 1996, dont la finale Allemagne-République Tchéque. Donc, oui, d'une certaine manière, je suis un enfant de la Coupe du Monde française de 1998. Côté club, on ne peut pas dire que je sois un vrai supporter. Mais, j'aime bien l'Olympique Lyonnais.
En fait, j'ai commencé à remarquer ce club lors de la saison 2000/2001, lors de la Ligue des Champions. Celle-ci se jouait en deux tours poules avant les quarts de finale à l'époque. Contrairement à l'AS Monaco, champion de France en titre, le PSG version jeunes stars originaires de la région parisienne (Anelka, Luccin, Dalmat,...) et un Lyon plus discret passait le premier tour de poules. Au second tour de poules, un PSG tombé dans la crise à la fin de l'automne, ne passait pas. En revanche, l'Olympique Lyonnais dont les joueurs majeurs s'appellaient Anderson, Laigle, Edmilson, Violeau, Marlet, Vairelles, Cacapa arrivé au mercato d'hiver, faisait plutôt bonne figure dans un groupe composé du Bayern de Munich, d'Arsenal et du Lokomotiv Moscou. L'OL souffrit face aux Gunners : Henry avait donné la victoire aux siens à Lyon, et à Highbury, Bergkamp, en balançant rugueusement Edmilson, avait marqué. Le défenseur lyonnais, sur corner, prenait sa revanche en arrachant le match nul. Mais, c'est contre le Bayern que Lyon avait frappé un grand coup, avec un doublé ou un triplé d'un jeune attaquant nommé Govou (au stade de Gerland il me semble). Avant la dernière journée, Lyon se retrouvait juste derrière Arsenal et le Bayern qui s'affrontaient. Une victoire suffisait donc à l'OL pour passer en quart de finale, ce qui aurait été historique. Mais, en déplacement dans le froid moscovite, Lyon arracha laborieusement un match nul 1-1. Le rêve était fini. Malgré une bonne fin de chamionnat, le club de Jean-Michel Aulas ne parvenait pas à rattraper le FC Nantes, qui avec un bon rythme terminait champion de France. Lyon, deuxième, pouvait cependant se consoler par le gain de son premier titre : la Coupe de la Ligue face à Monaco. La ligue des champions revenait au Bayern Munich de Kahn, vainqueur au but face au FC Valence (j'avais noté que lors de sa campagne européenne, le club bavarois n'avait connu que deux fois la défaite et c'était à chaque fois contre les clubs français : le Paris Saint-Germain (et son puissant tireur de coups francs Laurent Robert) à la première phase de poules et l'Olympique Lyonnais donc)
Une nouvelle saison s'annonçait. Alors que mon frère et moi tapions dans la balle derrière chez nous, nous faisions des pronostics pour le prochain c de Ligue 1. Pour mon frère, c'était le RC Lens. Son engagement de supporter était bien plus net que le mien, mais pour ma part, je citais Lyon (et ensuite Bordeaux et le PSG) Et, l'ironie du destin voulut que le championnat de France se joue entre le RC Lens et Lyon (battu 3 à 0 en ouverture du championnat au stade Felix Bollaert) Le club nordiste caracolait en tête, mais au printemps, après le retour difficile de son attaquant vedette Diouf de la CAN (Coupe d'Afrique des Nations), son avance fut peu à peu grignotée par Lyon, pour se réduire à deux points à l'avant-dernière journée. Avec pour la dernière journée décisive, ........ un match à domicile entre le Lyon de Jacques Santini et le Racing Club de Lens de Joel Müller. Après 37 journées, le championnat de France se jouait dans une vraie finale -assez inédit comme situation. Et, Lyon l'emporta et devint champion de France pour la première fois de son histoire.
Et, le règne du Lyon sur le championnat de France ne faisait que commencer. Les deux titres suivants furent difficiles à conquérir, et se décidèrent dans les dernières journées. L'adversaire coriace était l'AS Monaco. Lors de la saison 2003/2004, L'Olympique Lyonnais parvint pour la première fois de son histoire en quart de finales de la ligue des champions. Malheureusement, battue par le FC Porto, futur vainqueur de la compétition, la performance de l'équipe désormais entraînée par Paul le Guen, fut occultée par les exploits de l'AS Monaco entraîné par Didier Deschamps, qui terrassa les galactiques du Real Madrid et les nouveaux riches de Chelsea, pour se retrouver en finale à Gelsenkirchen ( et tomber face au FC Porto). Mais, Lyon obtenait son troisème titre et la saison suivante, l'AS Monaco performante de Giuly, Rothen Morientes et Prso n'était plus qu'un rêve. Le quatrième titre de champion de l'Olympique Lyonnais fut conquis facilement. J'en étais bien heureux, mais ma tendance de supporter se marquait surtout lors des confrontations européennes. L'Olympique Lyonnais brillait de plus en plus, tout du moins lors de la phase de poules que le club rhodanien survolait. En outre, un stage m'amena dans la capitale des Gaules. Je cèdais même à l'appel du marketing en achetant une paire de gants à l'OL Store judicieusement placé tous près de l'Avenue de la République, l'artère la plus commerçante de la ville. Cependant, Lyon donnait une correction au Werder de Brême de Johan Micoud en huitième de finale. Mais, contre la difficile équipe du PSV Eindhoven, en 2005, (dont les supporters causèrent d'ailleurs quelques échaufourrées place Bellecour) le parcours de l'OL s'arrêtait cruellement aux tirs aux buts en quart de finale. J'assistais quand même à la liesse des supporters de l'OL, lors de la conquête du quatrième titre bien avant le terme du championnat.
Je quittais Lyon, mais continuais à suivre l'équipe, qui rassemblait maintenant de très bons joueurs de foot dans une équipe homogène et bien organisée. Gérard Houillier succèdait à Paul le Guen pour prendre la tête de cette machine à gagner. Et, un cinquième titre consécutif - performance inédite - était conquis. Et, Lyon faisait une belle campagne de Ligue des Champions .... jusqu'aux quarts de finale, où le Milan AC matait finalement l'équipe française.
Une nouvelle saison commence, et à nouveau, et même encore mieux que d'habitude, les débuts de l'Olympique Lyonnais sont quasi-parfaits. Trois victoires en ligue des Champions, sept victoires et un seul match nul en championnat. La première place colle déjà à l'équipe de Gérard Houillier, avec son alliance franco-brésilienne (complétée de quelques autres internationaux : portugais, suédois, norvégien, suisse). Seul l'Olympique de Marseille, le club le plus supporté à travers la France, avec son jeu offensif plaisant mené par la nouvelle star bleue Franck Ribéry, a réussi à sortir du lot avec. Mais, le club marseillais est déjà relégué à cinq points de Lyon. Autant dire que le match d'hier soir au stade Vélodrome s'annonçait chaud d'autant plus que diverses déclarations avaient contribué à passionner le débat. Evidemment, la chaîne de télévision diffuseuse, Canal+, faisait monter la tension.