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Spectacles sportifs, cinématographiques,...

Lundi 23 octobre 2006

     

   Le bar où je suis allé voir hier le match entre l'Olympique de Marseille et l'Olympique de Lyon s'appellait La Bonne Nouvelle. Mais, je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle pour tous (sic) mes lecteurs que je parle de football.

 

 

             J'ai commencé à m'intéresser au football assez tard dans mon adolescence, en jetant un oeil à quelques matches de l'Euro anglais de 1996, dont la finale Allemagne-République Tchéque. Donc, oui, d'une certaine manière, je suis un enfant de la Coupe du Monde française de 1998. Côté club, on ne peut pas dire que je sois un vrai supporter. Mais, j'aime bien l'Olympique Lyonnais.

 

 

             En fait, j'ai commencé à remarquer ce club lors de la saison 2000/2001, lors de la Ligue des Champions. Celle-ci se jouait en deux tours poules avant les quarts de finale à l'époque. Contrairement à l'AS Monaco, champion de France en titre, le PSG version jeunes stars originaires de la région parisienne (Anelka, Luccin, Dalmat,...) et un Lyon plus discret passait le premier tour de poules. Au second tour de poules, un PSG tombé dans la crise à la fin de l'automne, ne passait pas. En revanche, l'Olympique Lyonnais dont les joueurs majeurs s'appellaient Anderson, Laigle, Edmilson, Violeau, Marlet, Vairelles, Cacapa arrivé au mercato d'hiver, faisait plutôt bonne figure dans un groupe composé du Bayern de Munich, d'Arsenal et du Lokomotiv Moscou. L'OL souffrit face aux Gunners : Henry avait donné la victoire aux siens à Lyon, et à Highbury, Bergkamp, en balançant rugueusement  Edmilson, avait marqué. Le défenseur lyonnais, sur corner, prenait sa revanche en arrachant le match nul. Mais, c'est contre le Bayern que Lyon avait frappé un grand coup, avec un doublé ou un triplé d'un jeune attaquant nommé Govou (au stade de Gerland il me semble). Avant la dernière journée, Lyon se retrouvait juste derrière Arsenal et le Bayern qui s'affrontaient. Une victoire suffisait donc à l'OL pour passer en quart de finale, ce qui aurait été historique. Mais, en déplacement dans le froid moscovite, Lyon arracha laborieusement un match nul 1-1. Le rêve était fini. Malgré une bonne fin de chamionnat, le club de Jean-Michel Aulas ne parvenait pas à rattraper le FC Nantes, qui avec un bon rythme terminait champion de France. Lyon, deuxième, pouvait cependant se consoler par le gain de son premier titre : la Coupe de la Ligue face à Monaco. La ligue des champions revenait au Bayern Munich de Kahn, vainqueur au but face au FC Valence (j'avais noté que lors de sa campagne européenne, le club bavarois n'avait connu que deux fois la défaite et c'était à chaque fois contre les clubs français : le Paris Saint-Germain (et son puissant tireur de coups francs Laurent Robert) à la première phase de poules et l'Olympique Lyonnais donc)

 

 

             Une nouvelle saison s'annonçait. Alors que mon frère et moi tapions dans la balle derrière chez nous, nous faisions des pronostics pour le prochain c de Ligue 1. Pour mon frère, c'était le RC Lens. Son engagement de supporter était bien plus net que le mien, mais pour ma part, je citais Lyon (et ensuite Bordeaux et le PSG) Et, l'ironie du destin voulut que le championnat de France se joue entre le RC Lens et Lyon (battu 3 à 0 en ouverture du championnat au stade Felix Bollaert) Le club nordiste caracolait en tête, mais au printemps, après le retour difficile de son attaquant vedette Diouf de la CAN (Coupe d'Afrique des Nations), son avance fut peu à peu grignotée par Lyon, pour se réduire à deux points à l'avant-dernière journée. Avec pour la dernière journée décisive, ........ un match à domicile entre le Lyon de Jacques Santini et le Racing Club de Lens de Joel Müller. Après 37 journées, le championnat de France se jouait dans une vraie finale -assez inédit comme situation. Et, Lyon l'emporta et devint champion de France pour la première fois de son histoire.

 

 

             Et, le règne du Lyon sur le championnat de France ne faisait que commencer. Les deux titres suivants furent difficiles à conquérir, et se décidèrent dans les dernières journées. L'adversaire coriace était l'AS Monaco. Lors de la saison 2003/2004, L'Olympique Lyonnais parvint pour la première fois de son histoire en quart de finales de la ligue des champions. Malheureusement, battue par le FC Porto, futur vainqueur de la compétition, la performance de l'équipe désormais entraînée par Paul le Guen, fut occultée par les exploits de l'AS Monaco entraîné par Didier Deschamps, qui terrassa les galactiques du Real Madrid et les nouveaux riches de Chelsea, pour se retrouver en finale à Gelsenkirchen ( et tomber face au FC Porto). Mais, Lyon obtenait son troisème titre et la saison suivante, l'AS Monaco performante de Giuly, Rothen Morientes et Prso n'était plus qu'un rêve. Le quatrième titre de champion de l'Olympique Lyonnais fut conquis facilement. J'en étais bien heureux, mais ma tendance de supporter se marquait surtout lors des confrontations européennes. L'Olympique Lyonnais brillait de plus en plus, tout du moins lors de la phase de poules que le club rhodanien survolait. En outre, un stage m'amena dans la capitale des Gaules. Je cèdais même à l'appel du marketing en achetant une paire de gants à l'OL Store judicieusement placé tous près de l'Avenue de la République, l'artère la plus commerçante de la ville. Cependant, Lyon donnait une correction au Werder de Brême de Johan Micoud en huitième de finale. Mais, contre la difficile équipe du PSV Eindhoven, en 2005, (dont les supporters causèrent d'ailleurs quelques échaufourrées place Bellecour) le parcours de l'OL s'arrêtait cruellement aux tirs aux buts en quart de finale. J'assistais quand même à la liesse des supporters de l'OL, lors de la conquête du quatrième titre bien avant le terme du championnat.

 

 

             Je quittais Lyon, mais continuais à suivre l'équipe, qui rassemblait maintenant de très bons joueurs de foot dans une équipe homogène et bien organisée. Gérard Houillier succèdait à Paul le Guen pour prendre la tête de cette machine à gagner. Et, un cinquième titre consécutif - performance inédite - était conquis. Et, Lyon faisait une belle campagne de Ligue des Champions .... jusqu'aux quarts de finale, où le Milan AC matait finalement l'équipe française.

 

 

             Une nouvelle saison commence, et à nouveau, et même encore mieux que d'habitude, les débuts de l'Olympique Lyonnais sont quasi-parfaits. Trois victoires en ligue des Champions, sept victoires et un seul match nul en championnat. La première place colle déjà à l'équipe de Gérard Houillier, avec son alliance franco-brésilienne (complétée de quelques autres internationaux : portugais, suédois, norvégien, suisse). Seul l'Olympique de Marseille, le club le plus supporté à travers la France, avec son jeu offensif plaisant mené par la nouvelle star bleue Franck Ribéry, a réussi à sortir du lot avec. Mais, le club marseillais est déjà relégué à cinq points de Lyon. Autant dire que le match d'hier soir au stade Vélodrome s'annonçait chaud d'autant plus que diverses déclarations avaient contribué à passionner le débat. Evidemment, la chaîne de télévision diffuseuse, Canal+, faisait monter la tension.

 

 

 

Par Loïc
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Dimanche 5 novembre 2006

  

   











© UIP International


 

           J’ai trouvé une salle et une occasion pour voir le film Les Fils de l’Homme ce week-end. Ce film de science-fiction, réalisé par Alfonso Cuaron, s’appuie sur l’histoire d’un roman de P.D. James : en 2027, l’Humanité est dans une situation grave : les tensions sont exacerbées entre les différentes communautés du monde, en Angleterre, une pseudo-dictature essaie de protéger son pouvoir et territoire des actions terroristes, mais aussi des étrangers en général. Et, pour encore aggraver la situation, les femmes ont été progressivement et semble-t-il irrémédiablement, frappées de stérilité. Le plus jeune homme de la terre, né en 2009, donc âgé de 18 ans, meurt à Buenos Aires, sous les débordements d’un fan. Le personnage principal, joué par Clive Owen, est un employé désabusé du Ministère de l’Energie. Il échappe de peu à un attentat. Mais outre cela, outre le symbole que représente la mauvaise nouvelle de la mort du plus jeune homme de la terre, ce qui a enlevé la joie de vivre à ce personnage Théo est la perte en bas âge du fils qu’il avait eu avec son ancienne compagne, Julianne. Le meilleur ami de Théo, le seul qui lui arrache quelques sourires, est un vieil hippie, joué par Michael Caine, qui vit dans une maison au milieu de la forêt Les Fishs, un groupe terroriste qui exige des droits identiques pour les réfugiés que pour les ressortissants britanniques, menés par Julianne incarnée par Julianne Moore, l’enlèvent et lui proposent une forte somme pour qu’il trouve des passe-droits pour convoyer une jeune réfugiée jusqu’à la côte. Cette jeune réfugiée noire, Kee, a quelque chose de très spécial…

 

                                                                © UIP International

 


 


L’idée de base du film recèle un gros potentiel, et le film a tenu ses promesses pour moi. Il est très bon. On a affaire à un film noir de science-fiction. Les décors proposés, poisseux, exhalent un parfum d’apocalypse tout en étant très proches du monde actuel. Pas de fantaisie dans les vêtements et technologies. Et, un contexte qui entre en résonance avec notre actualité actuelle à travers des éléments tels la lutte et le martyrisme islamistes, les camps de réfugiés venus de zones pauvres ou sinistrées du monde et refoulés par un pays plus riche. Le tout sous la forme d'un cocktail plus poussé et d'une menace et d'une horreur bien plus exacerbée que ce qui fait notre présent. Ajoutons le thème qui revient toujours du combat entre les groupes terroristes et la terreur d’état, où on ne peut trouver de manière absolue la justice. A propos de l’Etat, visiblement une sorte de Dictature en Grande-Bretagne, il a été dit qu’on manque d’éléments sur la manière dont cela fonctionne au niveau des sphères de pouvoir dans le monde.

 

Mais, le choix du film est de coller au plus près des personnages, et en particulier du parcours du héros. Et, l’immersion est très efficace. Le film atteint une intensité que j’ai rarement vue auparavant, et ce dès la scène du traquenard de la voiture en flammes. Les coups de poing ou de feu du film sont vraiment ressentis aux tripes. Il n y a aucune complaisance avec la violence, compromission avec la réalisme. C’est dur, c’est tendu. Il faut aussi citer un formidable plan-séquence non loin de la fin du film, un vrai reportage de guerre, avec les gouttes de sang qui explosent sur la caméra, le spectateur qui a l’impression d’avancer juste derrière Théo en plein cœur de l’action dans son fracas, sa confusion, et son horreur. Les images nous frappent tandis que les bruits nous résonnent aux oreilles. Je n’ai d’ailleurs pas fait attention s’il y avait une musique qui appuyait les passages tragiques, il me semble qu’ils se suffisaient à eux-même. Et, l’essentiel de la bande originale du film est composée de chansons rock, du type Ruby Tuesday des Rolling Stones. Une note sympathique dans un film noir, où quelques répliques font preuve de détachement et d'humour, juste et bienvenu. Et, on arrive à saisir de l'humanité à travers les personnages du film et leurs combats, même si le destin collectif a une tonalité sombre d'autodestruction.

 

 

En bref, quel film d'anticipation ! La fin est ouverte, mais l’important c’est le parcours qu’on a fait, et les réflexions qu’on peut faire sur Tommorrow=demain. Les Fils de l’Homme est pour moi le film de l’année 2006 pour le moment. Je suis surpris qu’il ne soit pas programmé dans un plus grand nombre de salles, mais de nombreux bons films sortent en automne, et ils ont peut-être l’avantage d’une plus forte promotion et d’un plus large cœur de cible (comme dirait les gars du marketing), alors que les Fils de l’Homme est original et noir. Mais, à partir du moment où le synopsis de base vous intéresse, je vous recommande chaudement d’aller le voir.

                      

 

 

 

 


 


 

 


                                   © UIP International

Par Loïc
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Jeudi 21 décembre 2006

       La fin de l'année approche. C'est le moment des bilans. Entre autres, on peut faire un bilan des films qu'on a vu au cinéma. Comme l'année 2006 n'est pas tout à fait finie, avant d'essayer de faire une liste des films vus cette année, je vais vous livrer pour patienter la liste de mes films de 2005, texte que j'avais écrit début 2006. Cela vous permet un peu d'illustrer mes goûts cinématographiques.

           2005 : UNE ANNEE SANS FILM PREFERE

 

 

           Films vu :

 

 

 

           - La Chute (de Olivier Hierschgiebel avec Bruno Ganz, Juliane Kohler, Thomas Kretschmann, …)

           -Closer (de Mike Nichols avec Julia Roberts, Jude Law, Natalie Portman et Clive Owen)

           -Capitaine Sky et le Monde de Demain (de Kerry Conran avec Jude Law, Gwyneth Paltrow et Angelina Jolie)

           -Mon Petit Doigt m’a dit (de Pascal Thomas avec Catherine Frot, André Dussolier et Sarah Biasini)

           -Star Wars Episode III, la revanche des Siths (de Georges Lucas avec Ewan Mac Gregor, Hayden Christensen, Natalie Portman, Samuel  L. Jackson, Ian Mac Darmid et Christopher Lee)

           -Million Dollar Baby (de et avec Clint Eastwood avec aussi Hilary Swank et Morgan Freeman)

           -Lemming (de Dominik Moll avec Charlotte Rampling, Charlotte Gainsbourg, Laurent Lucas et André Dussolier)

           -Batman Begins (de Christopher Nolan avec Christian Bale, Katie Holmes, Michael Caine, Liam Neeson, Morgan Freeman, Gary Oldman et Cilian Murphy)

           -Les Frères Grimm (de Terry Gilliam avec Matt Damon, Heath Ledger, Monica Belluci, Lena Headley et Peter Stormare)

           -Collision (de Paul Haggis avec Don Cheadle, Matt Dillon, Ryan Phillipe, Thandie Newton, Brendan Fraser, Ludicrous, Jennifer Esposito, Sandra Bullock, …)

           -History of Violence (de David Cronenberg avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris et John Hurt)

           -Les trois enterrements de Melquiades Estrada (de et avec Tommy Lee Jones avec aussi Barry Pepper)

           -King Kong (de Peter Jackson avec Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody, Andy Serkis, Jamie Belle et Thomas Kretschmann)

           -Joyeux Noël (de Christian Carion avec Benno Führman, Diane Kruger, Guillaume Canet, Daniel Brühl, Dany Boon, Gary Lewis, Lucas Belvaux, Bernard Le Coq et Suzanne Flon et Michel Serrault

 

 

 

           Bilan quantitatif : 14 films vus : 3 français (dont 1 à tendance européenne), 10 américains (pas forcément strictement, compte-tenu de réalisations canadienne, néo-zélandaise et anglaise) et 1 allemand.

           C’est Jude Law que j’ai vu les plus souvent, à l’affiche de deux films. Natalie Portman aussi était à l’affiche de deux films. Paul Haggis scénarise deux des (bons) films de cette année. Et, André Dussolier, Thomas Kretschmann et Morgan Freeman apparaissent en seconds rôles au générique de deux films de mon année 2005 de cinéma.

 

 

 

           Bilan qualitatif : Je n’ai guère encore été déçu par mes sorties cinéma en 2005. Cela dit, cette année plus que d’autres, où un film m’a touché profondément devenant un coup de cœur dans son ensemble (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ), ou quand –encore mieux- j’ai ri aux éclats devant une comédie aux répliques cultes (Les Visiteurs) ou j’ai pu être vraiment époustouflé, transporté par un film à grand spectacle (Le Seigneur des Anneaux, Gladiator), il est difficile de trouver mon film préféré, celui qui se met à l’abri de toutes critiques.

           Je distinguerai toutefois les films suivants : Collision, un film de destins croisés ce qui lui permet d’évoquer le racisme sous différents angles. Paul Haggis, qui, cette année se révèle comme un scénariste de talent, signe là un film très intéressant, qui contient quelques scènes très fortes. Ce long métrage est une peinture de mœurs, et rien ne change vraiment entre le début et la fin, qui n’est donc pas vraiment un dénouement et ceci donne donc un drôle de sentiment final, comme si le film s’arrêtait par essoufflement. Le générique arrive aussi en laissant un peu sur sa faim dans History of Violence, avec sa fin ouverte, et son histoire finalement assez courte (surtout quand on a vu la bande-annonce). Reste que David Cronenberg signe vraiment là un film très juste sur l’évolution psychologique de ces personnages, confrontés à la violence, qui survient lors de scènes éclairs. Un film très juste donc, qui ne parvient pas toutefois à être vraiment mon préféré. En revanche, j’y trouverais la meilleure performance d’acteur de l’année, avec le magnétisme de Viggo Mortensen. Jeu parfait aussi pour les trois acteurs principaux de Million Dollar Baby : Hilary Swank, vraiment très convaincante, Morgan Freeman, qui, par son rôle, apporte selon moi un peu de légèreté à ce film grave à la fin triste, et Clint Eastwood devant et derrière la caméra, s’approprie bien cette histoire. Difficile de trouver à redire à ce film, qui fait pratiquement l’unanimité cette année aussi bien face au public et à la critique. Je dirais juste qu’il manque de surprise. Le mélodrame est bien huilé, mais cela reste un mélodrame, donc a un caractère larmoyant. Cependant, il reste vraiment l’un des meilleurs films selon moi de cette année. Si je vais rechercher plus tôt dans l’année, je donnerais également une  petite mention à Closer, avec ses dialogues croustillants, même si certains critiqueront la futilité de cette histoire de coucheries. Notons également la Chute  : son genre : film historique et son point de vue original me plaisent bien. Quelques scènes sont très fortes ; l’ambiance globale du film reste sinistre. Quant à les 3 enterrements de Melquiades Estrada, je lui ai trouve bien des défauts, mais au final, je le considère quand même comme un bon film. La narration en patchwork de la première partie ne me convint guère (en outre, je n’aurais peut-être pas dû m’attendre au moindre semblant d’enquête policière), et les scènes d’humiliation du personnage de Barry Pepper, à mon sens plutôt mal développé dans la première partie, par le personnage de Tommy Lee Jones. Il faut attendre la deuxième partie, celle du voyage, pour que le film trouve toute sa force. Belle interprétation de Barry Pepper, et belle ambiance de western moderne pour Tommy Lee Jones réalisateur. Terry Gilliam est lui un réalisateur confirmé, et nous livre un film historique, baroque et fantastique avec les Frères Grimm, critiqué comme un film de commande. Je l’ai trouvé pour ma part accessible (à tous publics), et dynamique.

           Joyeux Noël est aussi un bon film sur les fraternisations lors de la 1ère guerre mondiale. Le point de vue sur les trois camps, sur leurs ressemblances au-delà de cette guerre absurde, est très réussi. Le schématisme de ce film reste toujours bien meilleur et plus juste que le schématisme qui prévalait à cette époque : Vive la France et les Français et tous les Allemands sont les ennemis. Au final, de tous (3) les films français que j’ai vu cette année, Joyeux Noël est le meilleur et il représentera justement la France aux Oscars.

           Au rayon succès programmés, l’année ne fut pas géniale. Côté français, je n’ai pas vu les succès comiques Brice de Nice et Iznogoud. Leur côté : « je m’appuie sur ce qui vient de la télé et je privilégie les gags à la cohérence de l’écriture » ne m’a pas trop attiré. Côté blockbusters américains, je n’ai pas vu La Guerre des Mondes, mais je n’en ai pas eu que des échos ravis. The Island avait un sujet qui me semblait intéressant, mais vu les critiques presse et spectateurs peu dithyrambiques et la période de sortie, estival, je ne l’ai pas vu.  Je me suis méfié du nouvel opus d’ Harry Potter et de le Monde de Narnia, car je n’ai pas un goût très prononcé pour les histoires destinées au public enfantin qui mettent en scène des enfants héros. Ce qui explique aussi que je n’ai pas vu les longs métrages animés (Disney et autres), qu’on peut toujours prévoir comme succès au box-office de l’année. En revanche, parmi les films attendus, j’ai vu celui qui l’était sans doute le plus cette année-là : le dénouement de la trilogie Star Wars : La Revanche des Siths. Alors, ma foi, ce n’est pas mauvais, avec certaines scènes superbes, une histoire assez forte, le passage de Anakin Skywalker de l’ordre jedi au côté obscur me semblant toutefois un peu binaire. Mais, je ne boude pas mon plaisir. Les films de la prélogie sont de bons films, mais rehaussent-t-ils suffisamment le mythe issu de la trilogie originelle ? Autre film très attendu : King Kong. Le long métrage de Peter Jackson est époustouflant et a un très bon rythme, ce qui permet de donner trois heures de plaisir, avec un Andy Serkis qui habite bien ses deux rôles. Mais reste que l’histoire, basée sur celle du film des années 30, ne se défait pas de certains carcans de convention hollywoodiennes et on attend à nouveau les scènes supplémentaires. Au rayon aventures, Capitaine Sky et le Monde de Demain, qui, lui, n’a pas été un succès, était plutôt bien. L’ambiance riche en péripéties du film d’aventures est sympathique, même si on reste loin de la série des Indiana Jones et si le grain particulier des images n’et guère convaincant.

           Mon petit doigt m’a dit est une petite comédie policière sympathique, portée par des comédiens sympathiques aussi. Les paysages sont jolis et l’intrigue est plutôt intéressante. Sans plus.

           On descend encore dans mon échelle d’appréciation des films de cette année, avec Batman Begins, autre blockbuster. Bon, ce n’est pas inintéressant ni ennuyeux. C’est sans doute mieux maîtrisé que les Batmans précédents, mais on ne retrouve pas le charme des Batmans de Tim Burton. Et, la partie au début de la formation et de l’endurcissement de Bruce Wayne, me laisse circonspect quant à sa pertinence et quant aux intentions du réalisateur et du scénariste.

           Enfin autre film que j’ai vu lors de la Fête du Cinéma, et film que j’ai le moins apprécié cette année, Lemming, une histoire psychologique, qui, au-delà de la bonne performance de certains acteurs, manque quand même beaucoup de peps. On sort de la salle avec un Bof !

   Voilà les Loscars ont été décernés. Sachez que pour 2006, certains films m'ont enthousiasmés, et la proportion de films français vus est nettement plus grande qu'en 2005. Elle dépasse peut-être même 50%. Je crois que la tendance est la même en général en France. Cela dépend évidemment de ce qui est proposé. J'espère que vous avez bien aimé votre année cinématographique aussi, mais bon le cinéma n'est qu'une belle évasion. J'espère surtout que vous avez bien aimé votre année !

 

 

Par Loïc
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Lundi 22 janvier 2007

 

 

           En 2006, j’ai vu :

 

 

           Un ticket pour l’espace de Eric Lartigau avec Kad Merad et Olivier Barroux, Marina Foïs, Guillaume Canet, André Dussollier

           Les Bronzés 3 : amis pour la vie de Patrice Leconte avec Josiane Balasko, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Ornella Muti, Dominique Lavanant, Martin Lamotte, Bruno Moynot, Caterina Murino et Arthur Jugnot

           Syriana de Steven Gaghan avec Georges Clooney, Matt Damon, Jeffrey Wright, William Hurt, Chris Cooper, Amanda Peet, Christopher Plummer et Alexander Siddig

           Truman Capote de Bennett Miller avec Phillip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Chris Cooper, Clifton Collins Jr

           De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard avec Romain Duris, Niels Arestrup, Linh-Dan Pham,  Emmanuelle Devos, Aure Atika

           La doublure de Francis Veber avec Gad Elmaleh, Alice Taglioni, Daniel Auteuil, Richard Berry, Dany Boon, Virginie Ledoyen, Kristin Scott-Thomas, Michel Aumont, Michel Jonasz, Patrick Mille

           L’âge de glace 2 de Carlos Saldanha

           OSS 117, le Caire Nid d’Espions de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, Aure Atika, Philippe Lefebvre

           Stay de Marc Forster avec Ewan Mac Gregor, Naomi Watts et Ryan Gosling

           La science des rêves de Michel Gondry avec Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou, Aurélie Petit, Sacha Bourdo

           Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli avec Gerard Depardieu, Cécile de France, Matthieu Amalric

           Indigènes de Rachid Bouchareb avec Sami Bouajila, Jamel Debouzze, Bernard Blancan, Roschdy Zem, Samy Naceri

           Les fils de l’homme de Alfonso Cuaron avec Clive Owen, Juliane Moore, Michael Caine, Charlie Hunnam, Chiwetel Ejiofor et Claire-Hope Ashitey

           Prête moi ta main de Eric Lartigau avec Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont

           Hors de prix avec Gad Elmaleh, Audrey Tautou, Marie-Christine Adam, Jacques Spiesser

           La Nativité de Catherine Hardwicke avec Keisha Castle-Hugues, Oscar Isaac, Ciaran Hinds et Alexander Siddig

           Match Point de Woody Allen avec Jonathan Rhys-Meyers , Scarlett Johannson, Emily Mortimer, Matthew Goode, Brian Cox

 

 

           Analyse quantitative :

 

 

           17 films vu

 

           10 français, 7 américains

 

 

           Contrairement à l’année 2005, j’ai vu beaucoup de films français, leur proportion dépasse d’ailleurs celle des films américains. Une explication toute simple à cela, la production de bons films français cette année. D’ailleurs, en général, les Français, de 2005 à 2006, ont vu une plus grande proportion de films hexagonaux.

 

           Notons tout d’abord que cette année, j’ai vu deux films du même réalisateur : Eric Lartigau en occurrence. Et, ça ce n’est pas banal, car il est rare qu’un réalisateur sorte deux films dans une même année. Cela dit, un autre réalisateur n’était pas loin de réaliser cette performance d’être vu deux fois par moi cette année : Patrice Leconte, dont j’ai vu Les Bronzés III et dont j’ai hésité à voir Mon Meilleur Ami.

 

           Côté acteurs, j’ai vu deux fois dans les premiers rôles Gad Elmaleh et Charlotte Gainsbourg. Dans les deux films de cette dernière, elle avait d’ailleurs pour partenaire Alain Chabat, qui se place donc au troisième rang des plus vus. Parmi les seconds rôles, j’ai vu également deux fois Chris Cooper et Aure Atika. Et, Alexandre Siddig revient aussi deux fois, dont une apparition en ange Gabriel dans la Nativité.

 

           A noter toute fois dans les statistiques et vous l’avez remarqué, j’ai vu deux films sortis en 2005 dans cette année 2006 de cinéma : le film français De battre mon cœur s’est arrêté et l’américain (enfin allenien tourné à Londres) Match Point, dans des cinémas d’art et essai. Deux bons films, qui n’auraient sans doute pas été loin derrière le trio de tête de l’année 2005 (http://souriantalavie.over-blog.com/article-4976854.html)

 

 

 

           Analyse qualitative :

 

 

 

           Les Fils de l’Homme est le film que j’ai le plus apprécié cette année. Filmée avec brio à travers notamment des plans-séquences très prenants, jouée par des acteurs sérieux, l’histoire nous ballade dans un futur proche apocalyptique en collant au plus près du personnage principal. (voir http://souriantalavie.over-blog.com/article-4433784.html pour l’analyse détaillée)

 

 

           Ensuite, vient une série de films qui m’ont bien plu.

 

           Tout d’abord, désolé, mais j’ai apprécié Les Bronzés 3 : Amis pour la vie si j’en juge à mes rires pendant la séance, et mon plaisir de revoir tous ces acteurs comiques talentueux. Je peux comprendre certaines critiques par rapport à l’attente. Le côté « chronique sociale » des deux premiers épisodes a disparu dans ce retour, c’est vrai. Je veux bien accepter qu’on dise que l’embourgeoisement de l’équipe rend la satire nettement moins féroce.  Mais, il faut aussi dire qu’on retrouve toujours des dialogues bien écrits, efficaces, même si on dira que cela n’innove pas en reprenant des ressorts vaudevillesques. Le Splendid n’a pas perdu, je crois, leurs rigueur et talent issue de l’école du café-théâtre, ce qui met quand même selon moi le film au-dessus de la moyenne de la production comique française actuelle.

 

           Production comique française, dans laquelle il faut distinguer cette année OSS117 : Le Caire nid d’espions. L’ambiance des films de l’après guerre (ou même des Tintin) est bien restituée, les traits d’exagération amenant l’humour . Jean Dujardin, en particulier, rentre parfaitement dans le costume de l’agent secret français plein de suffisance, de bêtise et de charme. 

 

           Ensuite, Match Point a quand même un charme particulier (peut-être que comme je l’ai vu récemment, son souvenir est encore vif donc il y a une distorsion par rapport aux autres films) Je trouve que, si on excepte quelques dialogues qui porte bien le cachet de Woody Allen au début, on a un film spécial dans la filmographie du New Yorkais. On est happé par cette intrigue classique mais éclairée sous l’angle d’un cynisme moderne.

 

           Autre grand film : Indigènes , bon film historique. Avec comme il se doit dans ce genre du film de guerre, le suivi du destin d’une poignée de personnages aux caractères divers  (pour un angle plus général et politique sur le film, voir http://souriantalavie.over-blog.com/article-4200509.html)

 

 

           Ensuite, deux comédies : La Doublure : une grappe d’acteurs de talents sous la direction précise de Francis Veber, cela donne une comédie plaisante et réussie, mais ça reste mineur par rapport au Dîner de Cons ou à la Chèvre par exemple. Et, Prête-moi ta main, bonne comédie avec un bon rythme. On est dans la comédie romantique, donc on n’évite pas que certains rebondissements paraissent un peu tirés par les cheveux, mais en tout cas on passe un bon moments avec les acteurs.

 

           Syriana est un film très riche sur la géopolitique du pétrole. Tout est lié, dit le sous-titre à juste titre (he ! he !) Personnellement, je pense que cela vaut le coup de voir ce film, car l’affrontement entre pétrodollars et éthique est complexe. Et, cette complexité est plutôt bien rendue, même si on ne peut  pas aller encore au fond des choses dans un film de 2 heures. Par contre, il ne faut pas y aller dans une optique de détente seulement, car le film est assez touffu à comprendre et assez pessimiste également.

 

           De Battre Mon cœur s’est arrêté est également un bon film, Jacques Audiard maîtrise son genre. Hors de Prix est une comédie pétillante : Audrey Tautou et Gad Elmaleh forment un duo de charme. Et, c’est là qu’il faut bien faire attention : sous des dehors séduisants, la situation et le contexte montrée par le film sont révulsant : luxe qu’on pourrait qualifier de scandaleux si on le relativisait et surtout marchandage des rapports humains.

 

 

           J’adore toujours les dessins de L’âge de glace 2. Le film d’animation est plaisant, on rit parfois aux facéties des personnages, mais ça reste avant tout une histoire pour enfants.

 

           Dans La science des rêves, les séquences inventives se succèdent les unes aux autres. Bel exercice de style, mais la confusion de plus en plus grande entre rêve et réalité finit par nuire un peu à la solidité de l’intrigue.

 

           Un ticket pour l’espace est une comédie sympathique menée par les compères Kad et Olivier. C’est essentiellement basé sur les gags et la parodie.

 

           Stay est un de ces films alambiqués, où un personnage (ici un psychologue) est confronté à des rêves ou visions troublantes, et où la vérité n’apparaît qu’à la fin. Le film privilégie les effets de mise en scène. Du point de vue de l’intrigue générale, on a vu de meilleurs films.

 

 

           On arrive maintenant au niveau des films plus moyens. Quand j’étais chanteur était précédé d’une bonne réputation, mais, comme ce qu’on reproche souvent aux films d’auteur français il a selon moi une tendance trop marquée à balader un peu trop en longueur le spleen et la déprime de ses personnages. Personnellement, je n’ai pas besoin de ce film pour trouver le Gérard Depardieu que j’aime. (la critique clamant "le meilleur film de Depardieu depuis Sous le Soleil de Satan il y a 20 ans"). Le film garde cependant un petit charme, notamment à travers la reprise d’anciens standards de la chanson française d’amour et les paysages auvergnats. La Nativité est un film qui manque peut-être d’audace et de message dans sa reprise de la Bible. Sous l’œil moderne, quelques situations sonnent un peu ridicules (par exemple certains dialogues entre les rois mages) La reconstitution historique est cependant assez réussie. En bref, je dirais qu’il s’agit d’une jolie crèche en film. A voir en période de Noël.

 

           En bas de mon échelle, Truman Capote : la performance des acteurs est certes très bonne, mais je suis désolé de le dire : c’était assez morose comme film, et peut-être étais-je fatigué, donc j’ai eu quelques minutes de sommeil et j’ai eu du mal à suivre tout le fil du film.

 

 

           Voilà pour le résumé d’une bonne année cinéma.


 

          

Par Loïc
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Dimanche 18 février 2007

           Nouvel album de Renaud. Le chanteur va rajouter des perles au chapelet de ces chansons. C’est peu de dire que Renaud est un artiste prolifique.

           Je ne saurais pas dire exactement quand j’ai entendu pour la première fois Renaud, mais il me semble que ma mère écoutait "Dès que le vent soufflera" quand elle faisait son repassage alors que j’avais un âge assez jeune, ce genre d’âge où les souvenirs sont flous et lointains. Je crois me souvenir que je guettais le moment où Renaud disait "requin" (c’est dans le decrescendo final de la chanson). Quand on est môme, les animaux appartiennent à ces notions concrètes (c’est-à-dire dessinables) qu’on peut le mieux appréhender. Donc, l’association d’idées "mer" et "requin" venait naturellement.

 En tout cas, ce qui est sûr, c’est que parmi les 35 tours de ma mère, on trouve bon nombre des albums de Renaud.

           Au collège, en cours de musique, on a appris diverses chansons parmi les classiques de la variété française : pour Renaud, c’était notamment "Mistral gagnant"

           "Mistral Gagnant" chanson que j’ai retrouvée sur la première compilation de Renaud que ma mère m’a achetée : 15 chansons de la période 1985-1995. De "Miss Maggie" à "C’est quand qu’on va où ?" J’ai bien apprécié. Mais, j’ai encore plus apprécié la compil’ suivante, plus large : le Very meilleur of Renaud !, deux disques de quinze chansons chacune de 1975 à 1995, de "Hexagone" à "Tout in haut de ch’terril". Que de pépites aux sujets divers ! Avec comme point commun dans le texte l’humour et la justesse ! De la violence d’ "Hexagone" ou de "Société tu m’auras pas !" à la jeunesse tendresse de "Ma Gonzesse", du racketé du bar de "Laisse béton" à la terreur du bistrot de "Marche à l’Ombre !", de l’exploration des sentiments dans "Manu" à celle de l’aventure maritime dans "Dès que le vent soufflera !" On voit peu à peu une évolution des thèmes abordés : du jeune rebelle au tendre père de famille. Au début, je préférais nettement les chansons de la première période. Forcément, quand on est adolescent, on est plus sensible aux Aventures de Gérard Lambert qu’à Trivial Pursuit !

           A l’heure actuelle, ma passion pour les chansons de Renaud est plus homogène entre toutes les époques. Je suis autant remué par le constat de "Mort les enfants!"

  Mort l’enfant qui vivait en moi
  Qui voyait en ce monde-là
  Un jardin, une rivière
  Et des hommes plutôt frères

  Le jardin est une jungle,
  L’homme est devenu dingue.
  La rivière charrie des larmes,
  Un jour, l’enfant prend une arme.

que touché par l’évocation des petits bibelots de chez "La mère à Titi"

  Y’a une belle corrida
  Sur un moche éventail
  Posé au d’ssus du sofa
  Comme un épouvantail.
  Sur la dentelle noire
  Y a la mort d’un taureau
  Qui a du mal à croire
  Qu’il est plus sous Franco

qu’amusé par " Le Père Noël Noir "

       C’est encore "Putain de Camion" qui est la chanson que j’aime le moins sur cette compilation, mais on comprends tout à fait avec le contexte (la mort tragique de Coluche) que le texte soit écrit avec les tripes.

           Les "Trois matelots"   "Mon flingue !", "J’ai raté Télé-Foot !" , ... j'ai peu à peu pénétré dans sa discographie et entendu plein de chansons diverses et originales. Par exemple, je n’ai découvert qu’il y a 3 ans le titre « Cinq cent connards sur la ligne de départ ». Sur le Dakar, comme sur de multiples sujets, Renaud tape dans le mille.

           J’ai aussi dans ma discothèque l’album où Renaud reprend des chansons du maître Georges Brassens. Si ses "la la la la la" sur "Brave Margot" ne sonnent pas super bien, c’est un plaisir de l’entendre chanter "Je suis un voyou" par exemple.

           Cependant, à la fin du 20éme siècle, Renaud semblait avoir perdu la forme, l’ œil du tigre du chanteur. Il restait très respecté. Je me rappelle qu’il était passé à Nancy, non loin de chez moi, dans une petite salle, la salle Poirel. Le public était au rendez-vous, et il paraît qu’il avait plus parlé que chanté, ce qui est sympathique en soi. Mais, quand on a la carrière de Renaud, on peut se permettre un tour de chant copieux. En vérité, ses rares apparitions de cette époque, par exemple aux Enfoirés ou quand lui fut remise une Victoire de la Musique d’honneur, montraient un homme usé, prématurément vieilli, à la voix affaiblie et éraillée. Et, pourtant, cette Victoire de la Musique d’Honneur ne fût pas le couronnement ultime de la carrière de Renaud, puisqu’il fit son retour en , arrivant à tirer de ses problèmes personnels un album émouvant : Boucan d’enfer. Renaud n’avait vraiment pas perdu son talent d’écriture, pour parler aussi bien des problèmes les plus quotidiens comme un "nain de jardin" que des plus grandes tragédies globales, avec "Manhattan Kaboul"

           Et, quatre ans plus tard, cet automne, sort son nouvel album Rouge Sang

           Je l’ai dans les mains, et surtout les oreilles, depuis Noël (Merci, chérie, pour le beau cadeau !) Première chose très appréciable dans cet album : les dessins de Killofer sur la pochette.


           Album assez copieux, avec vingt-quatre titres, qui valent tous de s’attarder dessus. Bon, tous les morceaux n’ont pas forcément des rythmes punchys, comme ce qu’on trouvait chez le Renaud jeune, mais il n’est pas un texte inintéressant. Une bonne dizaine de morceaux portent l’empreinte amoureuse de Romane Serda, la nouvelle compagne de Renaud. En tout cas, Romane est gâtée, puisqu’elle a le droit à une dizaine de chansons d’amour, toutes plus originales les unes que les autres d’un jeu d’anagrammes, dans "Danser à Rome" à une chanson coquine que n’aurait pas renié Serge Gainsbourg  "Je m’appelle Galilée". Contant la rencontre dans "A la Close" ou incluant malicieusement la référence à son amour et son corollaire : la jalousie dans la conclusion de son texte d’actualité "Arrêter la clope" : J’pourrai presque me passer de mes clopes mais pas de toi,  Renaud étale sa passion pour Romane. Celle-ci cosigne le morceau "J’ai retrouvé mon flingue !". Eh oui ! "Mon Flingue !" une des chansons emblématiques du jeune Renaud révolutionnaire, a une suite. Bon, les indignations du nouveau Renaud sont plus conformistes (Bush, le fanatisme religieux, les inégalités, la télé) et moins anarchistes, mais c’est quand même bien de la voir retrouver son flingue dans ses rimes. La télé en prend encore pour son grade dans "A la téloche !" et aussi dans "Les filles de joie", où on apprend que L’ plus vieux métier du monde marche pas mal aussi chez les boudins immondes D’la télé-réality. Renaud se moque et dénonce des dérives de notre télévision. J’en suis assez friand. Les chansons frappent juste !

           Petite imprécision toutefois dans les paroles de "Filles de joie" :   Ce n’est pas sur TF1 que Loana et Jean-Edouard ont fricoté dans la piscine du loft, mais sur M6. C’est un point de détail, le message est le même : Renaud fustige à juste titre la télé-poubelle, celle qui consacre les rêves et les idées médiocres, et vend du "temps de cerveau disponible à Coca-Cola".

           Il y a aussi le portrait au vitriol de "Elle est facho" :

« Faut dire qu’elle est con comme un veau elle est facho »,

« J’lui souhaite qu’un jour si elle a un môme
   Il s’retrouve à dix-huit balais
  Plein d’education et d’diplômes
  D’idées rebelles, d’humanité
  Et qu’il lui dise tes vieux discours 
 Manquent singulier’ment d’amour

 Qu’il rajoute à la triste dame
 Reste donc le nez dans ta merde
 J’suis amoureux d’une musulmane
 J’vote écolo et j’fume de l’herbe
 Espérons qu’ça lui fera la peau
 A la facho 
»

           Et, comme souvent dans les refrains finaux des chansons de Renaud, il répète la phrase. Et il rajoute un Qui vote Sarko qui a fait jaser.

          Pour qu’il n y ait pas de jaloux, le blog Désirs de réaction a fait une parodie assez pertinente dans l’autre sens.

           Mais, finalement, sur son "Elle est facho", Renaud ne franchit pas la ligne jaune, il ne dit pas que Nicolas Sarkozy est facho. Il décrit tout simplement un personnage tout à fait crédible de Française : vivant dans un milieu populaire (fête de l’Huma, cités), qui a peur de l’autre et des idées assez courtes.

           D’ailleurs, dans ce même album, Sarkozy apparaît comme étant aimé par une catégorie totalement opposée de la population : dans le tube "Les bobos" : « ils aiment Jack Lang et Sarkozy »  qu’il faut certes compléter par « mais votent toujours écolo »

           Renaud est un "chanteur engagé de gauche", ça c’est évident, mais il jette un œil assez objectif sur la société, j’en veux pour preuve sa chanson " Mon HLM ", où un légionnaire raciste vit au rez de chaussée, au premier étage c’est un  "bon contribuable centriste" tandis qu’au deuxième étage des squatteurs "appellent Libé quand les huissiers les boulent"

           Certes, je ne partage pas du tout l’idolâtrie de Renaud pour Mitterrand. Ca sonne exagéré pour quelqu’un qui n’est pas sous le charme de l’ancien Président de la République. Mais, laissons à Renaud le droit d’être sincère.

           Je juge un chanteur sur ses chansons ! Et celles de Renaud me plaisent.

         Dans Rouge Sang Renaud signe aussi une chanson (et même deux chansons puisqu’il y a une version française "dans la Jungle" et une version espagnole "En La Selva") pour Ingrid Bettancourt, l’otage en Colombie.

           Dans les chansons plus personnelles, Renaud signe une chanson pour sa fille Morgane désormais grande "Adieu l’enfance", pour ses parents "Nos vieux" (je crois que c’est la première fois, ce qui m’étonne, donc si vous avez confirmation,...), et son futur enfant avec Romane "Malone"

           Avant de faire plus que frôler le catalogue de citations des chansons de Renaud, alors je conclurais ce billet par une autre chanson que j’aime bien "Sentimentale mon cul !", une variation de la chanson d’Alain Souchon "Foule Sentimentale" au ton "renaudien" : féroce pour dénoncer la bêtise de certaines foules, mais avec une note tendre :

Foule qui d’une seule voix
Aussi pourrie que la mienne
Assassine "Manu"  "Morgane de toi"
Pourvu qu’elle soit toujours là
Dans ma tournée prochaine
Ma foule Sentimentale à moi

Par Loïc
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